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Gotham : l’insoluble équation qualitative

MàJ janvier 2019 – Une autre analyse de la série a été publié sur cet article. Il est à lire avant celui-ci (qui n’avait jamais vraiment été terminé) et qui vient le complémenter de façon très efficace.

Derrière ce titre un peu « pompeux » se cache une analyse de la série Gotham via ses quatre premières saison (l’article sera actualisé une fois la cinquième diffusée et chroniquée). Pour rappel, le show bénéficie déjà de plusieurs critiques par arcs de saisons sur cette page.

Un constat revient à chaque fois qu’on évoque Gotham : le déséquilibre flagrant entre le casting, l’écriture, le côté technique, la narration, etc. Dans l’idée de synthétiser au mieux tout cela, et surtout comprendre le succès relatif (ou l’échec en demi-teinte) de la série, deux tableaux comparatifs ont été conçus.

Le premier revient sur le côté « technique » de Gotham, c’est à dire ses qualités intrinsèques qu’on peut analyser de façon objective. Le résultat est sans appel : la série lorgne constamment entre le bof/moyen/pas mal, elle n’excelle jamais vers le très bien ou le nullissime. Mais… comme on peut le constater, certains aspects se retrouvent dans plusieurs catégories. En effet, bien difficile de trancher d’une façon définitive sur la petite centaine d’épisodes vus, tant la qualité entre eux oscille constamment. Qui plus est, trois éléments ont besoin d’être développés. Explications ci-dessous après le tableau.

 

TRÈS BIEN PAS MAL MOYEN / BOF NUL
Photographie soignée Rythme des épisodes Musique Casting (3)
Mise en scène Scénario (1)
Scénario (1) Respect des comics / de la mythologie Batman (2)
Respect des comics / de la mythologie Batman (2) Crédibilité (incohérences)
Costumes & maquillages Casting (3)
Casting (3) Trop de plans d’intérieur
Effets spéciaux Effets spéciaux

 

 

Sans surprise, un des éléments forts du show est sa photographie soignée, qui n’a pas à rougir d’une production cinématographique ou d’un show de HBO par exemple (Game of Thrones, Deadwood…). Il y a un travail esthétique notable pour montre la ville de Gotham et ses intérieurs. Aussi bien les décors que la lumière sont étudiées pour proposer un rendu alléchant et original, mi-rétro, mi-moderne. Le rythme des épisodes est lui aussi correct (à l’exception de la première saison, qui était encore très bancale sur ce point) puisqu’on s’ennuie rarement et qu’il n’y a pas de temps mort entre les scènes (attention, ça ne veut pas dire que ce qu’on voit est « bon » ou « intéressant » mais il faut reconnaître un rythme maintenu qui reste efficace). La mise en scène de Gotham est extrêmement classique voire convenue au possible. Il subsiste quelques plans originaux de temps en temps, de jolies compositions ou quelques effets de réalisation un brin novateur mais c’est très rare. Est-ce problématique ? Pas forcément, le travail est là et c’est suffisant pour regarder la série. Bien sûr, on (un amateur de productions « cinématographiques », ou un serievore) aimerait du « mieux » sur cet aspect, mais il n’est clairement pas primordial. Le budget ne permet sans doute pas une telle possibilité et le public visé de la chaîne n’y est peut-être pas réceptif (qui plus est — et ce fut là aussi le gros problème de la première saison surtout — la série ne savait pas à qui s’adressait entre le grand public familial ou les spectateurs plus adolescents et adultes enclins à un côté sombre et violent). Pour rester sur les bons aspects du show, évoquons les costumes et maquillages particulièrement réussis au global — disons que ça évolue de mieux en mieux, par exemple le look du dernier Épouvantail en saison 4 ou les meurtres d’Ivy par les plantes sont vraiment sublimes (on repassera sur Fish Mooney ou d’autres personnages secondaires…). D’une manière plus ou similaire les effets spéciaux sont soit réussis soit ratés. Les effets spéciaux englobent aussi bien les effets visuels (retouches numériques en post-production) que des effets « techniques » artisanaux (des explosions) ou bien de la création pure et dure par ordinateur. On commence à entrer dans ce qui varie en terme de qualité (avec un penchant positif global, principalement sur les dernières saisons). Certains sont clairement mal faits puisqu’on distincte qu’il s’agit d’une image numérique par exemple. C’est assez rare mais c’est dommage.

Attardons-nous sur trois aspects qui rentrent dans plusieurs catégories.
(1) Scénario : difficile d’avoir une homogénéité qualitative quand l’écriture de certains personnages n’a rien à voir avec d’autres. Par exemple, l’évolution de Jerome (le « proto Joker ») est globalement réussie et cohérente, idem avec le personnage du Chapelier Fou. Hélas pour d’autres, aussi bien ennemis que policiers, on ne peut en dire autant (James Gordon et Bruce Wayne restent en dessous d’une certaine qualité exigée et ne parlons même pas de Barbara). Jamais le scénario n’atteint des sommets d’écriture, ou bien à de rares petites touches mais avec toujours un ou deux petits éléments qui gâchent un peu le tout (le premier plan imaginé par le Pingouin, qui manipule tout le monde, est excellent mais la présence de Fish Mooney fait retomber le plaisir). Il serait mentir de dire que l’histoire ne flirte jamais avec du très très bon mais ça ne dure jamais bien longtemps ou, comme on vient de le voir, une ou plusieurs choses amenuisent tout ça. C’est pour cela, qu’en moyenne, le scénario est plutôt pas mal ou moyen, ce qui s’explique aussi par le traitement des personnages et donc le second tableau plus bas.
(2) Respect des comics / de la mythologie Batman : voilà l’aspect le plus « subjectif » possible parmi tous les éléments évoqués. En effet, seul un connaisseur de l’univers de Batman peut trouver respectueux le traitement des personnages et de l’univers. Bien évidemment, même dans les comics, les représentations de Batman convergent au grès des auteurs et des époques. Ce qui frappe dans Gotham est multiple à cet égard. Le plus « choquant » est que la série propose beaucoup trop en amont de la chronologie dite « classique » les émancipations des ennemis emblématiques de Batman et l’évolution de Bruce Wayne en jeune justicier. Quasiment toute la galerie de vilains existe une dizaine d’année avant les apparitions du Chevalier Noir. Cette précocité trouve son explication à divers degrés : volonté des scénaristes d’avancer en terrain connu pour séduire les fans (tout en proposant de nouvelles têtes conçues spécifiquement pour le show, mais souvent ratées), fan-service pur et simple (aucun développement construit et sur le long terme, mais de vagues apparitions de tel ou tel élément) ou « nouvelle version du mythe de Batman ». C’est ce dernier point qu’il faut prendre en compte pour mieux apprécier Gotham. Quasiment imaginer un elseworld, sorte de refonte des classiques, films et comics, jeux vidéo et séries d’animation, pour « accepter » les défauts (du respect des comics / de la mythologie Batman) de cette adaptation. Si l’on se convainc de cela, alors cette idée de montrer très tôt la montée en puissance de Bruce Wayne et de tous ses ennemis peut mieux passer. Cela n’empêche pas les errements improbables de certains protagonistes, parfois pour le meilleur (Alfred), parfois pour le pire (Poison Ivy). Au-delà du traitement des personnages — qui rejoignent donc à nouveau la catégorie scénario et le second tableau — il faut reconnaître à la série l’envie d’être au plus proche de certains comics récents. Ainsi le visage retiré du Joker (issu de Le Deuil de la Famille) est une réussite dans Gotham (et, comble de l’ironie, mieux justifiée que dans les livres !). S’il est plaisant de découvrir sur écran La Cour des Hiboux (des récits éponymes), on peine à la creuser et véritablement dévoiler le pouvoir de cette société secrète. À nouveau, on vacille entre du bon et du moyen, le déséquilibre reste flagrant et constant.
(3) Casting : Une ultime fois, on rejoint une problématique liée à la fois à l’écriture des personnages (scénario) mais aussi au charisme et à l’interprétation des acteurs (casting). Il faut se référer au second tableau pour les détails et on observe, encore, ce cruel déséquilibre mais avec deux tendances nettes qui se dégagent : du très bien et du nul, on est moins consensuel ou dans le « moyen/bof ». Malheureusement, cela ne contribue toujours pas à une homogénéité qualitative de Gotham sur plusieurs points.

Pour terminer, trois derniers points critique pas terrible. La musique est totalement oubliable, aucune partition originale qui reste en tête, c’est fort dommage, surtout pour une série de ce calibre. Le générique se réduisant à moins de cinq secondes, impossible d’être marqué par la ou les quelques musiques qui bercent le show. On note un léger mieux en saison 4 mais ce n’est pas suffisant. Le travail sur le son et les effets sonores est en revanche très correct. La crédibilité (incohérences) est un terme vaste et parfois flou. La crédibilité revient à la plausibilité de ce qui est montré à l’écran en fonction de l’univers dans lequel régissent les personnages et le registre propre à la série. De plus, la crédibilité englobe aussi les actions et réactions des personnages. De ces deux facettes peuvent naître des incohérences. C’est évidemment le cas pour Gotham. Pour le premier cas, il faut bien comprendre que la série n’embrasse pas une voie urbaine, policière et « réaliste » mais flirte avec la science-fiction (expériences, avancées technologiques…) et le fantastique (résurrections, potions magiques…). Ce triple registre est toujours un peu casse gueule et permet d’utiliser de nombreux ressorts scénaristiques un peu facile, comme les protagonistes qui ne meurent pas vraiment ou des improbables créatures. Par conséquent, le show perd indéniablement en qualité, ne sachant quelle direction prendre (une tendance ressentie dans certains comics mais qui est moins problématique sur papier que sur écran). De la même manière, des évolutions de protagonistes sont incohérents, comme celles du Dr. Lee Thompkins (qui est « gentille » puis « méchante » puis à nouveau « gentille » puis alliée avec des « méchants » et ainsi de suite, sans parler de son histoire d’amour avec James Gordon et ses réactions peu logiques — c’est d’autant plus dommage que le personnage était une valeur sûre de Gotham à ses débuts). Enfin, de manière un peu plus anecdotique, on note « trop de plans d’intérieur », c’est à dire qu’on étouffe un peu en voyant les mêmes pièces (le QG du Pingouin, les bureaux du GCPD, la cuisine et la bibliothèque du Manoir Wayne, etc.). Il manque des « vues d’ensemble » plus longue, plus originales (on nous ressort les mêmes vues aériennes ou lointaines) pour vraiment sentir LA différence avec une métropole quelconque ; Gotham mériterait d’être arpentée et fouillée davantage et autrement. Ce manque d’exploration visuelle n’est pas le point critique le plus dommageable mais ajouté à tous les autres, ça cumule pas mal…

Pour toutes ces raisons, globalement « objectives » (à l’exception notable du respect des comics / de la mythologie de Batman — et encore), la série en elle-même peine à être reconnue comme une réussite mais aussi comme un ratage complet. Car il y a toujours quelque chose à sauver tout comme il y a toujours quelque chose à supprimer. Très pénible car après les balbutiements de la première saison, Gotham avait gagné en maturité et semblait avoir tiré certaines leçons des retours critiques. Et c’est encore plus frustrant de constater que la galerie de personnages comporte quelques pépites (voir ci-après).

Au-delà des qualités intrinsèques de la série (cf. le premier tableau), les personnages forment évidemment un des intérêts les plus importants de Gotham. Ils nourrissent l’histoire mais sont, surtout, l’adaptation sur écran de ce que les fans des comics connaissent. Ce qui donne donc un autre prisme d’analyse.

Ce second tableau revient donc sur les personnages (compilant aussi bien les jeux d’acteurs que leur écriture et évolutions). Une fois encore, on constate que le travail est éparpillé un peu partout, ce qui peine à synthétiser un avis tranché. Le problème d’un protagoniste peut être multiple. Son interprète peut être bon mais si l’écriture n’est pas terrible, alors le personnage ne passionne pas. À l’inverse, un rôle bien écrit peut être loupé à l’écran si l’acteur ou l’actrice derrière joue mal ou n’est pas charismatique. Tous ces éléments ont donc été recensés pour dresser le classement suivant (qui reste évidemment subjectif). Un code couleur est également ajouté pour délimiter la catégorie des personnages, sommairement répartis en « gentils », antagonistes/ennemis, autres.

Bien sûr, ce tableau reflète une sorte de moyenne des quatre saisons actuelles de Gotham. Dans une première version non publiée, les colonnes « Moyen » et « Bof » étaient regroupés en une seule catégorie (comme pour le premier tableau) ; dans le cas des personnages, il y a un réel besoin d’affiner davantage ce classement, d’où l’extension en deux colonnes. Attention, un protagoniste pourrait tout à fait être dans plusieurs catégories en fonction de chaque saison ou bien de son évolution d’un camp vers un autre mais le résultat se veut une moyenne si on évalue tout sur le long terme, car on penche quand même davantage d’un côté que d’un autre (sauf par exemple pour Ivy Pepper qui est clairement constituée de trois prestations distinctes). Quelques personnages très secondaires comme Valerie Vale, Tommy Elliot ou Mario Calvi ne sont pas inclus, ainsi que des ennemis de seconde zone (L’Électrocuteur, Flamingo…).

TRÈS BIEN PAS MAL MOYEN
BOF NUL
Oswald Cobblebot / Le Pingouin
(Robin Lord Taylor)
Harvey Bullock
(Donald Logue)
James Gordon
(Ben McKenzie)
Harvey Dent
(Nicholas D’Agosto)
Bruce Wayne
(David Mazouz)
Edward Nygma / The Riddler | L’Homme-Mystère
(Cory Michael Smith)
Theo Galavan / Azrael
(James Frain)
Selina Kyle
(Camren Bicondova)
Butch / Solomon Grundy
(Drew Powell)
Barbara Kean
(Erin Richards)
Alfred Pennyworth
(Sean Pertwee)
Bridgit Pike / Firefly
(Michelle Veintimilla / Camila Perez)
Sal Maroni
(David Zayas)
Victor Zsasz
(Anthony Carrigan)
Tabitha Galavan
(Jessica Lucas)
Lucius Fox
(Chris Chalk)
Carmine Falcone
(John Doman)
Leslie Thompkins
(Morena Baccarin)
Hugo Strange
(B.D. Wong)
Fish Mooney
(Jada Pinkett Smith)
Jerome / Jeremiah Valenska / le « proto Joker »
(Cameron Monaghan)
Ivy Pepper V3 [saison 04]
(Peyton List)
Jonathan Crane / L’Épouvantail V1 [saison 01]
(Charlie Tahan)
Ivy Pepper V2 [saison 03]
(Maggie Geha)
Renee Montoya
(Victoria Cartagena)
Sofia Falcone
(Crystal Reed)
Victor Fries / Mister Freeze
(Nathan Darrow)
Crispus Allen
(Andrew Stewart-Jones)
Jervis Tetch / Le Chapelier Fou
(Benedict Samuel)
Ra’s al Ghul
(Alexander Siddig)
Ivy Pepper V1 [saison 01]
(Clare Foley)
Nathaniel Barnes / L’Éxécuteur
(Michael Chiklis)
Silver St. Cloud
(Natalie Alyn Lind )
Sujet 514A [clone de Bruce Wayne]
(David Mazouz)
Lazlo Valentin / Professeur Pyg
(Michael Cerveris)
La Cour des Hiboux
Jonathan Crane / L’Épouvantail V2 [saison 04]
(Charlie Tahan / David W. Thompson)
Basil Karlo / Gueule d’Argile
(Brian McManamon)

À nouveau, le déséquilibre flagrant montre que Gotham sait tirer vers le haut comme le bas. Pour plus de détails, il faut se référer aux critiques par arcs narratifs de chaque saison (qui étayent davantage tout ce qui est écrit sur cette page avec plus d’exemples concrets).

Impossible de ne pas évoquer les deux personnages principaux quand on parle de Gotham : James Gordon (Ben McKenzie) et Bruce Wayne (David Mazouz). Les deux ne brillent pas par leur charisme tout d’abord, McKenzie et son air de chien triste, Mazouz et son côté gamin insolent, qui plus est leurs évolutions ne sont pas exceptionnels voire stagnent au fil des épisodes. Le premier reste flic « imperturbable » mais avec quelques bons moments : quand il est à la limite de la corruption ou quand il n’est plus flic et davantage en roue libre. Le second ne joue pas très bien et ne peut s’empêcher d’être déjà Batman bien avant l’heure… Quelle solution pour cela ? Aucune à part changer d’acteur (au moins Mazouz) ce qui n’est jamais arrivé et n’arrivera (sans doute) pas pour la dernière saison… Pourtant, dès les premières diffusions et les échos critiques négatifs envers le jeune Bruce Wayne, la chaîne aurait pu (sous réserve que ce soit possible d’un point de vue contractuel bien sûr) tenter de prendre un autre enfant acteur. On salue toutefois les rôles d’Alfred Pennyworth (Sean Pertwee) – plutôt inspiré par Batman Terre Un -, Lucius Fox (Chris Chalk), Harvey Bullock (Donald Logue) et Nathaniel Barnes (Michael Chiklis). Fox apporte un certain magnétisme parmi les alliés et Bullock est relativement proche de l’image globale des comics. Barnes fut l’une des rares nouveautés du côté des « gentils » à apporter un vrai « plus ». Campé par une valeur sûre (la série The Shield) avec une métamorphose à la fois cohérente mais malheureusement un peu risible (en Exécuteur). De la même manière, l’excellente et charismatique (et jolie) Morena Baccarin interprète une Leslie Thompkins inédite (on l’a toujours « lu » lorsqu’elle est âgée) dans un premier temps. Avant de suivre un chemin peu logique et même de devenir une ennemie de seconde zone… La quatrième saison semble lui redonner quelques lettres de noblesse mais seule sa fin de parcours en ultime saison décidera de l’intérêt général du personnage. De manière anecdotique, toujours chez les « alliés », citons le mauvais traitement d’Allen et Montoya, vite relayés à de la figuration (avant de disparaître définitivement) là où ces deux policiers apportent un réel enjeu plus humaniste dans certaines bandes dessinées (Gotham Central et No Man’s Land par exemple). Quant à Harvey Dent, mal choisi dès le départ (Nicholas D’Agosto n’est guère convaincant voire risible), son parcours est très mal écrit et, lui aussi, disparaît complètement au bout de plusieurs épisodes, dommage… Enfin, chez les plus jeunes, Camren Bicondova jouait une Selina Kyle plutôt intéressante en début du show avant de devenir une caricature grossière de son propre rôle et, elle également, d’être relayée en arrière-plan. Sa relation avec Bruce Wayne fascine peu même si cette romance était légitime.

C’est donc surtout dans la galerie de vilains qu’il faut piocher le meilleur de Gotham (mais aussi le pire). Il y a tout d’abord l’insupportable trio féminin composé de Barbara Kean (Erin Richards), Fish Mooney (Jada Pinkett Smith) et Tabitha Galavan (Jessica Lucas). On a à la fois un problème d’écriture mais aussi de casting. Les trois femmes jouent globalement mal et leurs rôles sont malheureusement insupportables. On ne sait pas trop si Barbara Kean était censée être « la » Barbara Gordon mais sa trajectoire est surréaliste (elle devient la reine du crime, la protégée de Ghul puis de la Ligue des Ombres, etc.). Jamais Barbara n’effraie spectateur ou la prend au sérieux. Idem avec Fish Mooney, créée spécialement pour le show, impossible de la trouver crédible malgré de beaux moments mais trop rares pour être marquants. Quant à Tabitha, si son arrivée fut bénéfique à la série (en saison 2), son histoire d’amour improbable avec Butch et sa piètre évolution. Il est incompréhensible que les showrunners tardent à les tuer tant les trois sont décriées et conspuées sur la Toile. Butch, justement, in fine Solomon Grundy (Drew Powell) a quelques belles envolées mais reste, en moyenne, peu intéressant et, lui aussi, plutôt ridicule. Même son de cloche pour Hugo Strange, pourtant interprété par B.D. Wong, ce n’est pas forcément son écriture qui fait tâche mais ses mimiques et son côté low-cost, bizarre… Victor Zsasz (Anthony Carrigan) a un problème inverse : son comédien est plutôt bon et particulièrement charismatique mais le criminel suit une voie totalement improbable, surtout par rapport à sa version comics. Gueule d’Argile (Brian McManamon) est complètement sous-exploité alors qu’il apportait une certaine originalité et de multiples possibilités d’histoires, là aussi c’est dommage. Victor Fries (Nathan Darrow) était un peu soigné au départ (reprenant sa tragique romance) avant de devenir un antagoniste de seconde zone. L’inverse pour Ra’s Al Ghul (Alexander Siddig), dans un premier temps plutôt pitoyable pour le grand immortel avant de (re)venir sous forme spectrale et zombiesque terrifiante (mais de façon trop éphémère). Quant à l’Épouvantail, sa première mouture était passage mais la seconde (en quatrième saison) est particulièrement réussie et effrayante, bien qu’un peu trop en retrait.

ARTICLE EN COURS D’ÉCRITURE, SUITE PROCHAINEMENT…

Fin de saison 3, un classement par préférence d’arcs de saison avait été dressé puis mis à jour avec la quatrième saison, le revoici avec les liens vers les critiques.

1. Saison 03 – Seconde partie : Épisodes 15 à 22 (Heroes Rise)
2. Saison 02 – Première partie : Épisodes 01 à 11 (Rise of the Villains)
3. Saison 04 – Deuxième partie : Épisode 12 à 22
4. Saison 03 – Première partie : Épisodes 01 à 14 (Mad City)
5. Saison 04 – Première partie : Épisodes 01 à 11
6. Saison 02 – Seconde partie : Épisodes 12 à 22 (Wrath of the Villains)
7. Saison 01 – Seconde partie : Épisodes 11 à 22
8. Saison 01 – Première partie : Épisodes 01 à 11

 

Gotham – Saison 03 (Première partie : Mad City)

Page récapitulative de la série Gotham.

Mad CityVille folle ») est le nom du segment formé par les 14 premiers épisodes de la troisième saison. Critique de l’ensemble.

La série débute six mois après les évènements survenus à la fin de la deuxième saison, c’est-à-dire l’évasion des expériences du Docteur Strange, donc majoritairement des humains métamorphosés (des « monstres ») ou dotés de pouvoirs — mais également un clone aux cheveux longs de Bruce Wayne, nommé Five, pour 514A — du complexe souterrain secret situé sous l’Asile d’Arkham : Indian Hill. Certains ont été arrêtés par la police, d’autres par des chasseurs de prime, ce qu’est devenu Jim Gordon. Oswald Copplebot (Le Pingouin) compte bien aider la population de Gotham en offrant 1 million de dollars à qui trouvera Fish Mooney qu’il juge (à raison) à la tête de ces criminels en liberté. Le Pingouin reste lié d’amitié avec Nygma (toujours prisonnier à Arkham). Selina Kyle s’est à nouveau associée à Fish Mooney dont le costume et les acolytes proches sont plutôt ridicules.

La suite divise les arcs narratifs par groupes de personnages : Bruce et Alfred enquêtent que la Cour des Hiboux, James Gordon la joue solo avant de réintégrer le GCPD, Le Pingouin et Nygma s’associent pour gagner des élections, divers électrons libres (Barbara, Tabitha, Butch, Lee, Ivy…) naviguent ici et là sans réel intérêt. C’est là tout le problème de cette première partie de saison trois : il y a du très très bon et du très très moyen.

Commençons par les aspects négatifs de l’histoire. Le triangle plus ou moins amoureux Barbara/Tabitha/Butch est complètement risible, il faut absolument tuer tous ces personnages pour que la série s’en sorte grandie. Ivy devient une jeune femme par une pirouette scénaristique peu crédible et son parcours est, lui aussi, guère plausible (on a du mal à « croire » en ses pouvoirs, le rendu à l’écran sonne faux ; déjà qu’il ne passe pas très bien dans les comics parfois). La mère de Selina, qui débarque de nul part, est un prétexte ridicule pour ralentir l’intrigue principale (avec la Cour des Hiboux — on y revient plus tard). Autre élément complètement surréaliste : la relation entre Lee (l’ex de Jim) et Mario Calvi. Ce dernier n’est autre que le fils de Carmine Falcone ! Ça ne colle pas entre les deux et on voit tout de suite que le Mario « n’est pas net ». Au rang des improbabilités également : Isabella, le parfait sosie de Kristen Kringle, grand amour de Nygma, qui noue exactement la même relation avec lui… La même actrice incarne les deux rôles avec une couleur de cheveux différente. À la rigueur, l’explication d’une sœur jumelle aurait pu tenir la route mais là pas du tout (toutefois cet élément déclenche un segment du récit qui s’avère nettement plus intéressant — idem, on y revient plus tard). Victor Zsasz, le tueur récurrent, séduit nettement moins qu’au début de ces apparitions. C’est un « banal » criminel usant d’armes à feu. On ne le voit jamais se scarifier (l’essence même de cet antagoniste), il est devenu un simple homme de main (du Pingouin ou de Falcone, dommage). Dernier élément peu convaincant : le clone de Bruce Wayne, campé à nouveau par le même acteur (donc double peine car le jeu est vraiment pauvre).

Sur les aspects du scénario un peu plus « moyen », citons la fameuse Cour des Hiboux et l’enquête de Bruce, pas mal en retrait durant ces 14 épisodes, ce qui n’est pas plus mal. Pour l’instant tout reste assez brumeux sur les véritables enjeux (ce n’est pas très grave) mais à l’exception d’une quelconque « société secrète », la Cour n’apporte (pour l’instant) pas grand chose d’autres — si ce n’est le plaisir de la voir sur écran ainsi que les fameux ergots pour les fans des comics. De façon anecdotique, citons un équivalent de Man-Bat plutôt convaincant mais peu vu à l’écran.

Heureusement, beaucoup d’autres éléments sont réussis, voire très réussis. Tout d’abord Jim Gordon en roue libre en tant que détective privé/chasseur de prime. Cela réconcilie avec l’acteur qui délivre enfin davantage d’expressions faciales et apporte une certaine « coolitude » au personnage (qui en manque cruellement). Il entame une romance avec Valerie Vale, qui est, pour l’anecdote, la tante de Vicky Vale (le show ne l’indique pas). Lucius Fox a rejoint le GCPD en tant qu’expert scientifique car Wayne Enterprises est trop moralement corrompu selon lui, il remplace donc Nygma à ce rôle (et c’est très bien ainsi, Fox amenant un certain magnétisme à chacune de ses apparitions). L’excellent Barnes est toujours à la tête du GCPD justement, son évolution est passionnante et bien écrite. La venue de Jervis Tech, alias le Chapelier Fou, un hypnotiseur amoureux de sa sœur Alice, est aussi une excellente chose. Benedict Samuel (The Walking Dead) livre un charismatique ennemi emblématique de Batman. C’est d’ailleurs ce qu’aurait dû faire Gotham depuis le début : se concentrer sur des vilains peut-être « moins connus » mais les conserver plusieurs épisodes au lieu d’en créer des nouveaux ridicules ou le temps d’un épisode (comme dans la première saison). Tech occupe une place importante dans cette première salve d’épisodes et il est accompagné des frères Tweeds. Tout est respectueux des comics, rappelle bien sûr Alice au Pays des Merveilles mais aussi la saga de films Saw !

Autre bonne trouvaille de la série : Le Pingouin candidat à la mairie et Edward Nygma en chef de cabinet. Mais le futur Sphinx n’est pas dupe et complote en amont pour faire cavalier seul. Sa vraie-fausse amitié dévoile même son extrême ingéniosité (donc intelligence) et le pathos touchant de Copplebot. Celui-ci allant même jusqu’à lui déclarer… son amour ! Une approche audacieuse, révélant une bisexualité ou homosexualité du Pingouin très crédible car très bien écrite. Il est évident que ça ne plaira pas à tout le monde, cette originalité étant totalement inédite mais scie à merveille à Copplebot, toujours brillamment interprété par Robin Lord Taylor. Le tournant de la relation ambigüe entre les deux (le meurtre du fameux sosie de Miss Kringle) permet d’admirer le jeu de Cory Michael Smith (Nygma), sombrant à nouveau dans cette étrange folie. Le duo devient l’une des forces du show, clairement. Il est d’ailleurs important de relever la fragile frontière qui sépare les fous (d’Arkham) des criminels (enfermés à Blackgate). Il est bien difficile de retranscrire cela dans les comics parfois (à commencer par le personnage du Joker par exemple). Ici, Gotham traite avec un bon équilibre cet aspect. De la même manière, il y a de bonnes notions (entamées la saison précédente), de justice et de vengeance. Avec des poncifs parfois un peu cliché mais qui restent efficace.

On apprécie également le rendu de la ville, jonglant entre la burlesque métropole gothique des films de Tim Burton et la folle inspiration « réelle » héritée de la trilogie de Nolan. Gotham étant un lieu où converge les pires des ordures dans des lieux sales et malfamés mais où vivent également le gratin de la ville, fortunés et influenceurs.

Mais le grand atout de ces nouveaux épisodes est le retour de Jérôme, le fameux « proto Joker » charismatique et passionant. La résurrection dudit Jérôme, parfaitement incarnée par Cameron Monaghan, est certes « facile » (la série ne s’embête pas à jongler entre les invraisemblances du registre thriller, fantastique et science-fiction pour que ça l’arrange) mais apporte un regain d’intérêt. Si les prestations des quelques épisodes où il était aperçu ne convainquaient qu’à moitié, cette fois c’est la bonne : toute la folie et l’intelligence du (futur) Clown du Crime est délicieusement fascinante. Les auteurs (incluant le showrunner et créateur de la série Bruno Heller, connu pour The Mentalist et Rome) ont même scrupuleusement respecté certains comics récents, où le Joker avait son visage complètement enlevé. Un régal ! La suite de ses aventures stimule nettement plus que celles de Bruce et Jim. Gotham a toujours davantage passionné par son écurie d’ennemis que ses héros.

Les nombreux points positifs gomment les autres (nombreux également) négatifs. Il est toujours dommage, arrivé à plus de deux saisons et demi, de constater que la série continue de se chercher sur quelques aspects, toujours dans cette volonté de séduire un « large public » ou des « spectateurs non connaisseurs de Batman ». Les audiences baissent, on ignore la corrélation avec l’écriture du show qui gagne en maturité et en qualité tout en étant plombé par des sous-intrigues et personnages secondaires dénués d’intérêt. Heureusement, le Chapelier Fou, le Pingouin, Nygma et Jérôme permettent d’y trouver un plaisir non négligeable et une certaine tension qui continue de donner envie de voir la suite !

Gotham – Saison 02 (Seconde partie : Wrath of the Villains)

Page récapitulative de la série Gotham.

Après une excellente première partie (comportant encore certains défauts côté casting et écriture de personnages tout de même), que vaut cette seconde salve intitulée Wrath of the Villains (« La colère des méchants ») ?

L’histoire reprend peu après la fin de l’épisode précédent : Gordon est blanchi des accusations du meurtre de Theo Galavan et Le Pingouin est activement recherché (et rapidement trouvé puis enfermé à Arkham). La grande nouveauté est l’arrivée de Victor Fries/Mister Freeze (Nathan Darrow — assez moyen). Sans surprise, sa romance tragique avec sa femme malade (brillamment illustrée dans la série d’animation, les jeux vidéo de la saga Arkham et dans les comics) prend place aussi ici. Les effets spéciaux de ses armes et les victimes congelés sont plus réussis que les précédents effets visuels. Dommage d’avoir réellement « tué » Nora si tôt et de dévoiler un ennemi emblématique des années avant la véritable arrivée de Batman.

Cette deuxième partie est un peu plus décousue que la première mais il y a toujours des fils narratifs continus, le principal avec l’asile d’Arkham et son sous-sol des expérimentation du Dr. Hugo Strange (campé par le normalement très bon B.D. Wong, vu dans Oz et Mr. Robot notamment, mais qui n’excelle pas vraiment dans Gotham). On suit donc dans les premiers épisodes l’évolution de Freeze mais aussi la découverte d’un paternel pour le Pingouin (joué par Paul Reubens dans une ambiance mi-Tim Burton à nouveau — ça tombe bien, l’acteur incarnait Pee-Wee — mi-Famille Adams), une parenthèse pas extraordinaire et extrêmement prévisible (mais esthétiquement appréciable). On assiste aussi à la montée en puissance de Nygma, quasiment la naissance du Sphinx avec un plan machiavélique incroyable et puissant qui débouchera sur l’incarcération de Gordon à Black Gate ! Une situation inédite et passionnante, qui permet aussi de se réconcilier un peu avec le jeu d’acteur de son interprète (Benjamin McKenzie).

Du côté de Strange, présent dans quasiment tous les épisodes, c’est un petit peu la porte ouverte « à toutes les folies » puisque ses expériences arrivent, entre autres, à ressusciter des personnes et créer des monstres… Un point dommageable puisque cela permet toutes les possibilités scénaristiques inimaginables avec un risque de perte de crédibilité. Ça ne loupe pas puisque Galavan revient à la vie et devient… Azrael ! Si le traitement du personnage (en costume) est plus ou moins respectueux des comics, l’homme sous l’armure n’est plus crédible mais quand il la porte il est imposant, puissant et magnétique. On espère tout de même un jour l’arrivée de Jean-Paul Valley en successeur (même si, dans le cadre de la série, ce serait une fois de plus trop en amont — cf. paragraphe plus bas). À signaler aussi, le retour (sans surprise) de Barbara Kean dans un double-jeu toujours aussi ridicule. Tout comme le couple improbable Butch/Tabitha… Sans réelle stupeur également, Fish Mooney revient avec en plus un « super-pouvoir » (on apprend quand même qu’elle était réellement morte). Difficile d’adhérer à 100% à ces renaissances et aux fameux « lavages de cerveau », c’est un parti pris facile, peu créatif, pas forcément crédible et plutôt dommage. On déplore aussi l’évolution trop risible de Firefly, pourtant bien amenée dans la première partie.

On retient donc de ces 11 épisodes principalement l’évolution de Nygma, les quelques scènes de combat d’Azrael en armure, le séjour de  Gordon en prison, la découverte du meurtrier des parents de Bruce Wayne et l’avancement de ce dernier dans son combat pour la justice avec les terribles contraintes « légales » (ainsi que son admiration en voyant un costumé en cape, Azrael donc). Son apprentissage continue malgré lui et, là aussi sans grande surprise pour les connaisseurs des comics, la Cour des Hiboux est bel et bien annoncée (et devrait en toute logique être au cœur de la saison suivante). Les bonnes résolutions (et révolutions ?) du show se situent dans le casting de cette seconde saison avec les personnages de Nathaniel Barnes (Michael Chiklis) et Lucius Fox (Chris Chalk). Tout d’abord ils apportent un nouveau souffle de « bien », Gordon (et Wayne) ne sont plus les uniques artisans à œuvrer pour ce qu’ils estiment être la justice (au détriment de la loi). Ensuite, ils sont très justement interprétés, et enfin, les acteurs sont très charismatiques (se référer à cet article pour la liste de tout le casting et les appréciations de chacun).

Si Gotham a plusieurs défauts (déjà listés plus haut et dans les anciennes critiques) et que cette seconde partie de saison 2 s’essouffle un peu (il y a de bons moments tout de même, comme ceux évoqués plus haut), il faut reconnaître au show une certaine qualité sur le rythme (il n’y a jamais de temps mort), sur la photographie qui est toujours très soignée et sur la direction artistique plutôt correcte pour une série de ce calibre. On apprécie par exemple l’extérieur d’Arkham qui rend un bel hommage aux versions déjà connues. Les plus cinéphiles ou serievores aimeraient certainement un côté plus travaillé et original sur la mise en scène mais ce n’est pas très grave. Idéalement, à l’instar de la première saison, le nombre d’épisodes devrait être diminuer (16 ou 18) pour gagner encore plus en efficacité.

En prenant un recul nécessaire et avec un prisme de lecture axé « fan de Batman », on se doit de souligner une certaine inquiétude vis-à-vis de l’anticipation extrême de Gotham. Si l’on se fit à la chronologie plus ou moins officielle, les premiers pas du Chevalier Noir dans son costume ne doivent arriver que dans une dizaine d’années au minimum (quand Bruce a 21/22 ans). Bien sûr dans le cadre de la série télévisée — qui reste une adaptation avec donc des auteurs libres de s’inspirer des comics mais ne pas suivre à la lettre ce qu’ils estiment ou non, évidemment — il se peut que Bruce Wayne enfile sa cape plus tôt. Mais tout de même… plusieurs de ses ennemis emblématiques sont déjà présents (certains étant de base plus âgés que lui, cela fait bien sûr sens de les croiser déjà). Quelques uns ne sont pas encore affublés de leur véritable alias, d’autres ne sont même pas encore clairement des « méchants » mais beaucoup existent (ennemis mineurs ou majeurs) une décennie avant l’arrivée de Batman.

Le Pingouin, le Sphinx (Edward Nygma), Hugo Strange, Gueule d’Argile (apparu en fin de saison 2), Mr Freeze, Victor Zsasz, l’Électrocuteur (qui était risible en saison 1), Flamingo sont déjà là. Il y aussi la mafia et la police corrompue avec Loeb, Falcone et Maroni par exemple. Certains sont également montrés en tant qu’enfants ou adolescents comme Poison Ivy, L’Épouvantail, Firefly, Silence (Tommy Elliot) et d’autres évoqués par leur père comme Romain Sionis (donc Black Mask) et à nouveau Jonathan Crane (l’Épouvantail). On peut citer également Harvey Dent (Double-Face) qui est déjà présent et bien sûr Selina Kyle (Catwoman) même si ces derniers sont plutôt des « gentils » ou, au pire, des antagonistes (tout comme Azrael dans sa version définitive si elle vient un jour). Reste le Joker, qu’on a vu dans sa version « proto » et éventuellement Killer Croc, aperçu au détour d’un plan en fin de saison 2 (mais aucune confirmation que c’était bien lui). Et tout cela en moins de 45 épisodes ! C’est vraiment… énorme. Même si certains ne sont pas encore des ennemis ou ont encore un long chemin à suivre pour s’émanciper pleinement, nul doute que la série en montre « trop » et « trop vite ». Parmi les têtes connues les plus représentatives de la galerie de vilains de Batman, il ne reste (déjà) plus que Bane, le Chapelier Fou, Harley Quinn, Ra’s al Ghul et éventuellement Man-Bat et le Ventriloque. Soit à peine six (dont trois/quatre qui interviendront dans les saisons 3 et 4 si on a été attentif aux bandes-annonces et teasers), outch… La série doit prendre son temps, comme elle le fait brillamment avec le Pingouin et Nygma ; elle a à sa disposition une forte liste d’ennemis potentiels à utiliser, il faut piocher dedans avec parcimonie plutôt que de vouloir tous les montrer absolument ou d’en créer des ridicules.

C’est en cela que Gotham peine aussi toujours à convaincre réellement, par ce côté « fan-service » pas forcément utile. Il y a des aspects négatifs qui ont été très bien corrigés (le rythme et l’écriture), d’autres qui sont délicats à améliorer (le jeu d’acteurs de quelques-uns) et certains qui se doivent d’être gommés et remplacés par de meilleurs éléments, comme ce fut le cas, avec parcimonie, dans cette deuxième saison (suppression de personnages, focalisation sur les évolutions…).

En conclusion cette nouvelle salve d’onze épisodes est en-dessous des onze premiers mais comporte de sacrés bons moments de fulgurance. Globalement, cette deuxième saison s’en tire plus que bien et balaye sans problème la première qui cumulait trop de défauts. On est donc toujours en très bonne voie, le show a trouvé ses marques et s’améliore. En espérant que des ajustements qualitatifs arrivent en saison 3 mais on est clairement sur une série qui pourra passer plus facilement la postérité si les auteurs conservent le ton de cette saison 2 et, surtout, s’ils peaufinent les quelques défauts inhérents toujours présents.