Archives de catégorie : Critique

Joker/Harley : criminal sanity

[Résumé de l’éditeur]
Profiler de renom, Harleen Quinzel est embauchée par le GCPD pour enquêter sur une vague de crimes particulièrement sordides. Mais elle est elle-même hantée par une affaire passée lorsque sa colocataire a été sauvagement assassinée par le tueur en série surnommé le Joker.

[Histoire]
Cinq ans après le meurtre de sa colocataire par le Joker (qui a disparu ensuite), la docteure Harleen Quinzel (qui préfère être appelée Harley) aide régulièrement James Gordon et la la police de Gotham en tant que consultante (psychiatre judiciaire & analyste comportementale – selon sa carte de visite). Maddox, à la tête du GCPD ne supporte pas Harleen malgré les résultats brillants de la jeune femme, qui donne des cours en complément à l’université.

Quand un nouveau tueur en série sévit dans la ville, laissant des mises en scène macabres avec des bouts de corps recousus entre eux, Quinzel est persuadé que le Joker est de retour…

« Après le meurtre d’Edie, le Joker s’est évaporé.
Il est devenu le croque-mitaine de Gotham,
un monstre que chacun redoutait sans jamais l’avoir vu
mais il n’a rien d’une légende. Moi, je le trouverai.
»
Harleen Quinzel

[Critique]
Voici une œuvre (issue du Black Label) plutôt alléchante, singulière mais que partiellement réussie. « Partiellement » à cause de plusieurs raisons, autant sur la forme que le fond. Explications.

Avant d’analyser le scénario, il convient de parler en premier lieu des dessins. Ainsi, l’histoire « au présent » est presque exclusivement en noir et blanc, croquée sous un trait réaliste par Mico Suayan (voir plus loin pour le détail des crédits de l’équipe artistique) ; on est assez proche de la patte de Lee Bermejo (impossible de ne pas penser à son Joker, surtout dans sa version inédite en noir et blanc). L’ensemble est donc superbe, indéniablement, et une touche de couleur est parfois ajoutée sur des éléments importants (les cheveux et le sourire du Joker par exemple, donc un peu de vert et de rouge). Les flash-backs sont, quant à eux, entièrement en couleur et dans un style assez différent car on a carrément l’impression de voir… un roman photo ! Notamment dans les deux premiers chapitres (sur neuf), dessinés par Mike Mayhew, avant qu’il cède (heureusement) sa place à Jason Badower (qui restera dans un style réaliste mais moins prononcé, heureusement).

En résulte donc au début un étonnant style hybride, mi-ridicule, mi-troublant. C’est l’un des points clivants de l’œuvre, si cette approche graphique inédite (cf. illustrations de cette critique) vous rebute, inutile d’aller plus loin, même si ce serait dommage car, comme expliqué, elle s’atténue au fil des épisodes après le départ (sans explications) de Mayhew au profit de Badower. Si vous y êtes réceptifs vous serez évidemment conquis. Dès le troisième chapitre les deux pattes graphiques s’entremêlent, perdant volontairement le lecteur pour savoir s’il lit des séquences se déroulant « actuellement » ou si elles datent d’il y a plusieurs années, notamment autour du Joker. On devine d’ailleurs aisément, grâce/à cause de certains flash-backs qui il est et les clichés s’empilent sur son enfance (maltraitée, évidemment…) : père alcoolique et violent, mère biologique décédée, etc. On flirte avec la caricature ou la série télévisée policière ad nauseam – également dans les dialogues au GCPD.

Néanmoins, cette itération du Joker est très éloignée de ce qu’on a l’habitude de lire/voir : ici l’homme est intelligent, froid, malin, manipulateur. Moins charismatique qu’à l’accoutumée, il sourit rarement et ne rit jamais. Une approche austère qui sied mal au personnage iconique, rappelant parfois la débandade du quatrième tome de Batman Rebirth (La Guerre des Rires et des Énigmes) dans lequel le Clown faisait littéralement la gueule tout le temps. On pense aussi au côté moins fou furieux et (en apparence) plus calme du Joker du titre éponyme déjà cité (écrit par Brian Azzarello) voire, pourquoi pas, celui du film The Dark Knight. L’angle choisi pour ce one-shot (profilage réaliste) rappelle également le très mauvais Joker – Killer Smile, où l’on peut reprendre mot pour mot cet extrait de la critique qui fonctionne aussi : « difficile de « reconnaître » le Joker. Il pourrait être Double-Face, le Sphinx ou un tueur en série « quelconque » que ça ne changerait pas des masses l’histoire ».

Mais ici, ce n’est pas le Clown qui fait la part belle à Joker/Harley : criminal sanity, c’est évidemment Harleen Quinzel. C’est elle que le lecteur suit assidument et qui ne ressemble pas à la célèbre psychiatre que l’on connaît déjà. Et cette fois, en revanche, c’est très appréciable ! Le personnage est plutôt bien écrit, son travail de spécialiste des comportements criminels sonne « juste » (grâce aux nombreuses recherches effectuées durant deux ans par l’autrice Kami Garcia et l’aide de son consultant le Dr Edward Kurz – on y reviendra).

Contrairement à ce qu’on peut penser de prime abord, nous ne sommes pas dans une origin-story qui montrerait l’évolution d’Harleen en Harley, séduite par le Joker puis complice amoureuse (pour cela, il y a le très bon Harleen, lui aussi publié sous le « prestigieux » Black Label). Cela diffère, une fois de plus, de ce qu’on a l’habitude de voir et ce n’est pas plus mal. Leur relation reste plus ou moins intéressante mais manque d’un soupçon d’âme ou d’authenticité (à défaut de proposer des choses plus épiques à côté). Au-delà, demeure une longue enquête passionnante mais un brin convenue et sans grandes surprises ou retournements de situations… C’est hélas l’autre point faible du titre, auquel on peut ajouter sa fin abrupte, mi-figue mi-raisin. Pour peu que vous soyez déjà connaisseur du côté profilage ou des tueurs en série, on n’apprend pas grand chose.

Ne vous attendez pas non plus à croiser Batman, il est mentionné deux fois, on sait juste qu’il a disparu il y a plusieurs années (de quoi alimenter toutes sortes de théories méritant d’enrichir ce « nouvel univers » de la mythologie du Chevalier Noir). Seul Gordon est une figure familière de l’ensemble en complément d’Harley et du Joker, avec quelques figurations anecdotiques de temps à autre (Victor Zsasz, Crane en directeur d’Arkham, etc.). En somme, y avait-il besoin d’apposer le filtre « Gotham » à une histoire policière qui, in fine, pouvait s’en passer et interchanger ses noms de protagonistes ? Clairement pas mais c’est une jolie proposition néanmoins, principalement grâce aux somptueuses planches, leurs compositions et découpages appréciables, et à Harleen, plutôt attachante.

Le récit s’étale sur un peu plus de 280 pages, répartis en neuf chapitres (les huit de Joker/Harley : Criminal Sanity entrecoupés à la moitié par Joker/Harley : Criminal Sanity Secret Files #1, qu’on détaille dans le paragraphe suivant). Kami Garcia signe l’entièreté du scénario, qu’elle considère comme « un thriller psychologique avec du suspense » (ce qui est assez vrai). Elle est accompagnée du Dr Edward Kurz comme consultant, de quoi ajouter une caution « expert médical » à l’ensemble (lui-même est profileur et psychiatre judiciaire, à l’instar d’Harleen dans la fiction ; « il travaille dans un établissement pour les criminels malades mentaux », nous explique un entretien en début du livre –  à lire après la BD plutôt). Kami Garcia est principalement connue pour ses romans young adult et notamment sa saga Sublimes Créatures. Chez DC Comics, on lui doit aussi les deux titres Teen Titans publiés chez Urban Link (comics à nouveau à tendance jeunes adultes et au format plus petit) : Raven et Beast Boy – tous deux favorablement accueillis par la critique.

Aux dessins, on retrouve majoritairement deux artistes : Mico Suayan pour les passages en noir et blanc (un habitué des anti et super-héros auxquels il confère son style froid, réaliste et détaillé ; il a bossé, entre autres, sur différentes séries dont Batman, le Chevalier Noir, Superman, Arrow, Bloodshot Reborn, Punisher, Moon Knight…) et Jason Badower pour ceux en couleur (il est absent uniquement sur le premier chapitre, avant qu’il remplace définitivement Mike Mayhew ; Badower travaille principalement sur des couvertures chez DC et sur des concept-arts pour le cinéma et la télévision). Mike Mayhew est, comme on le soulignait plus haut, présent le temps des deux premiers épisodes. C’est lui qui signe les séquences du passé proche du roman-photo (qui sont donc différentes par la suite après son départ et sonnent davantage comics, tant mieux) ; sa maîtrise du photoréalisme peut être observée chez Marvel (Mystique, She-Hulk, The Pulse, Fear Itself), DC Comics (différents titres de Justice League) et Star Wars.

Côté couleur, Annette Kwok est crédité à partir du troisième chapitre (Mahyew s’en occupant sur les deux précédents apparemment). Le « dossier secret » au milieu du comic-book (en réalité Joker/Harley : Criminal Sanity Secret Files #1) est à nouveau écrit par Kami Garcia mais aussi par le Dr Edward Kurz. On retrouve les trois dessinateurs précités ainsi que la coloriste mais aussi deux nouveaux artistes : David Mack et Cat Staggs. Cet interlude est composé des notes de Quinzel, des rapports de police, de coupures de journaux, de mails, etc. pour un résultat doublement passionnant : les textes bien sûr, mais aussi les différentes formes graphiques qui la composent incluant cette fois des aquarelles aux couleurs vives agrémentées de poésie (probablement signées par les deux derniers dessinateurs précités).

Quelques références au monde du Chevalier Noir parsèment l’ouvrage, un figurant se nomme Paul Timm, hommage à peine déguisé à Paul Dini et Bruce Timm (les créateurs de Harley Quinn, à qui on doit donc l’excellente Batman, la série animée), le Joker de Lee Bermejo et Brian Azarello, déjà évoqué, etc. Le beau livre (format luxueux du Black Label oblige) se termine par la galerie de couvertures, classiques et variantes. Un entretien avec la scénariste Kami Garcia ouvre aussi le comic, comme souvent on suggère de le lire après la bande dessinée pour éviter des révélations.

Joker/Harley : criminal sanity est inégale par bien des aspects évoqués plus haut mais reste à découvrir principalement pour sa proposition graphique hors-norme (digéré et passé ses deux premiers épisodes surtout) et son propos plus ou moins inédit. Si les styles de dessins vous séduisent assez et que vous n’êtes pas à cheval sur la personnalité du Joker, alors le comic-book devrait vous plaire, extrêmement proche d’un polar à la forme soignée et au fond sale, violent et réaliste. Si ce n’est pas votre tasse de thé ou que vous attendez que le récit vous surprenne « réellement », faîtes l’impasse sans problèmes, ce n’est ni révolutionnaire, ni incontournable dans la mythologie de Batman, ou plutôt du Joker et d’Harley.

« Cinq choses permettent de transcender la médiocrité du quotidien :
une intelligence supérieure,
des livres pour l’alimenter,
des outils pour les suppléer lorsque c’est nécessaire,
beaucoup de préparation et une résolution sans faille.
Anéantir son adversaire sans combattre
est l’aboutissement ultime de l’art de la guerre.
Rien de tel que les réseaux sociaux pour y parvenir. »

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 20 août 2021.

Scénario : Kami Garcia
Dessin : Mico Suayan et Jason Badower (et Mike Mayhew, voir article)
Couleurs : Annette Kwok

Traduction : Julien Di Giacomo
Lettrage : Moscow Eye

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Batman Univers Hors-Série #5 – Batman et Manhunter (scénario de Archie Goodwin)

Au printemps 2017, Urban Comics publie le cinquième et dernier hors-série de son magazine Batman Univers. Celui-ci est entièrement consacré à un auteur, Archie Goodwin, qui signe tous les épisodes (parus dans les années 1970) dont certains mettent en avant Paul Kirk, alias le héros Manhunter (avec ou sans Batman).

Le numéro se compose en deux parties. La première, très oubliable et sans rapport avec Manhunter, montre trois aventures issues de Detective Comics dessinées par Jim Aparo (#437-438) puis Alex Toth (#442). La seconde, nettement meilleure, est tout simplement « la saga complète de Manhunter pour la première fois publiée en France dans son intégralité », c’est-à-dire six courts chapitres (back-up) puis un complet de Detective Comics (#443) et un épisode spécial final inédit ; toute cette saga est dessinée par Walter Simonson. Découverte et critique.

[Résumé de l’éditeur – correspondant uniquement à la seconde partie du magazine in fine]
Lorsque Paul Kirk, alias le Manhunter, ancien chasseur de gros gibiers et officier de renseignement, réussit à s’extirper des griffes d’une organisation fanatique appelée le Conseil, il voue sa vie à la démanteler. Avec Archie Goodwin au scénario de ce récit complet, le Manhunter, aidée dans sa tâche par une agente d’Interpôl, réussira-t-il à défaire cette organisation ?

[Histoire et critique | Première partie du magazine]
Dans Masque de la mort ! (Detective Comics #437), Batman enquête et poursuit un mystérieux assassin doté d’un masque issu d’une civilisation (fictive) d’Amérique du Sud et lui conférant une force surhumaine. Un monstre hante le manoir Wayne ! (Detective Comics #438) évoque, comme son titre l’indique, un certain « monstre » qui a agressé Alfred. Bruce doit donc laisser la police enquêter chez lui… Y aurait-il un lien avec Ra’s al Ghul dans tout ça ? Enfin, La mort rôde dans les cieux (Detective Comics #442 – déjà publié dans Batman Anthologie) emmène Batman à combattre des ennemis via… des avions !

Sans connexion entre eux, ces trois récits ne sont guère mémorables. On apprécie les deux premiers pour (re)voir le talent de Jim Aparo aux dessins mais c’est à peu près tout… Seuls les amateurs de l’artiste ou les complétistes (entres autres, de cette période du début de l’Âge de bronze des comics – avis aux nostalgiques également) peuvent y trouver un intérêt. Les titres induisent volontairement en erreur en imaginant des monstres, zombies ou autres créatures mystiques alors qu’il n’en est rien : cela est vite deviné et les effets tombent à l’eau direct… Publiés en 1973 et 1974, il y avait la contrainte de l’époque qui était de concevoir des histoires avec un début et une fin en quelques pages. C’est ce dont souffrent ces petites aventures, couplées à des ennemis éphémères, complètement anecdotiques et créés pour l’occasion. Ici, pas de traditionnels vilains de la prestigieuse galerie de la mythologie du Chevalier Noir, ce qui n’aide pas non plus à réellement apprécier ces courtes bandes dessinées… Si elles sont proposées dans ce numéro, c’est tout simplement car leurs back-ups (le petit complément de quelques pages à lire après), eux, se suivaient et formaient un arc narratif complet. On parle bien sûr de ceux sur Manhunter, à découvrir… tout de suite !

[Histoire et critique | Deuxième partie du magazine]
Christine Saint-Clair
, agent d’Interpol se rend au Népal à la recherche de Paul Kirk qui sévit dans les parages sous le nom de Manhunter. Ce dernier était mort il y a trente ans mais a ressurgi, tantôt comme un criminel, tantôt comme un sauveur… Comment expliquer ceci ? L’espionne le traque puis s’allie à lui en passant par la Tunisie et le Japon… L’organisation mystérieuse le Conseil tire les ficelles de cette machination implacable, basée sur des expériences scientifiques dangereuse de… clonage ! Complots, trahisons… Qui est réellement Manhunter ? Qui le poursuit et quel est le but du Conseil ?

Publiée en feuilleton dans les pages de Detective Comics entre 1973 et 1974, multi-récompensée et rééditée à plusieurs reprises, la saga Manhunter bénéficie enfin d’une édition française ! Entièrement écrite par Archie Goodwin et dessinée par Walter Simonson, elle comprend six courts chapitres (les back-ups de Detective Comics #437 à #442) intitulés L’affaire de l’Himalaya, Le dossier Manhunter, La résurrection de Paul Kirk, Rébellion, Cathédrale du péril, Duel avec le maître puis le chapitre complet Gotterdämmerung (Detective Comics #443) et enfin Le Chapitre Final, épisode inédit réalisé en 1999 par Simonson en solo peu après le décès de Goodwin, qui livre un récit muet « en hommage à son parolier disparu ».

S’étalant sur un peu plus de 90 pages au total, la saga Manhunter dévoile rapidement ce qui se trame : Kirk a été cryogénisé et cloné ! Un sujet rarissime pour l’époque, porté avec rigueur et sérieux tout le long de la fiction. Dans la première moitié de l’histoire (les six petits chapitres – durant lesquels Batman est absent) Il y a clairement un côté James Bond (armes, voyages à travers différents pays, organisations secrètes…) voire Black Widow (la tenue d’agent de Christine) et même – pour rester proche de Marvel – un aspect Wolverine avec son (anti)héros quasiment immortel et adepte de techniques de combat liées au Japon par exemple (les ninjas sont présents on va dire, tout comme ils le furent dans l’histoire de Batman).

Dans sa seconde moitié du récit, on retourne à Gotham City pour une nouvelle alliance, avec le Chevalier Noir bien sûr ainsi que quelques personnages secondaires rencontrés en amont. Il s’agit simplement de la conclusion de tout ce qu’on a vu avant. Bavarde, passionnante mais un brin confuse (cette narration toujours un peu lourde typiques des 1970’s), un peu épique, bref l’ensemble est inégal mais globalement positif. Les méthodes radicales de Kirk/Manhunter (il n’hésite pas à tuer) ne plaisent évidemment pas à Batman – tous deux vont devoir réviser leurs convictions. L’épisode s’arrête avec une fin soudaine et plutôt satisfaisante même si on aimerait savoir ce qu’il se déroule pour certains protagonistes ensuite…

… chose réparée plus de vingt-cinq après dans l’ultime chapitre L’épisode final, entièrement muet comme évoqué plus haut (ce qui n’est pas plus mal vu toute la masse de texte avalé avant, ça fait du bien). Efficace, davantage grandiloquent en terme d’action, plutôt solide et apportant une conclusion plus honorable bien que dispensable. Le style de Walter Simonson s’est par ailleurs modernisé (cf. image à la toute fin de la critique), rendant l’ensemble plus digeste.

En synthèse, cette saga de Manhunter est assez séduisante, elle est peut-être trop « vantée » en introduction, au risque de créer des attentes et donc générer des déceptions (Manhunter n’est pas le type le plus charismatique qui soit ni le plus original niveau look…) mais elle a le mérite de sortir des sentiers battus, aussi bien chez DC Comics que chez Batman – surtout pour l’époque ! Pour le prix du magazine, les curieux devraient s’y pencher ; saluons aussi l’effort de l’éditeur d’oser publier un titre comme celui-ci en France (d’où la version kiosque pour minimiser les risques).

[A propos]
Publié le 28 avril 2017 par Urban Comics.

Scénario : Archie Goodwin
Dessin : Jim Aparo, Alex Toth, Walter Simonson
Lettrage : Jim Aparo, Alex Toth,
Couleur : Non précisé, Klaus Janson

Traduction : Jean-Marc Laîné, Philippe Touboul
Lettrage : Christophe Semal et Laurence Hingray (Studio Myrtille), Stephan Boschat (Studio Makma)

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Batman Saga : compilation de récits divers…

L’entièreté des critiques des histoires issues des magazines Batman Saga et Batman Univers sont (désormais) compilées sur le site *. La plupart des chapitres sont à retrouver dans les chroniques des tomes dans lesquels ils ont été rassemblés ensuite (ou découpés selon les sorties US car inédits en France, comme une bonne partie de la série Detective Comics de l’ère New 52 par exemple). Néanmoins, dans quelques numéros, Urban Comics proposait des récits annexes bonus, soit des back-ups, soit des séries ultra courtes. Ceux-ci sont désormais rassemblés ici afin d’avoir « tout » d’indexé et chroniqué sur le site – il se peut que certains aient échappé à ma vigilance et furent tout de même publiés en librairie dans un second temps, n’hésitez pas à le signaler en commentaire si c’est le cas, merci d’avance 🙂

* il manque juste les épisodes de Batman Incorporated qui seront mis à jour lors des (nouvelles) critiques à venir de la saga Grant Morrison présente Batman grâce à la réédition en intégrale.


(Detective Comics #27 – La vieille école • Neal Adams)

Pluie / La vieille école / La belle époque / Le sacrifice
Detective Comics #27 [back-up] | Batman Saga #27/28 [08 et 09.2014]

Dans Pluie, Francesco Francavilla écrit et dessine en quatre pages un Batman qui sauve « encore » le fils de Gordon. Complément sympathique mais trop court de Sombre Reflet.

La vieille école est un bel hommage de dix pages à l’évolution de Batman, écrit par Gregg Hurwitz et dessiné par Neal Adams himself ! C’est d’ailleurs toute la partie graphique qui est appréciable, le scénario un brin décousu est, in fine, assez « commercial et gentillet ».

La belle époque est aussi une forme d’hommage puisque Batman y souffle ses soixante-quinze bougies (éditoriales et « réelles »), proposant une incursion dans un avenir lointain avec un entourage vieilli. On y retrouve en dix pages une allusion à peine cachée à The Dark Knight Returns. En synthèse, un joli moment écrit par Peter J. Tomasi, conféré à l’élégance du style si particulier de Ian Bertram. Clairement le meilleur épisode des quatre.

Dans Le sacrifice, Mike W. Barr imagine (grâce à une projection de Phantom Stranger) ce qu’il se serait passé si les parents de Bruce Wayne n’avaient pas été tués… Guillem March croque un Bruce heureux mais découvrant une ville sous le joug de tous ses ennemis. Très appréciable mais évidemment trop court, le récit mériterait un enrichissement dans un elseworld tant il apparaît séduisant par bien des aspects !

(Detective Comics #27 – La belle époque • Ian Bertram)

Nightwing dans : Une longue année
Secret Origins #1 | Batman Saga #30 [11.2014]

Zéro surprise dans cette origin-story paresseuse, signée Kyle Higgins (qui a écrit la série très inégale et, in fine, assez moyenne Nightwing justement). En douze pages on (re)découvre une énième fois la même histoire de Dick Grayson : l’accident de cirque, les premiers pas en tant que Robin, etc. Les dessins de Doug Mahnke en petite forme souffrent d’une colorisation faiblarde. Bref, sans intérêt.

Batman dans : L’homme dans l’ombre
Secret Origins #2 | Batman Saga #31 [12.2014]

Un peu mieux que le précédent récit, centré cette fois sur Bruce Wayne et ses premières années, mais complètement oubliable et déjà-vu malgré la volonté d’intégrer ces origines au run de Snyder. Ray Fawkes signe le scénario et Dustin Nguyen les dessins ; passable.

Le majordome est coupable / Tout ce qui nous tombe dessus / Le crime que personne n’a commis
Legends of The Dark Knight #1 | Batman Saga #33 [02.2015]

En dix pages, Damon Lindelof (producteur et showrunner des excellentes séries Lost, The Leftovers et Watchmen) propose dans Le majordome est coupable une petite leçon d’humilité (infligé par vous-savez-qui en lisant le titre…) à un Batman bien arrogant, croqué par un Jeff Lemire inspiré mais au style clivant. Une pépite !

Tout ce qui nous tombe dessus (Jonathan Larsen au scénario, J.G. Jones au dessin) montre – en dix pages à nouveau – un combat entre Batman et Amazo, androïde extrêmement intelligent capable de dupliquer les super-pouvoirs des membres de la Justice League entre autres (créé en 1960). Pire : cet affrontement a lieu dans le satellite du groupe dans l’espace, un endroit où le Chevalier Noir peine à être en pleine maîtrise de son environnement. L’ensemble se lit bien, on retrouve le côté tacticien souvent oublié de Batman et une allusion sympathique à la série des années 1960.

Dans Le crime que personne n’a commis (encore en dix pages), Batman et Robin font… de la prévention ! C’est rarement mis en scène et pourtant c’est très bien. Le binôme fait réfléchir un citoyen proche de passer à l’acte… Un récit anecdotique mais sympathique, une fois de plus, signé Tom Taylor à l’écriture (DCEASED, Injustice…) et Nicola Scott pour les dessins.

(Legends of The Dark Knight #1 – Le majordome est coupable • Jeff Lemire)