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Gotham – S05E12 : The Beginning…

/!\ Dernier épisode de la série Gotham /!\
(Page récapitulative.)

[Histoire]
Dix ans se sont écoulés depuis le départ de Bruce Wayne de Gotham. Gordon est désormais commissaire mais plusieurs gangs sont attaqués dans la ville par une mystérieuse personne. Le Pingouin sort justement de Blackgate et les soupçons se portent sur un de ses complices…

La nouvelle Tour Wayne va être inaugurée, véritable symbole d’espoir pour Gotham. C’est pour cette occasion que Bruce a décidé de revenir et Gordon (toujours en couple avec Lee) de…  démissionner dans la foulée.

Nygma est enfermé à l’asile d’Arkham depuis dix ans avec, entre autres, Jeremiah Valeska, légende du crime devenu un légume (au visage complètement déformé) depuis sa chute dans l’acide après un combat contre Bruce Wayne.

Selina Kyle est devenue une talentueuse voleuse et Bullock, qui travaille toujours au GCPD, est accusé… d’un meurtre !

[Critique – contient quelques révélations mineures]
La conclusion de la série est enfin arrivée ! Est-elle réussie ? Plutôt, oui, à l’image de ce que sert le show quand il est à son apogée. C’est probablement le meilleur épisode de cette cinquième et dernière saison qui en compte douze et dont l’ensemble fut très moyen voire particulièrement médiocre avec de temps à autres de belles envolées, comme cet ultime chapitre. La série fait (presque) peau neuve et mériterait de se poursuivre maintenant que les fondations de l’univers gothamien sont terminées et que l’ensemble devient plus palpitant !

Le show s’aligne un peu plus sur ce qui est ancré dans la mémoire collective des novices du Chevalier Noir ou des fans les plus connaisseurs. Ainsi, la jeune Barbara Lee Gordon est vêtue de violet (c’est la future Batgirl) et sa mère est désormais rousse (à l’image de sa fille, montrant ainsi plus ou moins subtilement ce que pourrait donner l’héroïne ultérieurement). Le Pingouin aborde lui aussi une veste pourpre et a… « pris du bide », pour reprendre les termes de Nygma ! Copplebot se rapproche ainsi de son pendant comics (et films, séries, jeux vidéo…). Gordon porte la moustache mais… la rase très peu de temps après. Une petite séquence qui verse surtout dans le fan-service plus qu’autre chose. Le spectateur assidu (et peut-être le plus cynique) pourrait même corréler les propos de James Gordon (toujours à propos de sa moustache rasée) à ceux du créateur de la série, Bruno Heller, répondant aux fans déçus de la série : « J’ai tenté un truc. J’ai raté. Il était temps de l’admettre. »

Dans la plus pure veine de Gotham, on s’étonne (ou ferme les yeux c’est selon), sur des incohérences ou facilités narratives. Il faut oublier qu’il s’est écoulé dix années puisque aucun protagoniste n’a réellement vieilli ! Un peu de cheveux blancs pour Alfred, une nouvelle actrice pour Selina (on en reparle plus loin) et un peu de ventre pour le Pingouin donc… Un bilan peu glorieux qui casse, encore une fois, la crédibilité de l’ensemble et, comme toujours, on se doit de l’accepter pour prendre un peu de plaisir. Là aussi on pourrait mettre en avant les propos de Lee, comme si elle s’adressait à ces spectateurs critiques : « on n’a pas changé ». Effectivement. C’est fâcheux même. D’autres surprises scénaristiques s’enchaînent : la différence de traitement entre Nygma (à l’asile) et Copplebot (en prison) — tous deux visiblement bouclés par Gordon, pourquoi pas les deux au même endroit ? — et même… Barbara Kean, qui a bénéficié d’une certaine impunité apparemment (il n’est pas mentionné si elle a payé pour ses crimes passés mais elle a remarquablement bien réinsérée la société).

Notons aussi une bombe très facilement désamorçable et Gordon normalement poignardé mais en fait en pleine santé… Le segment narratif sur Nygma et Copplebot reste, in fine, complètement anecdotique même s’il induit de fausses pistes dans la première partie avec brio. Le retour de Bruce Wayne correspond exactement à celui de l’arrivée du Chevalier Noir, ce qui devrait induire quelques personnes intelligentes dans la bonne direction mais non… On apprend tout de même que Lucius Fox et Alfred Pennyworth sont évidemment dans la confidence et la complicité. En toute logique, Jim Gordon et Harvey Bullock le sauront assez tôt s’ils ne sont pas trop idiots.

Du côté des points positifs et techniques, comme dans l’épisode précédent (on avait oublié de le souligner), la musique semble emprunter une composition proche de celles de Hans Zimmer pour la trilogie de Nolan, ce qui est plutôt agréable. Le rythme est toujours aussi fluide, les séquences s’enchaînent aisément en bouclant certains arcs et en en ouvrant d’autres (sans qu’il soit frustrant que ce ne soit pas terminé, au contraire, tout ceci est — comme l’indique le titre de l’épisode — le commencement !). Le suspense est remarquablement entretenu durant les 43’30 minutes que durent l’épisode (au risque de décevoir car l’attente grandi et se loupe plus ou moins dans un final tout sauf épique). Entre l’arrivée du « Joker » (au bout de 33 minutes environ) et au même moment de sa muse Ecco (la version Harley Queen du show) et — bien sûr — celles de Batman mais aussi de Bruce Wayne, tous deux absents la majorité de l’épisode (à l’exception de quelques apparitions dans l’ombre de l’homme chauve-souris).

On ne voit d’ailleurs réellement le Caped Crusader qu’au tout dernier plan de l’épisode (cf. la photo en bas de cet article, attention si vous ne voulez pas vous gâcher le plaisir de la découverte) ! Ce n’est pas plus mal vu que David Mazouz n’était déjà pas convaincant en jeune Bruce (enfant puis adolescent), cela aurait été pire en adulte (à ce stade, difficile de voir si c’est lui dans le plan final, on dirait qu’il a été retouché/vieilli sur ordinateur). Même lorsqu’il vient conclure son arc narratif avec Selina — qui a bénéficié d’une nouvelle actrice pour le rôle (Lili Simmons), bien plus convaincante que Camren Bicondova (et qui lui ressemble étrangement et agréablement) — on ne voit toujours pas Bruce… Cela entretient le mystère également et c’est plutôt bien fait.

Jeremiah Valeska ne s’appelle à aucun moment le Joker (d’où les guillemets mises plus haut), il prononce divers prénoms en J (Jack, Joe…) mais officieusement la série n’a pas le droit de nommer cet ennemi emblématique par son nom (et ne peut pas le montrer avec des cheveux verts non plus, d’où sa faible pilosité sur le crâne). Idem pour le mot Batman, impossible de le mentionner dans la série, tout cela est réservé pour le cinéma, car c’est (soi-disant) plus « prestigieux ». Des éléments qui font tâche pour une série sur l’homme chauve-souris. Cela rappelle un peu la série Titans, centrée sur l’équipe du titre mais, surtout, Dick Grayson, les allusions à Batman y sont nombreuses mais ce dernier n’y apparaît que furtivement, ce qui est plus ou moins frustrant car l’équilibre est bien trouvé (aussi bien dans Titans que dans Gotham).

Toutefois, comme toujours dans Gotham, cette version télé du Joker fonctionne au plus haut point, habité par son acteur (Cameron Monaghan), magnétique et puissant. Mélange d’une version Nolanienne (Heath Ledger — pour l’intelligence) et Burtonienne (Jack Nicholson — pour la folie), on regrette simplement son faible temps de présence à l’écran, aussi bien dans cet épisode mais, surtout, dans toute la saison, car c’est sans aucun doute l’un des points forts de toute la série.

Comme pour les précédentes saison, cette cinquième et ultime salve de Gotham aura jonglé entre le haut (très peu mais très marquant) et le bas (beaucoup trop). On navigue toujours sur une hétérogénéité qualitative agaçante et des partis pris discutables. Fort dommage quand on sait que les scénaristes avaient toutes les cartes en main pour soigner la sortie de leur galerie de héros et antagonistes semi-réussite (et donc semi-ratée) — se référer aux analyses du show sur le site pour les détails. En synthèse, cette cinquième saison est l’une des plus faibles de la série (classement à venir) mais ce tout dernier épisode fait partie des meilleurs et s’en sort avec les honneurs. Ensuite, avec du recul, est-ce que Gotham passera la prestigieuse et difficile épreuve de la postérité ? Certainement pas. On se remémorera les bons moments de la série mais, malheureusement, ses nombreux égarements.

Sur les 100 épisodes, il faudrait n’en garder qu’une trentaine pour avoir un spectacle divertissant, adulte et intelligent. Trois saisons de dix épisodes donc, ce serait sans doute parfait, si un fan veut s’attaquer à un nouveau montage de Gotham, il peut sans doute en tirer le meilleur aisément. Pour l’heure, la suite se situe dans la nouvelle curiosité de Bruno Heller, qui a créé  une nouvelle série issue de l’univers de Batman : Pennyworth, basée sur la jeunesse du célèbre majordome et sa complicité avec Thomas Wayne. Si les premières vidéos sont plutôt alléchantes (diffusion à partir du 28 juillet sur la chaîne américaine Epix), on reste sceptique face à l’épuisement du filon Batmanien et, en plus, la non connexion du show avec Gotham (problème de droits et de diffusion oblige).

Un article récapitulatif de toute la saison 5 sera mis en ligne sous peu ainsi qu’une actualisation des deux analyses du site afin de clore une bonne fois pour toute le chapitre Gotham.

 

Ci-dessous plus bas une image du Chevalier Noir version Gotham.

 

 

 

 

 

 

 

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Gotham – S05E10 : I am Bane

Page récapitulative de la série Gotham.

[Histoire]
Plusieurs mois se sont écoulés dans Gotham et la situation change doucement.

Eduardo a été remis sur pied par Walker et Strange. Il est devenu Bane. Le mercenaire kidnappe James Gordon et Bruce Wayne.

Nygma a conçu un sous-marin pour partir avec le Pingouin même si la ville semble être de nouveau « respirable » (il y avait un niveau de toxicité critique) et l’armée y est revenue. Barbara devait quitter la ville avec eux mais est sur le point d’accoucher de son enfant conçu avec Jim.

[Critique]
Après le catastrophique épisode précédent et avant les deux derniers de la série, ce dixième chapitre d’une saison 5 plutôt ratée relève-t-il le niveau ? Pas du tout, bien au contraire, hélas… Explications.

Des incohérences (ou des suspensions de crédulités dirons-nous…) parsèment l’épisode, le vautrant dans une histoire risible. Elle débute par une ellipse temporelle que le spectateur devine uniquement grâce au ventre de Barbara Kean (sur le point d’accoucher). Suivent l’armée qui débarque de nulle part, le problème de la toxicité dans l’air (sujet qui était tellement en retrait jusqu’ici et qui devient subitement primordial), le sous-marin dont on parle depuis pas mal de temps (mais sans avoir vu une once d’étape de sa création) est finalement tout propre et tout prêt — et on sait qu’il ne sera pas utilisé puisque la saison s’ouvrait sur le Pingouin et Nygma alliés avec la police lors d’un assaut qui n’a toujours pas eu lieu —, Bullock incapable de tirer dans un pneu à un mètre de lui, Alfred et Selina qui arrivent au commissariat pile au « bon » moment deux fois durant l’épisode (!), les motivations obscures de Walker (qui sont, in fine, une énième vengeance puisqu’elle est Nyssa Al Ghul, fille du célèbre pseudo-immortel)…

Bref, difficile d’accrocher tant plusieurs séquences sont stupides alors que le ton devrait être sérieux voire dramatique. Pire : tout le monde devient un duo ridicule. Le Pingouin et Nygma en grossiers pitres pas très inquiétants, Lee et l’horripilante Barbara (le personnage le plus grotesque et inutile de toute la série — incompréhensible qu’il soit encore en vie durant tout ce temps) dans une séquence de gunfight en fauteuil roulant, Gordon et Bruce, les deux premiers rôles du show qui peinent toujours à convaincre par leur charisme et leur jeu limité, Selina et Alfred, qui font surtout de la figuration et, enfin, Walker et Bane, la première réduite à une facilité scénaristique faible et le second bien loin du personnage croqué dans les comics ou dans son incarnation au cinéma (dans The Dark Knight Rises) — même si l’on est proche de cette version (par le look, la gestuelle et la voix) mais sans l’imposante stature et magnétisme de l’antagoniste (et donc de Tom Hardy).

La fin apporte un peu d’intérêt malgré certaines choses prévisibles (les « militaires pas gentils »…) et d’autres surréalistes (l’évasion de Gordon et co.). Il ne reste que deux épisodes pour boucler tous les arcs narratifs en cours (cf. critique de l’épisode précédent — autant dire que rien n’a vraiment bougé d’un iota et qu’on ne croit plus du tout en une conclusion épique digne de ce nom). L’avant-dernier sera diffusé le 18 avril, soit un peu moins d’un mois… Une diffusion étrange mais de toute façon on est guère impatient de vouloir voir la fin. Quelle tristesse, quel dommage.

Gotham – S05E09 : The Trial of Jim Gordon

Page récapitulative de la série Gotham.

[Histoire]
Tandis que James Gordon propose un « cessez-le-feu » aux sbires du Pingouin, le policier se prend une balle dans le ventre… Entre la vie et la mort, Jim imagine alors son procès !

Bullock enquête sur le tireur (qu’on devine très rapidement — surtout si on regarde le previously), vaguement épaulée par Barbara, toujours enceinte bien sûr, et désirant ardemment quitter la ville (grâce à l’hypothétique création d’un sous-marin par Nygma).

Bruce reçoit Selina dans son manoir pour dîner. Mais Poison Ivy s’invite entre les deux… avec le « chef des mutants » (rencontré dans l’épisode trois de la série).

[Critique]
Après deux épisodes plutôt bons, voire très bons, on retombe dans le « pire » de ce que peut nous proposer Gotham. Techniquement, pas grand chose à signaler, tout est « correct » sans briller non plus (dans la mise en scène notamment, comme à chaque épisode depuis des lustres — ça n’a jamais été l’un des points forts du show). Pour l’anecdote, c’est Erin Richards (Barbara Kean) qui l’a d’ailleurs dirigé (Ben McKenzie/Gordon passe lui aussi derrière la caméra de temps à autre).

Ce « procès de Jim Gordon » sonne comme une pré-conclusion (ratée) à Gotham. L’ensemble reste maladroit : ça revient sur d’anciens moments cruciaux de la saison mais pas vraiment de la série. Alors que tout était réuni pour proposer un moment d’anthologie, quel dommage ! In fine, ça ne s’attarde pas sur grand chose de pertinent et on fait même du surplace narratif avec une conclusion sans intérêt si ce n’est « la volonté de vivre » de Jim… On ne croit pas non plus du tout à la potentielle mort de Gordon, donc l’effet dramatique (via les visions du héros ou l’inquiétude de son entourage) tombe à l’eau. Reste un happy ending un peu surréaliste vu la situation (toujours le no man’s land) et l’évolution des rôles (du trio Jim, Lee et Barbara notamment).

Le traitement de Victor Zsasz est toujours problématique, trop loin du tueur des comics (cf. cette analyse poussée), sans parler de sa scène où il canarde des flics, complètement improbable, donc pas crédible (un autre défaut récurrent dans la série). L’énième facilité scénaristique revient : le « contrôle mental » de personnes, cette fois non par l’hypnose (du Chapelier Fou) ou d’expériences scientifiques (par Hugo Strange) mais bien sûr par le parfum (de Poison Ivy). Cohérent dans les faits mais tellement « simpliste » pour faire avancer l’histoire sans se préoccuper d’une certaine plausibilité… Ces trois éléments rendent bien mieux à travers la lecture d’une bande dessinée que via un medium vidéo : la manipulation de cerveaux est toujours extrêmement difficile à représenter à l’écran et c’est donc rarement « réaliste ».

On apprécie par contre le retour d’Alfred et son dialogue avec Leslie, particulièrement bien écrit. Le majordome est beaucoup trop en retrait dans cette saison 5, c’est bien dommage, priver Gotham de cet atout se ressent sur la qualité générale.

Une petite parenthèse également sur un personnage féminin noire du GCPD apparue soudainement dans cette saison : Harper. Les connaisseurs des comics penseront, forcément, à Harper Row, jeune justicière créée lors du run de Snyder et Capullo débuté avec La Cour des Hiboux. Mais — comme malheureusement trop souvent dans le show — il semblerait qu’il ne s’agisse que d’un clin d’œil anecdotique et non d’une réelle transcription de cette protagoniste inédite, dommage… On peut même aller plus loin dans la critique négative d’un autre personnage féminin : Selina Kyle. Si l’on a du mal à saisir sa relation avec Bruce (problème d’écriture mais pas très important au demeurant tant on ne s’y intéresse guère), on constate que l’actrice qui l’interprète (Camren Bicondova) a pris un peu de poids depuis les précédentes saisons. Elle apparaît un peu plus bouffie et enveloppée. Nul sexisme primaire ici (au contraire, la jeune actrice ne perd pas de son charisme) mais cette « transformation physique » détonne avec… le script. En effet, tout le monde meurt de faim dans Gotham, cela cause donc un autre problème de cohérence. Ce n’est évidemment pas grave en soi mais toujours un peu dommage quand on met bout à bout toutes les petites failles de la série et qu’on est exigeant (mais il ne faut pas l’être pour apprécier la fiction, qui reste très moyenne dans l’ensemble).

Plus que trois épisodes et Gotham s’achèvera. Pas d’épisode la semaine prochaine (14 mars) mais le 21 mars prochain, avec I am Bane, qui montrera sans aucun doute le retour de l’ennemi du rôle-titre. À ce stade, on n’attend plus rien de la série : il reste environ deux heures (les trois derniers épisodes sont déjà appelés « la trilogie finale ») pour conclure l’arc du no man’s land, la suite (et fin ?) de Jeremiah (et donc la création du Joker ?), le retour de Bane forcément, peut-être des clins d’œil à d’autres ennemis éloignés (L’Épouvantail ? Mister Freeze ? Etc.), la naissance de l’enfant de Jim et Barbara (la mort de cette dernière ?) et, évidemment… la première apparition du Dark Knight ! Après tous ces épisodes de la saison cinq qui n’ont pas réellement fait bouger les choses, l’inquiétude est de mise.