Batman – The Telltale Series (2016)

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Le célèbre éditeur et développeur Telltale Game (The Walking Dead, Game of Thrones…) propose sa version du Chevalier Noir dans un jeu en cinq épisodes. La particularité est qu’il s’agit ici non pas d’un jeu d’action et d’infiltration mais, comme les autres jeux Telltale, d’un jeu d’aventures et de choix, dont certains modifient le cours de l’histoire.

On peut acheter chaque épisode dématérialisé au prix de 4,99€ ou bien la version boîte qui les regroupe tous (le premier est sur le disque, les autres seront à télécharger au fur et à mesure — un par mois d’août à décembre 2016 normalement). Le jeu complet coûte 32,40€ sur PlayStation 4 et 29,99€ sur XboxOne, Xbox360 et PlayStation 3.

NB : Chaque image est une capture d’écran provenant de la version PlayStation 4. Elles apparaissent un peu plus assombries que le rendu sur écran de télé. Les tons violets sont la couleur choisie au début du jeu (on est invité à sélectionner une prédominance de couleur pour les gadgets, écrans, etc.).

MàJ après la fin du jeu : ces critiques successives s’axent sur les choix d’une partie. Le déroulement de l’histoire n’est pas forcément le même en fonction des choix, surtout sur la fin. Par exemple, le visage d’Harvey Dent ne sera jamais brûlé et le classique « Double Face » ne sera donc jamais montré. Un costume de Batman sera nettement différent en fonction de la voie sélectionnée en fin de chapitre quatre, etc.

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Épisode 1 – Royaume de l’Ombre //// disponible le 2 août

[Histoire]
Bruce Wayne finance la campagne de son ami Harvey Dent. Celui-ci se présente aux élections municipales de Gotham City, actuellement gérée par le maire Hamilton Hill, totalement corrompu. Lors d’une soirée au Manoir Wayne en l’honneur de Dent, Carmine Falcone s’invite à la fête, ainsi que la journaliste Vicky Vale. Bruce Wayne reçoit aussi une invitation de son vieil ami Oswald Cobblepot et doit assurer l’ouverture d’un institut psychiatrique au nom de ses parents pour remplacer l’Asile d’Arkham.
Du côte de son alter ego, Batman, le nouveau justicier fait ses premiers pas dans la ville. Lors d’un cambriolage à la mairie, il croise Catwoman. Plus tard, il enquêtera sur un véritable massacre entre policiers et mercenaires.
Entre la confiance du lieutenant Gordon envers ce Chevalier Noir, l’image publique de Bruce Wayne, la réputation de sa famille, et les liens plus que douteux entre Falcone et un vol, il y a fort à faire pour ces débuts.

[Critique]
Après les somptueux jeux de la saga Arkham, il était difficile d’imaginer aussi rapidement un nouveau jeu vidéo sur le Caped Crusader. Mais la réputation de Telltale Games n’étant plus à prouver (The Walking Dead, Game of Thrones…) et le concept d’un jeu d’aventures, « à choix », et non d’action grandiloquente, étant assurément une bonne idée, le résultat est plus qu’à la hauteur. Ce premier épisode possède plusieurs atouts qui feront le plaisir aux gamers fans de Batman (mais peut-être pas aux simples joueurs de jeux vidéo peu inspirés par les aventures papier de l’homme chauve-souris). Le jeu se focalise beaucoup (pour l’instant en tout cas) sur Bruce Wayne et sa notoriété publique via ses actions photographiées par des journalistes ou ses déclarations à la presse. On découvre un homme plutôt triste et froid, en doute permanent avec sa façon de faire (également en tant que Batman et avec la violence excessive) qui porte un lourd héritage (le nom et la réputation de ses parents).

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(La mort des parents de Bruce : un traumatisme encore bien trop présent tout au long du premier épisode.)

Cet épisode n’est pas exempt de défauts (certains seront peut-être corrigés au fur et à mesure en fonction des critiques ?). L’aspect graphique en cel-shading peut rebuter, même si ça rend l’ensemble plutôt immersif et proche des bandes dessinées, il peut ne pas convenir. Plus dommageable : afin de porter le jeu sur toutes les consoles et smartphones possibles, ce parti pris graphique n’exploite pas les capacités des consoles dernières générations. La durée de jeu mériterait d’être rallongée ; à peine deux heures, relativement court donc. Même si la qualité d’un jeu vidéo n’est pas proportionnelle à sa durée, le principe d’un épisode par mois pour si peu de temps de jeu peut frustrer. Espérons que les épisodes suivants seront plus fournis à ce niveau là. Enfin, dernier point plutôt agaçant : un nombre conséquent de QTE, ces séquences où l’on doit appuyer sur des boutons pour commettre une action. La majorité d’entre elles ne servent à rien à part nous indiquer qu’il faut appuyer sur un bouton pour continuer le jeu, d’autres doivent être effectuées à un moment donné mais concrètement ça ne change pas grand chose si on clique au mauvais moment. La simplicité et la facilité des QTE et des phases de recherches/enquête peinent un peu à donner matière à réflexion (il est conseillé de jouer sans aide). Les curseurs indicatifs trop voyants permettent de ne rien manquer (cf. l’image ci-dessous, attention le jeu est plus lumineux à l’écran). D’une manière générale, ces deux derniers aspects (durée de jeu et QTE) sont évidemment « à connaître » avant de se lancer dans l’aventure ; pour peu que le joueur ne soit pas habitué (ou n’aime pas) au style « film interactif » plutôt que jeu vidéo à proprement parlé. C’est évidemment « la patte » d’un jeu Telltales Games (au même titre que ceux de Quantic Dream (Heavy Rain, Beyond Two Souls)). Sur ce point, nul doute que les choix et décisions de Bruce Wayne/Batman changent la donne, on s’en rend rapidement compte. Même si (comme sur les jeux The Walking Dead) les situations finales sont sans doute peu inchangées en fonction des choix.

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(Il n’y a donc que deux actions à faire ici, deux endroits où cliquer…)

Si les origines de Batman sont déjà connues, elles sont ressassées peut-être trop de fois dans le jeu, sans doute pour une future connexion avec l’enquête actuelle, sinon ce serait là aussi un petit défaut. Malgré cette liste (assez conséquente) de soucis (à laquelle on peut rajouter des bugs sur la version PC et quelques étranges passages non sous-titrés en français ou bien restés en anglais — pas les plus importants, heureusement— sur PS4 en tout cas), ce premier épisode de Batman – The Telltales Series excelle grâce à ses nombreux points positifs. La focalisation sur Wayne et non Batman est clairement agréable. C’est un « problème » récurrent dans toutes les adaptations de l’homme chauve-souris, et même dans beaucoup de comics. Si l’homme d’affaires milliardaire orphelin paraît moins sûr de lui qu’à l’accoutumé, logique puisqu’on le dirige (on oscille entre deux à quatre choix bien distincts par situation), on le perçoit avec un regard extrêmement triste et une sorte de lassitude en lui. Tout l’inverse de Batman, très violent (le jeu aussi l’est dans ses séquences d’action, avec des scènes très sanglantes, voire gore) et extrême dans ses choix. Schizophrénique ? Là-dessus on se rapproche de certaines bandes dessinées. Comme évoqué dans le résumé, la réputation de Wayne aux yeux du « public » via les médias, ainsi que son obligation de vie mondaine et de fréquentation, promettent un aboutissement important dans la suite de l’aventure, et une approche peu explorée sur ce médium.  Pour l’instant, le scénario est très bon, c’est tout ce qu’on demande, quelques défauts pourraient se corriger pour les suites (durée de jeu, QTE). Les premiers éléments « mystérieux » et les conséquences des actions de Bruce/Batman ont intérêt à valoir le coup et donner envie de rejouer à l’ensemble. On peut s’interroger sur la nécessité d’avoir Harvey Dent en tant que procureur (on sait pertinemment qu’il deviendra Double-Face, à partir de là, pourquoi vouloir lui faire confiance ? — sauf si le scénario en surprendrait plus d’un en n’allant pas dans cette direction). En revanche, il est plutôt agréable d’avoir un Oswald au look modifié, plutôt jeune et svelte, presque anarchiste et ancien ami de Bruce Wayne. Les développeurs ont-ils été piochés dans la série Gotham ? Idem pour Alfred, moins « flegmatique et britannique âgé », il se rapproche davantage de la version de Batman V Superman (et celle de la trilogie Nolan). Cela change un peu des comics et n’est pas plus mal également (difficile de réinventer continuellement un mythe en surprenant le lecteur/joueur).

De bons débuts donc, mais qui devront aboutir sur une suite plus développée en terme de gameplay et de durée de vie. L’histoire est captivante et séduira les connaisseurs du Chevalier Noir.

Une critique plus sévère est à découvrir sur Gamekult, et une un peu plus enthousiaste (et axée sur la version PC) est sur DCPlanet.

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(Alfred, sans moustache. Inspiré par Gotham, Batman V Superman ou la trilogie de Nolan ?
— Image tirée du deuxième épisode.)

Épisode 2 – Les enfants d’Arkham //// disponible le 20 septembre

[Histoire]
Bruce Wayne retourne à Crime Alley, où sont parents sont morts des années auparavant, tués par Joe Chill. En se remémorant la scène, il se souvient que c’était un meurtre commandité… par Falcone. Le milliardaire apprend dans la foulée que son père, Thomas Wayne était bien lié à Hamilton Hill, le maire corrompu de Gotham City, et la criminel Falcone. Pire que ça : il était bien complice avec les deux et trempait volontairement dans la corruption, dont est également accusé à ce jour Bruce Wayne. Problème : son ami et procureur Harvey Dent doit s’éloigner de lui pour espérer gagner son élection contre Hill justement, tout en comptant sur lui, de manière plus discrète, pour un soutien financier massif.
Bruce Wayne arrive à rendre visite à Falcone au GCPD. Alité et blessé, celui-ci sera tué par une policière apparemment manipulée par la même drogue que celle trouvée dans l’entrepôt (cf. épisode précédent). Tous les indices mènent à Oswald Copplebot, l’ancien ami de Bruce Wayne, désormais appelé Le Pingouin.
Pour avoir le fin mot de l’histoire à propos de son père, le justicier n’a d’autres choix que de rendre visite à Hill lui-même. Mais en tant que Batman ou en tant qu’homme d’affaire ?
En plus de ces accusations sur sa personne publique, Bruce retrouve Selina Kyle (Catwoman) dans un bar où une bagarre va rapidement éclater.
Plus tard, lors d’un débat qui tournera en prise d’otage, on découvrira que Le Pingouin n’agit pas seul : les « enfants d’Arkham » veulent se venger de Hill mais aussi… des Wayne.

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(Gordon, Dent et Wayne rendant visite à Falcone au GCPD.)

[Critique]
Si l’on pensait que la fin de l’épisode précédent (annonçant la complicité de Thomas Wayne avec Falcone et Hill) allait être balayée rapidement pour que le héros recouvre son honneur, il n’en est rien. Pire encore : tout est confirmé par Alfred ! Il semblerait bien que les scénaristes ont décidé de gommer un peu de moralité au père de Bruce, et ce n’est pas plus mal.

À nouveau, cet épisode est divisée en six petites parties, avec essentiellement le contrôle de Bruce Wayne. Clairement en mauvaise posture publique et « personnelle » (vis-à-vis d’Alfred, Gordon, Harvey, Vicky…) les nouveaux choix vont définir un personnage ambigu et dépourvu de « simplicité ». Un cap est d’ailleurs franchi lors de la visite à Hill, puisqu’on propose au joueur de s’y rendre en tant que Bruce Wayne ou en tant que Batman. Dilemme.

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(Bruce ou Batman ? Pas simple comme choix !)

C’est le point fort du jeu : toute sa trame narrative n’est pas forcément prévisible et pour l’instant on se plaît à se dire que Harvey Dent peut rester intègre et ne pas devenir Double-Face par exemple. L’identité d’un enfant d’Arkham reste bien mystérieuse (le Joker ?), de même que le côté intègre de Thomas Wayne. S’il est difficile de croire que le père modèle ait trempé dans des affaires louches, on peut tout à fait imaginer que c’est bien le cas sans avoir droit à un retournement de situation un peu facile pour excuser cela, autant l’assumer !

Comme dans l’épisode précédent, les problèmes récurrents sont identiques : nombreuses QTE pas forcément utiles, combats un peu expéditifs et « faciles », scènes d’investigation et d’associations relativement pauvres et simplistes, durée de vie faiblarde (à peine deux heures). Pour ce dernier point, il est vrai que le total d’heures de jeu avoisinera donc les dix ou onze heures, sans compter la rejouabilité, et cela est déjà énorme en effet. Mais pour des séances épisodiques, et donc éphémères, le temps passe trop vite et l’ensemble paraît plutôt court. Cela dit, comme un comic-book ou une série télé, il faudra quoiqu’il arrive rejuger le tout avec recul une fois l’intégralité du jeu dévoilé (à l’instar d’une critique d’un chapitre d’une bande-dessinée sur cinq ou six, un tome donc, ne donne pas le même rendu lorsqu’on a découvert la suite, voire carrément les volumes d’après ; idem pour une série, un épisode ne suffit pas à juger une saison). Quant à la difficulté globale, il est dommage de devoir augmenter celle-ci dans les options pour avoir un semblant d’efficacité.

On fermera les yeux sur l’improbable « révélation » du meurtre commandité par Falcone lors du flash-back de la mort des parents de Wayne et on se demande pourquoi Le Pingouin n’est pas Anarky tant les deux personnages ont l’air d’être le même dans cette mouture.

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(Le Pingouin version Telltale, inspiré par la série Gotham ?)

Mais, une fois encore, la qualité du jeu repose ici sur son scénario. Si la scène de meurtre des Wayne aurait pu être évitée (tout le monde la connaît et elle apparaît tout le temps partout…), la suite est toujours autant prenante et immersive. Les doublages et les musiques permettent d’être plongé immédiatement dans l’ambiance et, surtout, dans le personnage de Bruce Wayne, avec une approche réellement novatrice et intéressante, qui manque grandement aux autres supports artistiques, comics compris. Les gamers acharnés et ceux n’aimaient pas le concept de « film interactif » en guise de jeux vidéo continueront leur chemin, les autres apprécieront toujours malgré les défauts évidents (et quelques bugs dans les sous-titres, parfois en anglais, parfois disparus).

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(Le milliardaire succombera-t-il aux charmes de la féline ? Ou à ceux de Vicky Vale ? Ou à ce bon vieux Alfred ?)

Épisode 3 – Nouvel ordre mondial //// disponible le 25 octobre

[Histoire]
Bruce Wayne rend visite au nouveau maire, Harvey Dent, à l’hôpital, qui en disparaît peu de temps après.
Batman est appelé par Gordon via une invention de sa part : le Bat-Signal. Le Chevalier Noir doit retrouver Renée Montoya qui est en danger. Une fois sécurisée, Batman rejoint à nouveau Gordon qui assurait la protection de Dent (rapidement retrouvé), ce dernier a carrément tué un de ses agresseurs !
Le détective découvre que toutes les communications du GCPD sont piratées. Bruce doit rencontrer Lucius Fox à la tour Wayne pour décrypter tout cela.
Mais la présidente de Wayne Tech. lui annonce que suite aux révélations sur son père, un conseil va se tenir pour décider de son licenciement ou non. Son potentiel remplacement est… Oswald Copplebot.
Parallèlement à tout ceci, Bruce se rapproche intimement de Selina Kyle, ex-petite amie de Harvey Dent.

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(Oswald Copplebot à la tête des entreprises Wayne ? On ne l’avait pas vu venir…)

[Critique]
Dans la même veine du précédent épisode, ce « Nouvel Ordre Mondial » contient à nouveau les mêmes défauts et qualités. Pêle-mêle : la durée du jeu (à laquelle on est désormais habitué), quelques bugs (le jeu, sur PlayStation 4 tout du moins, quitte soudainement la partie, des sous-titres sont écrits en anglais, le nom Hill est encore annoncé au lieu de Dent parfois), un gameplay et des QTE assez pauvres. Les deux premiers tiers de l’histoire sont peu palpitants (première fois que cela arrive) mais le dernier relance efficacement tout le jeu et promet un quatrième chapitre plus prenant.

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(L’accès aux journaux télé ou papier sur les ordinateurs permet de connaître les opinions des journalistes et du public.)

On découvre l’identité du chef des Enfants d’Arkham (plutôt surprenante, on pouvait miser sur l’Epouvantail mais il n’en est rien) et la transformation de Harvey Dent, pour l’instant psychologique, dont la haine envers Bruce Wayne et la colère viennent d’une situation plutôt inattendue et inédite. À la fin de l’épisode, le milliardaire est en mauvaise posture : destitué de son rôle à la tête de Wayne Tech. et littéralement « seul » (à l’exception notable d’Alfred qui lui tient fidèlement compagnie, et, dans une moindre mesure, de Catwoman).

Bruce Wayne est emprunt d’une mélancolie davantage accentuée que dans les deux précédents chapitres. Ce qui n’est évidemment pas sans générer une forte sympathie pour le personnage, toujours tiraillé entre ses choix moraux, l’honneur de son nom de famille et bien sûr son double justicier (qui apparaît à nouveau dans des phases cruciales, d’enquête et d’action, mais une fois encore dans des contextes moins intéressants).

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(Les SMS en direct, une bonne idée.)

En somme, un troisième épisode un peu moins passionnant que les deux précédents mais dont la dernière ligne droite rehausse l’intérêt (malgré le caleçon de Bruce dans une scène d’anthologie) et on a hâte de jouer au suivant, qui verra le milliardaire interné à Arkham.

Un (nouveau) bon point : on a déjà envie de recommencer le jeu pour voir les conséquences de nos choix, même s’il paraît plutôt évident que les aboutissements de ceci découlent sur les mêmes scènes.

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(Affrontement contre le chef des Enfants d’Arkham, dont l’identité est dévoilée à la fin du chapitre, sauf s’il s’agit d’une hallucination de Bruce…)

Épisode 4 – Gardien de Gotham //// disponible le 22 novembre

[Histoire]
Bruce Wayne se retrouve prisonnier à l’asile d’Arkham. Encore confus, il apprend rapidement qu’il a été enfermé suite à sa violente altercation avec Le Pingouin. Très vite, des voisins de cellule le tabassent et le milliardaire déchu s’en sort grâce à l’aide de John Doe (qui ressemble férocement à un certain Joker, mais c’est un ennemi qui semble inédit jusqu’ici — même s’il sera nommé comme cela dans les statistiques finales).

Bruce croise quelques autres détenus, comme Zsasz, Le Ventriloque et même un étrange mélange de Frankenstein et Killer Croc. Mais tout ceci est assez rapide puisque l’homme est rapidement « délivré » par Alfred.

Une fois débarrassé de la drogue que lui avait injectée Vicky Vale, Batman s‘en va fouiller au domicile des parents de celle-ci puisqu’elle a disparu depuis plusieurs jours. Celle qui se cache derrière le masque de Lady Arkham prépare-t-elle un nouveau coup ?

Parallèlement, Harvey Dent, le maire de Gotham City, est plus rancunier que jamais. Il avait ordonné l’internement de Wayne à l’asile d’Arkham, maintenant que ce dernier est libre, il souhaite carrément saisir son Manoir pour redistribuer les richesses au peuple ! Peuple qui vit de plus en plus dans un état totalitaire régit par Dent…

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(Une bromance introduit cet épisode.)

[Critique]
Dans la lignée des précédents épisodes (encore oui), celui-ci ne déroge pas à la routine : entre 75 et 100 minutes de jeu. Des choix, encore des choix. On se demande s’ils ont une réelle orientation dans le jeu — à priori oui, mais c’est difficile (pour l’instant) de le constater. C’est souvent lors de l’épisode final qu’on le sait. Et, évidemment, en rejouant à l’intégralité de la série (ce dont on a de plus en plus envie).

Du reste, on notera moins de révélations et mystères cette fois, davantage orienté sur l’action. Une banale « enquête » sans aucune difficulté. Il faut à nouveau se tourner vers le scénario pour tirer le meilleur de ce Batman – The Telltale Series. Dans les bonnes choses il y a donc l’arrivée du Joker, bien qu’un peu courte on espère le revoir dans le prochain épisode (en toute logique oui puisqu’il va « se souvenir » de certaines réactions). Les clins d’œil et la visite dans le célèbre asile sont un peu courts mais c’est cohérent pour la suite de l’histoire.

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(Un travail de détective très pointu, attention… Point faible récurrent du jeu.)

Autre bon point : la politique radicale de Dent, une situation inédite du jamais-vu dans les comics. Les personnages féminins sont écartés de cet épisode, à l’exception d’une courte apparition de Selina. On peut rendre visite à Dent en Batman ou en Wayne, plus tard on peut sauver Alfred et le Manoir face à Dent ou bien affronter le Pingouin qui pirate l’équipement et les gadgets dans un autre lieu. On testera la voie non sélectionnée une fois la partie terminée pour découvrir l’autre arc narratif possible. Une bonne idée aussi d’incorporer le hacking de l’équipement de Batman, après sa fortune, son honneur, l’homme voit ses dernières ressources inutilisables. Retour au primitif.

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(Dent a définitivement pété les plombs. Il est temps d’arrêter de croire que c’est encore notre ami !)

Malgré ces trouvailles intéressantes, c’est sans nul doute l’épisode le plus « faible » de la saga jusqu’ici. Le précédent était moyen avant de repartir de plus belle, là c’est l’inverse, le début est alléchant avant de devenir assez mou et moins passionnant. L’ensemble reste divertissant, mais on ressent vraiment la nécessité de terminer le jeu pour dresser un « avis général » plutôt qu’au coup par coup.

Gardien de Gotham était particulièrement bugué dans les sous-titres (pire que les autres), un cinquième d’entre eux était en anglais ! Idem dans certaines réponses à donner. Cela provient peut-être de la version Day One, c’est à dire la première à être téléchargée le jour de sortie (et qui a donc besoin de quelques correctifs). Mais ce n’est pas vraiment acceptable comme excuse.

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(La méthode brute ou la diplomatie. Aurait-on dû choisir la première voie dès le départ ?)

(Pour l’anecdote, Dent n’est toujours pas officiellement devenu Double-Face, son visage n’étant finalement pas impacté par la brûlure de café de l’épisode précédent. Ce qui semblait à la fois original mais un peu tiré par les cheveux. * De la même manière, on insiste tellement pour nous vendre Vicky Vale comme étant à la fois Lady Arkham que la tueuse de ses parents adoptifs, que c’en est beaucoup trop louche. On peut penser que la fin du troisième épisode était peut-être une hallucination, comme déjà remarqué lors de la critique. Révélations dans le dernier épisode, attendu de pied ferme !)

* Selon les choix avant ou durant cet épisode, Double-Face peut en fait être déjà avec la moitié du visage cramé. Ce qui prouve donc des nettes différences d’histoires en fonction des voix choisies.

Épisode 5 – Ville de lumière //// disponible le 14 décembre

[Histoire]
Comme Bruce Wayne s’était rendu au Manoir pour affronter Dent dans l’épisode précédent, il part cette fois-ci affronter le Pingouin dans un Parc de Gotham. Sans son arsenal de gadgets et face aux drones de Copplebot, l’aide de Gordon n’est pas de trop.

Bruce comprend aussi que Selina Kyle se joue de lui depuis le début et doit prendre une décision vis-à-vis de leur relation.

Wayne doit ensuite retrouver Lady Arkham qui a kidnappé Alfred. C’est à l’Asile d’Arkham que Batman retrouve sa nouvelle ennemie, Vicky Vale donc, et l’affronte avec quelques patients…

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(Ultime face à face avec un vieil ami… qui aurait pu avoir lieu dans le chapitre précédent.)

[Critique]
La conclusion tant attendue se révèle assez décevante. L’épisode ressemble aux deux précédents et s’avère moyennement bon. Sur la « forme » c’est toujours la même chose, avec son lot de qualités et, surtout, de défauts : gameplay limité, facilité d’enquête (celle sur la disparition d’Alfred est un chouilla moins simple), rapidité du jeu, la moitié de l’épisode n’est pas traduit (ne bénéficie pas de sous-titres ou ceux-ci sont en anglais), pas mal de bugs (mauvais nom de lieu, figurant dont on ne voit que la bouche et les yeux, passages hyper expéditifs, peut-être sautés, etc.)…

Les exigences du joueur à ce sujet ne pouvaient guère s’accroître puisqu’au fil des mois il n’y a pas eu d’évolution sur tout cela. C’était donc un fait établi avec lequel il fallait composer. Mais heureusement, l’histoire, la narration et le doublage venaient grandement compenser cela. Sauf pour ce final, bâclé volontairement pour sortir rapidement ?

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(Tout est dit. Surtout si vous jouez le soir.)

Sur le « fond », hélas, il n’y a guère de surprises. Peu de rebondissements grandiloquents ou de fin épique. Tout s’enchaîne assez logiquement et est plutôt convenu. Batman/Bruce arrête Copplebot (ou Dent) et voit son image redoré, guère étonnant mais pas non plus problématique, c’est surtout le mystère autour de Lady Arkham qui déçoit. Il s’agit bien de Vicky Vale, aucun doute là-dessus, chose assez surprenante vu l’insistance, assez agaçante, avec laquelle on nous rabâche cette vérité depuis l’épisode précédent. Du coup : pas de surprise. Son but était déjà connu et, même s’il reste compréhensible, il manque des explications (son costume, sa vengeance, son association avec Copplebot, etc.). À part une schizophrénie ou un jeu d’actrice exceptionnelle, on a du mal à concevoir qu’il s’agit de la même personne entre le premier et dernier épisode.

Mais Vicky Vale en nouvelle « méchante », plutôt folle à lier, pourquoi pas… Même si ça dénature grandement le personnage originel (des comics) déjà porté dans des jeux vidéo (la saga Arkham). C’est une prise de risque qui va diviser les fans. Le problème n’est pas de changer radicalement un protagoniste fortement lié à la mythologie de Batman (encore que…) mais surtout que son traitement ne soit pas vraiment « complet » pour totalement convaincre le joueur.

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(Un combat final réussi dans un lieu plutôt joli. Un bon moment de cet épisode.)

Le Pingouin est lui aussi bien différent des bandes dessinées, de même que Thomas Wayne, qui apparaît comme une belle ordure à posteriori. Cela passe plus facilement que pour Vale. Cette conclusion aurait dû s’attarder dessus, malgré un combat d’anthologie, on sent le final expéditif. Cela est encore plus risible lorsqu’on nous demande des choix dans le dernier quart d’heure, avec toujours cette notification que « Gotham (ou autre) s’en souviendra ». Aucune probabilité pour ceux-ci, sauf pour une suite, qui n’est pas officiellement actée.

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(Lady Arkham, LE nouvel ennemi, qui empruntera sans doute la voie des comics.
Son identité, surprenante de prime abord, laisse dubitatif in fine.)

Les auteurs ont le courage d’assumer jusqu’au bout la réversibilité totale de deux êtres (Vicky Vale et Thomas Wayne) qui sont, normalement, du côté du Bien. C’est clairement ce qui va être l’élément décisif pour l’avis définitif de nombreux fans. Du reste, on nous tease une seconde saison avec le Joker plus présent, qui apparaît furtivement durant ce dernier épisode (un choix dans celui d’avant devait impacter un pan de l’histoire suivante, celle-ci donc) mais soit un bug saute ce passage, soit il est volontairement anecdotique.

Toutefois, en regardant d’autres parties, on s’aperçoit qu’il y a certains changements majeurs pour cette fin. L’évidence de l’affrontement face au Pingouin ou à Dent (puisqu’on sélectionnait l’un des deux juste avant) impacte le costume par exemple. Dent n’est d’ailleurs, dans cette partie unique, jamais devenu véritablement Double-Face, son visage n’a jamais été brûlé, là où d’autres joueurs l’ont. Il est évident qu’une nouvelle partie s’impose pour voir les différents chemins possibles et conséquences directes ou indirectes de ceux-ci. C’est, de toute façon, le lot des jeux Telltales, et cette invitation à rejouer est une obligation établie dès le lancement.

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(Preuve en est que le Pingouin n’a pas de goûts :
il utilise le Comics Sans MS pour configurer son ordinateur.)

Est-ce que ce Batman est bon ou mauvais ? Difficile de trancher après une seule partie, il y a énormément de bonnes choses, à commencer par la mise en avant de Bruce Wayne et non de Batman, l’immersion dans l’humain et non le super-héros. La sympathie pour le milliardaire va de pair avec son doublage, touchant, et ses graphismes simplistes mais efficaces, qui lorgnent du côté des bandes dessinées. Les interactions avec les autres têtes connues, à commencer par Alfred et Harvey Dent sont aussi efficaces, même Selina Kyle (malgré une conclusion assez pauvre).

D’une manière générale, le jeu devrait plaire aux fans de comics Batman à suivre sous le prisme, essentiel, d’un film interactif. Une réécriture original qui sert un univers cohérent et dont la première moitié est très prenante et réussie (même si bon nombre de soucis de jouabilité sont à déplorer, vu et revus dans ces écrits), la suite enchaîne surprises et déconvenues. Mais peut-être qu’avec d’autres choix, la sensation à la fin aurait été davantage plaisante…

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Un récapitulatif global du caractère de votre personnage, en plus des rapports de vos choix décisifs vis-à-vis des autres joueurs, est proposé à la fin. De quoi donner une idée des futures réactions à avoir pour les nouvelles séances de jeu.

Cet article sera mis à jour en fonction d’autre(s) future(s) partie(s)…

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(Un dernier ultime choix pour la route… Qui n’impactera qu’une éventuelle seconde saison.)

 

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