Justice League (2017)

La critique ne contient pas de révélations majeures. Toutefois il est fortement recommandé d’avoir vu Batman v Superman : l’Aube de la Justice et, dans une moindre mesure, Wonder Woman pour mieux apprécier (et comprendre) ce Justice League.

Justice League

[Histoire]
Le monde entier est en deuil. La disparition de Superman a laissé place à une nouvelle menace grandissante de jour en jour : les paradémons. Ces créatures volantes (déjà aperçues dans le cauchemar prémonitoire de Bruce Wayne dans Batman v Superman) se nourrissent de la peur et accompagnent le retour sur Terre de Steppenwolf, avide de destruction et de pouvoir. Cette entité quasi divine a combattu par le passé les Amazones, les Atlantes et les Humains, laissant trois « Mother Boxes » à chacun d’entre eux. Ces boîtes permettent à Steppenwolf d’accroître son pouvoir et il est venu les récupérer…

De son côté Bruce Wayne et Diana Prince s’allient pour monter une équipe de justiciers. Si Arthur Curry, alias Aquaman le Roi des Mers, semble réticent à rejoindre une ligue, Barry Allen (aka Flash — même si ce nom n’est jamais prononcé dans le film — qui se déplace plus vite que la lumière) se fait une joie d’intégrer une team. Victor Stone, qui est devenu Cyborg après un accident est mi-homme, mi-machine et complète la bande.

Justice League

[Critique]
Difficile de ne pas avoir certaines attentes sur Justice League. À la fois « suite » de plusieurs films, première phase finale de l’univers bancal DC Comics porté au cinéma mais également « adaptation » de bandes dessinées, ce long-métrage de Zack Snyder poursuit ce qu’il a instauré depuis Man of Steel. En plus concis, léger et « grand public ». C’est un fait indéniable. Mais est-ce problématique ? Pas vraiment, au contraire, même si cela soulève des interrogations légitimes. L’envers du décor, connu ou non, du spectateur, explique également la tournure si particulière de Justice League (en gros : Joss Whedon a repris le projet après le départ de Zack Snyder — voir en fin d’article pour plus d’explications). En mettant ces éléments de côté et en se concentrant uniquement sur le film, faut-il voir Justice League ? Oui, complètement. Le divertissement est assuré et il est, à l’inverse de Suicide Squad, davantage de qualité. Mais attention, il s’agit d’un blockbuster classique, manquant (cruellement) d’ambition. Pas meilleur qu’un autre mais pas pire non plus.

« Une bonne alchimie entre les super-héros… et de l’humour »

Qualité indéniable : l’alchimie de l’équipe des cinq super-héros. Il existe une réelle complicité entre eux ainsi que des tensions concrètes et des moments ubuesques. Batman/Bruce Wayne (Ben Affleck, correct mais plus bouffi et moins charismatique que dans Bat v Sup) bénéficie d’une plus grande présence à l’écran puisqu’il est le leader de la ligue. Les autres sont traités à peu près à égalité : Wonder Woman (Gal Gadot, toujours excellente et rayonnante) et Flash (Ezra Miller, en roue libre) sont un chouilla plus en avant qu’Aquaman (Jason Momoa, la révélation) et le taciturne Cyborg (Ray Fisher, assure le job). Les personnages fonctionnent tour à tour qu’ils combattent ou dialoguent. Attention, ce n’est guère surprenant pour les spectateurs (et ce n’est pas vraiment une révélation) : Superman (l’impeccable Henry Cavill) les rejoint dans la deuxième moitié du film. Ce retour est très cohérent avec le reste de l’histoire, c’est d’ailleurs l’un des points forts puis émouvants du long-métrage.

Aquaman Bruce WayneLe scénario est extrêmement « simpliste » (ce n’est pas un défaut), ceux qui n’ont pas aimé la complexité et la confusion de Bat v Sup seront ravis là où certains (dont l’auteur de ces lignes) déploreront quand même un petit manque d’intellectualisation (voire d’iconisation) plus poussé. Mais, une fois de plus, ça fonctionne plutôt bien dans l’ensemble.

Pour les férus de comics, quelques clins d’œil agréables et/ou de teasers sur les prochains films parsèment Justice League. Avec une évidence prononcé pour un, voire plusieurs, super-héros bien connus de l’univers DC. À ce titre il est d’ailleurs conseillé de rester jusqu’à la fin du générique : une première scène surprise (plutôt amusante) se dévoile après le casting tandis qu’une autre surgit tout à la fin, ouvrant sur un potentiel Justice League 2 ou peut-être sur l’ambitieux The Batman (nul doute que cette scène n’aurait pas été dévoilée si l’un de ses deux projets n’était pas au stade de pré-production).

Justice League porte la « patte » Snyder sur le plan visuel, ses détracteurs ne seront donc toujours pas conquis. Abus de ralenti, photographie numérique soignée, plans iconiques, etc. on repère aisément tout ce qu’il a signé. L’inspiration comics est une fois de plus prononcée ainsi qu’une autre, provenant cette fois des jeux vidéo (on pense parfois à la magistrale saga Arkham ou aux jeux de combat Injustice). Seulement… ce côté ne se ressent pas tout le temps. Pour cause : Snyder n’a pas terminé la post-production de son film et Joss Whedon a pris la relève puis tourné de nouvelles scènes qu’il a incrusté au montage. Même sans connaître cette information, en étant un peu attentif ou cinéphile, on devine facilement ces nouvelles séquences. Certaines sont essentielles d’autres non. Le film est du coup parfois bancal, maladroit ou bizarre à certains moments à cause de cela (la scène d’ouverture par exemple).

« Une dernière partie expéditive »

D’autres défauts sont évidents : l’habituelle « bouillie numérique » lors du combat final, malheureusement propre à chaque film du DCEU (excepté Man of Steel). Tout ce rouge visible dans les bandes-annonces gâchent clairement un enjeu épique majeur (à l’inverse d’une scène de bataille entre Steppenwolf et les Amazones au début du film, ou de celle d’un flash-back, trop vite expédié et rappelant anecdotiquement Le Seigneur des Anneaux (!)). Sur le fond en revanche, la « patte » Snyder a disparu : peu de réflexion, peu de monde à voir ou à sauver — paradoxalement au propos du film (très peu de civils en détresse à part une famille russe démunie – sic) — peu de questionnement sur le divin (vaguement sur la morale)… Si elle se ressent au début du film, marchant délicatement sur les cendres de Bat v Sup, on la sent s’éloigner au fur et à mesure. Les sous-intrigues multiples ont disparu pour laisser place à une histoire linéaire au possible et hyper basique — une fois encore, c’est un (nouveau) parti pris. Dommageable pour certains, efficace pour d’autres, fade et vite oublié pour les plus exigeants. Pour pallier à cela, l’accent a été mis sur l’humour et « l’optimisme ». L’équilibre est plutôt bien dosé car ce n’est pas un enchaînement de punchlines mais des situations cocasses qui procurent cette légèreté bienvenue. Barry Allen est, à ce titre, expert en la matière (si on est réceptif à son humour évidemment).

L’autre (gros) problème évident est la rapidité d’exécution de la dernière partie du film. Elle reste cohérente par rapport au scénario mais il était légitime d’attendre quelque chose de plus long et (à nouveau) plus épique en terme de combat final (la venue d’un célèbre ennemi par exemple, pourtant clairement évoqué en amont). Quelques plans foireux de la ligue au complet accompagnée d’une végétation colorée et numérique procurent un léger malaise… Les « épilogues » sur chaque héros sont tout aussi expéditifs : quid du retour de Superman ? De l’écho médiatique ? De la croisade de Batman, et même de la ligue ? Il manque cruellement ce genre de scènes et tant d’autres (Wonder Woman et son peuple, sa mère ? Cyborg et son père ?). C’est d’autant plus dommage que le rythme était plutôt bien équilibré dans ses deux premiers tiers avec une exposition lente et efficace. Mais il est vrai que Justice League est trop court (1h50 pile sans le générique).

Justice League

(La suite révèle quelques éléments mineurs du film.)

Chez les puristes, les caractérisations d’Aquaman et de Flash risquent d’agacer. Les deux acteurs (Jason Momoa et Ezra Miller) sont excellents mais dénaturent beaucoup leur version de papier. À commencer par Flash, très (trop ?) porté sur l’humour et les gimmicks. Cela s’explique aussi par sa « naissance » puisque le bolide écarlate est encore très jeune, n’a jamais combattu, n’est pas encore policier scientifique… La fin du film va en ce sens. Côté Roi des Mers, la comparaison avec Thor chez la concurrence (Marvel pour ne pas la citer) semble inévitable mais n’est absolument pas problématique. Ce qui l’est survient lors de sa rencontre avec Mera (sa compagne). Une présence à l’écran trop brève qui « tease » le futur film Aquaman (réalisé par James Wan — l’homme derrière le premier Saw, la saga Conjuring et Fast & Furious 7) qui sortira en décembre 2018. Résultat : une scène peu compréhensible et très maladroite (de la même manière que l’incursion d’Aquaman, Cyborg et Flash l’étaient dans Bat v Sup). On s’étonnera aussi de la non présence d’Atlantes (et dans une moindre mesure des Amazones) lors de la confrontation finale. L’histoire flirte avec Le Quatrième Monde de Jack Kirby mais s’en émancipe rapidement sans réellement lui être fidèle. Sur l’autel des personnages secondaires « sacrifiés » citons aussi, en plus de Mera (Amber Heard) donc : Lois Lane (Amy Adams), Martha Kent (Diane Lane), Henry Allen (Billy Crudup), Hyppolyte (Connie Nielson), Alfred (Jeremy Irons) et James Gordon (JK Simmons). Concrètement, chaque acteur ou actrice est bon dans son rôle mais on ressent des coupes flagrantes sur d’éventuelles histoires plus poussées.

Côté technique, outre une mise en scène très convenue, il faut souligner la présence de Danny Elfman à la musique, qui succède à Hans Zimmer et Junkie XL. Elfman a donc composé la bande originale de Justice League sans utiliser de chansons pop-rock en plus de ses créations, à l’exception notable d’une pour la séquence d’introduction (Everybody Knows, une reprise de Leonard Cohen chantée par Sigrid) et d’une autre, largement entendue dans les bandes-annonces, pour le générique de fin (Come Together, une reprise des Beatles arrangée par Junkie XL et chantée par Gary Clark Jr.). L’effet playlist (cher à Suicide Squad) et qu’on pouvait légitimement craindre si on avait suivi les vidéos marketing à outrance n’est donc pas présent. Hélas, Danny Elfman est en petite forme, on ne retient aucun de ses thèmes après une première vision. Toutefois, le musicien utilise son inoubliable thème qu’il avait créé pour le Batman de Tim Burton sorti en 1989 (puis repris dans la série d’animation de 1992). Il l’utilise à petite dose, avec celui de Superman (époque films de Richard Donner). Sporadiquement, on entend aussi celui de Wonder Woman (trop vite effleuré) et celui de Man of Steel (idem).

En somme, un casting au top, une histoire (trop) simple mais efficace, un ennemi de taille mais trop facilement battu, une mise en scène et une photographie oscillant entre le très soigné et le très moyen et un rythme globalement bon sauf sur sa fin. Justice League permet quand même de passer un excellent moment. S’éloignant des premiers films du DCEU de Snyder par son approche intellectuelle mais pas esthétique, Justice League est, malgré ses défauts et comme mentionné au début, un blockbuster classique manquant de profondeur mais fun et divertissant. Pas meilleur qu’un autre mais pas pire non plus.

Justice League Aquaman

La suite de cet article revient sur la tournage du film, ses conséquences et révèle davantage d’éléments de l’histoire de Justice League. Une analyse plus poussée du travail de Joss Whedon et de Zack Snyder y est proposée également.

Moustache, story-board et scènes coupées.

Les fans le savent bien : Justice League a connu une tonne de déboires durant toutes ses étapes de création. Si le spectateur « lambda » (aucune connotation négative dans ce terme) les ignore, il est nécessaire désormais, passé la critique du film en tant que tel, de les lister et d’analyser ce qui fonctionne ou non, ce qu’on aurait pu avoir ou non, etc.

Plusieurs contextes doivent être connus. En premier, la noirceur, le manque d’humour et la confusion du montage cinématographique de Bat v Sup ont essuyé de violentes critiques négatives de la part de la presse et des spectateurs (une version plus longue du film gomme une bonne partie de ces erreurs mais bien tardivement — cf. le récapitulatif de l’univers DC au cinéma). Résultat : la première vidéo de Justice League était plus « légère » et c’était, apparemment, le souhait de Zack Snyder dans son plan initial (déconstruire le schéma classique des super-héros et initier le spectateur à la noirceur avant la luminosité et l’optimisme de l’équipe au complet). Autre conséquence : le cynique Suicide Squad est devenu un film pop hyper convenu et maladroit. Seul le premier volet des aventures de Wonder Woman a conquis les critiques. Pourtant, il était déjà plus classique dans son traitement qu’un Man of Steel ou un Bat v Sup… Impossible de savoir ce qui a été demandé à Zack Snyder de changer sur son projet initial de Justice League mais plusieurs évènements permettent de factuellement le concevoir.

Batman Justice LeagueEn effet, après le suicide de sa fille, Zack Snyder quitte le projet et Warner (studio de production du film) — avec l’accord et Snyder, voire une requête personnelle — appelle Joss Whedon à la rescousse. Celui-ci met en boîte de nouvelles scènes durant deux nouveaux mois de tournage en été 2017 (pour un budget de 25 millions de dollars supplémentaires). On l’évoquait plus haut, ces nouvelles scènes se démarquent aisément de celles de Snyder. D’une part, leur photographie n’est pas aussi soignée que celles de Snyder (on repère tellement les fonds verts, pourtant déjà cher chez Snyder) ; d’autre part les effets numérique pour effacer la moustache d’Henry Cavill sont flagrants. Car, et c’est à la fois amusant et ridicule, Henry Cavill est en plein tournage du sixième opus de Mission : Impossible lorsqu’il est appelé à jouer ces fameuses nouvelles scènes. Pour cet autre film, l’acteur s’est laissé pousser la moustache et doit la conserver jusqu’à son retour. La moustache de l’acteur est donc effacé numériquement… Malheureusement, ce travail est flagrant à l’écran, par exemple en scène d’introduction ou en scène post-générique. D’une manière générale, lorsque Superman arbore un costume nettement plus bleu « étincelant », on sait que ça provient de Whedon. Sous l’égide de Snyder, le costume aurait dû être noir comme le prouvaient des publications de Cavill sur les réseaux sociaux.

De la même façon, Snyder avait publié une photo de lui en train de retoucher un story-board. Cette scène est devenue la seconde séquence post-générique. Nul doute que le réalisateur ne l’aurait pas partagée sur Twitter si cette scène n’était pas un « bonus inédit ». On peut donc facilement en conclure que ce début d’intrigue (avec Lex Luthor) faisait partie intégrante du film. Ainsi, la vision prémonitoire de Bruce Wayne dans Bat v Sup, annonçant un Superman dictateur et un Darkseid à venir, n’a aucun réel impact dans Justice League (si ce n’est que cela a motivé Batman à rassembler les super-héros). On ignore si cet aspect (notamment avec Flash qui disait à Bruce que Lois est la clé) était davantage exploré dans la version originelle de Snyder ou est mis de côté pour un potentiel Justice League 2.

Par conséquent, de nombreux extraits aperçus dans les bandes-annonces ont été supprimés du montage finale — on parle d’un minimum de 3h à la base. Un internaute les a listés dans une vidéo très intéressante (à ne pas regarder si vous n’avez pas vu le film). On constate deux choses importantes : de nombreuses sous-intrigues ont été enlevées et les scènes d’action sombres et froides (lumières bleutées) sont devenues vives et chaudes (écarlates). En résulte cet hybride étrange à la fois Snyderien et Whedonien. Un blockbuster en demi-teinte qui laisse planer l’ombre d’une version longue une fois de plus… Et c’est là que les fans attendent à nouveau Warner au tournant. Dans plusieurs mois, peut-être pas dès la première sortie en DVD et Blu-Ray, une édition « Director’s Cut / Extended Cut / Ultimate Cut / Final Cut » sera-t-elle en vente ? Il est légitime de crier à l’arnaque si tel est le cas mais nul doute que nombreux sont ceux rêvant de voir la vision de Snyder au complet et non sabordé comme c’est le cas actuellement. À suivre…

MàJ 18 novembre 2017 : le lendemain de la sortie du film, Zack Snyder a reconnu sur le réseau social Vero qu’il n’avait pas vu « son » Justice League depuis qu’il était parti et qu’il aurait aimé le terminer vu à quel point il adore ces personnages mais aussi pour ses fans et ceux qui ont aimé Man of Steel et Bat v Sup. Un terrible aveu qui cristallise — forcément — les fans qui réclament déjà « LA » version de Snyder mais également la musique de Junkie XL pour accompagner cet éventuel montage novateur. Ils ont même lancé une pétition qui avait atteint plus de 20.000 signatures en quelques heures seulement. Et plus de 35.000 deux jours après la sortie du film. À suivre… (bis)

Les autres critiques de Justice League seront indexées au fur et à mesure ici. L’accueil est très mitigé et penche vers le négatif. Quelques médias ont tout de même apprécié le film. Tous évoquent constamment les films Marvel. Cela nécessite donc une rapide analyse par rapport à la concurrence.

Le DCEU s’est-il « marvelisé » avec Wonder Woman et, surtout, Justice League ?

C’était plus ou moins évoqué en début d’article, voir Justice League en échappant au marketing monstre (entre des affiches hyper laides ou magnifiques, des vidéos en dévoilant trop ou pas assez, etc.), à des attentes de fans ou de cinéphiles légitimes… est assez difficile. La neutralité et la virginité en tant que spectateur est toujours un parcours du combattant, en particulier sur ce film. Justice League n’échappe pas à des tonnes de comparaisons avec les films Marvel. En particulier avec Avengers et sa suite puisqu’ils ont été réalisés par Joss Whedon (Danny Elfman a même composé la musique du second) et proposaient aussi, et pour la première fois, un rassemblement de super-héros.

Le MCU (univers partagé de Marvel au cinéma) s’est lancé avec brio en 2008 avec Iron Man. Deux films moyens (L’incroyable Hulk et Iron Man 2) puis deux opus originaux (sur Thor et Captain America) ont permis de concevoir un univers partagé qui a atteint son premier sommet avec Avengers (en 2012). Depuis, une « formule gagnante » compose la plupart des nouveaux films Marvel : un côté fun, pop et cool dénué de noirceur, des répliques qui font mouche, de prestigieux effets spéciaux, de talentueux acteurs et une mise en scène assez quelconque. Des réalisateurs appelés « yes man » qui obéissent aux caprices de la production pour livrer des films qui cartonnent mais qui ne reflètent pas une vision ou une approche particulière d’un metteur en scène. Chacun a évidemment son avis dessus mais on peut tout simplemenr prendre du plaisir devant un film Marvel (du MCU ou des X-Men, détachés de cet univers partagé) ou DC sans renier les uns ou les autres.

Flash Justice League

DC a donc voulu concevoir son propre univers partagé mais en se démarquant de cette « formule gagnante ». Mais suite aux retours critiques de Bat v Sup puis de Suicide Squad (pourtant pensé « après coup » au montage, à tort, comme l’équivalent d’une recette Marvel), la production (Warner) a « un peu » emprunté la même direction que son concurrent avec Wonder Woman : pas de sang à l’écran, une origin-story propre et efficace, des scènes épiques, un peu d’humour mais… rien de finalement très novateur (si ce n’est le côté féminin du héros et un brin (pas assez) féministe — qu’on ne retrouve d’ailleurs plus du tout dans Justice League, bien au contraire : les amazones portent cette fois des tenues sexuées et les plans sur les fesses de Gal Gadot sont nombreux, c’est pathétique). Pour Justice League, sous la houlette de Snyder il était légitime d’attendre une vision poursuivant son travail : réflexion sur l’iconique, le divin, la justice, la démocratie, la morale etc. On le sait : « sa » Justice League devait être plus lumineuse quoiqu’il arrive. Mais au point de ce qu’on voit à l’écran ?

Il faut le reconnaître, inconsciemment on pense à Thor en voyant Aquaman (déjà évoqué dans la critique) mais où s’arrêtent les comparaisons ? Idéalement il n’y a rien à comparer, ce n’est pas le but dans une critique, surtout d’entrée de jeu. Il faut songer à la postérité. Le spectateur actuel voit au jour le jour et chronologiquement ces films (c’est normal), mais dans quelques années ? Quand tout sera « disponible » ? Si une personne voit les longs-métrages du DCEU à la suite, il n’aura pas d’outil de comparaison. Le passionné sait, lui, que les similitudes observées proviennent des comics, du matériel papier originel. Dans Justice League, la menace rappelle celle d’Avengers, c’est « normal ». Dans les livres, c’est DC en premier lieu qui évoque tout cela avant Marvel. Autre évidence, on pense, malgré tout, à Quicksilver d’Avengers – L’Ère d’Ultron (et à Vif-Argent dans les X-Men) quand on voit Flash, in fine — traitement différent dans chaque cas d’un point de vue mise en scène. Mais est-ce que tout ceci est « grave » ? Bien sûr que non. Est-ce que le DCEU se « marvelise » ? Bien sûr que… oui. C’est un constat indéniable, car… c’est ce qui marche le mieux. Pas commercialement parlant (Suicide Squad a été un succès économique international incroyable) mais en retour critique surtout. Il y a malheureusement fort à parier qu’après le film Aquaman, Warner opère un reboot de tout son univers grâce au film Flashpoint ; avant de livrer des volets sur des aventures en solo, qui fonctionnent toujours mieux chez DC qu’un rassemblement (pour l’instant en tout cas).

Cyborg Justice League

Ci-dessous les autres critiques du film et les bandes-annonces.

 

 

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