Archives de catégorie : Critique

Nightwing – Tome 1 : Pièges et Trapèzes

Nightwing

[Histoire]
Après avoir endossé le costume de Batman pendant un an (lorsque Bruce Wayne était apparemment mort, puis lorsque celui-ci faisait son tour du monde pour recruter son armée de Batman Inc.), Dick Grayson est enfin de retour dans son costume de Nightwing (qui est passé de bleu à rouge à l’occasion du Relaunch DC). Pour rappel pour les nouveaux lecteurs, Dick Grayson est le premier Robin qui a épaulé Batman durant quelques années avant de prendre son envol pour devenir un super-héros indépendant.

Dick Grayson hérite du cirque Haly dans lequel il a grandit (et où ses parents ont trouvé la mort), suite au décès de son directeur. C’est l’occasion pour Dick de renouer avec ses anciens proches, attisant évidemment la jalousie de certains. La situation est donc délicate. Idem avec son alter ego Nightwing puisqu’un tueur, nommé Saiko, souhaite sa mort et l’accuse d’être « le plus grand tueur de Gotham City ».

En plus de cela, Dick entamme une relation ambigüe avec Raya, une artiste du cirque… Il revoit également Barbara Gordon, son ancien amour, alias Batgirl, le temps d’une enquête.

Nightwing Pièges et Trapèzes

[Critique]
Urban Comics a répondu à l’appel des fans et a décidé de publier les sept premiers chapitres de Nigthwing, nom sans doute méconnu du « grand public » mais évidemment familier des connaisseurs du Dark Knight.

C’est la première fois que le « rouge-gorge » a droit à une telle publication en France ! L’ensemble est très bien mais loin d’être parfait. Côté défauts, le manque de cohérence graphique : quatre dessinateurs travaillent, ensemble ou séparément, sur le titre : Eddy Barrows, Eduardo Pansica, Trevor McCarthy et Geraldo Borges. Barrows est le plus présent et c’est tant mieux, ses traits sont réalistes, son découpage dynamique (les différentes acrobaties de Nightwing sur la même case peuvent décevoir par contre), son Dick Grayson est adulte et la colorisation parfaite, là-dessus rien à dire. En revanche lorsqu’on passe à un style radicalement différent, celui de Trevor McCarthy (qui a signé le hors-série Les Portes de Gotham, avec Scott Snyder), cela casse grandement l’univers auquel on s’était habitué. Le style de McCarthy est très intéressant mais uniquement lorsqu’il fait parti d’une histoire confinée par le dessinateur (comme sur Les Portes de Gotham). Ici Dick paraît ado, on a l’impression d’être vraiment dans un autre livre. C’est d’ailleurs dans ce même chapitre, le quatrième, qu’on ressent une baisse de rythme de l’intrigue, l’histoire se focalisant à ce moment là sur Batgirl qui retrouve Nightwing (après des séparations vues dans le Batman Saga #04). Le chapitre suivant, le cinquième, inclut carrément un monstre issu d’une invocation maléfique… C’est là encore le passage de trop. Si celui avec Batgirl pouvait passer, celui-ci fait tâche. Toutefois ces deux chapitres offrent de beaux retournements de situation sur leur dernières planches. Le récit principal revient ensuite sur le devant pour se conclure en beauté avec cette fois un écho à Batman : La Cour des Hiboux. Et c’est là toute la force du récit de Kyle Higgins : la découverte de Nightwing, beaucoup plus « cool » que son ancien mentor, son humour, ses doutes, son passé, mais aussi son lien avec la Cour des Hiboux, qui permet de comprendre certains éléments abordés chez Batman. La suite dans le tome 2 est donc très attendue puisqu’il s’agira, comme dans Batman, de la confrontation.

Piège et Trapèzes méritait-il une publication ? Oui indéniablement. Mais peut-être en kiosque à cause de deux chapitres inégaux et une cohésion bancale ? À débattre… On sourit aussi lorsqu’une personne est face à Dick et que peu après c’est Nightwing quidébarque : ils ne le reconnaissent pas, vraiment ? Il a juste un petit masque sur le visage enfin !

Quoiqu’il en soit l’ensemble est très bien, exceptés les deux chapitres évoqués, et il serait dommage de passer à côté !

Nightwing Pièges et Trapèzes

[À Propos]
Publié en France chez Urban Comics le 2 novembre 2012.
Histoire : Kyle Higins
Dessin : Eddy Barrows (sauf le ch. 4), Eduardo Pansica (ch. 3), Trevor McCarthy (ch. 4) et Geraldo Borges (ch. 6 et 7)
Encrage : Eber Ferreira (ch. 3, 5, 6 et 7), Ruy Jose (ch. 6), Paulo Siqueira (sauf ch. 4 et 6), Trevor McCarthy (ch. 4), J. P. Mayer (ch. 1 à 3)
Couleur : Rod Reis (sauf ch. 4), Gut Major (ch. 4), Allen Passalaqua (ch. 3)
Lettrage : Laurence Hingray & Christophe Semal (Studio Myrtille)
Traduction : Thomas Davier
Première publication originale dans Nightwing #01 à #07 (septembre 2011 à avril 2012).

Nightwing Pièges et Trapèzes Urban Comics

Acheter sur Amazon : Nightwing – Tome 1 : Pièges et Trapèzes

Nightwing Pièges et Trapèzes 2

Vengeance

Suite presque directe de Silence, qu’il est évidemment indispensable d’avoir lu avant de découvrir Vengance, il faut aussi avoir Killing Joke en tête, l’histoire y faisant beaucoup d’allusions. Cette mini-série fait partie, en version originale, du recueil Hush Returns.

V1

[Histoire]
Dans une grande salle de réception le Sphinx explose le toit en verre et chute devant tout le monde. Qui l’a frappé ? Comment est-il arrivé ici ?

Flash-Back : Silence veut se venger du Sphinx, ce dernier est en prison à Blackgate mais a peur de se faire assassiner par un homme de main de Silence. Il demande donc l’aide du Joker, lui demandant de le faire sortir de prison et le protéger. En échange, Edward Nygma lui donnera le nom d’une personne très convoitée par le Clown du Crime…

Dans Gotham, Batman sauve une femme qu’il croyait déjà morte. À moins que ce ne soit un sosie ? Dans quel but ?

V3

[Critique]
Trois vilains charismatiques servent cette histoire : le Sphinx et son narcissisme et égocentrisme qui sont très bien mis en avant, ainsi que Silence, véritable roc et loup solitaire dont la minutie et la préparation de son plan confirme l’intelligence du personnage. L’éternel Joker complète cet étrange trio. Il est intéressant également de voir, partiellement, le Clown du Crime triste et mélancolique se remémorant son passé, devant les souvenirs d’un album photo. Preuve peut-être qu’il n’est pas si fou que ça ? On apercevra aussi Le Pingouin et Prometheus, nouvel allié de Silence.

Allié à un jeune Robin (Timothy Drake), l’histoire montre également Barbara Gordon, alias Oracle, opérer en secret devant ses écrans, chose rarement mise en avant. Dans l’ensemble, la Bat-Family est relativement en retrait, mais ce n’est pas plus mal, bien au contraire. Même Green Arrow, qui apparaît dès le quatrième chapitre, apporte presque autant, si ce n’est plus, de présence que Batman et Robin. L’échange tendu et le combat entre l’archer d’émeraude et le chevalier noir est très efficace.

Le look des hommes de main du Joker n’est pas sans rappeler celui de Jack Nicholson dans le film Batman de 1989 de Tim Burton. Le scénariste s’inspire aussi de Kiling Joke et modifie légèrement une scène de l’œuvre culte d’Alan Moore pour mieux coller au récit de Vengeance. Ce changement s’incruste facilement dans les deux récits. Pour les flash-back se situant durant Killing Joke, c’est Javier Pina qui succède éphémèrement à Al Barrionuevo. Son style se rapproche de celui de Brian Bolland. Barrionuevo n’est pas en reste car, excepté au début de l’histoire, il livre de belles planches avec un look particulier à chaque personnage, surtout le triptyque d’ennemis.

Six mois après la fin de la série Silence (en septembre 2013), cette « suite » s’intègre parfaitement dans la continuité et offre au passage un nouveau regard sur Killing Joke. Est-ce plausible ? Chacun y fera son propre jugement. Seule la fin du récit s’avère frustrante car pas réellement terminée. Il faudra se tourner vers plusieurs petites courtes séries (publiées dans les magazines Batman de l’époque) pour avoir la suite. Elles sont toutes listées sur l’index de Hush Returns.

V2

Prometheus, grièvement blessé par Green Arrow, tient Silence en joue :
– Je t’écoute.
– Tu te seras vidé de ton sang dans deux minutes.
– C’est pas ce que je veux que me dises.
– Et ton pote, là haut, va débouler dans un à peu près une minute.
– T’inquiète, je m’occupe de lui.
– Pour l’instant c’est plutôt raté.
– Il a eu de la chance.
– Trois fois ? Et la flèche dans ton épaule : on dirait qu’elle a sectionné l’artère sous-clavière. Et si celle de la cuisse sectionne l’artère fémorale, tu seras mort dans trente-cinq secondes.
– D’autres bonnes nouvelles ?
– Mais de toute façon, tes poumons vont se remplir et tu vas te noyer dans ton sang.
– T’es quoi ? Un genre de docteur ?
– Oui. Et j’ai besoin de ton aide pour tuer Batman.
– Cooooool… (en s’effondrant)

[À propos]
Publiée en France dans le magazine Batman #01 (Peur sur Gotham) en avril 2006 chez Panini Comics, jusqu’au Batman #05 (Le Garde du Corps (2)) en juillet 2006
Titre original : Pushback
Scénario : A. J. Lieberman
Dessin : Al Barrionuevo, (et Javier Pina (chap. 4
Encrage : Francis Portela
Couleurs : Brad Anderson
Lettrage : Vianney Jalin
Traduction : Sophie Viévard
Première publication originale dans Batman : Gotham Knight 50 à 55, de mai à septembre 2004

Un homme à terre

Suite directe de Vengeance, centrée sur l’exil du Sphinx, formée par trois back-up (courte histoire située après un chapitre).

UHT1

[Histoire]
Peu après les évènements survenus dans Silence et Vengeance, l‘Homme-Mystère a besoin d’aide et souhaite que Poison Ivy le cache dans son repaire. Celle-ci n’est pas du même avis, encore énervée par les actions du Sphinx et prend rapidement le dessus lors de leur brève confrontation.

Tout en rabâchant à Edward Nygma à quel point il est largement inférieur par rapport aux autres ennemis de Batman, elle lui explique qu’il n’était que toléré parmi eux, mais qu’il reste un être pitoyable et lâche. Il justifie alors ses actes passées en évoquant une volonté de respect suite au mépris constant dont il est victime, avant de s’enfuir dans les mystérieux marais de la femme fatale…

UHT2

[Critique]
Il est clairement indispensable d’avoir lu Silence pour comprendre ce court épilogue centré sur le Sphinx, narrateur de cette histoire. C’est le dessin et -surtout- la mise en couleur qui font la force de ce récit. On découvre un Homme-Mystère très frustré, apeuré, bref un homme à terre, dans des décors et des planches sublimés par des teintes vertes et marrons. Les cases sont découpées par des lianes, l’univers de Poison Ivy est vraiment joli. Hélas, les personnages et les visages sont plutôt laids, mal proportionnés et aux traits épais. Un court récit à découvrir pour son aspect coloré mais très dispensable.

UHT3

[À propos]
Publiée en France dans le magazine Batman #11 (Sous le masque (1)) en avril 2006 chez Panini Comics.

Titre original : Low
Scénario : Shane Mc Carthy
Dessin : Tommy Castillo
Encrage : Rodney Ramos
Couleurs : Tony Avina
Traduction : Sophie Viévard
Titres des chapitres : Chapitre 1, 2 et 3 (id.)
Première publication originale dans les back-up de Detective Comics #797 à #799, d’octobre à décembre 2004

UHT4