Archives de catégorie : Critique

Batman Dark Patterns – Affaire #3 : Paréidolie

Après L’Homme Blessé et La Tour aux Mille Voix, place à la troisième affaire Dark Patterns (l’avant-dernière avant la fin de la série), intitulée Paréidolie.

[Résumé de l’éditeur]
Lorsqu’un cadavre entièrement carbonisé est découvert au cœur de l’un des plus anciens quartiers de Gotham, Le Rookery, le Chevalier Noir se retrouve plongé dans une intrigue criminelle aux ramifications complexes… et tous les indices semblent pointer vers le gang nouvellement formé de Red Hood.

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Une nouvelle affaire pour le Chevalier Noir ! Peut-être moins prenante que les deux précédentes mais avec une dimension humaine assez prononcée et agréable (pas de super-pouvoirs ici ni de monstres de foire, juste des gens abîmés). Le gang de Red Hood n’est ni lié au célèbre Joker (qui y a appartenu et s’appelait même Red Hood un temps, cf. Joker Anthologie et L’An Zéro) ni à Jason Todd. Il s’agit juste de reprendre un groupe de personnes et leur attribuer des capuches rouges…

La fiction est à son meilleure quand elle s’attarde sur Batman, sa fatigue, ses faiblesses et, une fois de plus, une forme de fragilité humaine. Rappelons que le justicier opère seul à ce stade (les Dark Patterns se déroulant peu après ses débuts de croisade), avec uniquement Alfred et Gordon en alliés. Paréidolie (le fait de voir des visages ou figures familières dans des formes diverses) s’épanche sur un quartier de Gotham laissé à l’abandon, aussi bien par le GCPD que la municipalité et même par le super-héros lui-même. De quoi montrer (un peu comme dans le deuxième tome) des citoyens démunis et sans espoir. Quelle solution face à cela ? L’auteur Dan Watters n’y répond pas vraiment (peut-être dans le quatrième et dernier opus ?).

Du reste, l’enquête prend le lecteur à contre-pied à plusieurs reprises tout en étant extrêmement bien rythmée et en croisant les personnages secondaires initiés dans le premier volume (qui semblent être en route pour se connecter dans la conclusion). Les dessins d’Hayden Sherman contribuent à l’atmosphère si singulière de l’ensemble, mettant parfois mal à l’aise ou à l’inverse proposant une certaine originalité dans son découpage et ses points de vue (cette case avec les habitants qui scrutent Batman derrière leurs fenêtres ! – cf. ci-dessus), comme tout ce qu’il a instauré depuis le début, donnant une vraie identité graphique à la série (bien aidé par la colorisation de Triona Farrell).

Comme toujours, se pose la question (légitime – même si c’est un sujet clivant) du coût de l’ensemble. Seize euros pour trois chapitres, très précisément trois fois 22 pages, donc 66 au total… Ça pique toujours pour un budget loisir/culture qui nous fera voyager quelques minutes mais sans nous transcender non plus. Surtout en ramenant l’équation aux quatre tomes prévus : 64 € pour 264 pages de bande dessinée, c’est aberrant. Il y a fort à parier qu’Urban proposera une intégrale à prix plus abordable (autour de 20/30€) dans deux ans ou plus. À ce moment-là, l’ensemble rejoindra les coups de cœur du site, à défaut cela reste un investissement trop onéreux malgré les qualités du récit.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 16 janvier 2025.
Contient : Batman: Dark Patterns #7-9
Nombre de pages : 80

Scénario : Dan Watters
Dessin & encrage : Hayden Sherman
Couleur : Triona Farrell

Traduction : Basile Béguerie
Lettrage : Cromatik Ltd (Île Maurice)

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DC x Sonic

Crossover improbable, la Justice League rencontre les bolides hérissons de l’univers de Sonic (Sega) ! Cinq chapitres pour ce comic souple de la collection Urban Blast, destinée à un jeune lectorat. Mais… la démarche semble si sincère et sympathique qu’un fan ou non (de Sonic ou DC) devrait y prendre du plaisir. Découverte.

[Résumé de l’éditeur]
Lorsque le maléfique Darkseid envahit Green Hills à la recherche du pouvoir ultime, Sonic et ses amis se trouvent dos au mur… Heureusement pour eux, la Ligue de Justice est en mesure d’intervenir et de leur prêter main forte ! Mais pour espérer vaincre le tyran, il leur faudra combiner leurs pouvoirs et former une nouvelle Ligue hors-du-commun.
La fusion de deux univers adorés des fans : DC et Sonic ! Une rencontre dynamique et colorée pour la rentrée !

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Aparté]
L’auteur de ces lignes n’a absolument aucune connaissance de l’univers Sonic – juste quelques parties de jeux vidéo il y a des années – et n’a jamais vu les films ou quoique ce soit. Cela n’a pas empêché la compréhension de l’ensemble et son appréciation.

[Critique]
Impossible de ne pas envisager un produit mercantile avant tout face au rendez-vous des super-héros de DC et les bolides ultimes de Green Hills ! Pourtant… L’ensemble, qui vise un public théoriquement jeune, est très appréciable. Si on ferme les yeux sur les facilités narratives, le côté « bienveillant / souriant » des deux teams et les évidences de binôme (chaque hérisson se retrouve avec son comparse héroïque avec qui il partage le plus d’affinités voire… le remplace ! – on y reviendra), DC x Sonic est une œuvre courte (cinq chapitres) simple et efficace !

Sans rentrer dans trop de détails scénaristiques – rien n’est très surprenant donc autant éviter de dévoiler les grandes lignes –, on retrouve donc sous forme de duos : Sonic et Flash (les deux plus rapides – qui gagnerait d’ailleurs en course entre les deux ?), Tails et Cyborg (les deux matières grises), Amy et Wonder Woman (les deux… uniques femmes), Knuckles et Superman (les deux plus puissants), Silver et Green Lantern (prompts à matérialiser leurs envies) et évidemment Shadow et Batman (les plus « dark » et solitaires). De quoi avoir une double équipe atypique face à Darkseid et ses sbires. C’est sans compter sur Luthor et Robotnik dans leur coin (les antagonistes « sont toujours chauves ! »).

Bref, les échanges sont fluides entre tout ce petit groupe (à l’exception du premier épisode assez bordélique – tout va très vite (est-ce voulu vu l’univers ?)) et on prend du plaisir à les suivre et même constater un remplacement éphémère de chaque justicier par son pendant animalier ! C’est donc à la fois original et novateur (dans sa proposition) et en même temps convenu et évident (dans sa rédaction). Ce n’est pas spécialement un défaut, d’autant que l’écriture relève parfois de langage assez soutenu ou pointu (c’est toujours une bonne chose quand un texte est à destination d’un plus jeune lectorat). Le scénariste Ian Flynn est un grand fan de Sonic, rédige divers comics dessus et même des jeux vidéo ! Aucun doute que le fan du célèbre hérisson bleu y trouvera son compte.

DC x Sonic offre également des planches richement colorées, visuellement correctes et des séquences d’action globalement lisibles. Comprendre que ce n’est pas extraordinaire mais ce n’est pas non plus honteux. On doit le travail graphique à Adam Bryce Thomas, lui aussi dessinateur attitré et habitué aux autres nombreux comics sur Sonic. La colorisation de Matt Herms est là aussi une évidence, l’artiste œuvrant aussi sur… les comics Sonic. En somme, l’ensemble de l’équipe derrière la bande dessinée provient de l’univers Sonic. C’est peut-être ce qui le point fort et le point faible de l’œuvre : les fans de Sonic devraient en toute logique accrocher mais ceux de DC ? Un scénariste plus habitué à DC aurait-il ajouté une patte plus estampillé côté Justice League ? Pas sûr… Quoiqu’il en soit, pour faible prix (15 €), si vous aimez Sonic, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour une lecture détente sans prise de tête.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 10 octobre 2025.
Contient : DC x Sonic the Hedgehog #1-5
Nombre de pages : 122

Scénario : Ian Flynn
Dessin : Adam Bryce Thomas
Couleur : Matt Herms

Traduction : Xavier Hanart
Lettrage : Makma (Gaël Legeard)

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Batman – L’envol des Batmen

Attention, L’envol des Batman n’est pas un « nouveau titre ». Il regroupe les deux premiers tomes (sur sept) de la série française Batman Detective Comics (La colonie et Le syndicat des victimes), dans le format souple de la collection Paperback d’Urban Comics. Explications.

[Résumé de l’éditeur]
Batwoman, Red Robin, Spoiler, l’Orpheline et Gueule d’Argile… Voici les nouveaux justiciers que Batman a recrutés afin de protéger Gotham d’une menace totalement inédite. Pourront-ils s’accorder à temps avant que la cité maudite ne tombe entre les griffes d’une armée souterraine baptisée la Colonie ? D’autant plus que cette nouvelle affaire prend une tournure toute personnelle pour Batwoman.

[Critique]
Comme dit en ouverture, L’envol des Batmen rassemble les deux premiers opus de la série Batman Detective Comics publiés en 2017 et début 2018, à savoir La colonie et Le syndicat des victimes. On vous renvoie vers ces deux critiques de l’époque pour se faire une idée – en synthèse une histoire efficace, plutôt palpitante, qui mettant en avant Batwoman principalement. Un ensemble divertissant comme souvent sur ce genre de productions (comprendre que ce n’est pas révolutionnaire non plus mais plaisant, donc à voir en fonction de vos exigences et votre budget) avec un coup de cœur sur le second opus, donc sur la seconde moitié de cette réédition. Toutefois, il ne s’agit pas d’un récit complet, le run de l’auteur (James Tynion IV) se poursuit dans cinq autres opus ! Théoriquement, Urban Comics devrait les publier à long terme comme ils l’ont stipulé dans leur FàQ de fin d’été 2025.

  

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 3 octobre 2025.
Contient : Detective Comics #934 à 940 et #943 à 949.
Nombre de pages : 328

Scénario : James Tynion IV, Marguerite Bennett
Dessin : Collectif
Encrage : Collectif
Couleur : Collectif

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Stephan Boschat (Studio MAKMA) et Cromatik

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