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Batman Infinite – Tome 4 : Abyss

Le troisième tome Batman Infinite achevait doublement un long récit sur Batman : celui entamé avec Joker War – en trois volumes – puis évidemment celui de Batman Infinite – également en trois volets. Ce quatrième et dernier tome, signé par une équipe artistique différente, poursuit-il encore l’intrigue générale ou offre-t-il une conclusion détachée de ses précédentes histoires ? Critique.

[Résumé de l’éditeur]
Tandis que Gotham célèbre sa survie à l’État de terreur, Batman se replie dans l’ombre. Mais ce terrain pourtant bien connu par le Chevalier Noir s’avère hostile alors que les abysses deviennent soudainement mortelles. Un bienfaiteur de Batman Inc. nouvellement apparu pourrait bien aider à y remédier, à moins qu’il n’en soit la cause ? Pour le savoir, Batman n’a d’autres choix que de plonger complètement dans les ténèbres de Gotham.

[Début de l’histoire]
Les habitants de Gotham fêtent la fin de l’État de terreur. Batman continue d’arpenter sa ville et doit déjouer une attaque de Firefly lors d’une soirée déguisée en… ennemis du célèbre justicier !

Quand le Chevalier Noir apprend que cinq de ses alliés issus de Batman Inc. sont arrêtés en Badhnisie pour le meurtre du terrible Abyss, il se rend sur place et épaule l’inspectrice Cayha. Sur la scène du crime : une étrange substance noire et… Lex Luthor, qui finance désormais l’organisation des Batmen à l’internationale depuis la chute de l’empire Wayne.

Le Dark Knight poursuit son investigation et… perd la vue et retrouve le mystérieux Abyss ! À moins que ce soit une copie ?

[Critique]
Derrière le résumé un peu cryptique de l’éditeur (et donc en quatrième de couverture) se cache un récit plus terre-à-terre, bien rythmé, graphiquement très soigné (on y reviendra) et qui remet davantage Batman au premier plan. En effet, ce quatrième et dernier tome de Batman Infinite n’a quasiment plus de liens avec les trois précédents, il peut se lire de façon indépendante sans problème (il n’est d’ailleurs plus écrit par James Tynion IV mais par Joshua Williamson (Le Batman Qui Rit – Les Infectés, Justice League vs. Suicide Squad…)). L’habituel avant-propos de l’éditeur résume efficacement et élégamment les tomes précédents même s’il n’y a pas besoin de les avoir lus ou de s’en souvenir en détail.

Aparté : il est vrai qu’Urban Comics s’est retrouvé un peu coincé avec la série Batman après l’ère Rebirth de Tom King (en douze tomes) en prenant le pari de sortir Joker War qui était « banalement » la poursuite de la série Batman (elle conserve ce nom en VO). Joker War s’est étalée sur trois tomes (même si l’histoire principale se concentrait surtout sur les deux premiers) avant de se poursuivre dans les trois volumes de Batman Infinite – on avait donc un run de James Tynion IV sur six volets environ ; un récit inégal (comme souvent sur les séries excédant un ou deux opus), visuellement irréprochable et avec certaines originalités (situations inédites, multiples protagonistes…). On aura l’occasion d’en reparler dans une chronique récapitulative.

Dans Abyss, le Chevalier Noir renoue avec quelques alliés du Club des Héros – créé par Edmond Hamilton et Sheldon Moldoff en 1955 mais remis au goût du jour par Grant Morrison dans sa célèbre saga (étonnamment, au même moment, Batman – La Dernière Sentinelle s’inspire également de ce sujet). Ainsi, Frère Chiroptère, El Gaucho, Dark Ranger, Le Masque et le Bat-Man de Chine sont de la partie, tous appartenant à l’organisation Batman Inc. – là aussi conçue par Morrison et inscrivant donc cette ère Infinite dans la continuité et chronologie classique « officielle » du Chevalier Noir.

Pas d’inquiétude pour ceux qui n’étaient pas très fans de cette « extension internationale » de Batman (ou ne la connaissent pas), ici les cinq justiciers sont quasiment des figurants, la plupart ne parlent pas et ne sont que prétexte à déclencher l’intrigue qui poussera le Dark Knight à prouver leur innocence. En effet, les super-héros sont accusés du meurtre du mystérieux Abyss. Batman ne nie pas l’assassinat mais doit comprendre pourquoi. Très vite, l’alliance avec la charismatique Cayha et les agissements louches de Luthor donnent une consistance intéressante au récit.

L’enquête se révèle passionnante bien qu’un peu courte (cf. paragraphe suivant) et frustrante. Par exemple, la longue introduction avec l’attaque de Firefly aurait pu être absente et remplacée par un segment connecté à Abyss. La conclusion est, comme souvent, une porte davantage ouverte que fermée. On ne sait toujours pas qui est vraiment cet Abyss ni quels étaient ses pouvoirs (la matière noire qui a ôté la vue à Batman). Malgré cela et quelques inepties (les Batman emprisonnés avec leurs masques et tenues !), on est moins sévère sur l’ensemble qui réussit à emporter le lecteur grâce à son rythme intense, son fil rouge assez palpitant et ses styles visuels différents.

La fiction se déroule sur quatre chapitres (Batman #118-121) puis un cinquième et dernier (#124) offre un épilogue sur Cahya. Les deux épisodes manquant (#122-123) sont au cœur de l’évènement Shadow War, proposé en récit complet en France le 18 novembre prochain avec d’autres séries impactées dont celle sur Deathstroke, le mercenaire étant teasé dans Abyss avec l’invitation à lire Shadow War. De la même manière, il est fait mention de la saga Arkham Tower, à découvrir dans les tomes trois et quatre Batman Detective Infinite (pas encore chroniqués sur le site). Là aussi, nul besoin de connaître, ce sont surtout des allusions en fin de récit pour occuper le Chevalier Noir. Curieusement, une aventure de Mia, étudiante de la Gotham Academy, referme l’ouvrage (via trois back-up) où elle enquête sur la disparition d’une de ses amies avec Batman. Complètement anecdotique et sans rapport avec tout ce qui a été précédé, c’est à réserver pour les aficionados de ladite académie.

Abyss propose donc une parenthèse éphémère plutôt sympathique avec un Chevalier Noir tour à tour puissant et démuni, des alliés et ennemis inédits et un voyage hors Gotham assez passionnant malgré les défauts évidents relevés. Si beaucoup de dessinateurs œuvrent sur le titre, chacun sublime à sa manière la bande dessinée – son point fort. Ainsi, Jorge Molina et Mikael Janin ouvrent le bal puis signent la majorité du comic dans un style rigoureux, aéré et détaillé mais aussi lugubre et réaliste, accompagnés ensuite par Adriano Di Benedetto puis remplacés par Howard Porter et Jorge Fornés sur le dernier épisode (au style moins mainstream) et Karl Kerschl sur les back-up de fin (également à l’écriture).

Clairement, le duo Molina et Janin (très actif sur l’ancienne série Batman Rebirth) fait des merveilles, bien aidés par la colorisation sans faute de Tomeu Morey, habitué sur les titres précédents (Joker War, Batman Infinite…). Graphiquement c’est un sans faute, chaque personnage est reconnaissable aisément, les scènes d’exposition et les séquences d’action sont fluides et lisibles, les jeux de lumière une fois de plus réussis. En synthèse, Abyss est tout à fait correct à tous points de vue et ne s’inscrit pas vraiment dans la suite de ses tomes précédents et peut donc être lu à part.

Quid de la « suite » des aventures de Batman (via la série du même titre) ? Et bien, il n’y a plus beaucoup de chapitres à rattraper, seulement trois de plus publiés aux États-Unis par rapport à la France (!) – qui promettent « une nouvelle ère », comme souvent. Écrit par Chip Zdarsky et dessiné (à nouveau) par Jorge Jimenez, il est encore trop tôt pour savoir sous quelle forme Urban Comics publiera cette nouvelle aventure. Un récit complet ? Une série en deux ou trois tomes ? Une nouvelle relance avec un nouveau titre ? L’éditeur risque d’être confronté à la même problématique qu’à l’époque de Joker War (donc fin de l’ère Batman Rebirth et début de Batman Infinite), en espérant ne pas perdre un peu le lecteur.

Dans tous les cas, il faudra attendre la fin des six épisodes de Zdarsky (la durée de son arc intitulé Failsafe, qui replace Tim Drake en Robin) avant de savoir si l’auteur poursuivra son contrat et donc cette série ou si un autre scénariste prendra le relai. Le planning d’Urban étant, de toute façon, bouclé jusqu’en décembre 2022 (même moment où le travail de Zdarsky est censé s’achever), on aura droit à ce récit qu’en 2023 (sauf si Urban décide de ne pas le traduire mais aucune raison à cela, « au pire » il atterrira dans Batman Bimestriel Infinite dans quelques mois). Chip Zdarsky a signé un excellent run sur Daredevil chez la concurrence et officie chez DC Comics depuis peu. On lui doit, entre autres, une série sur Red Hood dans l’inédit Batman : Urban Legends (2021) et surtout Batman : The Knight, actuellement en cours de publication et prévu en dix chapitres. Une œuvre acclamée qui devrait se terminer en octobre prochain et sera donc probablement traduite en 2023 chez nous.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 23 septembre 2022.
Contient : Batman #118-121 & #124 + back-up #119-121

Scénario : Joshua Williamson, Karl Kerschl
Dessin et encrage : Jorge Molina, Mikael Janin, Adriano Di Benedetto, Howard Porter, Jorge Fornés et Karl Kerschl
Couleur : Tomeu Morey, John Rauch

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Makma

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Batman Infinite – Tome 2 : État de terreur (1ère partie)

Suite de Joker War, Batman Infinite a démarré avec un premier tome de bonne facture, pas forcément révolutionnaire ou original sur le fond mais avec quelques nouveautés sympathiques (dont des nouveaux personnages) et, surtout, il était très séduisant sur la forme. État de terreur poursuit la série avec une intrigue étalée dans deux volumes. Découverte et critique.

[Résumé de l’éditeur]
Gotham City est en passe d’instaurer la loi martiale ! Bien malgré lui, Batman a fait le jeu de l’Épouvantail qui, après un an de préparation, a déclenché une attaque coordonnée sur Gotham City en manipulant Simon Saint et Peacekeeper-01. Mais d’autres forces sont à l’œuvre avec l’émergence d’un Anti-Oracle qui diffuse des fake news sur tous les canaux et appelle les habitants de Gotham à céder à la terreur et à la violence dans les rues de la ville !

[Début de l’histoire]
Pas besoin de détailler davantage, le résumé de l’éditeur et la critique ci-dessous suffisent.

[Critique]
La composition du tome est assez particulière. Pour faciliter la lecture, abordons-la dans l’ordre chronologique choisi par l’éditeur. État de terreur (1ère partie) s’ouvre sur un prologue dédié à Miracle Molly, introduite dans le tome précédent de Batman Infinite. Ainsi, Batman Secret Files : Miracle Molly #1 (son titre VO) s’étale sur une quarantaine de pages et montre le passé de Molly, alias Mary Kowalski. James Tynion IV signe évidemment le scénario de sa énième création (et il est bien plus inspiré que pour les origines de Punchline, cf. Joker War – Tome 2). Les dessins et l’encrage sont assurés par Dani, la couleur par Lee Loughridge. La partie graphique est clairement le point fort de ce segment, proche d’une bande dessinée franco-belge indépendante, bien loin des productions mainstreams et leur classicisme stylisé et chromatique (qui peut bien sûr être soigné et réussi).

Côté histoire, on navigue entre présent et flash-back. On comprend mieux la personnalité de Molly – plutôt attachante – et la voie que propose le collectif Unsanity : perte de mémoire de son « ancien moi » pour renaître dans sa forme la plus pure et complète de soi, transhumanisme assumé, corps organique et éventuellement électronique… Et bien sûr un mouvement plutôt anarchiste fondé sur l’émancipation du diktat de la société actuelle. Il y a, forcément, une résonance assez forte avec notre ère moderne (le récit est plus ou moins féministe aussi). Il n’y a strictement aucune allusion à Batman ou même à Gotham, on reste complètement en marge de l’intrigue principale. Cela n’entache pas le récit, découvrir Mary/Molly est très plaisant et enrichit rétroactivement le volume précédent (dans lequel cet épisode aurait eu davantage sa place qu’ici puisque Molly apparaît peu dans ce second volume).

Place après à Batman Fear State Alpha #1, cette fois dessiné et encré par Riccardo Federici, colorisé par Chris Sotomayor – on en reparle plus loin – et toujours écrit par Tynion IV. On revient en arrière (à nouveau) pour voir la première rencontre entre Simon Saint et Jonathan Crane, alors enfermé à Arkham. Un court passage qui lève brièvement le voile sur le plan de l’Épouvantail, établi longuement en amont, désireux de retrouver le matériel du Chapelier Fou et d’être directement nommé et reconnu pour le futur état (Futur State, tout le monde l’a ?) de peur qu’il souhaite bâtir, en connexion avec le réseau et l’argent de Saint. Le titre reprend ensuite où s’était achevé le premier tome. On retrouve donc Batman prisonnier de Crane, Harley à la recherche d’Ivy avec Molly, le Peacekeeper en fuite, Montoya en conflit avec le maire Nakano (qui a instauré le programme « Magistrat », laissant trop d’autorité à une entreprise privée pourvue d’une milice dangereuse) et Barbara qui assiste impuissante à un message diffusé partout provenant de… l’Oracle ! S’il ne s’agit bien sûr pas de la justicière, le discours alarme la population : Batman y est déclaré mort et l’annonce stipule qu’il ne faut pas croire le « Magistrat » ni le gouvernement et qu’il faut se préparer à la guerre !

Clairement le chapitre qui contextualise efficacement les enjeux et la situation actuelle si on avait oublié le tome précédent et qui fait avancer la narration de façon pertinente : Poison Ivy est de retour, l’Anti-Oracle est prometteur, quelques têtes connues (ré)apparaissent (Orphan, Spoiler, Catwoman et un mystérieux potentiel justicier – qui devrait être, en toute logique, le Batman noir issu de Futur State (pas encore lu par l’auteur de ces lignes)). Graphiquement, le ton est plus « doux », presque feutré grâce à une colorisation proche de pastelles voire carrément de crayons de couleurs. De quoi connoter fortement avec le précédent épisode ! Mais, une fois encore, ce n’est pas déplaisant, juste non homogène.

Retour à l’équipe artistique habituelle de la série Batman pour le chapitre #112 : Jorge Jimenez au dessin et à l’encrage, Tomeu Morey à la couleur. Un segment dans la droite lignée du précédent, qui poursuit ce qui a été entamé, avec une mise en avant de Simon Saint et, surtout, le retour du Chevalier Noir (pas besoin de le détailler davantage). Les planches sont toujours aussi élégantes, propulsant Queen Ivy et l’Épouvantail au rang des ennemis sublimés graphiquement et qui marqueront durablement la mythologie de Batman. L’illustration de couverture de ce deuxième tome provient d’ailleurs d’ailleurs d’un dessin pleine planche et non d’une couverture classique ou variante (cf. dernière image de cette critique).

Un autre Batman Secret Files s’ajoute aux épisodes, sur Peacekeeper-01 cette fois, toujours écrit par James Tynion IV mais avec Ed Brisson en complément. Dessin et encrage de Joshua Hixson, couleur de Roman Stevens. Comme pour Molly, on navigue entre le passé de Sean, son héritage paternel lourd à assumer, ses échecs pour redorer le blason familial, son sauvetage « héroïque » lors de l’attaque d’Arkham, son retour en Peacekeeper… et le présent où il est simplement en fuite, reprenant donc son statu quo à la fin de l’opus précédent. L’ensemble se lit bien, développe un personnage secondaire de prime abord sympathique et montre encore une nouvelle forme graphique (à la fois avantage et défaut de l’entièreté du livre – on y reviendra).

À nouveau l’équipe habituelle pour la suite (Batman #113 – nommé par erreur #109 dans la BD) puis une incursion chez Nightwing (#84), scénarisé par Tom Taylor (très bon auteur prolifique : DCEASED, Injustice, Suicide Squad Rénégat et, bien sûr, Nightwing Infinite). Les dessins sont cette fois assurés par Robbi Rodriguez et la couleur par Adriano Lucas. Nightwing rejoint Gotham suite à un message crypté d’Oracle mais, forcément, comme ça ne provient pas de Barbara, il s’agit d’un piège…

Heureusement, le célèbre side-kick retrouve son mentor. Si ce chapitre apporte un peu de légèreté (merci Dick), il reste pour l’instant au stade d’une parenthèse héroïque inachevée et prendra sens dans le prochain tome (qui contiendra les deux épisodes suivants de la série Nightwing). À noter que l’histoire se déroule peu après Nightwing Infinite – Tome 1 (pas encore chroniqué). Enfin, on retrouve un ultime chapitre de Batman (#114) en guise de conclusion de l’ouvrage, toujours aussi élégant et soigné dans sa partie graphique. L’action est omniprésente, extrêmement bien découpée et fluide. Les angles de vues et partis pris visuels sont un régal, très immersifs et cinématographiques.

En synthèse, ces sept épisodes ont été rassemblés sous le titre État de Terreur (et les sous-titres prologue puis chapitres 1 et 2, puis interlude (sur Peacekeeper-01) et à nouveau chapitres 3 à 5). L’ensemble tient évidemment la route, en droite lignée du tome précédent. Seule ombre au tableau : le rythme décousu, peu aidé par son introduction et son interlude qui cassent une certaine dynamique de récit, sans oublier l’armée de dessinateurs – tous talentueux – qui annulent également une certaine cohérence graphique qu’on constatait jusqu’au tome précédent (incluant les Joker War).

Néanmoins, le récit reste palpitant, l’Épouvantail est exploité différemment avec une approche très politique (rappelant le projet d’Ozymandias dans Watchmen !), la présence de fake news et la bascule vers une sécurité accrue et des milices robotiques omniprésentes rappellent à la fois notre ère moderne tout en flirtant habilement avec un brin de science-fiction (donc d’anticipation). La figure de l’homme chauve-souris continue d’évoluer bon gré mal gré grâce à son allié de fortune, Ghost-Maker – sur lequel on a bien du mal à se positionner : comme déjà évoqué dans d’autres critiques (du tome 3 de Joker War notamment), il est apparu soudainement, était soit-disant ancré dans la mythologie de Batman depuis des années puis est devenu le bras droit quasiment indispensable au justicier, permettant d’avancer aisément voire trop facilement parfois…

Si Harley Quinn était présente dans le volume précédent, elle fait ici un peu de figuration, aux côtés de Poison Ivy – superbement croqué par Jimenez. Même Molly apparaît peu, excepté l’épisode d’ouverture qui lui est consacré. C’est Barbara Gordon qui occupe une place plus prononcée au rayon des protagonistes féminines. Il faut dire qu’entre Batman, Ghost-Maker, Nightwing, l’Épouvantail, le Peacekeeper-01 (et un nouveau), Simon Saint et d’autres hommes, difficile de naviguer de façon équilibré. Mais le titre tient ses promesses et pourra surtout être jugé une fois cet arc terminé. Rendez-vous donc le 17 juin prochain pour la suite et fin de cet État de Terreur avec les épisodes complémentaires : la suite de la série Batman bien sûr (#115 à #117), celle de Nightwing (#85-86) et les deux récits complets Batman – Fear State – Omega #1 (Alpha/Omega, forcément…) et un autre Batman Secret Files : The Gardener #1.

Ce second volume de Batman Infinite ne déçoit pas, ne révolutionne pas forcément les comics sur Batman mais arrive paradoxalement à offrir quelque chose d’assez singulier, toujours passionnant et jouit d’excellents dessins et styles graphiques différents. Si l’intrigue principale avance « un peu », il faudra obligatoirement lire la suite avant d’émettre un jugement définitif (MàJ : l’ensemble vaut le coup si on accorde autant voire plus d’importance à l’aspect visuel – au niveau de l’histoire, malgré certains segments assez intéressants et inédits, l’ensemble reste sur quelque chose d’assez convenu et un peu expéditif dans sa dernière ligne droite, cf. critique du tome 3). Gotham y est toujours aussi séduisante, différente – plus colorée mais tout aussi anxiogène – à mi-chemin entre le rétro-futuriste et le steampunk. Une vision atypique qui apporte une satisfaction par rapport à l’urbanisme habituelle de la mégalopole.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 25 mars 2022.

Contient Batman Secret Files – Miracle Molly #1, Batman – Fear State – Alpha #1, Batman #112, Batman Secret Files – Peacekeeper-01 #1, Batman #113, Nightwing #84, Batman #114

Scénario : James Tynion IV + collectif (cf. critique)
Dessin & Encrage : Jorge Jimenez + collectif (cf. critique)
Couleurs : Tomeu Morey + collectif (cf. critique)

Traduction & Introduction : Jérôme Wicky & Thomas Davier
Lettrage : Makma

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