Archives de catégorie : Batman

La Revanche de Bane

[Cette critique date d’il y a 10 ans, elle sera dépoussiérée à l’occasion… 😉 ]

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[Histoire]
Fils d’opposants politiques, Bane est condamné à la peine de prison à perpuité à cause de ses parents dès sa naissance, sur l’île de Santa Prisca. Il y grandit dans une cellule avec sa mère et son ours en peluche. Le milieu carcéral le rendra violent et intelligent, grâce à des années d’entraînements physiques intenses et de lecture diverse. Il se cherche un but qu’il trouvera lorsqu’il entendra parler d’un certain Batman, justicier masqué de Gotham City. Son objectif sera dès lors de le détruire mais pour cela il doit s’échapper de son île/prison. Cobaye d’une expérience scientifique, Bane reçoit un poison nommé Venin, qui va décupler sa force… 

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Ces origines de Bane sont le « vrai » prologue de l’immense histoire Knightfall. Première apparition d’un futur personnage culte, comme le prouvera sa 34e place sur les 100 méchants les plus charismatiques tout comics confondus —le Joker étant 2e, et Ra’s Al Ghul 7e— et qui donnera du fil à retordre au Dark Knight. Dixon donne naissance à un ennemi qui peut rivaliser à la fois sur le plan intellectuel et physique. Il découvrira d’aileurs la vraie identité de Batman et détectera immédiatement si c’est Bruce Wayne dans le costume ou une autre personne. Il préfère observer, analyser et anticiper avant de lancer un plan d’attaque contre l’homme chauve-souris.

C’est tout cela qu’on comprend dans La Revanche de Bane, comment l’homme devient puissant, qui sont ses équipiers (qu’on revoit dès le début de Knightfall), pourquoi il veut s’en prendre à Batman, etc. Alors certes pour cette dernière question la réponse n’est pas très intéressante, et même l’ensemble peut s’avérer finalement « basique » et pas forcément « original » mais peu importe quand on sait tout ce que cela va engendrer. Dixon tisse son histoire lentement mais sûrement, épaulé par Nolan (un nom prédestiné décidément !) au dessin.

Le récit date de 1993 et on sent effectivement ce petit côté « old-school » mais dont la colorisation rend l’ensemble très très bon. On est très loin du kitch des décennies précédentes et peu avant l’arrivée de la colorisation numérique qui rend certaines œuvres si « lisse », c’est l’idéal. Il faut donc lire La Revanche de Bane, juste avant Knigthfall si possible, le plaisir n’en est que plus intense.

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Ce volume se compose en deux histoires bien distinctes, ainsi qu’une double page récapitulative entre les deux, chacune est scénarisée par Chuck Dixon et dessinée par Graham Nolan (Scott Beatty pour la double page).

– La Revanche de Bane (qui se situe avant Knightfall et Legacy)
– Les Origines de Bane (lecture en ligne)
– Le Fléau du Démon (qui se déroule après Knightfall)

[À Propos]
Publiée en France chez Urban Comics, dans le recueil éponyme sorti le 06/07/2012 (comprenant aussi Le Fléau du Démon).
Titre original : Vengeance of Bane
Scénario : Chuck Dixon
Dessin : Graham Nolan / Couverture de Glenn Fabry
Couleurs : Adrienne Roy
Encrage : Eduardo Barreto
Lettrage : Studio Makma
Traduction : Nick Meylaender
Première publication originale dans Vengeance of Bane #01 en janvier 1993.

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Arkham City

arkham city Le recueil Batman • Arkham City vient de sortir chez Urban Comics en édition limitée avec le jeu vidéo éponyme sur PC pour 20€. Il se compose de deux histoires distinctes : Arkham City, se situant pile entre les deux jeux vidéo Arkham Asylum et Arkham City et Arkham City Digital Comics : cinq chapitres centrés sur un personnage se déroulant toujours entre les deux jeux vidéo, c’est à la base une série qui était disponible uniquement sur Internet. Inutile donc de continuer la lecture si vous souhaitez d’abord découvrir l’univers des jeux vidéo et vous priver « volontairement » de ces histoires.

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[Histoire]
Arkham City s’ouvre sur la fin du jeu Arkham Asylum : Le Joker, gonflé au poison Titan est vaincu par Batman. Peu de temps après, le maire de Gotham City Quincy Sharp, ancien directeur de l’asile, annonce la création d’une prison gigantesque dans la ville : Arkham City. Un lieu dans lequel les meurtriers et les fous sont « libres » de faire ce qu’ils veulent, du moment qu’ils ne s’échappent pas. Très vite Batman comprend que quelqu’un se cache derrière le plan de Quincy Sharp, (on sait dès le début qu’il sagit du Dr. Hugo Strange) une personne qui tire les ficelles mais dans quel but exactement ?

Simultanément, Harley Quinn planifie l’évasion du Joker, et petit à petit, chaque ennemi de l’homme chauve-souris se trouve dans le nouveau terrain de jeu du maire et souhaite y prendre le pouvoir…

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Arkham City Digital Comics
[Scénario : Paul Dini & Derek Fridolds / Dessin : voir ci-dessous / Couleur : Gabe Eltaeb]

1 • Hugo Strange
Le recrutement de Vince Garett par Hugo Strange : un entretien qui tourne vite au lavage de cerveau afin d’avoir un nouveau soldat « Tyger » dans les rangs de l’armée du docteur.
La réplique-qui-tue : « Batman incarne l’anarchie, la rébellion, le chaos au sein de l’ordre. »
[Dessin : Dustin N’Guyen & Derek Fridolfs]

2 • Départ Précipité
Jennay Duffy, alias Le Charpentier, fuit les troupes de soldats « Tyger ». Ces derniers sont chargés d’emmener à Arkham City tous les délinquants, même les plus « petits » qui n’ont pas grand chose sur leur casier judiciaire. La jolie rousse tente de fuir…
La réplique-qui-tue : « Fallait pas me faire scier ! »
[Dessin : Ben Herrera]

3 • Énigmes et Nigma
On découvre comment le Riddler s’est évadé de sa cellule et s’est installé dans son QG qui lui permet de voir ce qu’il se passe au sein d’Arkham City.
La réplique-qui-tue : « Que dit l’oignon à l’échalote au moment de partir ? Faut que j’y aille ! »
[Dessin : Ted Naifeh]

4 • L’Ange Gardien
Red Robin se rend à Arkham City, il affronte notamment Harley Quinn.
La réplique-qui-tue : « Fais de beaux rêves, Dr. Quinn, femme médecin ! »
[Dessin : Roger Robinson]

5 • La Chute du Titan
Bane affronte un de ses pairs, l’un prend le poison Venin, l’autre le Titan…
La réplique-qui-tue : « Demonio ! »
[Dessin : Adam Archer]

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[Critique]
Commençons par répondre à une question que se posent sans doute quelques lecteurs hésitant : oui cette bande dessinée peut se lire sans avoir jouer aux deux jeux vidéo, mais évidemment il y aura une petite « frustration » de ne pas connaître la suite, heureusement le jeu est fourni avec ! 1

L’histoire principale est vraiment sublime d’un point de vue graphique, le travail de Carlos d’Anda —qui a œuvré sur le jeu également— est excellent et très original : le trait est plutôt épais pour les personnages et objets aux premiers plans, comme dans les story-board de films, tout en était très détaillé. La colorisation de Gabe Eltaeb renforce le style visuel de l’ensemble, c’est du très haut niveau. En revanche, la qualité des cinq chapitres en fin d’ouvrage n’est pas exceptionnel : les six dessinateurs ont un style assez similaire, sauf Rubinson, et l’ensemble rend quelconque, un peu trop numérisé, sans « saveur ». Mention spéciale au Batman de Ben Herrera (Départ Précipité) qui est assez immonde (jugez par vous-même) !

L’histoire, scénarisé par Paul Dini —également concepteur des trames narratives des jeux— permet d’avoir des éclaircissements sur les événements survenus peu avant le début du jeu éponyme. On retrouve les gadgets utilisés, notamment le gel explosif, et le côté détective, de très bonnes choses donc. Même si on n’y a pas joué, le comic se lit comme un one-shot de toute façon, une chose est sûre : ça donne envie ! Les cinq chapitres en marge de l’histoire se lisent facilement et apportent d’autres clés de compréhension, bref le tout est un excellent complément du jeu.

L’ouvrage s’avère indispensable pour tous les fans du diptyque Arkham Asylum/City et peut-être moins « prioritaire » pour les autres… Mais si vous avez un ordinateur Windows qui a les configurations pour faire tourner le jeu et que vous ne possédez pas encore celui-ci : foncez les yeux fermés !

L’édition d’Urban Comics est comme toujours très belle avec en prime quelques bonus à la fin : une galerie de concepts pour le jeu vidéo par Carlos d’Anda et Brandon Badeaux. On aurait aimé avoir le comic d’une vingtaine de pages The Road to Arkham (inédit en VF), qui se situe avant le jeu Arkham Asylum, avec déjà Anda aux dessins, mais ce sera peut-être pour plus tard !

MàJ : Il manque également deux chapitres aux Arkham City Digital Comics (le #6 et le #7), ils seront peut-être publiés dans un prochain ouvrage qui pourrait comprendra également Arkham City : End Game, six chapitres se situant entre la fin du jeu et le DLC Harley Quinn’s Revenge. Ce serait une bonne idée en guise de « suite ».
À moins que l’éditeur propose carrément la série Arkham Unhinged, toujours située dans le même univers du jeu vidéo. À suivre donc…
[Merci à Élise pour les infos !]

1 La clé d’activation pour jouer n’a pas été imprimée, il s’agit de XXXXX-XXXXX-XXXXX-XXXXX-XXXXX [cf. l’article d’Urban Comics].

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[À propos]
Publiée en France chez Urban Comics en septembre 2012 en tirage limité à 20€ comprenant deux disques du jeu éponyme fonctionnant sous Windows.

Titre original : Batman : Arkham City #1-5 • Arkham City Digital Chapters #1-5 (online).
Scénario : Paul Dini
Dessin : Carlos d’Anda
[Voir détails ci-dessus pour les cinq autres chapitres]
Couleurs : Gabe Eltaeb
Lettrage : Christophe Semal et Laurence Hingray
Traduction : Xavier Hanart
Première publication originale de juin à octobre 2011.
Acheter sur Amazon : Batman – Arkham City [Tirage Limitée + Jeu Vidéo PC – Édition simple]

Le jeu vidéo (qui vient de sortir en version « Jeu de l’Année » avec de nombreux bonus) :
PS3 : Batman Arkham City PS3 [Édition jeu de l’année] • Batman Arkham City PS3 [Édition simple]
Xbox 360 : Batman Arkham City Xbox 360 [Édition jeu de l’année] • Batman Arkham City Xbox 360 [Édition simple]
PC : Batman Arkham City PC [Édition jeu de l’année] • Batman Arkham City PC [Édition simple]
Le guide du jeu : Guide Batman Arkham City

jokerqueenUne des magnifiques cover d’Anda !

Detective Comics #01 à #07 (publiés dans Batman Saga)

À l’époque de la publication de Batman Saga (dès 2012) une brève critique avait été publiée sur les six premiers chapitres de la série Detective Comics. Cette dernière est désormais terminée (après 52 épisodes) et a fait l’objet d’un référencement plus clair.

Cet article s’actualise donc sur ce site (à l’époque les critiques n’étaient pas aussi détaillées que ces dernières années) pour être en phase avec la composition du premier tome (pas disponible en France en librairie), correspondant aux sept premiers chapitres de la série et tous publiés dans les sept premiers numéros de Batman Saga (en kiosque donc). Aux États-Unis, le titre de ce volume est Faces of Death, c’est à dire « les visages de la mort ».

[Histoire]
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poursuit le Joker et arrive enfin à l’arrêter. Placé à l’asile d’Arkham, ce dernier ne tarde pas à s’évader en laissant… son propre visage en peau sur le mur (cf. image en fin d’article) ! Le Taxidermiste (« The Dollmaker » en VO) a en effet découpé le contour du visage du Clown du Crime pour le lui ôter (à la demande de celui-ci). Ce nouvel ennemi est un spécialiste de la défiguration.

Le Joker est donc méconnaissable (même si, paradoxalement, on devrait davantage le reconnaître vu les « restes » de son visage…). Quant au taxidermiste, il a kidnappé une petite fille puis il a capturé Gordon pour le mutiler. Il vend ensuite aux enchères ses « œuvres » et il semble que Le Pingouin s’y intéresse de près…

Dans le civil, Bruce Wayne gère son empire tant bien que mal, entre investissements notables et re ndez-vous professionnels. Il entretient une relation ambigüe avec Charlotte Rivers, une journaliste qui enquête sur un trafic d’armes. Celle-ci a une sœur, Jill, alliée à un nouvel ennemi, Peau-de-Serpent, capable de changer de visage. Tous convergent vers le nouveau QG du Pingouin : le Casino de l’Iceberg. Dans ce lieu de jeux d’argent, le bandit manchot s’est entouré de plusieurs méta-humains pour qui il garde leur argent : l’homme-gaz, Hypnotiste, M. Combustible…

[Critique]
Les quatre premiers chapitres sont tournés vers le Joker dans un premier temps (très rapidement absent) et, surtout, le Taxidermiste dans un second temps. Un ennemi novateur et plutôt intéressant, même s’il semble peu exploité pour l’instant. Son côté « fou » tranche avec le côté « diplomate/vendeur » sur lequel il s’engage et son entourage (sa fameuse famille) est un peu trop cliché mais ça passe quand même. Si ces nouveaux antagonistes ne reviennent pas par la suite alors il n’y aura eu aucun intérêt à les introduire ici. En revanche, on reste dubitatif sur le plan du Joker. Se faire enlever le visage, pourquoi pas, mais il faut se le faire remplacer par un autre, ce qui n’est pas mentionné ici. Là aussi, on reste un peu sur notre faim sans savoir si tout ceci sera exploité à l’avenir (à priori « non » selon les autres séries sur Batman mais l’article sera réactualisé une fois Detective Comics terminé).

Néanmoins il y a de bonnes choses dans le récit : le rythme est parfait, aucun temps mort, la face plutôt sombre et brutale de Batman est relativement plaisante à lire. Son alter-ego n’est, pour une fois, pas trop mis de côté (au contraire). L’ambiance de l’ensemble, assez sale et poisseuse, rappelle quelques aventures orientées polar (Année Un, Un Homme à Terre…). Le tout est servi par Tony S. Daniel (aussi bien au scénario qu’aux dessins). Un vrai régal, son style est précis, détaillé, élégant, il signe de belles compositions malgré quelques faiblesses de colorisations (de visages notamment) de temps en temps mais assez rare pour vraiment le souligner. Entre les courses-poursuite et les scènes d’action, pas grand chose à redire du point de vue graphique.

Les trois derniers chapitres mettent en avant le Pingouin et son nouveau casino avec plusieurs protagonistes, plus ou moins importants, qui exécutent diverses missions dans ce lieu. De bonnes surprises et quelques étrangetés, notamment dans une petite galerie de méta-humains peu connus. Une étrange parenthèse consacrée à Catwoman et Hugo Strange est incluse, croquée par Szymon Kudranski, dont le style très épuré et glauque tranche radicalement avec celui de Tony S. Daniel. On suppose qu’elle aura son importance pour la suite.

Enfin, une brève connexion avec la série I, Vampire, totalement inédite en France (3 tomes la composent) est évoquée sans que cela gêne la compréhension. En synthèse, ce premier tome est particulièrement efficace, il lance plein de pistes diverses, de tous côtés (ennemis et alliés), présente de nouveaux personnages (antagonistes ou entourage proche de Bruce Wayne), de nouveaux lieux, de nouveaux enjeux (le Joker sans visage), bref il n’y a pas grand chose à redire si ce n’est espérer que la suite tienne la route. On notera également un petit aspect « politique » bienvenu et quelques cases un peu trop sexistes (deux figures féminines, toutes les deux jolies, en tenue hyper sexy avec lingerie, etc.).

La suite est à découvrir dans les chapitres publiés dans Batman Saga à l’époque mais non réédités en librairie ensuite. cf ce sommaire. Critique bien sur le site.

[À propos]
Publié en France dans Batman Saga #01 à #07 chez Urban Comics de mai 2012 à novembre 2012.
Scénario : Tony Daniel
Dessin : Tony Daniel / Szymon Kudranski (ch. 5-b)
Couleur : Tomeu Morey / Szymon Kudranski (ch. 5-b)
Encrage : Ryan Winn (ch.1 à 3) / Sandu Florea (ch. 2 à 5-a) / Rob Hunter (ch. 5-a)
Lettrage : Laurence Hingray & Christophe Semal
Traduction : Thomas Davier

Titres des chapitres :
01 – Le Taxidermiste (Detective Comics)
02 – La Fête est finie (Playtime’s Over)
03 – Sang Froid (Cold Blood)
04 – Le Phénomène (The Main Event)
05 – La Roue de l’Infortune + Roulette Russe (Wheel of Misfortune + Russian Roulette)
06 – Un Jeu Mortel (Kill Game)
07 – Le Serpent et le Faucon (The Snake and the Hawk)

Première publication originale dans Detective Comics #01 à #07 (septembre 2011 à mars 2012) et compilé dans Detective Comics #1 : Faces of Death en juin 2012.

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• Detective Comics – Vol. 1 : Faces of Death (en anglais)