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The Batman’s Grave

[Résumé de l’éditeur]
Quand Batman découvre le lien caché entre l’assassinat d’un ancien inspecteur de la criminelle et celui d’un avocat véreux, c’est le début pour lui d’une traque sans relâche qui le mène vers un nouvel ennemi : Scorn. Ce dernier monte une armée de tueurs implacable à même de vaincre le Chevalier Noir, qui se trouve de son côté de plus en plus isolé. Bruce Wayne a peut-être enfin atteint sa limite.

[Histoire]
Dans un futur proche, Alfred nettoie religieusement les tombes de Thomas et Martha Wayne mais aussi celle de… Bruce Wayne.

Dans le présent, Batman découvre dans un appartement un cadavre fortement décomposé. La victime semblait être obsédée par le Chevalier Noir : le mur est tapissé de coupures de presse sur les exploits du justicier de ces cinq derniers années.

Batman retrouve sans trop de difficulté l’assassin, inconnu au bataillon, puis le livre à Gordon.

Pendant ce temps, au Manoir Wayne, Alfred a de plus en plus de mal à supporter la croisade et les convictions de son maître. Le majordome noie son spleen dans l’alcool régulièrement, sans que cela inquiète Bruce davantage.

Un second meurtre donne du fil à retordre à Batman, qui peine à comprendre les connexions entre les affaires et qui se cache derrière.

Vous vouliez installer des ordinateurs qui observent et écoutent les gens chez eux.
[…]
Évidemment.

[Critique]
Un peu plus de 300 pages, douze chapitres, un excellent rythme (le récit s’étale sur quelques jours à peine), de beaux dessins… voilà une lecture plutôt plaisante, parfois originale (on y reviendra), parfois convenue (idem). Au global, The Batman’s Grave est une aventure solitaire du justicier de bonne facture mais rien de révolutionnaire ici. Derrière le faussement prestigieux Black Label et le nom de Warren Ellis (cf. double paragraphe sur l’auteur en fin d’article), se cachent un titre un peu plus irrévérencieux que d’habitude par son sarcasme (Alfred un poil en roue libre) et ses planches (un brin sanglantes mais rarement choquantes) mais hélas sans grande envergure non plus. Explications.

Le plus gros point faible de l’histoire est son antagoniste ; ou plutôt les ennemis au sens large. Sans en dévoiler trop, le « méchant » (Scorn, manquant cruellement de charisme) et ses sbires sont une création pour le comic-book. Par conséquent, le pari est très risqué : introduire un nouveau personnage au sein de la prestigieuse galerie de vilains dans l’univers de Batman est toujours délicat et ce(s) protagoniste(s) résiste(nt) rarement au temps, à défaut de survivre à la fameuse « postérité ». On pense par exemple à Silence (Hush), brillamment introduit et exploité dans la bande dessinée culte du même titre mais qui, des années après, n’arrive plus à revenir avec les honneurs – Scorn n’est d’ailleurs pas sans rappeler Tommy Elliot par certains aspects.

Plus récemment (en France), on a pu redécouvrir le Faucheur, là aussi dans un titre plutôt bon (Année Deux) mais qui peine à s’inscrire dans la mythologie du Chevalier Noir, aussi bien dans d’autres comics que des supports différents. Bref, c’est aussi le cas pour Scorn, rapidement oublié, énième adversaire plus ou moins « miroir » de Batman, auquel s’ajoutent ses soldats, proches du look de Zsasz. On aurait pu remplacer tout ce monde par Double-Face, Bane et Jonathan Crane, tous trois correspondants à des ennemis croisés ici. C’est ce qui aurait pu permettre à The Batman’s Grave de s’ancrer davantage dans le monde du Chevalier Noir et, peut-être, devenir incontournable – s’il avait été couplé à une meilleure écriture de son antagoniste bien sûr.

Il y a pourtant de belles choses qui peuplent la narration et offrent des moments appréciables et de temps en temps singuliers. On pense en premier lieu à la relation très forte entre Alfred et Bruce. Tour à tour complices ou en profonds désaccords, les deux hommes servent le meilleur de The Batman’s Grave. On suit leurs échanges dans le quotidien à de nombreuses reprises avec une redoutable efficacité. A l’exception de Gordon, le célèbre majordome est d’ailleurs le seul allié de Bruce/Batman tout au long de la fiction (pas de Bat-Family ici donc, retour « à l’ancienne » avec le moins de personnages, ennemis ou alliés, familiers au possible).

On découvre un Alfred plus sarcastique que d’habitude. « Qu’est-ce que vous faîtes ici, d’ailleurs ? Vous travaillez toute la journée dans le manoir et vous passez vos nuits dans la cave. Comment est-ce possible ? » s’interroge Bruce. « En règle générale, je tiens le coup en me bourrant d’excellente cocaïne, monsieur. » répond son majordome avec son légendaire flegme britannique. Plus loin, quand son maître lui demande ce qu’il fait [quand Bruce Wayne n’est pas là], Alfred sourit et rétorque « vous n’avez jamais entendu parler du motard nu de Gotham ? ». Entre deux excursions nocturnes, Alfred propose aussi la série « Batman : The Office » puisque la majorité de ses enquêtes se déroulent, in fine, « devant des écrans comme des employés en open-space ». Outre ses petites répliques, l’homme de main n’hésite pas à utiliser la violence et adopter un comportement aussi radical et étonnant que celui de Batman de temps à autre.

Les fans de jeux vidéo apprécieront probablement l’aspect « enquête » mettant Batman à la place de la victime, recréant le décor virtuel de la scène de meurtre autour de lui, un peu comme dans Arkham Origins notamment (même si cela génère un côté confus de temps à autre). Comme évoqué, James Gordon est le second et unique allié du justicier tout le long de l’aventure. En résulte, là aussi, de beaux moments : quelques échanges bien imagés et une incroyable séquence de survie à l’asile d’Arkham. Les scènes d’action sont particulièrement bien découpées, très dynamiques, lisibles et fluides.

Le dessinateur Bryan Hitch prend son temps, gourmand en utilisation de cases ou pleine page pour croquer ses combats et sauvetages, dans un mutisme certain bienvenu et nécessaire. C’est là l’autre point fort du livre : les traits de Hitch (Justice League – Ascension, Justice League Rebirth…) servent à merveille les plans iconiques de la ville (principalement nocturnes) et, comme déjà dit, les affrontements. Bien aidé par la colorisation du fidèle Alex Sinclair, le dessinateur confère une fragilité physique très plausible à son héros, couplé à son évolution et son écriture de Warren Ellis – en très petite forme au demeurant, on ne reconnaît pas des masses « sa patte » et on était légitimement en droit d’attendre une narration plus qualitative. C’est du Ellis assez paresseux mais ça se lit bien et vite.

Alors, pétard mouillé ou non ? Difficile de trancher… si les dessins vous séduisent et sans être trop exigeant (le fameux prisme du divertissement honorable « sympa sans plus »), alors The Batman’s Grave devrait vous ravir. Si vous attendez un titre plus novateur dans sa forme ou son fond, surtout pour du Black Label, aucun doute que vous serez déçu… Complètement dispensable donc ; à découvrir principalement pour les planches de Hitch et à acheter en connaissance de cause des affaires sur Ellis (voir paragraphe ci-après l’image).

La fameuse tombe (Grave en VO) ouvre et ferme le livre de façon abrupte, sans forcément être mise davantage en avant. Un petit côté étrange donc (mensonger ?), de même que la couverture choisie par Urban Comics, certes assez élégante, mystérieuse et alléchante mais qui n’est pas très représentative de la BD et différente de celle du chapitre qui la propose à la base (contenant un gantelet de Batman autour d’une flaque de sang). Comme souvent chez Urban, des couvertures alternatives concluent le livre (avec deux biographies).

Ces trente dernières années, Warren Ellis a écrit divers épisodes de super-héros, aussi bien chez DC Comics/Vertigo (Batman, Justice League, Hellblazer/John Constantine…) que chez Marvel (Iron Man, Daredevil, Thor, X-Men, Ultimates…) mais ses travaux les plus marquants sont chez Wildstorm avec ses excellentes séries The Authority / Stormwatch (déjà avec Bryan Hytch) et Planetary par exemple. On lui doit également le chouette triptyque Black Summer, No Hero, Supergod (disponible en un seul volume en France). Son chef-d’œuvre est sans conteste Transmetropolitan (publié de 1997 à 2002 et toujours aussi puissant de nos jours) où l’auteur ne s’est fixé aucune limite dans sa critique de la société, son style d’écriture trash et ses scènes explicites. Pour les curieux, une partie de sa bibliographie (en anglais) est disponible ici. On note aussi son écriture sur des séries d’animations japonaises adaptant Marvel (!) : Iron Man, X-Men, Blade et Wolverine (disponibles en coffret DVD chez nous, on conseille surtout celle des X-Men, résultat hybride assez captivant entre les comics et les mangas).

Warren Ellis est plus discret depuis 2020 car il a été accusé par plusieurs dizaines de femmes d’avoir un comportement « toxique » et d’abuser de son influence pour coucher avec des personnes plus jeunes que lui (mais toujours majeures – rien de répréhensible aux yeux de la loi stricto sensu mais moralement très limite). Ces accusations n’ont pas entaché la fin de son travail sur The Batman’s Grave au moment de sa publication (elles sont survenues en juin 2020, peu avant la mise en vente du huitième chapitre, sur les douze prévus). L’histoire a été bien récapitulée sur comicsblog.fr avec les faits puis la réponse de l’intéressé (à chacun en son âme et conscience donc d’acheter, lire ou soutenir Warren Ellis désormais). C’est probablement à cause de cela qu’Urban Comics a peu communiqué sur la sortie de la bande dessinée, favorisant un certain mutisme plutôt qu’une publicité mi-prestigieuse (« L’auteur de Transmetropolitan sur du Batman ! ») mi-polémique, forcément.

[A propos]
Publié en France le 7 mai 2021 cher Urban Comics

Scénario : Warren Ellis
Dessin, encrage et couvertures : Bryan Hitch
Couleur : Alex Sinclair

Traduction : Laurent Queyssi
Lettrage : Moscow Eye

Acheter sur amazon.fr : The Batman’s Grave (29€)

Justice League (JLA) – Ascension

Au début des années 2000 l’éditeur Soleil a publié quelques récits de la licence DC Comics (et de Wildstorm, entre autres). De novembre 2000 à novembre 2001, trois tomes individuels de la Justice League ont ainsi vu le jour. Intitulé JLA (pour Justice League of America), chaque volume pouvait se lire indépendamment de tout le reste : Terre-2, Ascension et Seule contre tous. Le premier, Terre-2, est ressorti chez Urban Comics sous le titre L’Autre Terre. Le second est chroniqué dans cet article (couverture ci-dessous à gauche) et le dernier le sera à l’occasion, car c’est clairement un récit orienté sur Wonder Woman et un chouilla Batman.

Mise à jour (novembre 2017) : Urban Comics a publié Ascension en kiosque dans le deuxième hors-série « récit complet » du magazine Justice League, sorti le 10 novembre 2017 (couverture ci-dessous à droite). L’intégralité de l’histoire y est proposée et deux chapitres, également scénarisés par Bryan Hitch, la complète. Il s’agit de la huitième et neuvième partie (la conclusion) de La Puissance et la Gloire, correspondant aux chapitres #9 et #10 de la série Justice League of America, débutée dans le deuxième numéro du magazine Justice League Univers (avril 2016) et dont le précédent chapitre (le #8) avait été publié dans le dixième numéro en novembre 2016. Il aura donc fallu un an pour connaître la suite et fin de ce arc. La mini-critique de ces deux chapitres est à découvrir tout en bas de cet article.

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[Histoire]
La Ligue de Justice d’Amérique est composée de Superman, Batman, Wonder Woman, J’onn J’onnz (le Limier Martien), Aquaman, Flash (Wally West, neveu de Barry Allen), Green Lantern (Kyle Rayner, quatrième incarnation terrienne à porter l’anneau ), Atom (le scientifique de la taille d’un atome), Steel (un justicier, John Henry, portant une armure remplie de technologie et maniant un terrible marteau, c’est « un peu » l’équivalent du Cyborg actuel) et Plastic Man (un individu, Eel O’brian, au corps élastique pouvant prendre toute forme et doté d’un fort sens de l’humour *).

Batman est à Gotham City pour enquêter sur un meurtre dont le coupable est tout désigné comme étant le Pingouin. Les autres super-héros, dans la Tour de Guet sur la lune, assistent à une scène sans précédent : un gigantesque « vaisseau spatial » (au premier abord) vole, ou plutôt kidnappe, littéralement la Terre en perforant son axe de rotation avec une immense « pique » ! Pire encore, il semblerait que cet engin s’approprie toutes les planètes alentours.

La Ligue découvre qu’il s’agit là de l’œuvre de la toute première création universelle, celle qui existait avant les atomes. Une race extra-terrestre pour qui un humain est l’équivalent d’une bactérie. Celle-ci n’avait jamais eu conscience de « la mort » et a envoyé des agents dormants sur chaque planète existante pour appréhender l’idée de la fin. Le but était de comprendre, par exemple, la création des religions, de la foi ou la spiritualité.

Les super-héros se dispersent pour rassurer la population Terrienne, affronter ce nouvel ennemi et les autres « habitants » des planètes et sauver l’ensemble de celles-ci d’une annihilation. Le Chevalier Noir reste sur la Terre et prend la tête des Titans et de la Young Justice pour coordonner toutes les équipes.

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* Il n’est pas sans rappeler Luffy, du manga One Piece.

[Critique]
Ascension est sans aucun doute un récit à la fois très simpliste (dans son traitement) et très complexe (dans son analyse et ses détails). Beaucoup de dialogues nécessitent une seconde lecture. De nombreuses références à la physique quantique, mais également à une certaine approche de la spiritualité, parsèment l’ouvrage. Les interlocuteurs différents sont évidemment les membres de la Justice League, sans qu’aucun ne soit mis de côté ou davantage mis en avant. L’équilibre est très bien conservé.

 — Pour la première fois, ces êtres anciens ont été brutalement confrontés à leur mortalité et à leur inévitable non-existence… Leur race est pétrifiée par la peur de l’inconnu.
— Oui… Et dans une telle situation, le réconfort n’est pas facile à trouver. Ont-ils une spiritualité vers laquelle se tourner ? Certains doivent bien croire en la vie Après la mort… ?
— Voilà où se trouve leur originalité Flash. C’est le but des machines… De tout cela. S’ils veulent accéder au paradis… ils devront d’abord le bâtir.

Mark Waid, qui avait déjà signé l’excellent Kingdom Come (et d’autres récits sur la Justice League, dont leur Year One), continue de s’interroger, élégamment, sur les mythes des super-héros. Cette fable cosmique et métaphysique est passionnante, et son faible nombre de pages (soixante-douze) n’est absolument pas un défaut. Chaque lecteur peut interpréter à sa manière la volonté des aliens. Leur but est-il de se construite un paradis ? De prendre exemple sur toutes les planètes pour concevoir le meilleur chemin de « l’après-vie » possible ? Ou seulement de découvrir le plus usité pour le suivre aussi ? Cette quête existentielle, au lieu d’entraîner un affrontement manichéen prévisible, prend un tournant empathique quand la Justice League décide non plus d’affronter, mais d’aider cet étrange « ennemi ».

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L’ensemble aurait mérité des cheminements philosophiques un chouilla plus poussés. Même si Mark Waid ne survole pas son sujet, il aurait pu aller encore plus loin, quitte à dérouter davantage ses lecteurs. Ascension n’est pas non plus sans rappeler Matrix, dont le premier film était sorti à peine deux ans plus tôt. Une certaine idée de la création des machines, à l’origine de notre monde, se nourrissant d’humains, etc.

« Écoutez-moi ! Il n’y a aucune honte à être reliés à nous ! Il s’agit peut-être de votre seule chance ! Nous pensions que l’obstacle à votre transcendance était votre manque de foi… et nous avions tort ! Ce n’est pas ça du tout ! Vous niez la réalité ! Vous êtes plus proches des autres formes de vie que vous ne voulez l’admettre. Mais c’est cette fierté, cet isolationnisme… qui vous a fait perdre tout sens de la spiritualité ! La distance que vous créez entre vous et nous est la même qui vous séparer du divin ! Quand vous êtes isolés… vous êtes seuls ! […] Ne nous niez pas l’honneur de sauver les âmes les plus anciennes de l’univers. Œuvrez avec nous. »

Bryan Hitch (The Authority et plus récemment America’s Got Powers) dessine intégralement l’ouvrage. Son style, fin et précis, est magnifié lors des pleines pages de séquences spatiales. L’infiniment grand et petit sont très justement mis en scène grâce à ses planches, c’est un régal. La colorisation de Laura Depuy propose des jeux d’ombres de toute beauté et, surtout, des ambiances chaudes ou glaciales grâce au rendu parfois quasi-monochrone, ou en tout cas dans la même palette de couleur. Toute la partie graphique est un sans-faute. Seuls les (nombreux) sourires des membres de la Justice League laissent parfois pantois, un côté « boy scout » et trop « gentille équipe ». Cet aspect enlève toute proportion dramatique possible, alors qu’on est à deux doigts de la fin du monde. Heureusement, les scènes épiques ne manquent pas pour autant. D’autant plus que le format de l’éditeur de l’époque, Soleil, est plus proche du franco-belge, donc agrandi.

Une bande dessinée qui mériterait une nouvelle publication chez Urban Comics, avec pourquoi pas des commentaires de scientifiques et de philosophes en guise de compléments. Le titre pourrait d’ailleurs être plus « poétique ». Heaven’s Ladder en version originale, donnerait quelque chose comme « L’échelle du Paradis », ou « L’Ascension vers un Paradis » ? C’est en tout cas un des coups de cœur du site, conseillé pour les fins connaisseurs ou les nouveaux lecteurs. On trouve Ascension assez facilement en occasion sur Internet ou dans des enseignes à un prix plus que correct (entre cinq et quinze euros en général).

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Mise à jour (novembre 2017) : Dans la nouvelle réédition d’Urban, les chapitres #9 et #10 de la série Justice League of America, publiés aux États-Unis fin 2016/début 2017, complètent le magazine. Le chapitre #9 a été écrit et dessiné par Bryan Hitch (Alex Sinclair à la colorisation), le #10 a son intrigue créé par Bryan Hitch également, les dialogues sont signés Tony Bedard et les dessins sont de Tom Derenick (Jeremiah Skipper aux couleurs). Ces deux chapitres sont la fin de l’arc La Puissance et la Gloire (très précisément il s’agit de la huitième partie et de la conclusion). Les précédents ont été publiés dans le magazine Justice League Univers, du numéro 2 au 10 (soit d’avril à novembre 2016). Un an plus tard, la « suite et fin » est donc enfin disponible (principalement à cause du retard de Hitch dans la livraison de ses planches).

[Histoire]
Rappel (via la note éditoriale d’Urban) : les membres de la Justice League luttent contre les fidèles de Rao (un ennemi kryptonien quasi divin) après avoir compris que ce dernier se servait de l’énergie vitale des populations afin de conserver sa longévité. Tandis que certains membres sont perdus dans le temps, Superman semble ne pas avoir survécu à sa dernière confrontation avec ce dieu solaire…

Dans le passé lointain, Green Lantern, déchu de ses pouvoirs et fait prisonnier par « le Rao du futur » sur Krypton. Le Rao de l’époque constate amèrement l’héritage que laissera son « moi » futur. Sur Terre, Wonder Woman tente de ramener Superman à la vie…

[Critique]
Clairement, sans connaître les précédents chapitres (le cas de l’auteur de ces lignes) il est difficile de tout comprendre. La portée métabolique et le questionnement du divin effleurent brièvement le récit (peut-être la poursuite de ce qui était proposé en amont) sans être révolutionnaire. Graphiquement, les dessins de Hitch sont hyper soignés et classes, ceux de Derenick fades au possible. La conclusion n’est pas des masses épiques et a même un arrière-goût de déjà vu si on a lu l’intégrale de Dark Knight III. Totalement dispensable donc, en lecture indépendante en tout cas, peut-être qu’en conclusion du run ça passe mieux mais vu cette fin c’est très moyen.

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(Image issue d’Ascension)

[A propos]
Publié en France chez Soleil en mai/juin 2001. Puis en novembre 2017 chez Urban Comics.
Titre original : Heaven’s Ladder.
Publication originale en octobre 2000.

Scénario : Mark Waid
Dessin : Bryan Hitch
Encrage : Paul Neary
Couleurs : Laura Depuy
Traduction : Ange / Thierry Fraysse
Lettrage : Gris Mouse / Stephan Boschat (Studio Makma)

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Ci-dessous l’intégralité du dessin de couverture, dont le recto est la partie de droite (cf. la première illustration en haut de cet article), le verso celle de gauche.

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