Archives par mot-clé : Enrico Marini

Batman – Le Dernier Halloween

Nouvelle suite du célèbre et incontournable Un Long Halloween (et son successeur Amère Victoire), Le Dernier Halloween voit le jour fin 2021 quand Jeph Loeb et Tim Sale – les deux artistes initiaux à l’origine de cet univers – publient un chapitre bonus en guise d’introduction à une histoire plus vaste. La maladie emporte Tim Sale quelques mois après (16 juin 2022) et le projet reste en stand-by avant que dix dessinateurs reprennent le flambeau, livrant chacun un épisode (à partir de fin 2024) et un ensemble conclusif hautement satisfaisant, découverte.

 

Sorti le 6 février 2026, Batman – Le Dernier Halloween bénéficie de trois éditions :
une classique à 36 € (couverture de Tim Sale) et deux limitées sans texte avec dos toilé,
deux beaux écrins plus onéreux 45 € : une rouge de Juanjo Guarnido et une orangée d’Enrico Marini.

[Résumé de l’éditeur]
Gotham City réapprend à craindre Halloween alors qu’un terrible événement menace de détruire la vie de Jim Gordon et met plus à l’épreuve que jamais le travail d’équipe de Batman et Robin. Dans une ville peuplée de menteurs, de justiciers masqués et de criminels… peut-on encore faire confiance à qui que ce soit ?

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Qu’il est bon de revenir dans l’univers créé par Jeph Loeb et Tim Sale, inauguré en 1996 dans trois épisodes spéciaux (compilés et renommés Haunted Knight – publiés chez nous d’abord chez Semic sous le titre Halloween et repris chez Urban Comics dans le recueil Des ombres dans la nuit) puis dans l’indispensable récit fleuve Un Long Halloween (1996-1997) ! Deux autres titres gravitent autour : la suite tout aussi culte Amère Victoire – Dark Victory en VO – avec la première apparition de Robin (1999-2000) ainsi que le complément moins connu Catwoman à Rome (2004, lui aussi inclus dans Des ombres dans la nuit puis réédité à part dans le comic éponyme). Le Dernier Halloween se réfère à chacun de ces comics, apportant une sorte « d’œuvre-somme conclusive » fortement appréciable.

Jeph Loeb renoue avec son sens du rythme, d’une enquête passionnante, globalement accessible (un arbre généalogique de la famille Falcone n’aurait pas été de trop !) et qui met autant en avant sa multiple investigation (Holiday est-il de retour ? que cache Catwoman ? qui tire sur toutes les « bêtes de foire » de Gotham ?) que ses nombreux protagonistes. Au-delà de Batman, on apprécie particulièrement la place du jeune Robin qui gravite dans ce nouveau monde violent et complexe (de quoi rappeler le très chouette et tout aussi récent Batman & Robin – Année Un). Le prodige doit faire sa place mais également apprendre de son mentor et développer ses propres facultés.

Selina Kyle/Catwoman n’est pas en reste, accentuant autant sa relation ambigüe avec Batman que son propre destin – le personnage est bien loin d’être un simple faire-valoir féminin, bien au contraire, sa riche individualité permet de se connecter à d’autres antagonistes pour améliorer la structure de l’ensemble. James Gordon n’est pas oublié non plus, les conséquences de ses choix sur sa vie personnelle sont également au cœur de la première partie de la fiction (le kidnapping de son fils vient probablement ajouter rétroactivement une nouvelle « couche » de traumatisme à ce dernier). Seule figure familière un peu en retrait : Alfred. Le célèbre majordome reste efficace dans ses échanges verbaux mais on le voit peu, de même que Bruce Wayne en civil, complètement inexistant (ce n’est pas grave mais cela aurait apporté une autre palette qualitative – dans un douzième épisode par exemple).

Si le scénario est soigné et se lit d’une traite, la partie graphique n’est pas en reste avec un choix audacieux et risqué : « remplacer » Tim Sale par un autre artiste pour chaque chapitre. La liste est prestigieuse : Eduardo Risso, Klaus Janson, Mark Chiarello, Cliff Chiang, Bill Sienkiewicz, Enrico Marini, Dave Johnson, Becky Cloonan, Chris Samnee et Matteo Scalero. Quasiment tous ont déjà œuvré sur Batman (voir paragraphe suivant) et ont réussi à garder leur propre style tout en conservant le « chara-design » de Tim Sale pour une homogénéité visuelle (comme c’est expliqué dans les bonus – voir plus loin), celui de Catwoman en tête, au costume et masque reconnaissable entre tous. La colorisation est assuré par Brennan Wagner et principalement Dave Stewart.

Pour rappel, on doit à chacun (sélection non-exhaustive) Cité Brisée et autres histoires par Eduardo Risso, l’encrage de la saga The Dark Knight Returns par Klaus Janson, Catwoman – Lonely City par Cliff Chiang, The Dark Prince Charming par Enrico Marini, Batman & Robin – Année Un par Chris Samnee, One Bad Day – Mr. Freeze par Matteo Scalero. Les autres ont signé quelques épisodes par-ci par-là ou des couvertures sur Batman. Une liste impressionnante qui ajoute un cachet inédit et élégant au livre.

Le Dernier Halloween croque donc de long en large toute la vaste galerie de vilains du Chevalier Noir (avec un accent sur Harvey Dent/Double-Face bien entendu), ses lieux emblématiques (le toit du GCPD, la Batcave, l’asile d’Arkham…) et une Gotham City nocturne et poisseuse. Un voyage palpitant pour les yeux tant on navigue en terrain connu mais dans une dimension paradoxalement nouvelle (un synopsis inédit) et habituelle (l’impression de lire un long épilogue qui était une évidence – redonnant aussi quelques lettres de noblesse à des ennemis de seconde zone). Difficile de détailler davantage sans révéler des éléments narratifs imprévus mais l’accent sur le côté détective est de nouveau au centre de la fiction, pour le plus grand plaisir des lecteurs (un aspect plutôt oublié ces dernières années…).

Différentes couvertures inédites de Tim Sale de ces dernières années ont été récupérées dans ses archives et séparent les épisodes. Une soixantaine de pages bonus complètent le beau livre (qui devrait être disponible dans trois éditions différentes – à un mois de sa sortie (4 janvier – 6 février), on s’étonne de cet oubli de communication d’Urban, à suivre !). Parmi elles, un entretien avec Jeph Loeb et une interview de chaque dessinateur (les mêmes questions y sont posées systématiquement). De quoi découvrir quelques anecdotes et, surtout, une forme de complaisance commune et un hommage collectif à Sale. C’est sympathique et relativement sage… Différents croquis ou story-boards sont proposés pour les plus complétistes.

L’année 2026 commence donc bien avec Le Dernier Halloween, un titre improbable, de même que Silence 2, lui aussi écrit par Jeph Loeb – mais moins bien à ce stade – et qui situe Batman dans ses premières années, rappelant une forme de nostalgie agréable (sans pour autant faire du « fan service ») et car on atteint une certaine saturation des séries habituelles (Batman et Detective Comics). En synthèse, aucune raison de faire l’impasse sur Le Dernier Halloween mais attention, il est crucial d’avoir lu les autres segments de cet univers voire de bien les avoir en tête avant histoire de ne pas être trop perdu !

MàJ 06/02/26 : Sans aucune communication de la part d’Urban Comics au préalable, les lecteurs ont pu constater l’existence de deux versions limitées de l’ouvrage (1.500 exemplaires chacune) mises en haut de cette chronique. Deux beaux écrins disponibles dans certaines enseignes (Excalibur Comics, Album Comics…) et théoriquement commandables en librairies. Une énième étrangeté à ajouter à la liste des « couacs » de l’éditeur (ceux qui avaient précommandé la version simple se sentent – légitimement – lésés)…

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 06 février 2026.
Contient : Batman The Long Halloween Special #1 + Batman The Last Halloween #1-10
Nombre de pages : 368

Scénario : Jeph Loeb
Dessin : collectif, voir article
Couleur : Brennan Wagner, Dave Stewart

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Nube Consulting (Yasmin Govoni et Tlalli Atl)

Acheter sur amazon.frBatman – Le Dernier Halloween (26 €)

Batman – The Dark Prince Charming 2/2

Après un premier tome plutôt original et haletant, que vaut ce deuxième et dernier volume de cette histoire inédite, imaginée par Enrico Marini et proposée dans un format de BD européenne ?

[Histoire]
Toujours à la recherche d’Alina, prétendue fille de Bruce Wayne, ce dernier rencontre le Joker qui lui confie la mission d’acheter un collier à 50 millions de dollars lors d’une vente aux enchères. Ainsi, le Clown du Crime pourra l’offrir à Harley Quinn et s’engage à libérer l’enfant en échange.

[Critique]
Nouvelle salve aussi réjouissante que la première : on ne tient pas tout à fait un chef-d’œuvre mais on s’en rapproche grâce à une histoire prenante, simple (ce n’est pas un défaut), joliment dessinée, bâtissant d’une certaine façon une nouvelle mythologie autour de Batman (on y reviendra plus tard) et mémorable (principalement grâce à son twist).

Le récit poursuit ce qui était mis en place dans le volume précédent avec un côté « classique et convenu » mais à nouveau efficace : un Batman de plus en plus violent, un Joker décidément terrifiant mais aussi amusant, une Catwoman fidèle à elle-même, bref on avance en terrain connu, dans un monde codifié et pas trop bousculé mais, on insiste, fortement plaisant grâce à la patte graphique de Marini. On retrouve le charme coloré (à l’aquarelle), aux tons pastel avec les prédominances cérémoniales de teintes sépias et bleutées avec, une fois de plus, un découpage particulièrement dynamique et fluide lors des scènes d’action, formant un ensemble très cinématographique. Les plans urbains (sur les toits, dans les rues, sur les ponts…) sont toujours aussi sublimes. Manque parfois un petit peu de finesse dans les visages lorsqu’ils ne sont pas en gros plans.

Peu à redire si ce n’est que Marini aurait pu être parfois un peu plus « original » plutôt que de proposer une intrigue de premier plan in fine trop convenue et traditionnelle chez Batman (voler des bijoux pour Harley Quinn, Catwoman attirée par les mêmes attributs de joaillerie, des courses-poursuites, etc.). On peut déplorer un traitement des personnages féminins très clichés également voire sexistes.  Toutefois, l’artiste fonde délicatement un nouvel univers Gothamien (attention aux révélations, allez au paragraphe suivant si vous comptez lire et découvrir par vous-même ce second tome). En effet, le scénariste et dessinateur italien n’hésite pas à suggérer une fille biologique du Joker (!) adoptée légalement par Bruce Wayne (!!) — et peut-être même le Joker au courant du secret de Bruce… Une situation totalement inédite qui mériterait d’être explorée plus longuement tant elle peut drainer de nouveaux chapitres peut-être plus fascinants. Pourquoi pas étalés sur des évènements futurs, avec des ellipses temporelles de plusieurs années, et relatés par d’autres grands noms européens de la bande dessinée, toujours dans ce même format ?

Batman – The Dark Prince Charming est une petite rareté (dans le monde du neuvième art) à savourer par et pour de multiples publics différents. Elle rejoint la sélection « coups de cœur » du site. Fera-t-elle date au sein de la mythologie de Batman ? C’est possible, l’ensemble n’est peut-être pas assez « puissant » (en terme de complexité d’écriture) pour marquer férocement les esprits mais les deux tomes (espérons une édition compilant les deux avec des bonus) offrent un divertissement plaisant, agréable et plutôt original. On aurait tort de s’en priver.

[À propos]

Publié en France chez Dargaud le 15 juin 2018

Scénario & dessins : Enrico Marini

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Eric Montésinos

Acheter sur amazon.fr :
Batman : The Dark Prince Charming 1/2
Batman : The Dark Prince Charming 1/2 [édition limitée]
Batman : The Dark Prince Charming 2/2

 

  

Batman – The Dark Prince Charming 1/2

L’éditeur Dargaud a proposé le 3 novembre 2017 deux bandes dessinées atypiques sur Batman, une au format franco-belge et une au format japonais (manga). Au lieu de les sortir avec son label de comics Urban Comics (qui publie tous les Batman depuis 2012), elle a préféré viser un plus large public de deux façon. Ainsi, l’éditeur a mis en vente, sous son nom commun « Dargaud« , le premier tome (sur deux) — chroniqué ici — de Batman – The Dark Prince Charming de l’italien Enrico Marini, afin de fidéliser un public plutôt orienté vers la BD européenne. Un autre volume, Batman & the Justice League, est sorti sous forme de bande dessinée japonaise sous le label de mangas de Dargaud : Kana (plus précisément dans la filiale un peu plus « adule » Dark Kana).
Dargaud, Dark Kana et Urban Comics appartiennent au même groupe et ont donc fourni un travail commun de qualité (la typo en couverture du manga et du Marini est strictement la même que celles des ouvrages d’Urban Comics), le tout sous la supervision de DC Comics. Audacieux pour certains, mercantile pour d’autres (trouver un nouveau public, coïncidence avec la sortie du film Justice League, etc.), cette stratégie permet tout de même d’inviter un nouveau lectorat voire de le fédérer. Dans tous les cas c’est positif !
Retour sur le premier tome de la BD de Marini, qui a bénéficié d’une incroyable couverture médiatique.

Batman Marini  Batman Marini Collector

(La couverture de la version classique à gauche, de la version collector limitée à droite.)

[Histoire]
Le Chevalier Noir manque de peu une nouvelle occasion d’arrêter le Joker après un vol de bijoux destinés à Harley Quinn.

Peu après, une jeune femme soutient que Bruce Wayne est le père de sa fille biologique, Alina, âgée d’une petite dizaine d’année. Le milliardaire ayant refusé de payer une pension onéreuse et cette (soi-disant) ex petite-amie a prévenu les médias…

Le Clown du Crime décide alors de kidnapper Alina, 8 ans, et la maintient en vie dans un endroit secret. Batman prend cette affaire très à cœur et, avec l’aide de Gordon, se met farouchement en tête de retrouver l’enfant, quitte à être plus violent que d’habitude.

[Critique]
Une agréable surprise ! Tel est le sentiment après la lecture de cette bande dessinée au format franco-belge (donc moins paginée mais plus grande et plus large). Avec le déferlement médiatique et la grande opération marketing en place au moment de la mise en vente (fin 2017), on pouvait légitimement craindre « trop de bruit pour pas grand chose » alors que le résultat fourmille de bonnes idées. L’histoire demeure simpliste dans un premier temps : un vol de bijoux, le Joker et Harley en roue libre (et relativement drôles et cruels), Batman en réflexion personnelle sur son statut… Du classique certes, mais qui fonctionne bien grâce au découpage particulièrement dynamique de Marini, qui parvient à rendre plus vrai que nature une course-poursuite étonnante, qui n’est pas sans rappeler le film The Dark Knight. Il faut souligner ce rythme et cette vision très « cinématographique » (comme l’annonce Jim Lee en début d’ouvrage) que manie avec brio Marini.

Passé cette (longue) introduction simple mais efficace donc, le récit gagne en maturité lorsque l’idée d’une paternité nouvelle autour de Bruce Wayne survient — les fans connaissent déjà son passif avec Damian Wayne, progéniture issue d’une idylle avec Talia As Ghul dont l’univers de Marini ne semble pas s’encombrer. C’est d’ailleurs une des forces du récit qui capitalise sur un nombre minimum de têtes connues : Bruce Wayne/Batman, Alfred, Gordon, Selina Kyle/Catwoman (avec qui le milliardaire semble en couple et chacun connaît le secret de l’autre), le Joker et Harley Quinn. Killer Croc, Bullock et Montoya sont croisés. Pas de Robin, Nightwing ou autre allié super-héroïque et pas de grande galerie de vilains étoffée. Une bonne chose puisque The Dark Prince Charming peut clairement prétendre à rester dans la postérité des comics, ou plutôt bandes dessinées, cultes sous réserve que son second tome arrive à conclure brillamment son histoire (et avant une hypothétique ressortie en intégrale dans plusieurs années, qui proposerait donc un one-shot non négligeable — les dernières décennies ont prouvé que les récits sur le Chevalier Noir laissant une trace dans la mythologie de Batman sont souvent des volumes uniques).

Quid des graphismes ? Avec une prédominance de tons pastels (exécutés à l’aquarelle visiblement) tirant majoritairement vers le sépia (orange sombre) ainsi que le violet et le bleu (foncé) avec une touche de vert prononcé, l’ensemble se veut à la fois soigné et précis, tout en maintenant cette couche de couleur presque enfantine. Un étrange mélange audacieux et original, qui permet d’apprécier les traits de Marini, artiste qui ne « redéfinit » jamais réellement les silhouettes mythiques de l’univers de Batman (à l’exception honorable, peut-être, du couple criminel composé du Joker et de Harley). Ce n’est pas un défaut, bien au contraire, puisque ça permet d’ajouter une touche intemporelle là où sa touche personnelle provient principalement de sa mise en couleur, qu’on évoquait plus haut et qui donne une belle identité graphique à ce livre. L’avantage des hautes planches permet d’apprécier des décors plus flamboyants et vertigineux, plus cinématographique aussi (comme déjà précisé). Les plans de Gotham et l’aspect très urbain sont particulièrement réussis. Reste ce résultat peut-être un poil frustrant d’un encrage peu accentué, sans doute par habitude en comparaison des productions américaines.

Enrico Marini est un Italien connu pour ses œuvres Le Scorpion et Les Aigles de Rome. Sous l’égide de Jim Lee et Jim Chadwick de DC Comics, il a eu carte blanche pour proposer sa version de l’homme chauve-souris. En résulte donc cet ouvrage hybride, mi comic-book, mi bande dessinée européenne plus convenue. Pour autant, The Dark Prince Charming est (déjà) une valeur sûre justement grâce à son approche graphique originale, colorée et léchée et son scénario pour l’instant haletant. Deux versions ont été publiées pour l’occasion, une classique contenant un petit cahier graphique à la fin, et une limitée arborant une couverture différente et un autre cahier graphique, nettement plus fourni (proposant crayonnés, brouillons en noir et blanc et d’autres en couleurs) mais ne reprenant pas l’intégralité de l’autre version plus commune (étonnamment). Les complétistes devront (sans doute) attendre une version ultime rassemblant tous ces bonus et, idéalement, incluant le second tome.

[À propos]

Publié en France chez Dargaud le 3 novembre 2017 (le 1er décembre 2017 pour l’édition limitée)

Scénario & dessins : Enrico Marini

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Eric Montésinos

Acheter sur amazon.fr :
Batman : The Dark Prince Charming 1/2
Batman : The Dark Prince Charming 1/2 [édition limitée]
Batman : The Dark Prince Charming 2/2