Archives de catégorie : Batman

Detective Comics #08 à #12 (publiés dans Batman Saga)

Toute la série Detective Comics de la période New 52 a été publiée dans les magazines Batman Saga puis Batman Univers. Certains chapitres ont bénéficié d’une parution en librairie (Empereur Pingouin et Jours de Colère). Un index  référence tous les épisodes pour mieux s’y retrouver. Retour sur l’équivalent du deuxième volume (en vente uniquement aux États-Unis), intitulée Scare Tactics (Stratégie d’Épouvante), soit les chapitres #08 à #12 ainsi que le premier annual, l’épisode #0 et des back-up. Il poursuit plus ou moins ce que fut instauré dans le premier, Faces of Death.

[Histoire]
Après deux « interludes » (un récit axé sur l’Épouvantail et un autre sur la Cour des Hiboux), on reprend le fil du volume précédent avec, entre autres, Bruce Wayne qui rend visite à Charlotte Rivers, blessée mais en vie, à l’hôpital. Cette dernière lui affirme son envie de partie à Paris et mettre un terme à leur relation.

Parallèlement, un gang de criminels, déguisés en… Batman (!) sévit dans Gotham City. À sa tête, le terrible Mr Toxic, un physicien hors-pair qui travaille sur le clonage et le voyage dans le temps.

[Critique]
Ce volume propose plusieurs histoires plus ou moins déconnectées entre elles. Il est découpé ainsi : deux chapitres un peu hors continuité (#08 et #09) puis trois autres qui se suivent (#10 à #12 donc) — le #09 avait fait l’objet d’un résumé dans l’article sur l’évènement La Nuit des Hiboux (il s’y déroule) — puis vient l’annual #1, mettant en avant Black Mask (qui est en fait la suite du chapitre #09), et l’épisode #0, focalisé sur Bruce dans l’Himalaya quand il s’entraînait puis sur Alfred durant l’absence de son maître — eux aussi déjà chroniqués dans ce papier qui recensait les chapitres 0 des séries sur Batman. Enfin, cinq mini-chapitres (back-up), additionnels aux épisodes classiques, sont compilés pour former une petite histoire (sur… Double-Face). Forcément, cet ensemble décousu, comme dans la série Batgirl publiée à la même époque, n’est pas l’idéal pour être le plus passionnant possible.

Néanmoins, si on enlève les deux premiers épisodes, pas des masses reliés aux autres in fine, tout le reste est plutôt réussi. L’histoire (en trois chapitres) centrée sur Mr. Toxic est la plus intéressante. On l’avait aperçu dans l’épisode précédent et il prend un place plus importante ici. Seule la fin de relation (a priori) entre Bruce et Charlotte semble expéditive. Ni le Taxidermiste, ni le Pingouin sont de la partie mais ça n’est pas trop problématique puisque d’autres ennemis apparaissent, même s’ils sont un peu à l’écart du fil rouge narratif principal. Ainsi, l’on croise l’Épouvantail et, surtout, Black Mask (dans l’annual notamment), un antagoniste plutôt rare dans les aventures du Chevalier Noir, et qui occupe un traitement plutôt fascinant quant à sa schizophrénie (différente de celle de Double-Face). Le Chapelier Fou intervient aussi brièvement, de même que Double-Face en fin d’ouvrage.

Citons, pour l’anecdote, dans les premières pages (#08), Batman qui aide Catwoman, sous l’emprise d’une toxine de l’Épouvantail et il est fait mention de certaines tensions entre la femme féline et l’homme chauve-souris (à découvrir dans le premier tome de Catwoman : La Règle du Jeu — pas encore chroniqué sur le site). Le Dark Knight poursuit également Eli Strange, visiblement fils d’Hugo Strange. Il avait été introduits dans le tome précédent mais il faut espérer qu’il aura un plus grand rôle à jouer à l’avenir tant pour l’instant on ne voit pas trop l’intérêt de tout ça. Dans la foulée, Batman affronte quelques ergots durant la Nuit des Hiboux dans l’asile d’Arkham (#09). Un épisode agréable mais qui prend surtout son sens si on lit la série-mère (Batman). Néanmoins, il fait écho à l’annual qui en est clairement la suite. Cela propose donc une courte histoire terminée au sein du volume. L’épisode #0 est divisé en deux histoires, toutes les deux intéressantes mais qui sont, là aussi, en marge du reste et se situent dans le passé. Elles auraient limite pu servir de prologue à L’An Zéro tant elles s’encrent bien dedans, aussi bien graphiquement que scénaristiquement.

Enfin, la micro série qui prolongeait les chapitres classiques (via des back-up) est centrée Double-Face (pour les quatre premiers épisode). Ambiance poisseuse, sale et violente, c’est une petite pépite même si l’ensemble est un peu confus (Dent rejoint une étrange secte avant de se venger d’un procureur) et, évidemment, trop court. Le cinquième est scénarisée par James Tynion IV et sert aussi, d’une certaine façon, à un prologue au Deuil de la Famille (il se conclut par le Joker prêt à retrouver son visage qu’il avait fait enlever par le Taxidermiste dans le tome précédent — on ne comprend toujours pas le but de cette opération du coup tant il n’y a eu aucune conséquence ni d’intérêt à faire cette étrange opération).

On retrouve Tony S. Daniel au scénario de tout le volume (sauf l’épisode #0, signé Gregg Hurwitz, et comme on vient de l’évoquer, James Tynion IV pour un petit back-up) et au dessin de quelques chapitres. Il cède sa place à Ed Benes pour la partie graphique le temps de quelques épisodes et ce dernier prend le relai avec brio, dans un style assez proche de celui de Daniel, même meilleur, plus fin, plus détaillé (il a officié sur Batgirl par la suite). Chacun se rapprochant assez de Jim Lee. Julio Ferreira et Eduardo Pansica dessinent aussi un chapitre, toujours en restant assez fidèle à leurs deux illustres prédécesseurs, ce qui crée une certaine homogénéité graphique bienvenue. L’annual est, quant à lui, croqué par Romano Molenaar et Pere Perez. Là aussi on retrouve un style assez proche de tous les autres même s’il est clairement en-dessous, faute à des visages relativement peu marquants et une colorisation maladroite. Enfin, les dessins des back-up sont assurés par Szymon Kudranski, déjà à l’œuvre dans le volume précédent pour conférer une ambiance très noire, anglée polar, différente des autres mais particulièrement soignée.

En synthèse, dans ce volume un peu « fourre-tout », on trouve globalement du bon dans les histoires, même si elles sont assez disparates entre elles. Cette « jolie compilation de récits » permet quand même une lecture agréable, grâce à l’ensemble du matériel graphique relativement homogène. Rien ne restera forcément dans les mémoires mais la prestation de l’ensemble reste suffisamment honnête et réussie pour qu’on s’y attarde un peu.

 

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• Detective Comics – Vol. 2 : Scare Tactics (en anglais)

Le run de Snyder et Capullo en noir et blanc pour les 80 ans de Batman

Toute la série Batman scénarisée par Scott Snyder et dessinée par Greg Capullo a fait l’objet d’une nouvelle édition intégralement en noir et blanc en cinq volumes (chacun limité à 3.000 exemplaires) en mai 2019 pour les 80 ans du Chevalier Noir.

Les neuf tomes simples de ce run ont été rassemblés ainsi : les deux premiers dans le volume 1 de cette nouvelle édition, le troisième dans le volume 2, les quatrièmes et cinquièmes dans le volume 3, le sixième n’a pas été réédité sous cette forme (il ne contient que des bouts d’histoires peu passionnantes), le septième dans le volume 4 et, enfin les deux derniers dans le volume 5. Ce qui donne donc :

Tome 1/5 : La Cour des Hiboux | 39€  a
Tome 2/5 : Le Deuil de la Famille | 29€  a
Tome 3/5 : L’An Zéro | 39€  a
Tome 4/5 : Mascarade | 19€  a
Tome 5/5 : La Relève | 39€  a

 

Chaque tome bénéficie d’une couverture singulière et particulièrement soignée !

L’intérêt peut sembler limité mais il s’adresse à un double public : les collectionneurs bien sûr (dont fait partie l’auteur de ces lignes, qui a investi dans deux de ces volumes qui sont, effectivement, superbes !) et les éventuels nouveaux lecteurs. Les tomes sont en effet numérotés de 1 à 5 et forment un ensemble complet. Ensemble qui a déjà bénéficié de plusieurs publications différentes par le passé (kiosque puis librairie puis éditions spéciales diverses — dont une déjà en noir et blanc pour le premier volume). Un côté un peu redondant pour certains lecteurs, qui auraient préférés de l’inédit pour l’anniversaire de l’homme chauve-souris mais n’oublions pas qu’en dépit de la qualité de cette série (fortement inégale), c’est l’un des titres (si ce n’est LE titre) qui s’est le plus vendu depuis la création de l’éditeur. Une jolie manière, aussi, de lui rendre hommage…

Aux nouveaux venus amateurs de beaux livres (voire de noir et blanc) on conseille donc L’An Zéro et La Cour des Hiboux. Aux connaisseurs, le diptyque centré sur le Joker Le Deuil de la Famille et Mascarade. Enfin, pour les complétistes, le déroutant La Relève conclut l’ensemble de la fiction.

Coffret DVD/Blu-Ray | Batman – Héritage

C’est sous le nom de Batman – Héritage qu’a été regroupée la trilogie de films d’animations comprenant Le Fils de Batman, Batman vs. Robin et Mauvais Sang (Bad Blood). Les trois films sont inégaux mais le coffret proposant les trois en DVD et Blu-Ray est relativement abordable (plutôt que de les acheter séparément). Chaque long-métrage dure entre 1h15 et 1h20 et le doublage en français est très correct, avec Adrien Antoine qui reprend son rôle après la saga de jeux vidéo Arkham notamment.

Comptez environ 15,99€ en DVD et 19,99€ en Blu-Ray.
(Souvent durant les soldes ils baissent à 9,99€ et 14,99€.)

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Le Fils de Batman (2014) met en scène pour la première fois Damian Wayne, en adaptant plus ou moins fidèlement les débuts de Grant Morrison présente Batman. On y retrouve donc Talia al Ghul par exemple et un Bruce Wayne en figure paternelle. Le long-métrage est surtout intéressant pour son travail d’animation (les graphismes sont impeccables, très fins et léchés) voire son côté « adulte » (même si le suivant l’est davantage, assez sanglant même) plutôt que son récit dans lequel Damian, fidèle à lui-même, est assez insupportable (moins qu’en comics cela dit) et que la transition vers cette nouvelle situation inédite pour Bruce Wayne est particulièrement mal gérée. En gros il ramène Damian au Manoir Wayne comme si c’était normal et basta… L’intérêt se trouve donc surtout dans les scènes d’action et la mise en avant d’un ennemi peu utilisé dans l’univers de Batman : Deathstroke.

On peut bien sûr trouver le film en DVD et Blu-Ray simple mais cela reste moins avantageux que de prendre le coffret.

 

 

Batman vs. Robin (2015) est sans aucun doute le film le plus réussi de la trilogie. Son titre est trompeur puisque l’histoire se focalise sur la Cour des Hiboux et leurs Ergots, dont l’un prend Robin (Damian Wayne donc) sous son aile. L’animation est toujours très soignée et fluide et l’utilisation avec parcimonie d’une certaine 3D (notamment dans les courses-poursuite de véhicules) est efficace. Côté histoire, on est carrément dans un prolongement des comics de ce groupe d’ennemis singulier relativement récent (créé dans La Cour des Hiboux en 2011). Ces Hiboux et Ergots ont peu été utilisés dans des adaptations récentes (à l’exception d’une incursion maladroite dans Gotham), il est donc plaisant de les découvrir à l’écran. Du coup, le titre du long-métrage se justifie par la différence d’idéaux entre le père et le fils mais c’est, in fine, assez secondaire.

Là aussi, le film est en vente séparément en DVD et en Blu-Ray.

 

 

Mauvais Sang (2016), nommé aussi Bad Blood (son titre original) est le volet le moins palpitant, qui navigue entre tous les genres (aventures, science-fiction, fantastique…) sans parvenir à trouver un bon équilibre. Les personnages de Batwoman et Batwing sont particulièrement mis en avant (et c’est tant mieux) et c’est Dick Grayson (Nightwing) qui endosse la cape de Batman. L’absence de Bruce Wayne (en retrait durant tout le film et même au centre de l’intrigue puisque toute la Bat-Family enquête sur sa disparition) se ressent malheureusement un peu trop. Il manque une certaine alchimie dans tous ces protagonistes qui convergent vers une ennemie commune. Reste la satisfaction d’une trilogie terminée, inégale et plutôt destinée au public non adepte des aventures papiers du Dark Knight. Les fans devraient moins accrocher, à l’exception, peut-être, du second film.

Le Blu-Ray simple est en vente avec une figurine de Nightwing et le DVD simple est également disponible.

 

 

 

 

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