10 albums DC Comics (dont 5 Batman) à 4,90€ cet été !

Urban Comics a mis à jour son planning de sorties (cf. cet article) suite au confinement. Outre quelques décalages (les sorties de fin mars et avril sont en gros reportées à mai, juin ou juillet par exemple), c’est une opération estivale très séduisante qu’on met en avant.

En effet, l’éditeur français des super-héros de DC Comics propose 10 bandes dessinées au format souple à 4,90€ seulement à partir du 24 juin ! Tous forment également une petite fresque, voici ci-après.

Dix titres majoritairement de qualité dont cinq sur Batman et les autres sur Harley Quinn, Superman, Wonder Woman et la Justice League. Une aubaine pour ceux qui veulent se lancer dans l’univers à petit prix avec de bonnes histoires.

Au programme (détails sous la liste) :

  • Tome 01 – Batman : White Knight
  • Tome 02 – Batman : La Cour des Hiboux (qui comprend La Cour des Hiboux et La Nuit des Hiboux)
  • Tome 03 – Harley Quinn : Complètement Marteau (le même qui avait déjà été réédité pour la sortie du film Birds of Prey)
  • Tome 04 – Wonder Woman : Année Un (contenant là aussi deux tomes pour former un arc complet)
  • Tome 05 – Superman : Red Son
  • Tome 06 – Justice League : La Promesse (équivalent de Justice, chroniqué justement récemment sur le site)
  • Tome 07 – Batman : Silence
  • Tome 08 – Joker : Le Deuil de la Famille
  • Tome 09 – Batman : Le Chevalier Noir (premier tome de l’intégrale éponyme)
  • Tome 10 – Injustice : Année Un (rassemblant les tomes 1 et 2 de l’Année Un)

Côté Batman, on retrouve donc plusieurs récits culte, comme le très récent White Knight, qu’on conseille fortement et l’incontournable Silence. S’il y a deux titres à conseiller, ce sont bien ceux-là, qui sont en plus des one-shot.

Toujours sur le Chevalier Noir, les trois premiers volets du run de Snyder dessiné par Capullo sont disponible dans La Cour des Hiboux (qui incorpore sa suite directe La Nuit des Hiboux), là aussi on peut le conseiller (même s’il ne se hisse pas à la même qualité que les précédents), n’engageant pas sur une suite immédiate. Rien que ces trois comics (White Knight, Silence et La Cour des Hiboux) forment une bonne porte d’entrée pour les néophytes !

Le Deuil de la Famille (équivalent du tome 3 du run de Snyder donc) est moins conseillé, d’une part il est peu réussi dans son écriture et traitement, d’autre part il prend un peu plus son sens quand on lit Mascarade, sa suite plus ou moins directe (tome 7 de la série classique Batman). Le Chevalier Noir est aussi un titre « moyen » mais sa seconde moitié, centrée sur L’Épouvantail, est tout à fait convenable et acceptable pour un prix si peu élevé.

Superman : Red Son montre l’homme d’acier en URSS et non aux USA dans un elseworld passionnant, où Batman joue un rôle tertiaire intéressant. C’est clairement l’autre conseil d’achat indispensable de cette sélection, auquel on ajoute Justice League : La Promesse et ses incroyables dessins et colorisation. Hasard du calendrier, c’est un titre qui vient justement d’être chroniqué sur le site.

Wonder Woman : Année Un a reçu des retours élogieux, on le conseille donc vu le faible prix (l’auteur de ces lignes avoue humblement ne pas l’avoir lu). Le récit sur Harley Quinn est réservé aux fans du personnages, à noter qu’il s’agit du premier tome de la période Renaissance, lui-même déjà publié en one-shot en février avec une autre couverture pour la sortie du film Birds of Prey. Enfin Injustice : Année Un est une excellente porte d’entrée pour découvrir cet univers alternatif où Superman est un dictateur et Batman mène la résistance (qui conduiront à la « suite » en jeux vidéo éponyme). Seul problème : la suite est obligatoire et sera à découvrir dans un autre format.

  

Ces trois couvertures et formats différents contiennent la même histoire.

En synthèse, on ne peut qu’encourager les nouveaux venus à se jeter sur quasiment l’intégralité de cette collection (ça ferait tâche d’avoir un ou deux tomes en moins dans la fresque…) ou à minima une bonne moitié qui est d’excellente facture (cf. rapides critiques plus haut). On salue également l’initiative d’Urban Comics qui rend accessible, à la fois par son petit prix et son contenu, ces récits de qualité, rappelant une autre opération « bon plan » similaire (remontant à 2016).

Justice (également titré « Justice League – La Promesse »)

Récit hors continuité sur la Justice League, le one-shot Justice a été proposé en juillet 2017 sous forme d’intégrale par Urban Comics. Auparavant, il avait fait l’objet d’une publication en quatre volumes (contenant chacun trois chapitres) chez Panini Comics, étalés de juillet 2006 à février 2008. Critique.

 

[Histoire]
Les ennemis des membres de la Ligue de Justice s’associent pour… rendre le monde meilleur ! Captain Cold conçoit de l’eau dans les déserts par exemple, Cheetah contribue grandement aux associations de défense des animaux, Toyman propose des prothèses pour enfants amputés, le Sphinx résout l’énigme de la famine dans le monde pour l’éradiquer, et ainsi de suite…

Mais Edward Nygma vole aussi des données extrêmement sensibles à Batman, contenant notamment l’identité civile de tous les super-héros sur Terre. En parrallèle, Aquaman est kidnappé par Brainiac et ni le Limier Martien, ni Red Tornado n’arrivent à le retrouver.

Dans l’ombre, Lex Luthor avance ses pions pour arriver à son but secret tandis que l’opinion public commence à se détacher de la Ligue de Justice et favoriser la Légion de Doom. Pour cause, Luthor pointe du doigt les inactions des super-héros qui, certes préservent le monde de ses dangers mais ne tentent pas de le changer pour l’améliorer, chose que les habituels ennemis et terroristes vont faire…

[Critique]
Pavé d’un peu plus de  500 pages, Justice est une œuvre très accessible malgré sa profusion de personnages et se situe « hors continuité », facilitant encore plus sa lecture pour les néophytes. Les fans de DC Comics ne sont pas en reste tant quasiment tous les super-héros, vilains, anti-héros et antagonistes apparaissent.

En douze chapitres, on assiste à un schéma narratif très classique (qu’on pourrait découper en plusieurs actes) : son introduction qui donne envie de connaître la suite, la mise en place des enjeux narratifs, la défaite des héros puis leur contre-attaque et la conclusion de l’ensemble, avec quelques mises en avant bien placées de certains justiciers.

On pense entre autres à Aquaman et son rôle singulier dans cette aventure et à Hal Jordan/Green Lantern, lui aussi isolé de ses compagnons mais d’une manière inédite. Sont aussi de la partie : des « membres de la réserve » (de la Justice League) comme les appelle Shazam, qui s’inclut dedans. On y ajoute volontiers Atom, Plastic Man et le couple Hawkman et Hawkgirl.

D’autres outsiders sont présents, comme Phantom Stranger ou Zatanna. Enfin, deux équipes atypiques se joignent à cette grande galerie : les Metal Men et la Doom Patrol. Outre ces personnages, la Trinité classique (Superman, Batman et Wonder Woman) est évidemment au premier plan mais parfaitement équilibrée et, surtout, tout aussi dominante que leurs ennemis Luthor et Brainiac.

Côté histoire, rien de révolutionnaire passé le concept de départ (amorçant une dimension géo-politique un peu simpliste) si ce n’est l’utilisation de « vers nanotechnologiques » pour justifier des contrôles mentaux. C’est l’un des rares points négatifs car cela peut apparaître comme une facilité scénaristique (à l’appréciation de chacun donc et sa prédominance ou non de suspension consentie de l’incrédibilité).

Le récit se loupe (un peu) sur la fin en conservant en vie deux figures iconiques, qui auraient eu une conclusion homérique — dont un départ particulièrement épique pour l’une d’elle mais il n’en est rien (dommage). Le reste est assez « basique » mais il est bien exécuté, écrit par Jim Krueger principalement. On prend donc plaisir à lire cette (longue) histoire. Bien sûr il faut compter sur la partie graphique pour apprécier davantage l’ensemble !

Côté illustrations en effet, les mises en pages et dessins de Doug Braithwaite accompagnés par la colorisation d’Alex Ross (qui a aussi contribué à l’écriture de l’histoire avec Krueger) leur confèrent ce style unique de réalisme mi-lyrique mi-rétro, éclipsant presque le travail de Braithwaite au profit de celui de Ross.

De superbes planches qui rappellent justement les autres travaux emblématiques de ce dernier comme l’excellent Kingdom Come (ainsi que Justice League Icônes (1)). Ce sont avant tout ces dessins « parfaits » qui donnent à Justice son intérêt.

Tour à tour hommage à un certain passé, dont l’Âge d’Argent de DC Comics (costumes kitchs de certains super-héros, postures iconiques parfois dépassées…) tout en restant intemporel et d’une modernité sans faille (seul l’usage d’un CD-Rom de données peut cristalliser cet aspect), le comic-book jouit de la peinture quasi photographique de Ross couplé aux dialogues rythmés des auteurs et à une exposition très juste de ses protagonistes.

Pour l’anecdote, on peut assimiler les inspirations des Batman Metal (de Snyder et Capullo) puisées dans les looks des armures nées d’une sorte de fusion entre les costumes classiques des justiciers et des Metal Men (cf. illustration ci-dessous).

Une cinquantaine de pages bonus revient sur les caractéristiques de chaque personnage, de quoi aider les plus débutants (aussi bien dans l’édition d’Urban Comics que celle de Panini Comics), incluant bien sûr les couvertures alternatives.

(1) – On peut même qualifier de triptyque le travail d’Alex Ross à travers ces trois œuvres DC Comics formant chacune un segment « chronologique » propre à son univers. La « jeunesse », comprendre origines et débuts des super-héros, est ainsi à découvrir dans Justice League Icônes. Ils sont tous « adultes » dans cette colossale aventure qu’est Justice. Enfin, les mêmes personnages sont particulièrement âgés dans Kingdom Come. Accessibles et agréables, ces comics sont un pan inédit et intéressant pour quiconque s’intéresse à l’univers de l’éditeur. Les deux derniers étant d’ailleurs des coups de cœur du site.

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 7 juillet 2017.
Précédemment publié chez Panini Comics en quatre volumes de juillet 2006 à février 2008.

Histoire : Jim Krueger et Alex Ross
Scénario : Jim Krueger
Dessins : Doug Braithwaite
Couleur : Alex Ross
Lettrage : Christophe Semal
Traduction : Jean-Marc Lainé

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Justice League vs. Suicide Squad

Volume unique « blockbuster », Justice League vs. Suicide Squad a été publié en one-shot en librairie en février 2018 (un mois plus tôt, le tome fut proposé en édition limitée à 200 exemplaires avec une couverture alternative pour le festival d’Angoulême) et auparavant (novembre et décembre 2017) dans trois numéros de magazines : Suicide Squad Rebirth #5 et #6 et Justice League Rebirth #7 (deux d’entre eux formaient d’ailleurs une magnifique couverture éclatée horizontalement et tous trois ont également eu une couverture variante à l’époque). Histoire indépendante en six chapitres connectée à deux chapitres des deux séries précitées éponymes aux magazines (donc dix chapitres en tout, l’un étant un back-up), que vaut cette aventure XXL ?

Ci-dessus, la couverture alternative proposée à 200 exemplaires (pas trouvé en meilleure qualité)
et les deux des magazines formant une illustration complète horizontale.
Ci-dessous les trois variantes des mêmes magazines en édition limitée.

   

[Résumé de l’éditeur]
La Ligue de Justice défend depuis des années la Terre des menaces cosmiques les plus redoutables ! La Suicide Squad, elle, remplit les missions les plus dangereuses pour le compte du gouvernement et, surtout, de leur chef, Amanda Waller. Bien que Batman voie d’un mauvais œil ce groupe, un nouvel adversaire surpuissant va forcer les deux équipes à s’allier… si elles ne s’entredéchirent pas avant !

[Histoire]
Killer Frost rejoint le pénitencier de Belle Reve. La prisonnière devient membre de la Force Spéciale X, alias la Suicide Squad, dirigée par Rick Flag, qui est secondé par Katana (et le tout sous l’égide d’Amanda Waller bien entendu). Cette équipe particulière qui agit dans l’ombre pour le gouvernement compte également Deadshot, Harley Quinn, Killer Croc, L’Enchanteresse (June Moon), Captain Boomerang et El Diablo dans ses rangs. Tous peuvent bénéficier de remises de peine en échange de missions suicide…

De son côté, la Ligue de Justice a vent de cette organisation grâce à une enquête de Batman. Le Chevalier Noir, Wonder Woman, Aquaman, Flash, Cyborg, le « nouveau » Superman et les deux récents Green Lantern (Jessica Cruz et Simon Baz — cf. la nouvelle composition de cette équipe à découvrir dans Justice League Rebirth) souhaitent arrêter les agissements de la Suicide Squad.

Un affrontement épique a lieu entre les deux équipes, mais le seul vainqueur est… Amanda Waller. Qui a besoin d’une association entre les deux !

En parrallèle, une mystérieuse personne libère les cinq détenus de la prison secrète Les Catacombes, cachée sous terre dans la Vallée de la Mort en Californie. Elle abrite les plus dangereux criminels qui ont un but commun : tuer Amanda Waller. Docteur Polaris, L’impératrice Émeraude, Lobo, Johnny Sorrow et Rustam font donc équipe, menés par… Maxwell Lord (ancien dirigeant de l’organisation Checkmate), un puissant télépathe qui peut donc contrôler les pensées des humains. Pourquoi en veulent-ils à Waller ? Que cache cette alliance soudaine ? Pour la combattre, la Justice League et la Suicide Squad vont devoir s’associer !

[Critique]
Voilà un comic-book dans la pure veine « mainstream » (donc commercial) réussie. L’histoire est simple sans être non plus trop creuse, l’ensemble est accessible aux nouveaux lecteurs (on mentionne très brièvement Batman Rebirth 1 et 2 ainsi qu’OMAC, l’arme ultime (pour Maxwell Lord — le tout en version modernisée de la création de Jack Kirby)) comme aux fans de longue date, la plupart des dessins sont beaux (surtout au début), il y a plein de couleurs, c’est à la fois palpitant, plutôt drôle et rempli d’action sans être expéditif. En synthèse, c’est un divertissement fort sympathique. Imparfait bien sûr, mais ne boudons pas notre plaisir.

La narration se scinde clairement en trois actes, le premier est rapide et efficace, il présente les protagonistes et pose ses enjeux (le meilleur du livre). Le second est moins prévisible, bien rythmé et palpitant (mais moins bien dessiné — voir plus loin). Le troisième en dessous des deux autres, plus convenu, exécuté rapidement et maladroitement pour une conclusion un peu trop soudaine…

Cinq personnages se détachent de toute cette orgie super-héroïque colorée. Batman en premier, tête pensante de la Ligue jouant un rôle un peu plus important, une aubaine donc pour ceux qui préfèrent suivre le Chevalier Noir. Amanda Waller, peut-être la figure centrale de cette œuvre : machiavélique, insupportable, géniale. Killer Frost, qui bénéficie d’une introduction puis d’une évolution soignée, elle aussi au cœur de l’intrigue. Maxwell Lord, grand antagoniste de l’ombre, à qui un chapitre entier est dédié. Lobo, mercenaire immortel en roue libre, qui apporte une dose d’humour et d’action très brutale. Toutes les autres figures iconiques, « gentilles ou méchantes », ne sont pas en reste (à commencer par Harley Quinn) mais clairement l’accent est mis sur ces cinq là.

Si l’évènement est appréciable et sans prétention (à l’inverse d’autres chez le même éditeur), il ne marquera pas pour autant la mythologie DC Comics, on est loin d’une crisis ou d’un énième chamboulement temporel. L’ensemble demeure sans réelles conséquences mais sera tout de même à suivre (sans obligation évidemment) dans la série Suicide Squad Rebirth (principalement pour Amanda Waller).

L’écriture de Joshua Williamson est bien équilibrée, l’auteur ne s’encombre pas d’éléments inutilement complexe (comme aime le faire Scott Snyder avec qui il collabore parfois, sur Batman Metal par exemple) et les dialogues fonctionnent bien, entre punchlines ou échanges nerveux, c’est plaisant. Si l’émotion ou l’interrogation intellectuelle ne sont pas au cœur du comic-book, les plus exigeants devraient tout de même apprécier le spectacle. Visuellement, entre les affrontements dantesques et quelques trouvailles inspirées de la pop-culture (Batman en Hannibal Lecter tout en rappelant le jeu vidéo Arkham Asylum), on en prend plein les yeux.

Les interludes explicatifs situés entre les chapitres de l’histoire principale cassent une certaine immersion et un bon rythme, mais il aurait été difficile de ne pas les inclure (les placer en tête ou en fin du livre n’aurait pas forcément été une bonne idée non plus).

Un des défauts majeurs de ce JL vs SS est l’armée de dessinateurs différents officiant sur tous les titres. Certains sont en grande forme, à commencer par Jason Fabok puis Tony S. Daniel. D’autres peinent à s’imposer au niveau de leurs confrères. Inégal graphiquement donc… C’est dommage, l’arc entier par un ou deux artistes seulement aurait assurément élever le niveau et contrebalancer le scénario, qui ne brille pas par son originalité et reste, in fine, très « classique/mainstream ».

De l’action, de l’aventure, des retournements de situation, quelques héros et antagonistes soignés, de beaux dessins (mais pas partout), un bon rythme, un récit complet… voilà de quoi passer un bon moment sans avoir besoin de connaissances poussées en amont ou réclamer une suite. De l’entertainment pur, simple et efficace.

En plus d’avoir publié plusieurs éditions (principalement kiosque), Urban Comics propose une tonne de couvertures variantes en bonus, de quoi se régaler les yeux.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 2 février 2018.
Contient : Justice League vs Suicide Squad #1-6, Suicide Squad #8-10, Justice League #12-13

Scénario : Josh Williamson + collectif
Dessins : Collectif
Encrage : Collectif
Couleur : Collectif

Traduction : Mathieu Auverdin, Benjamin Rivière et Edmond Tourriol (studio MAKMA)
Lettrage : Stephan Boschat (Studio MAKMA)

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