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Batman – Des cris dans la nuit

[Histoire]
Une nouvelle drogue circule dans Gotham : Boost. Les overdoses s’accumulent… Batman enquête pour découvrir qui en est à l’origine. En parallèle, des meurtres particulièrement atroces sont commis. S’agit-il d’un tueur en série ?

Quelques enfants sont épargnés et l’un d’entre eux désigne un coupable : Batman.

Gordon travaille dur pour comprendre ce qu’il se passe et qui est derrière tout cela. Malheureusement pour lui, son couple bat de l’aile et son fils James Jr. semble avoir quelques problèmes…

[Critique]
Maltraitance infantile, pédophilie, enfants tabassés (les fameux « cris dans la nuit » — Night Cries en VO, aussi corrélés à ceux de la chauve-souris)… tout est bien noir dans cette courte histoire (moins de 100 pages) du Chevalier Noir. Si l’ambiance glauque est merveilleusement servie par les peintures de Scott Hampton, on peine tout de même à rentrer dans la narration. Faute à un Batman trop en retrait, des personnages inconnus plus ou moins mis en avant (on devine rapidement le coupable, jamais vu auparavant dans des comics sur le Chevalier Noir donc tout de suite « louche ») et paradoxalement les jolis dessins. En effet, côté visage, on peine parfois à savoir qui est qui (à l’exception notable de Batman et Gordon bien sûr). On s’y perd un peu… surtout que la plupart des planches sont très assombris (malgré des jeux de lumière pertinents qui parcourent l’ensemble).

Seul Gordon trouve un intérêt plus prononcé (le livre le suit clairement lui et non Batman) : c’est ici que se sépare son couple et qu’on découvre une facette peu empathique ni soupçonnée du protagoniste — une trahison pour certains, tant le modèle de droiture habituel est égratigné ici… Des cris dans la nuit, réalisé en 1992, trouve une certaine cohérence en se situant peu après Année Un qui voyait déjà le couple formé par Gordon et Barbara en proie à plusieurs difficultés. L’œuvre écrite par Archie Goodwin est tout à fait indépendante et abordable pour autant.

Résultat mitigé donc, entre la rapidité de lecture et le style si particulier des dessins (et le faible prix, 14,50€) on conseillerait bien de jeter un œil sur cette curiosité qui tranche radicalement avec la plupart des autres aventures de Batman (il y a un petit côté Arkham Asylum mais en moins réussi). On apprécie aussi ici le côté « anti-spectaculaire » : pas d’action démesurée ni de gadgets ou Batmobile. Pas d’alliés non plus, la figure super-héroïque est relayée au profit de l’investigation policière pure.

Néanmoins, la lecture de l’ensemble n’est pas limpide et peu intrigante, in fine. A découvrir davantage pour sa partie graphique donc et son esthétique atypique (si les quelques extraits ici ou le feuilletage en réel vous séduisent alors foncez), beaucoup moins pour l’histoire, qui ressemble davantage à un essai qu’un récit abouti.

[A propos]
Publié chez Urban Comics le 1er avril 2016.

Précédemment publié en 1994 chez Comics USA sous le titre Cris dans la nuit.

Scénario : Archie Goodwin
Dessin : Scott Hampton
Traduction : Alex Nikolavitch
Lettrage : Laurence Hingray et Christophe Semal (Studio Myrtille)

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10 albums DC Comics (dont 5 Batman) à 4,90€ cet été !

Urban Comics a mis à jour son planning de sorties (cf. cet article) suite au confinement. Outre quelques décalages (les sorties de fin mars et avril sont en gros reportées à mai, juin ou juillet par exemple), c’est une opération estivale très séduisante qu’on met en avant.

En effet, l’éditeur français des super-héros de DC Comics propose 10 bandes dessinées au format souple à 4,90€ seulement à partir du 24 juin ! Tous forment également une petite fresque, voici ci-après.

Dix titres majoritairement de qualité dont cinq sur Batman et les autres sur Harley Quinn, Superman, Wonder Woman et la Justice League. Une aubaine pour ceux qui veulent se lancer dans l’univers à petit prix avec de bonnes histoires.

Au programme (détails sous la liste) :

  • Tome 01 – Batman : White Knight
  • Tome 02 – Batman : La Cour des Hiboux (qui comprend La Cour des Hiboux et La Nuit des Hiboux)
  • Tome 03 – Harley Quinn : Complètement Marteau (le même qui avait déjà été réédité pour la sortie du film Birds of Prey)
  • Tome 04 – Wonder Woman : Année Un (contenant là aussi deux tomes pour former un arc complet)
  • Tome 05 – Superman : Red Son
  • Tome 06 – Justice League : La Promesse (équivalent de Justice, chroniqué justement récemment sur le site)
  • Tome 07 – Batman : Silence
  • Tome 08 – Joker : Le Deuil de la Famille
  • Tome 09 – Batman : Le Chevalier Noir (premier tome de l’intégrale éponyme)
  • Tome 10 – Injustice : Année Un (rassemblant les tomes 1 et 2 de l’Année Un)

Côté Batman, on retrouve donc plusieurs récits culte, comme le très récent White Knight, qu’on conseille fortement et l’incontournable Silence. S’il y a deux titres à conseiller, ce sont bien ceux-là, qui sont en plus des one-shot.

Toujours sur le Chevalier Noir, les trois premiers volets du run de Snyder dessiné par Capullo sont disponible dans La Cour des Hiboux (qui incorpore sa suite directe La Nuit des Hiboux), là aussi on peut le conseiller (même s’il ne se hisse pas à la même qualité que les précédents), n’engageant pas sur une suite immédiate. Rien que ces trois comics (White Knight, Silence et La Cour des Hiboux) forment une bonne porte d’entrée pour les néophytes !

Le Deuil de la Famille (équivalent du tome 3 du run de Snyder donc) est moins conseillé, d’une part il est peu réussi dans son écriture et traitement, d’autre part il prend un peu plus son sens quand on lit Mascarade, sa suite plus ou moins directe (tome 7 de la série classique Batman). Le Chevalier Noir est aussi un titre « moyen » mais sa seconde moitié, centrée sur L’Épouvantail, est tout à fait convenable et acceptable pour un prix si peu élevé.

Superman : Red Son montre l’homme d’acier en URSS et non aux USA dans un elseworld passionnant, où Batman joue un rôle tertiaire intéressant. C’est clairement l’autre conseil d’achat indispensable de cette sélection, auquel on ajoute Justice League : La Promesse et ses incroyables dessins et colorisation. Hasard du calendrier, c’est un titre qui vient justement d’être chroniqué sur le site.

Wonder Woman : Année Un a reçu des retours élogieux, on le conseille donc vu le faible prix (l’auteur de ces lignes avoue humblement ne pas l’avoir lu). Le récit sur Harley Quinn est réservé aux fans du personnages, à noter qu’il s’agit du premier tome de la période Renaissance, lui-même déjà publié en one-shot en février avec une autre couverture pour la sortie du film Birds of Prey. Enfin Injustice : Année Un est une excellente porte d’entrée pour découvrir cet univers alternatif où Superman est un dictateur et Batman mène la résistance (qui conduiront à la « suite » en jeux vidéo éponyme). Seul problème : la suite est obligatoire et sera à découvrir dans un autre format.

  

Ces trois couvertures et formats différents contiennent la même histoire.

En synthèse, on ne peut qu’encourager les nouveaux venus à se jeter sur quasiment l’intégralité de cette collection (ça ferait tâche d’avoir un ou deux tomes en moins dans la fresque…) ou à minima une bonne moitié qui est d’excellente facture (cf. rapides critiques plus haut). On salue également l’initiative d’Urban Comics qui rend accessible, à la fois par son petit prix et son contenu, ces récits de qualité, rappelant une autre opération « bon plan » similaire (remontant à 2016).