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Gotham : l’insoluble équation qualitative

Derrière ce titre un peu « pompeux » se cache une analyse de la série Gotham via ses quatre premières saison (l’article sera actualisé une fois la cinquième diffusée et chroniquée). Pour rappel, le show bénéficie déjà de plusieurs critiques par arcs de saisons sur cette page.

Un constat revient à chaque fois qu’on évoque Gotham : le déséquilibre flagrant entre le casting, l’écriture, le côté technique, la narration, etc. Dans l’idée de synthétiser au mieux tout cela, et surtout comprendre le succès relatif (ou l’échec en demi-teinte) de la série, deux tableaux comparatifs ont été conçus.

Le premier revient sur le côté « technique » de Gotham, c’est à dire ses qualités intrinsèques qu’on peut analyser de façon objective. Le résultat est sans appel : la série lorgne constamment entre le bof/moyen/pas mal, elle n’excelle jamais vers le très bien ou le nullissime. Mais… comme on peut le constater, certains aspects se retrouvent dans plusieurs catégories. En effet, bien difficile de trancher d’une façon définitive sur la petite centaine d’épisodes vus, tant la qualité entre eux oscille constamment. Qui plus est, trois éléments ont besoin d’être développés. Explications ci-dessous après le tableau.

 

TRÈS BIEN PAS MAL MOYEN / BOF NUL
Photographie soignée Rythme des épisodes Musique Casting (3)
Mise en scène Scénario (1)
Scénario (1) Respect des comics / de la mythologie Batman (2)
Respect des comics / de la mythologie Batman (2) Crédibilité (incohérences)
Costumes & maquillages Casting (3)
Casting (3) Trop de plans d’intérieur
Effets spéciaux Effets spéciaux

 

 

Sans surprise, un des éléments forts du show est sa photographie soignée, qui n’a pas à rougir d’une production cinématographique ou d’un show de HBO par exemple (Game of Thrones, Deadwood…). Il y a un travail esthétique notable pour montre la ville de Gotham et ses intérieurs. Aussi bien les décors que la lumière sont étudiées pour proposer un rendu alléchant et original, mi-rétro, mi-moderne. Le rythme des épisodes est lui aussi correct (à l’exception de la première saison, qui était encore très bancale sur ce point) puisqu’on s’ennuie rarement et qu’il n’y a pas de temps mort entre les scènes (attention, ça ne veut pas dire que ce qu’on voit est « bon » ou « intéressant » mais il faut reconnaître un rythme maintenu qui reste efficace). La mise en scène de Gotham est extrêmement classique voire convenue au possible. Il subsiste quelques plans originaux de temps en temps, de jolies compositions ou quelques effets de réalisation un brin novateur mais c’est très rare. Est-ce problématique ? Pas forcément, le travail est là et c’est suffisant pour regarder la série. Bien sûr, on (un amateur de productions « cinématographiques », ou un serievore) aimerait du « mieux » sur cet aspect, mais il n’est clairement pas primordial. Le budget ne permet sans doute pas une telle possibilité et le public visé de la chaîne n’y est peut-être pas réceptif (qui plus est — et ce fut là aussi le gros problème de la première saison surtout — la série ne savait pas à qui s’adressait entre le grand public familial ou les spectateurs plus adolescents et adultes enclins à un côté sombre et violent). Pour rester sur les bons aspects du show, évoquons les costumes et maquillages particulièrement réussis au global — disons que ça évolue de mieux en mieux, par exemple le look du dernier Épouvantail en saison 4 ou les meurtres d’Ivy par les plantes sont vraiment sublimes (on repassera sur Fish Mooney ou d’autres personnages secondaires…). D’une manière plus ou similaire les effets spéciaux sont soit réussis soit ratés. Les effets spéciaux englobent aussi bien les effets visuels (retouches numériques en post-production) que des effets « techniques » artisanaux (des explosions) ou bien de la création pure et dure par ordinateur. On commence à entrer dans ce qui varie en terme de qualité (avec un penchant positif global, principalement sur les dernières saisons). Certains sont clairement mal faits puisqu’on distincte qu’il s’agit d’une image numérique par exemple. C’est assez rare mais c’est dommage.

Attardons-nous sur trois aspects qui rentrent dans plusieurs catégories.
(1) Scénario : difficile d’avoir une homogénéité qualitative quand l’écriture de certains personnages n’a rien à voir avec d’autres. Par exemple, l’évolution de Jerome (le « proto Joker ») est globalement réussie et cohérente, idem avec le personnage du Chapelier Fou. Hélas pour d’autres, aussi bien ennemis que policiers, on ne peut en dire autant (James Gordon et Bruce Wayne restent en dessous d’une certaine qualité exigée et ne parlons même pas de Barbara). Jamais le scénario n’atteint des sommets d’écriture, ou bien à de rares petites touches mais avec toujours un ou deux petits éléments qui gâchent un peu le tout (le premier plan imaginé par le Pingouin, qui manipule tout le monde, est excellent mais la présence de Fish Mooney fait retomber le plaisir). Il serait mentir de dire que l’histoire ne flirte jamais avec du très très bon mais ça ne dure jamais bien longtemps ou, comme on vient de le voir, une ou plusieurs choses amenuisent tout ça. C’est pour cela, qu’en moyenne, le scénario est plutôt pas mal ou moyen, ce qui s’explique aussi par le traitement des personnages et donc le second tableau plus bas.
(2) Respect des comics / de la mythologie Batman : voilà l’aspect le plus « subjectif » possible parmi tous les éléments évoqués. En effet, seul un connaisseur de l’univers de Batman peut trouver respectueux le traitement des personnages et de l’univers. Bien évidemment, même dans les comics, les représentations de Batman convergent au grès des auteurs et des époques. Ce qui frappe dans Gotham est multiple à cet égard. Le plus « choquant » est que la série propose beaucoup trop en amont de la chronologie dite « classique » les émancipations des ennemis emblématiques de Batman et l’évolution de Bruce Wayne en jeune justicier. Quasiment toute la galerie de vilains existe une dizaine d’année avant les apparitions du Chevalier Noir. Cette précocité trouve son explication à divers degrés : volonté des scénaristes d’avancer en terrain connu pour séduire les fans (tout en proposant de nouvelles têtes conçues spécifiquement pour le show, mais souvent ratées), fan-service pur et simple (aucun développement construit et sur le long terme, mais de vagues apparitions de tel ou tel élément) ou « nouvelle version du mythe de Batman ». C’est ce dernier point qu’il faut prendre en compte pour mieux apprécier Gotham. Quasiment imaginer un elseworld, sorte de refonte des classiques, films et comics, jeux vidéo et séries d’animation, pour « accepter » les défauts (du respect des comics / de la mythologie Batman) de cette adaptation. Si l’on se convainc de cela, alors cette idée de montrer très tôt la montée en puissance de Bruce Wayne et de tous ses ennemis peut mieux passer. Cela n’empêche pas les errements improbables de certains protagonistes, parfois pour le meilleur (Alfred), parfois pour le pire (Poison Ivy). Au-delà du traitement des personnages — qui rejoignent donc à nouveau la catégorie scénario et le second tableau — il faut reconnaître à la série l’envie d’être au plus proche de certains comics récents. Ainsi le visage retiré du Joker (issu de Le Deuil de la Famille) est une réussite dans Gotham (et, comble de l’ironie, mieux justifiée que dans les livres !). S’il est plaisant de découvrir sur écran La Cour des Hiboux (des récits éponymes), on peine à la creuser et véritablement dévoiler le pouvoir de cette société secrète. À nouveau, on vacille entre du bon et du moyen, le déséquilibre reste flagrant et constant.
(3) Casting : Une ultime fois, on rejoint une problématique liée à la fois à l’écriture des personnages (scénario) mais aussi au charisme et à l’interprétation des acteurs (casting). Il faut se référer au second tableau pour les détails et on observe, encore, ce cruel déséquilibre mais avec deux tendances nettes qui se dégagent : du très bien et du nul, on est moins consensuel ou dans le « moyen/bof ». Malheureusement, cela ne contribue toujours pas à une homogénéité qualitative de Gotham sur plusieurs points.

Pour terminer, trois derniers points critique pas terrible. La musique est totalement oubliable, aucune partition originale qui reste en tête, c’est fort dommage, surtout pour une série de ce calibre. Le générique se réduisant à moins de cinq secondes, impossible d’être marqué par la ou les quelques musiques qui bercent le show. On note un léger mieux en saison 4 mais ce n’est pas suffisant. Le travail sur le son et les effets sonores est en revanche très correct. La crédibilité (incohérences) est un terme vaste et parfois flou. La crédibilité revient à la plausibilité de ce qui est montré à l’écran en fonction de l’univers dans lequel régissent les personnages et le registre propre à la série. De plus, la crédibilité englobe aussi les actions et réactions des personnages. De ces deux facettes peuvent naître des incohérences. C’est évidemment le cas pour Gotham. Pour le premier cas, il faut bien comprendre que la série n’embrasse pas une voie urbaine, policière et « réaliste » mais flirte avec la science-fiction (expériences, avancées technologiques…) et le fantastique (résurrections, potions magiques…). Ce triple registre est toujours un peu casse gueule et permet d’utiliser de nombreux ressorts scénaristiques un peu facile, comme les protagonistes qui ne meurent pas vraiment ou des improbables créatures. Par conséquent, le show perd indéniablement en qualité, ne sachant quelle direction prendre (une tendance ressentie dans certains comics mais qui est moins problématique sur papier que sur écran). De la même manière, des évolutions de protagonistes sont incohérents, comme celles du Dr. Lee Thompkins (qui est « gentille » puis « méchante » puis à nouveau « gentille » puis alliée avec des « méchants » et ainsi de suite, sans parler de son histoire d’amour avec James Gordon et ses réactions peu logiques — c’est d’autant plus dommage que le personnage était une valeur sûre de Gotham à ses débuts). Enfin, de manière un peu plus anecdotique, on note « trop de plans d’intérieur », c’est à dire qu’on étouffe un peu en voyant les mêmes pièces (le QG du Pingouin, les bureaux du GCPD, la cuisine et la bibliothèque du Manoir Wayne, etc.). Il manque des « vues d’ensemble » plus longue, plus originales (on nous ressort les mêmes vues aériennes ou lointaines) pour vraiment sentir LA différence avec une métropole quelconque ; Gotham mériterait d’être arpentée et fouillée davantage et autrement. Ce manque d’exploration visuelle n’est pas le point critique le plus dommageable mais ajouté à tous les autres, ça cumule pas mal…

Pour toutes ces raisons, globalement « objectives » (à l’exception notable du respect des comics / de la mythologie de Batman — et encore), la série en elle-même peine à être reconnue comme une réussite mais aussi comme un ratage complet. Car il y a toujours quelque chose à sauver tout comme il y a toujours quelque chose à supprimer. Très pénible car après les balbutiements de la première saison, Gotham avait gagné en maturité et semblait avoir tiré certaines leçons des retours critiques. Et c’est encore plus frustrant de constater que la galerie de personnages comporte quelques pépites (voir ci-après).

Au-delà des qualités intrinsèques de la série (cf. le premier tableau), les personnages forment évidemment un des intérêts les plus importants de Gotham. Ils nourrissent l’histoire mais sont, surtout, l’adaptation sur écran de ce que les fans des comics connaissent. Ce qui donne donc un autre prisme d’analyse.

Ce second tableau revient donc sur les personnages (compilant aussi bien les jeux d’acteurs que leur écriture et évolutions). Une fois encore, on constate que le travail est éparpillé un peu partout, ce qui peine à synthétiser un avis tranché. Le problème d’un protagoniste peut être multiple. Son interprète peut être bon mais si l’écriture n’est pas terrible, alors le personnage ne passionne pas. À l’inverse, un rôle bien écrit peut être loupé à l’écran si l’acteur ou l’actrice derrière joue mal ou n’est pas charismatique. Tous ces éléments ont donc été recensés pour dresser le classement suivant (qui reste évidemment subjectif). Un code couleur est également ajouté pour délimiter la catégorie des personnages, sommairement répartis en « gentils », antagonistes/ennemis, autres.

Bien sûr, ce tableau reflète une sorte de moyenne des quatre saisons actuelles de Gotham. Dans une première version non publiée, les colonnes « Moyen » et « Bof » étaient regroupés en une seule catégorie (comme pour le premier tableau) ; dans le cas des personnages, il y a un réel besoin d’affiner davantage ce classement, d’où l’extension en deux colonnes. Attention, un protagoniste pourrait tout à fait être dans plusieurs catégories en fonction de chaque saison ou bien de son évolution d’un camp vers un autre mais le résultat se veut une moyenne si on évalue tout sur le long terme, car on penche quand même davantage d’un côté que d’un autre (sauf par exemple pour Ivy Pepper qui est clairement constituée de trois prestations distinctes). Quelques personnages très secondaires comme Valerie Vale, Tommy Elliot ou Mario Calvi ne sont pas inclus, ainsi que des ennemis de seconde zone (L’Électrocuteur, Flamingo…).

TRÈS BIEN PAS MAL MOYEN
BOF NUL
Oswald Cobblebot / Le Pingouin
(Robin Lord Taylor)
Harvey Bullock
(Donald Logue)
James Gordon
(Ben McKenzie)
Harvey Dent
(Nicholas D’Agosto)
Bruce Wayne
(David Mazouz)
Edward Nygma / The Riddler | L’Homme-Mystère
(Cory Michael Smith)
Theo Galavan / Azrael
(James Frain)
Selina Kyle
(Camren Bicondova)
Butch / Solomon Grundy
(Drew Powell)
Barbara Kean
(Erin Richards)
Alfred Pennyworth
(Sean Pertwee)
Bridgit Pike / Firefly
(Michelle Veintimilla / Camila Perez)
Sal Maroni
(David Zayas)
Victor Zsasz
(Anthony Carrigan)
Tabitha Galavan
(Jessica Lucas)
Lucius Fox
(Chris Chalk)
Carmine Falcone
(John Doman)
Leslie Thompkins
(Morena Baccarin)
Hugo Strange
(B.D. Wong)
Fish Mooney
(Jada Pinkett Smith)
Jerome / Jeremiah Valenska / le « proto Joker »
(Cameron Monaghan)
Ivy Pepper V3 [saison 04]
(Peyton List)
Jonathan Crane / L’Épouvantail V1 [saison 01]
(Charlie Tahan)
Ivy Pepper V2 [saison 03]
(Maggie Geha)
Renee Montoya
(Victoria Cartagena)
Sofia Falcone
(Crystal Reed)
Victor Fries / Mister Freeze
(Nathan Darrow)
Crispus Allen
(Andrew Stewart-Jones)
Jervis Tetch / Le Chapelier Fou
(Benedict Samuel)
Ra’s al Ghul
(Alexander Siddig)
Ivy Pepper V1 [saison 01]
(Clare Foley)
Nathaniel Barnes / L’Éxécuteur
(Michael Chiklis)
Silver St. Cloud
(Natalie Alyn Lind )
Sujet 514A [clone de Bruce Wayne]
(David Mazouz)
Lazlo Valentin / Professeur Pyg
(Michael Cerveris)
La Cour des Hiboux
Jonathan Crane / L’Épouvantail V2 [saison 04]
(Charlie Tahan / David W. Thompson)
Basil Karlo / Gueule d’Argile
(Brian McManamon)

À nouveau, le déséquilibre flagrant montre que Gotham sait tirer vers le haut comme le bas. Pour plus de détails, il faut se référer aux critiques par arcs narratifs de chaque saison (qui étayent davantage tout ce qui est écrit sur cette page avec plus d’exemples concrets).

Impossible de ne pas évoquer les deux personnages principaux quand on parle de Gotham : James Gordon (Ben McKenzie) et Bruce Wayne (David Mazouz). Les deux ne brillent pas par leur charisme tout d’abord, McKenzie et son air de chien triste, Mazouz et son côté gamin insolent, qui plus est leurs évolutions ne sont pas exceptionnels voire stagnent au fil des épisodes. Le premier reste flic « imperturbable » mais avec quelques bons moments : quand il est à la limite de la corruption ou quand il n’est plus flic et davantage en roue libre. Le second ne joue pas très bien et ne peut s’empêcher d’être déjà Batman bien avant l’heure… Quelle solution pour cela ? Aucune à part changer d’acteur (au moins Mazouz) ce qui n’est jamais arrivé et n’arrivera (sans doute) pas pour la dernière saison… Pourtant, dès les premières diffusions et les échos critiques négatifs envers le jeune Bruce Wayne, la chaîne aurait pu (sous réserve que ce soit possible d’un point de vue contractuel bien sûr) tenter de prendre un autre enfant acteur. On salue toutefois les rôles d’Alfred Pennyworth (Sean Pertwee) – plutôt inspiré par Batman Terre Un -, Lucius Fox (Chris Chalk), Harvey Bullock (Donald Logue) et Nathaniel Barnes (Michael Chiklis). Fox apporte un certain magnétisme parmi les alliés et Bullock est relativement proche de l’image globale des comics. Barnes fut l’une des rares nouveautés du côté des « gentils » à apporter un vrai « plus ». Campé par une valeur sûre (la série The Shield) avec une métamorphose à la fois cohérente mais malheureusement un peu risible (en Exécuteur). De la même manière, l’excellente et charismatique (et jolie) Morena Baccarin interprète une Leslie Thompkins inédite (on l’a toujours « lu » lorsqu’elle est âgée) dans un premier temps. Avant de suivre un chemin peu logique et même de devenir une ennemie de seconde zone… La quatrième saison semble lui redonner quelques lettres de noblesse mais seule sa fin de parcours en ultime saison décidera de l’intérêt général du personnage. De manière anecdotique, toujours chez les « alliés », citons le mauvais traitement d’Allen et Montoya, vite relayés à de la figuration (avant de disparaître définitivement) là où ces deux policiers apportent un réel enjeu plus humaniste dans certaines bandes dessinées (Gotham Central et No Man’s Land par exemple). Quant à Harvey Dent, mal choisi dès le départ (Nicholas D’Agosto n’est guère convaincant voire risible), son parcours est très mal écrit et, lui aussi, disparaît complètement au bout de plusieurs épisodes, dommage… Enfin, chez les plus jeunes, Camren Bicondova jouait une Selina Kyle plutôt intéressante en début du show avant de devenir une caricature grossière de son propre rôle et, elle également, d’être relayée en arrière-plan. Sa relation avec Bruce Wayne fascine peu même si cette romance était légitime.

C’est donc surtout dans la galerie de vilains qu’il faut piocher le meilleur de Gotham (mais aussi le pire). Il y a tout d’abord l’insupportable trio féminin composé de Barbara Kean (Erin Richards), Fish Mooney (Jada Pinkett Smith) et Tabitha Galavan (Jessica Lucas). On a à la fois un problème d’écriture mais aussi de casting. Les trois femmes jouent globalement mal et leurs rôles sont malheureusement insupportables. On ne sait pas trop si Barbara Kean était censée être « la » Barbara Gordon mais sa trajectoire est surréaliste (elle devient la reine du crime, la protégée de Ghul puis de la Ligue des Ombres, etc.). Jamais Barbara n’effraie spectateur ou la prend au sérieux. Idem avec Fish Mooney, créée spécialement pour le show, impossible de la trouver crédible malgré de beaux moments mais trop rares pour être marquants. Quant à Tabitha, si son arrivée fut bénéfique à la série (en saison 2), son histoire d’amour improbable avec Butch et sa piètre évolution. Il est incompréhensible que les showrunners tardent à les tuer tant les trois sont décriées et conspuées sur la Toile. Butch, justement, in fine Solomon Grundy (Drew Powell) a quelques belles envolées mais reste, en moyenne, peu intéressant et, lui aussi, plutôt ridicule. Même son de cloche pour Hugo Strange, pourtant interprété par B.D. Wong, ce n’est pas forcément son écriture qui fait tâche mais ses mimiques et son côté low-cost, bizarre… Victor Zsasz (Anthony Carrigan) a un problème inverse : son comédien est plutôt bon et particulièrement charismatique mais le criminel suit une voie totalement improbable, surtout par rapport à sa version comics. Gueule d’Argile (Brian McManamon) est complètement sous-exploité alors qu’il apportait une certaine originalité et de multiples possibilités d’histoires, là aussi c’est dommage. Victor Fries (Nathan Darrow) était un peu soigné au départ (reprenant sa tragique romance) avant de devenir un antagoniste de seconde zone. L’inverse pour Ra’s Al Ghul (Alexander Siddig), dans un premier temps plutôt pitoyable pour le grand immortel avant de (re)venir sous forme spectrale et zombiesque terrifiante (mais de façon trop éphémère). Quant à l’Épouvantail, sa première mouture était passage mais la seconde (en quatrième saison) est particulièrement réussie et effrayante, bien qu’un peu trop en retrait.

ARTICLE EN COURS D’ÉCRITURE, SUITE PROCHAINEMENT…

Fin de saison 3, un classement par préférence d’arcs de saison avait été dressé puis mis à jour avec la quatrième saison, le revoici avec les liens vers les critiques.

1. Saison 03 – Seconde partie : Épisodes 15 à 22 (Heroes Rise)
2. Saison 02 – Première partie : Épisodes 01 à 11 (Rise of the Villains)
3. Saison 04 – Deuxième partie : Épisode 12 à 22
4. Saison 03 – Première partie : Épisodes 01 à 14 (Mad City)
5. Saison 04 – Première partie : Épisodes 01 à 11
6. Saison 02 – Seconde partie : Épisodes 12 à 22 (Wrath of the Villains)
7. Saison 01 – Seconde partie : Épisodes 11 à 22
8. Saison 01 – Première partie : Épisodes 01 à 11

 

Gotham – Saison 04 : A Dark Knight (Seconde partie)

Page récapitulative de la série Gotham.

Après une première partie de saison en demi-teinte (toujours les mêmes défauts inhérents au show, qui oscille en qualité en alternant d’excellentes choses et d’autres catastrophiques), que vaut cette seconde partie, constituée elle aussi de 11 épisodes ? Elle est nettement meilleure. Explications.

Côté histoire, d’entrée de jeu, la série se focalise sur les personnages qui ont évolué d’une façon ou d’une autre dans les épisodes précédents. Gordon est seul à la tête du GCPD, respecté mais sans Bullock, retourné dans son bar. Alfred vit en solitaire dans les Narrows, fief où Lee Thompkins et Ed Nygma, plus ou moins associés, essaient de relever le niveau de vie des plus démunis. Bruce Wayne est toujours en pleine puberté et s’amuse en fréquentant des boîtes de nuit… Les menaces grandissantes sont doubles : Poison Ivy qui mute pour la seconde fois et atteint donc une troisième forme, et donc troisième interprète (!),Peyton List, plutôt convaincante — elle est plus dangereuse et intéressante — et, surtout, le retour de Jerome qui s’allie au Pingouin à Arkham. Le « proto-Joker » veut monter son armée pour semer le chaos dans Gotham…

Attention, ce qui suit révèle des évènements de la série.

La série se permet de clore quelques arcs narratifs avant de redistribuer les cartes pour rassembler les personnages par petits groupes. Bruce, Alfred et Selina sont souvent ensemble et plutôt en retrait par rapport à Jim Gordon & Harvey Bullock (reformant un duo de choc). Les flics, avec l’assistance du GCPD et de Lucius Fox, affrontent donc Jerome Valeska qui s’est constituée une légion des horreurs en s’entourant du Chapelier Fou, de l’Épouvantail, de Mister Freeze, de Firefly, le Pingouin et Butch (et brièvement l’Homme-Mystère). Sans surprise c’est clairement la partie narrative la plus puissante du show qui évoluera d’une façon étrange et originale (mais un peu facile d’un point de vue scénaristique — on y reviendra plus tard). Le duo Ed Nygma/Lee Thompkins a du mal a fonctionné mais il reste relativement correct (et là aussi un peu « indépendant » de toutes les autres histoires de ces nouveaux épisodes). Poison Ivy est désormais réussie mais ne s’attarde finalement pas plus que ça durant cette seconde moitié de saison, c’est (un peu) dommage — son histoire était liée au puits de Lazare pour la rattacher à Ra’s Al Ghul de très loin. Le gros point noir du récit se situe une fois de plus principalement en la personne de Barbara (toujours en binôme avec Tabitha) qui est choisie pour prendre, justement, la relève de Ra’s Al Ghul (qui reviendra à la vie à nouveau, ce qui était über prévisible) et devenir… la tête du Démon et donc la chef de la Légion des Ombres. Il n’y a strictement aucune cohérence dans ce choix, justifiée par la volonté de Ghul lui-même pour lui succéder (sic). La ligue de Barbara est 100% féminine et ridicule. Il est incompréhensible, arrivé à ce stade de la série, que ce personnage conserve autant d’importance et soit encore plus mis en avant !

Mais si on balaie cet aspect, qui s’insère à peu près avec toutes les autres arcs, on a quand même une moitié de saison passionnante. À partir de l’épisode 16, le rythme s’accélère et tout s’enchaîne à très bonne vitesse pour terminer sur une conclusion épique, promettant le meilleur pour la cinquième saison (qui sera la dernière de la série — voir fin d’article). Comme évoqué, c’est lorsque Jerome entre en scène que Gotham excelle, ce « proto Joker » est à mi-chemin entre le jeu de Nicholson et Ledger (dans les films Batman de Tim Burton, sorti en 1989, et The Dark Knight, de Christopher Nolan, sorti en 2008). Complètement fou et anarchiste, il entraîne toute une galerie de vilains qui gagnent en consistance en agissant en équipe plutôt que lorsqu’un épisode est focalisé sur certains d’entre eux. Mais ce clown atypique n’est PAS le Joker, dont la relève est assurée par… Jeremiah, le frère jumeau de Jerome, sorti de nulle part, jeune ingénieur pour Wayne Enterprises et architecte pour le père de Bruce ! C’est un peu grossier mais le traitement de ce nouvel antagoniste est plutôt bon donc on ferme les yeux sur cette pirouette scénaristique. Cela créé tout de même une certaine incohérence niveau temporalité. Bruce fête ses 15 ans dans cette saison. On apprend que Jeremiah a créé son propre labyrinthe souterrain durant 3 ans, que ça fait 15 ans que son frère Jerome veut se venger de lui depuis qu’il est parti du cirque familial, donc on mise sur un âge approximatif de 25 ans. Cela veut dire qu’il a été ingénieur et en relation avec Thomas Wayne à ses 18/20 ans et qu’il a même assisté à la création d’un building tout en créant son propre repaire secret ensuite, un peu fort…

L’intérêt de ce nouveau personnage est double puisqu’au delà d’être un ennemi particulièrement puissant (qui s’alliera même avec Ra’s Al Ghul sur la fin), on nous montre un « nouveau Joker ». Mais attention, celui-ci ne rigole pas vraiment voire pas du tout. Il est malin, calculateur, froid et très intelligent. On est loin de l’anarchisme et la folie qui régnait chez son frère jumeau (définitivement mort cette fois). Cette approche rappelle, forcément, la majeure partie du Joker de Nolan (à nouveau dans The Dark Knight). On y retrouve aussi des références à certains comics (de Killing Joke pour le Joker à No Man’s Land pour la situation finale). Il faut saluer le travail des showrunners et scénaristes qui, même si c’est tiré par les cheveux, ont réussi à renouveler le mythe du Clown du Crime en en proposant deux paradoxalement proches et similaires. Peut-être ont-ils puisé leur source dans les évènements récents des bandes dessinés expliquant qu’il y a eu en réalité trois Joker et non un seul ? Ça tombe bien, les auteurs ont expliqué que Jeremiah n’était toujours pas le « vrai » Joker et que ce dernier, s’il apparaît (en saison 5 donc) se nourrira des héritages des deux premiers. Compliqué ? Un peu oui, d’autant que l’interprète de Jerome et Jeremiah, Cameron Monaghan, a révélé sur Twitter en mai 2018 que Warner Bros (qui co-produit la série) a formellement interdit la nomination « Joker » dans Gotham, ainsi que ses cheveux teints en verts ! Un comble pour le show qui ne se privent pas pour la plupart des autres personnages. Le but étant de réserver au cinéma ce nom et ce look, ridicule…

Il est probable que Jeremiah revienne en saison 5, qui contiendra 13 épisodes et sera la dernière de la série puisque la saison 4 se termine par un no man’s land (titre de l’épisode) avec les ponts détruits pour sortir de Gotham (comme dans The Dark Knight Rises, lui aussi avait puisé dans la saga No Man’s Land pour cet aspect particulier qui piège la ville et ses habitants). Chaque ennemi s’approprie donc une zone et la guerre va pouvoir commencer… Cette cinquième saison mettra en avant Man Bat et le Ventriloque et pourrait débuter par une ellipse pour voir Batman (auront-ils le droit de mentionner son nom à lui aussi) ? Légitiment, on peut craindre les mêmes problèmes inhérents au show : le casting en demi-teinte pour quelques personnages principaux (Wayne, Gordon, Barbara…), des effets spéciaux pas toujours à la haute (la saison 4 excelle en la matière pour proposer d’excellentes choses et d’autres risibles), etc.

D’un point de vue anecdotique, cette saison 4 poursuit quelques belles lancées, notamment sur la différence entre la folie et la « criminalité classique », notamment le Pingouin qui se dresse contre Jerome par exemple. On apprécie aussi retrouver le trouble de la personnalité de Nygma, chose plutôt inédite (ou mal écrite) dans les comics et qui permet d’avoir un équivalent de Double-Face intéressant. Une première « Batmobile » est aussi montrée, ainsi qu’une Harley Quinn créditée au nom de « Mummer », c’est à dire le mime (campée par Ecco, l’assistante de Jeremiah), résolument différente de ce qu’on connaît. Quelques éléments pénibles sont à déplorer comme une énième attaque du commissariat, des discussions sur l’intégrité de la police entre Gordon et Bullock qui raccrochent puis reviennent sans cesse, etc. MAIS globalement cette quatrième saison se tient, à nouveau grâce à ses ennemis brillamment mis en avant, à savoir : Sofia Falcone, le Professeur Pyg, Poison Ivy puis Jerome et Jeremiah Valeska, avec toute la galerie de vilains rencontrés depuis le début de la série gravitant autour d’eux, mention spéciale pour L’Épouvantail.

Pour dresser une analyse globale de la série et un classement des éléments réussis et ratés de Gotham, un long article a été publié ainsi que la mise à jour des préférences de saisons.

Gotham – Saison 04 : A Dark Knight (Première partie)

Page récapitulative de la série Gotham.

Retour à une première partie de saison constituée de la moitié de son totale, soit 11 épisodes. Cette fois-ci, pas de titre pour cette partie mais pour la saison en entier : A Dark KnightUn Chevalier Noir »). Cela laisse imaginer une volonté de plus en plus forte de dévoiler Batman relativement tôt… Que vaut cette première partie de saison 4 ? Critique.

Le Pingouin distribue des licences « d’autorisation de racket et extorsion » validées par le maire et le commissaire (un inconnu plus haut placé que Bullock). Cet accord spécial — la Pax Penguina — est décrété en remerciement de la ville pour l’aide fournie par le Pingouin de se débarrasser de la Pègre trois mois plus tôt (fin de saison 3 donc). Évidemment, Gordon ne l’entend pas de cette oreille… Quant à Bruce Wayne, il débute des missions de justicier, se sentant responsable de la libération du virus sur Gotham d’une part, et pensant pouvoir faire « la différence » pour rendre la métropole plus sûre d’autre part. Un « proto-Batman » malheureusement guère convaincant pour ses brefs débuts (on y revient plus tard).

Côté histoire, la Pax Penguina sert de fil rouge à cette première salve d’épisodes et permet de proposer la fille de Falcone, Sofia (parfaite Crystal Reed), en nouvelle antagoniste — très réussie, magnétique et maline. Autre venue : le Professeur Pyg en serial killer de flics — une bonne chose également. La recette de la saison 3 est reprise : on se focalise sur un ennemi secondaire et on le développe sur plusieurs épisodes (comme pour le Chapelier Fou la saison précédente donc). Ajoutons un petit retour de Jonathan Crane (le futur Épouvantail) après son passage éclair en première saison (sous l’égide de son paternel surtout) qui s’avère plus convaincant cette fois. La chute de Bullock vers une voie de corruption de plus en plus prononcée et des responsabilités compliquées draine une tension non négligeable. Celle-ci se traduit également avec une rivalité constante face à Gordon, de quoi pimenter leur relation qui était (re)devenue assez simpliste ; appréciable donc. Ce sont là les éléments les plus passionnants de cette nouvelle saison.

Malheureusement, d’autres, plus négatifs, sont à lister… On déplore bien sûr le retour de Barbara, qui était bien décédée mais est revenue d’entre les morts grâce au puits de Lazare de Ra’s Al Ghul, ce dernier voulant en faire sa complice (mais toute son histoire est ratée). C’est donc la troisième façon de revenir à la vie après les expériences de résurrection par des scientifiques (Jerome) ou celles de Strange à Indian Hill (Mooney Fish). Butch est aussi présent ; il n’était pas mort mais bien dans le coma en fin de saison précédente — cette fois c’est un marécage dans lequel étaient déversée des produits toxiques qui le sorte de son sommeil et le transforme en…  Solomon Grundy. Le personnage « zombie » gagne un (tout petit) peu d’intérêt. Sans surprise, le jeu de David Mazouz n’excelle toujours pas, encore moins quand il enfile son masque de proto-Batman — un Dark Knight bien jeune donc, mais cohérent avec ce qu’instaure la série depuis le début. Il y avait pourtant une piste effleurée, quand Bruce Wayne doit jouer le jeune pédant lors d’une vente aux enchères et où l’acteur dévoile davantage d’émotions et d’intérêts. Ce ne fut pas assez creusé pour devenir une norme qualitative, dommage. Sans parler de ses errements en crise d’adolescence avec cuites, sorties en boîte de nuit (sic) — l’occasion de retrouver Tommy Elliott de façon éphémère et énième baston avec Alfred. Le retour de Nygma est également raté. Récupéré par une de ses groupies (!) dans le repaire du Pingouin (peu crédible déjà), le Sphinx se voit dénué… d’intelligence ! Et cherche par tous les moyens à la retrouver, ce qui amène à une collaboration avec Grundy et des retrouvailles, plus ou moins réalistes là aussi, avec Lee Thompkins. Sous un prisme féministe, on peut d’ailleurs également pointer du doigt les nombreux plans sur les décolletés féminins — c’était déjà énormément le cas en saison 3. En arriver là pour susciter une vague notion « sexy » pour le public est risible.

Parmi les bons points, outre ceux de l’histoire vus en début d’article, évoquons un peu la technique avec notamment une musique plus soignée (là où les trois saisons précédentes n’étaient guère mémorables sur ce sujet). On apprécie aussi toujours autant l’esthétisme de la ville de Gotham, à mi-chemin entre ce qu’on connaît dans les films, les comics et les jeux vidéo. Temporellement parlant, on situe difficilement la période d’action puisque la technologie des téléphones portables indiquent plutôt la fin des années 1990 là où les télévisions et les costumes de certains habitants (à commencer par les journalistes) flirtent avec l’élégance des années 50 par exemple. De plus, la ville dévoile le temps de quelques plans de transitions un dirigeable en haut de ses buildings mi-rétro, mi-modernes. Tout cela est vraiment un aspect réussi du show même s’il est dommage de montrer un peu trop d’intérieur : le Manoir Wayne (qui se résume souvent à la cuisine et un bureau dans une bibliothèque), l’Iceberg Lounge, nouveau QG du Pingouin (dont on ne visualise jamais une vue extérieure), le GCPD (avec les places de Gordon et Bullock surplombant les policiers lambdas), et ainsi de suite.

En conclusion, on retrouve les éléments habituels qui fonctionnent bien (Le Pingouin, la ville  de Gotham soignée…), des nouveaux qui sont également réussis (le Professeur Pyg, Sofia Falcone, la rupture entamée entre Bullock et Gordon, un Épouvantail plus convaincant qu’en début du show…) et — malheureusement — toutes les problématiques inhérentes de la série. Cela se traduit, comme toujours, par les mêmes personnages qui plombent le récit, comme Tabitha, Barbara et même Selina (formant un drôle de trio, type « Birds of Prey low cost »), Bruce Wayne en proto-Batman qui ne convainc absolument pas (ni par son charisme à cause de l’acteur David Mazouz, ni par son évolution hyper rapide — pas de réel entraînement au combat — donc peu plausible) et aussi par les arcs narratifs novateurs qui sont ratés (Ra’s Al Ghul en tête — le (normalement) charismatique immortel étant réduit à un antagoniste certes puissant mais peu inspiré pour son avenir et pas des masses bien interprété —, un chasseur de primes en cuir pour aider le Pingouin…) ou d’anciens qui se poursuivent mais sont risibles (l’évolution de Nygma, Barbara…).

Bref, des problèmes d’écriture et de casting, comme toujours. À l’instar de la première partie de saison 3, on oscille ici entre de très très bonnes choses et l’extrême inverse avec de très mauvaises. Pénible mais toujours un minimum intéressant (à ne pas regarder bien sûr au premier degré ou en tant qu’adaptation réussie) pour avoir envie de poursuivre — d’autant plus que la fin de ce premier segment annonce des statu quo stimulants.