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Knightfall – Tome 4 : La Quête

Après La Chute, Le Défi et La Croisade, voici le quatrième tome de la saga Knightfall : La Quête !

[Histoire]
Jean-Paul Valley sème toujours la terreur dans Gotham City, sous le masque, ou plutôt l’armure de Batman, qu’il peaufine sans cesse. Gordon ne le soutient plus dans ses actions radicales et beaucoup trop violentes pour un justicier.

Le tueur en série Abattoir va sévir et Batman/Azrael va avoir du mal à l’arrêter, préférant sauver des innocents au lieu de le poursuivre. Mais ses démons intérieurs le guident de plus en plus vers une voie d’assassinat…

Bruce Wayne et Alfred tentent en vain de trouver une issue de guérison possible. Le Dr Shondra a été kidnappée par le Dr Asp et ce dernier va la pousser à utiliser ses pouvoirs télépathiques pour tuer à distance.

Voir ci-dessous pour les détails des chapitres.

 Knightfall est une saga qui se découpe en trois parties distinctes :
• KnightFall : Broken Bat (tome 1 : La Chute) et Who Rules the Night (tome 2 : Le Défi)
•
KnightQuest : The Crusade (tome 3 : La Croisade) et The Search (tome 4 : La Quête)
• KnightsEnd : (tome 5 : La Fin)
Deux préludes sont disponibles :
• La Lame d’Azraël (qui introduit Jean-Paul Valley)
• La Revanche de Bane (narrant ses origines)
Enfin, trois épilogues concluent la série :
• Aftermath (tome 5 : La Fin)
• Prodigal (Le Fils Prodigue)
• Troika (Le Fils Prodigue)

[Index détaillé disponible sur cette page.]

[Histoire détaillée]

Ce quatrième tome propose l’arc KnightQuest : The Crusade (La Croisade), ainsi que la suite et fin de KnightQuest : The Search (La Quête), et se compose de la façon suivante (attention chaque chapitre est sobrement résumé mais il y a donc un risque de dévoiler certains éléments majeurs de la saga) :

___ Suite de Knightquest – The Crusade [La Croisade], entamé à la fin du volume précédent

• La Croisade – Chapitre #16 (Shadow of the Bat #24) : Sans Titre (The Immigrant – Rosemary’s Baby)
Azrael enquête sur un trafic de bébés, enlevés aux démunis et revendus dans la ville.
[Scénario : Alan Grant / Dessin : Vince Giarrano / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #17 (Batman #505) : Liens du Sang (Blood Kin)
Azrael piste le tueur en série Abattoir, qui tue les membres de sa famille, même les liens de sang les plus éloignés. Par ailleurs, Jean-Paul Valley prend conscience du travail de détective à faire en amont et à la volonté non pas de punir mais protéger en premier lieu.
[Scénario : Doug Moench / Dessin : Mike Manley / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre  #18 (Shadow of the Bat #25) : Sans Titre (Joe Public: The Birth of a Hero)
L’Homme-Corrosif s’échappe de sa prison. Capable de générer de l’acide, le mutant souhaite tuer Kadavre. Azrael et un nouvel héros, capable d’absorber puis relâcher les pouvoirs de son adversaire, se dresseront face à lui.
[Scénario : Alan Grant / Dessin : Bret Blevins / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #19 (Batman #506) : Les Malfaisants Maniaxés (Malevolent Maniaxe)
Azrael/Batman poursuit Abattoir, le tueur en série intéresse aussi un nouveau mercenaire, Ballistic, ainsi qu’un trio musical criminel…
Scénario : Doug Moench / Dessin : Mike Manley / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #20 (Batman #507) : Ballistic (Ballistic)
Ballistic s’associe plus ou moins avec Batman, les deux cherchent encore le fameux Abattoir.

Scénario : Doug Moench / Dessin : Jim Balent / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre  #21-22 (Shadow of the Bat #26-27): Sans Titre (Creatures of Clay – Diary of a Lover/Child’s Clay)
Dame d’Argile attaque Azrael/Batman et Gueule d’Argile enlève le cousin éloigné d’Abattoir. La relation amoureuse des deux monstres est révélée.
[Scénario : Alan Grant / Dessin : Bret Blevins / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #23 (Detective Comics #674) : Puissance de Feu (Out-Gunned)
Le tueur d’élite GunHawk et sa femme « Bunny » tuent une personne à 1.800 mètres de distance. Azrael/Batman enquête et suit la trace du couple fan d’armes à feu en tout genre.
[Scénario : Chuck Dixon / Dessin : Graham Nolan / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #24 (Batman #508) : Restes mortuaires (Mortal Remains)
Azrael/Batman retrouve la trace d’Abattoir. Il est bien décidé à affronter une ultime fois le tueur en série. Mais Robin est lui aussi en chemin…
[Scénario : Doug Moench / Dessin : Mike Manley / Couleur : Buzz Setzer]

• La Croisade – Chapitre #25 (Batman : Shadow of the Bat #28) : Titre inconnu (Commissioner Gordon : The Long Dark Night)
Gordon est à bout. Il sait que le Batman n’est plus le même, celui-ci a été trop loin : il a laissé mourir un criminel. Jean-Paul n’éprouve aucun état d’âme.

[Scénario : Alan Grant / Dessin : Bret Blevins / Couleur : Adrienne Roy]

• La Croisade – Chapitre #26 (Detective Comics #675) : Duel à minuit (Midnight Duel)
Jean-Paul a à nouveau conditionné et améliorer son armure, véritable canonnière vivante. Il retrouve GunHawk dans un hôpital. Le tueur y a laissé sa femme blessée et retient en otage le personnel.
[Scénario : Chuck Dixon / Dessin : Graham Nolan / Couleur : Adrienne Roy]

___ Suite de Knightquest – The Quest [La Quête], débutée à la fin du tome deux et continuée à la fin du trois.

• La Quête – Chapitre #6-7 et conclusion (Legends of the Dark Knight #59-61) : La Proie #1-3 (Quarry)
Bruce Wayne et Alfred enchaînent les visites chez les médecins, tous sont formels : la guérison est quasiment improbable. Refusant d’admettre cette fatalité, Bruce continue tout de même son modeste combat. Par conséquent Alfred démissionne et retourne au Manoir Wayne, il demande à Jean-Paul d’aider son maître.
Le Dr Shondra, toujours prisonnière du Dr Asp, est forcée d’utiliser ses forces mentales pour tuer des personnes à distance. Son enfance explique alors son lien avec Asp : tous les deux étaient frères et sœurs adoptés.

[Scénario : Dennis O’Neil / Dessin : Eduardo Barreto / Couleur : Digital Chameleon]

___ Reprise et fin de Knightquest – The Crusade [La Croisade]

• La Croisade – Conclusion (Robin #7) : Le tournant ! (Turning Point)
Timothy Drake hésite à dire à Bruce à quel point Jean-Paul est devenu dangereux. En effet, après sa guérison, Wayne envisage de rester en retraite de Batman. Mais lorsqu’il comprend ce qu’il se passe, il se doit de faire une remise en forme rapide…
[Scénario : Chuck Dixon / Dessin : Tom Grummett / Couleur : Adrienne Roy]

[Critique]
Après un troisième tome qui était plus que moyens (mais dont certains chapitres relevaient un peu le niveau), ici rien n’est vraiment passionnant. La Croisade est vraiment la partie la plus longue et la plus ennuyeuse de toute la saga Knightfall. Des tonnes de planches pour voir l’évolution dramatique et radicale de Jean-Paul, qui paradoxalement a bien du mal à retrouver des ennemis de bas étage. Ses doutes et questionnements, notamment par rapport au combat qu’œuvrait Bruce Wayne sont sans doute les moments narratifs les plus intéressants mais cela reste très maigre. Le personnage sous son armure ne génère guère d’empathie, à l’inverse de Jean-Paul « l’humain » mais qui est malheureusement trop peu présent.

La bonne idée de cette suite est d’instaurer un fil narratif grâce au tueur en série Abattoir (sic). Il y a donc un côté un peu plus feuilleton plutôt que des suites de mini-histoires sans lien. Les deux chapitres les plus attachants sont ceux sur Gueule et Dame d’Argile. Leur triste romance est vraiment réussie. Le couple mi-monstrueux mi-humain est l’un des rares passages (avec la conclusion du tome) qui procure un peu de plaisir, malgré des dessins assez laids. En effet, rien d’extraordinaire non plus dans ce tome, il y a toujours ce côté old-school, tantôt nostalgique et agréable, tantôt kitch et hideux au possible. L’armure de Batman n’arrange en rien l’aspect graphique du volume, avec son côté futuriste.

Le retour de Bruce Wayne semble être, comme dans le tome précédent, le seul élément qui fait avancer concrètement l’histoire. Mais hélas la facilité narrative de sa guérison est clairement ridicule et beaucoup trop « facile ». Seul le chapitre de conclusion, avec Timothy Drake, promet enfin une suite digne de ce nom tellement la série s’était essoufflé sur les tomes trois et quatre. Ces deux livres reprennent donc La Quête et La Croisade, en les ayant mélangé un peu, et ce sont clairement deux arcs mal écrits et peu passionnant. Sans aucun doute

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 6 septembre 2013.
Titre original : Knightfall
Scénario : Chuck Dixon et Doug Moench [Voir le détail par chapitre ci-dessus]
Dessin : Graham Nolan et Mike Manley [Voir le détail par chapitre ci-dessus]
Couleurs : Adrienne Roy [Voir le détail par chapitre ci-dessus]
Encrage : Scott Hanna, Joe Rubinstein, Eduardo Barreto, Steve George, Dick Giordano
Lettrage : Christophe Semal et Laurence Hingray
Traduction : Alex Nikolavitch
Adaptation Graphique : Nicolas Cardheilac
Titres originaux des chapitres : voir le détail par chapitre ci-dessus
Première publication originale dans contient Batman #505-508, Shadow of the Bat #24-27, Detective Comics #674-675, Legends of the Dark Knight #59-61, Robin #9 d’octobre 1993 à avril 1994.

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La Lame d’Azrael

Introduction de la longue saga Knightfall (avec La Revanche de Bane), La Lame d’Azrael est étonnamment sortie en même temps que le dernier tome. Il est évidemment conseillé de lire cette histoire avant Knightfall. Ce titre avait déjà été publié en avril 1993 chez Comics USA, simplement intitulé Azrael.

la lame d'azrael[Histoire]
Un étudiant de Gotham City, Jean-Paul Valley, est surpris par la visite inattendue de son père, mourant, chez lui. Ce dernier, affublé d’un costume mi-médiéval mi-robotique, lui apprend qu’il est Azrael et que son fils va devoir reprendre le flambeau de cet alter-ego punisseur.

Le jeune homme se rend alors en Suisse où il découvre que sa famille se succède depuis le XIVe siècle dans la peau d’Azrael et qu’ils font partie de la lignée de l‘Ordre de Saint-Dumas. Il apprend que son père l’avait entraîné sans qu’il le sache, sous hypnose, depuis son enfance.

Bruce Wayne et Alfred sont également à sa poursuite, enquêtant sur le tueur du premier Azrael : un certain LeHah. Tous se retrouvent en Europe : Jean-Paul en apprenti adepte d’une cause qu’il a du mal à définir juste ou non, LeHah bientôt possédé par un autre démon et Bruce et Alfred vite repérés…

[Critique]
Lecture pas forcément indispensable à la compréhension de Knightfall, mais néanmoins conseillé pour mieux comprendre le personnage de Jean-Paul/Azrael. Ses origines ne sont pas spectaculaires. On a du mal à croire en l’Ordre de Saint-Dumas, à priori œuvrant en secret depuis des lustres, avec des épées enflammées et des cyber-armures… Ainsi que l’entraînement sous hypnose (sic). Le récit s’entache même dans le registre purement fantastique avec les discours confus de réincarnation de démons.

En revanche, situer l’action en Suisse, loin de Gotham City, est excellent. On voit d’ailleurs davantage Bruce Wayne que Batman, ce qui n’est pas déplaisant non plus. La complicité entre Alfred et Jean-Paul est très agréable, on perçoit la probabilité d’un éventuel remplaçant de Batman. Le côté presque schizophrénique de Valley est aussi au rendez-vous, sous son armure l’homme est un tueur acharné. Sous le masque, il est très attachant et pose de nombreuses fois des réflexions sur la moralité.

Ces moments-ci sont donc les meilleurs de la bande dessinée comparés aux autres cités au-dessus, auxquels on peut ajouter un dessin et une colorisation qui ont franchement mal vieillis. Si l’aspect old-school de certains épisode de Knightfall possèdent un petit charme nostalgique, ici c’est tout l’inverse, c’est kitch et laid. L’ouvrage se termine sur le chapitre #488, qui montre Robin et Jean-Paul s’entraîner. Un nouveau « mini-prélude » à Knightfall (qui commence officiellement au #489).

Ces origines de l’ange exterminateur sont donc intéressantes mais pas indispensables, toutefois il est toujours agréable de voir la naissance d’un personnage qui deviendra emblématique dans l’univers du Dark Knight.

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 24 janvier 2014.

Titre original : Batman : Sword of Azrael #-4
Scénario : Dennis O’Neil
Dessin : Joe Quesada
Couleur : Lovern Kindzierski
Encrage : Kevin Nowlan

Publication originale en 1992.

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Killing Joke

Retour sur une œuvre culte éditée sous plusieurs titres : Souriez ! (Comics USA en 1989), Rire et Mourir (Delcourt en 2000), La blague qui tue (en Belgique en 2001, dans un recueil d’histoires sur Batman vendu avec un quotidien) puis The Killing Joke (Panini Comics en 2009), le nom original, avant d’être publié, à nouveau, sous le sobre Killing Joke chez Urban Comics en mars 2014.

batman killing joke[Histoire]
Batman se rend à l’Asile d’Arkham pour s’entretenir avec son ennemi de toujours : Le Joker. Mais ce dernier s’est une nouvelle fois échappé…

Le Clown du Crime prend ses quartiers dans un parc d’attractions abandonné. Il kidnappe le commissaire James Gordon, tire sur sa fille Barbara et convie le Dark Knight sur les lieux dans un seul but : lui prouver que n’importe qui peut sombrer dans la folie, après avoir passé une mauvaise journée…

C’est en effet ce qui est apparemment arrivé au Joker. Son passé est dévoilé petit à petit : comique raté et bientôt père de famille, l’homme pauvre n’a guère le choix que d’endosser le costume de Red Hood et se rendre complice d’un vol qui va évidemment mal tourner…

batman joker killing joke[Critique]
La première lecture de Killing Joke est toujours délicate. Un sentiment d’effroi devant toute la folie et la barbarie du Joker mais aussi un malaise devant la planche finale sont souvent perceptibles, étrangement également « une petite déception ». En effet, l’œuvre reçoit tellement de louanges qu’on pourrait s’attendre à quelque-chose de plus long (le récit tient sur quarante-six page) et plus dense peut-être, surtout à l’association du prestigieux nom d’Alan Moore. Sauf que Killing Joke fait partie de ces histoires cultes qu’il faut lire et relire, pour en savourer pleinement le talent narratif et graphique. Car la bande dessinée assure sur ces deux terrains.

Il y a tout d’abord le scénario d’Alan Moore, le talentueux britannique maître de Watchmen, V pour Vendetta ou encore From Hell. Il dresse un portrait extrêmement sombre, mais aussi terriblement humain, du Joker au fil des cases. L’éternel dualité qui l’oppose à Batman (qui n’est pas au centre de Killing Joke) est mise en avant avec pertinence : quand cessera le combat entre le justicier et le fou ? Jusqu’où le Joker devra-t-il aller pour que Batman le tue ? Sont-ils destinés à s’affronter inéluctablement ? Le Joker peut-il devenir quelqu’un de bon ? Ces interrogations sont éparpillées, subtilement ou non, jusqu’à la fin de l’ouvrage. Juste avant une « blague qui tue » et qui amuse les deux hommes, comme deux bons copains qui rigolent autour d’un verre. Cela fait froid dans le dos. Surtout en repensant au supplice et à l’humiliation subie par James Gordon et surtout par sa fille. Blessée et handicapée (et peut-être violée) suite à l’attaque du Joker, elle sera contrainte de passer la fin de sa vie en fauteuil roulant (enfin, avant le Relaunch DC Comics). Car oui, c’est de Killing Joke dont sont tirées quelques aspects « incontournables » de l’univers du Dark Knight : le passé du Joker, le sort de Barbara, le retour de Red Hood, le côté extrêmement sombre et la dualité ambiante entre Batman et son ennemi… Tout cela est donc dû à cette œuvre, preuve qu’elle affronte les épreuves du temps avec brio. Elle a influencé les histoires de l’homme chauve-souris, aussi bien en bandes dessinées qu’au cinéma, ou en jeux vidéo et séries animées, et continue de le faire de nos jours.

joker visage avant sans masque(En haut la version recolorisée, en bas la version originale. Cliquez pour agrandir.)

Les dessins de Brian Bolland ne sont pas en reste. Le découpage très symétrique de ses planches, très certainement orientées par les story-boards d’Alan Moore qui lui sont relativement chers, et les points de vue adoptés case après case confèrent au comic-book cette originalité propre. Mention spéciale pour les vues subjectives alternées. En plus d’avoir des traits relativement modernes et qui ne « vieillissent pas » (le récit datant tout de même de 1988), l’artiste réussit à emmener le lecteur dans une ambiance poisseuse et malsaine, par sa violence inouïe (que Moore regrettera par la suite) et le silence « lourd » de certaines scènes. L’édition d’Urban Comics propose la version « de luxe » sortie en 2008. En effet, à la base c’est John Higgins qui avait colorisé Killing Joke (il avait déjà effectué un superbe travail sur Watchmen, toujours avec Alan Moore à l’écrit). Toutes les planches étaient en couleur, avec un petit côté « old-school » et plus psychédélique (on aurait aimé avoir les deux versions dans l’édition tout de même) mais avec peut-être moins « d’efficacité », en terme d’intensité du rendu, que le travail qu’a effectué par la suite le propre dessinateur Brian Bolland. Ce dernier avait reconnu avoir été déçu par ces couleurs, qu’il n’avait pas pu assurer faute d’un emploi du temps chargé (par ailleurs, il est à l’origine du projet depuis le début, c’est lui qui a proposé une histoire indépendante sur le Joker avec Moore comme auteur) et il a donc effectué la recolorisation de son œuvre, pour aboutir à la version qu’il avait en tête dès le départ. Outre de remanier les tons de façon relativement plus froide, et donc de surenchérir par le côté sombre de l’histoire, il a choisi de passer en noir et blanc toutes les scènes de flash-back, exceptés quelques éléments de couleur chaude. Le ton jaune et orange deviendra ainsi rouge vif par la suite avec le masque et la cape de Red Hood, avant que tout le personnage du Joker ne prenne des couleur lors de sa véritable naissance. Superbe.

Killing Joke Barbara Gordon(À gauche la version recolorisée, à droite la version originale. Cliquez pour agrandir.)

L’édition est à peu près la même que celle de Panini Comics, sortie cinq ans plus tôt : la préface de Tim Sale (dessinateur d’Amère Victoire, Un Long Halloween…) est proposée, ainsi que la postface de Brian Bolland (dont la fin suggère une hypothèse avancé par Grant Morrison en 2013 : Batman tue le Joker dans les dernières cases de Killing Joke !) suivi d’une courte histoire : Un parfait innocent. La confession d’un homme en apparence « bien » qui souhaite utiliser son libre-arbitre pour faire quelque-chose de « mal » : tuer Batman. Quelques croquis préparatoires, en noir et blanc et en couleur, ainsi que d’autres couvertures sur le Joker signées Bolland complète cet ouvrage, à posséder obligatoirement (13€ seulement — même si cela peut paraître un poil cher par rapport au nombre de pages de la BD en elle-même, à savoir 46) pour tous les fans de Batman, ceux qui découvrent son univers ou qui souhaitent redécouvrir cette histoire culte.

batman vs joker killing jokeNB : Pour l’anecdote, l’Homme-Mystère a vu l’assassinat de la femme du Joker (avant qu’il ne soit fou) et proposera un marché à ce dernier. C’est à découvrir dans Vengeance, une des histoires qui suivait Silence. D’un moindre intérêt évidemment, mais une curiosité (désolé pour l’article de l’époque, peu fourni, cela a bien changé depuis !).

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 7 mars 2014.

Scénario : Alan Moore
Dessin & Couleur : Brian Bolland
Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Christophe Semal & Laurence Hingray (Studio Myrtille)

Publication originale dans The Killing Joke – The Deluxe Edition / Batman Black & White #4 en juillet 2006. Récit originale en 1988.

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Joker Killing Joke GordonJames Gordon à Batman :
– […] rattrapez-le ! Vous devez le coffrer… et faire ça dans les règles.
– Je vais essayer.
– Dans les règles, je vous dis ! Il faut lui montrer ! Lui montrer que nos valeurs prévalent !