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DC Saga présente : Batman – Vendetta – Les origines de Wrath

Nouveau magazine trimestriel d’Urban Comics, DC Saga présente propose des aventures hors série de l’univers DC (comme ce premier numéro sur le Dark Knight) ou bien des principaux événements éditoriaux (ce qui sera visiblement le cas du second numéro avec la guerre des Ligues).
Ce premier magazine revient sur Wrath, un ennemi de Batman atypique. Sa première apparition, datant de 1984, est publiée ici dans un chapitre (Le joueur qui me fait face) et quatre autres (Les raisons de la colère), sortis en 2008, sont proposés ensuite et aborde les origines de Wrath.

DC Saga presente batman vendetta wrath[Histoires]

Le joueur qui me fait face.
La nuit du 26 juin, les parents du jeune Bruce Wayne sont assassinés sous ses yeux. Cette tragédie sonnera comme les prémices de la naissance de Batman, des années plus tard.
La même nuit, un autre enfant devient orphelin : alors qu’il fait le guet pendant que son père et sa mère commettent un vol, il ne voit pas un policier, James Gordon, venir. Ce dernier, en état de légitime défense, est contraint de tuer le couple sous les yeux du jeune homme. Celui-ci nourrira alors une haine farouche contre les hommes de lois, deviendra un tueur à gages hors-pair et officiera sous le nom de Wrath, en utilisant un costume similaire à celui du Dark Knight et de nombreux gadgets. Alors qu’il tente une nouvelle fois de tuer Gordon, il est confronté à son double, Batman, dont il découvre rapidement la véritable identité…

Les raisons de la colère. [risque de spoilers]
Wrath est de retour ! Comment est-il revenu d’entre les morts ? Ce nouveau Wrath est-il un imitateur ? Batman enquête avec l’aide de Nightwing. Wrath continue de s’en prendre à la police, mais également à son ancienne maîtresse, qui œuvre désormais pour le bien en compagnie de Leslie Thompson, une dame âgée qui avait aidé Bruce enfant lors de la mort de ses parents.
Wrath semble plus fort, plus déterminé que jamais. Le mystère entourant ses origines se dévoile petit à petit avant d’ultimes confrontations face aux justiciers masqués et au commissaire Gordon, qui cache lui aussi de lourds secrets.

Batman Wrath 2 DC[Critiques]
Ces deux histoires sont d’agréables découvertes pour ceux qui ne connaissent pas Wrath. L’idée est tellement simple mais efficace : le destin de deux hommes, dont les parents sont morts dans les mêmes circonstances, l’un choisit la voie du « bien », l’autre du « mal ». Les deux sont finalement liés mais en ayant un but différent.

Si le premier récit est relativement prévisible (on s’étonne d’ailleurs de la naïveté de certains personnages, comme Thompson ou Gordon à propos de la fameuse nuit du 26 juin et de la corrélation avec Bruce Wayne/Batman), le second est plus original, plus moderne aussi, évidemment, donc peut-être plus accessible. En effet, les dessins de 1984 ont pris un petit coup de vieux, les amateurs du côté vintage/old-school seront ravis, les autres sans doute un peu moins.

Batman Wrath 4Rien de transcendant dans le fond non plus, on espère surtout revoir cet ennemi dans des arcs plus longs (même si cela paraît peu plausible désormais). Le développement du personnage est bien effectué, il aurait mérité un traitement peut-être plus long, s’articulant sur une saga peut-être plus mystérieuse, moins avenante. Certains dialogues sont relativement pertinents, sur l’utilité de la violence, de la justice… Un côté déjà-vu forcément, mais qui pour l’époque faisait peut-être plus mouche que de nos jours.

Ça reste une bonne découverte, que l’ensemble des nouveaux fans ne connaissent peut-être pas. Le côté sombre de Gordon et le thème de l’ennemi miroir proposés dans deux récits complets pour 5,60€, ça ne se refuse pas de toute façon !

Batman Wrath 3 DC[À propos]
Publié en France dans DC Saga présente : Batman – Vendetta #01 (printemps 2014) le 28 mars 2014.

Le joueur qui me fait face.
Scénario : Mike W. Barr
Dessin : Michael Golden
Couleur : Adrienne Roy
Encrage : Mike Decarlo
Publication originale dans Batman Special #1 « Player on the other side » (juin 1984)

Les raisons de la colère.
Scénario : Tony Bedard
Dessin : Rags Morales
Couleur : I.L.L.
Encrage : Mark Farmer / Rodney Ramos
Publication originale dans Batman Confidential #13 à #16 : Wrath Child (mars à juin 2008)

Lettrage : Stephen Boschat (studio Makma)
Traduction : Xavier Hanart

Batman Wrath 2 Nightwing

Batman – Tome 4 : L’An Zéro (1ère partie)

Batman 4 L'An Zero 1ere partieBatman – Tome 4 : L’an Zéro (1ère partie)
Contient : Cité Secrète (#21 à #24) + Batman #0
Batman – Tome 5 : L’An Zéro (2ème partie)
Contient : Cité des Ombres (#25-27 + #29) + Cité Sauvage (#30-33)

L’An Zéro (Zero Year en VO) est le nom du nouvel arc du tandem Snyder/Capullo. Après La Nuit des Hiboux et Le Deuil de la Famille, le duo revisite les origines de Batman dans une longue saga en trois parties : Secret City * (#21 à #24), Dark City (#25 à #27 et #29) et Savage City (#30 à #33). Le chapitre #28 ne fait pas partie de cet arc.
En France, la publication a commencé dans Batman Saga #23 et les chapitres sont compilés en deux volumes, les tomes 4 et 5 de la série (voir ci-dessus). De plus, le chapitre #25 se répercute dans d’autres séries consacrées à l’univers du Dark Knight mais aussi dans Flash, Green Arrow, Superman et Green Lantern !

Voici la critique des quatre premiers chapitres de cet arc, qui composent donc le tome 4 de la série Batman, lui même introduit par la chapitre #0, qui était chroniqué ici.

Batman Zero Year Moto#21 à #24 • Secret City (+ début de Dark City *)

[Histoire]
Six ans avant que Gotham City ne connaisse son justicier Batman, ce dernier effectuait ses premiers fait d’armes. Sa principale occupation : infiltrer le gang des Red Hood afin de démasquer leur leader et mettre fin aux diverses opérations terroristes qu’ils commettent.

Parallèlement, Bruce Wayne, 25 ans, refuse de se montrer au grand jour (il est censé être mort depuis des années). Seul son majordome, Alfred, sait qu’il est vivant et l’épaule dans sa nouvelle quête comme il le peut. Le frère de sa mère, Philip Kane, le retrouve aussi et lui propose de revenir à la tête des entreprises Wayne mais Bruce refuse.

Kane s’octroie alors les services d’un conseiller très particulier, un certain Edward Nygma. Ce dernier croisera le chemin de Bruce Wayne
En plus de ces problèmes familiaux et économiques, les Red Hood, dont l’homme masqué à leur tête rappelle étrangement le Joker, s’en prennent directement au jeune homme…

Batman Joker Zero Year[Critique]
C’est sans aucun doute le meilleur travail de Scott Snyder jusqu’à présent. Nettement supérieur à ses productions précédentes. Il y a un réel plaisir à découvrir ces nouvelles origines : le fan y voit de nombreux clins d’œil à la mythologie du Dark Knight tandis que le novice fait ses premiers pas dans un univers qui lui deviendra familier.

« Les cases de Greg Capullo sont toujours très soignées et élégantes. »

Il y a avant tout le personnage de Bruce Wayne, le jeune milliardaire, censé être mort, n’est pas encore prêt à se montrer aux médias et à la population. Ce sont d’amères expériences qui le guideront à afficher publiquement son statut de chef d’entreprise, dont des dialogues très corsés avec son fidèle Alfred. Les échanges très tendus entre les deux surprennent et dévoilent une relation totalement différente de celle qu’on connaîtra par la suite. Par ailleurs, le majordome déplore totalement la façon d’agir de son maître, et n’hésite pas à évoquer purement une lâcheté vis-à-vis de ses parents.

Ensuite, il y a Batman, ses premiers gadgets et costume. Il n’est pas encore au point (sa véritable « naissance » s’opère dans le dernier chapitre et son mythe commencera dans le suivant (#25)), il prend conscience de diverses tactiques à adopter. C’est un nouveau commencement qui s’opère dans les cases, toujours très soignées et élégantes, de Greg Capullo.

Batman Sphynx Zero YearEnfin, il y a de nombreuses références aux personnages d’anthologie qui apparaissent subtilement ou sont évoqués rapidement : Le Pingouin, Vicky Vale, Harvey Dent, Carmine Falcone, etc. Évidemment il y aussi Edward Nygma, alias le Sphynx, qui prendra plus d’ampleur dans la suite de cet arc. On le voit ici en civil, il n’est pas encore costumé mais son esprit énigmatique est déjà très puissant. Le découpage original de la planche qui sert de jeu de piste entre lui et Bruce Wayne est excellent.

« Le même look du culte Killing Joke, bel hommage. »

Le Joker est également présent et vole la vedette au Chevalier Noir lors du dernier chapitre. Le gang des Red Hood, déjà mentionné dans Batman #0 (qui se greffe parfaitement à cette histoire), est un véritable mystère : plus de trois cent personnes en font partie mais sont visiblement victimes de chantage et agissent sous la peur. Ils portent tous une cagoule rouge, la même qu’aura Jason Todd des années après. Seul Red Hood One, le diabolique leader, utilise un casque, le même look qui était dans le culte Killing Joke, bel hommage. Mais la comparaison s’arrête là puisque la plongée dans le bain d’acide diffère dans cette version. De même l’identité de ce Red Hood One demeure un mystère, il y a peu de doutes qu’il s’agisse du futur Joker, mais on ne sait pas depuis quand il était présent au sein de gang (et donc s’il avait une volonté machiavélique dès le départ).

Batman An ZeroC’est pendant le long chapitre #24 que l’excitation est à son comble, tout s’enchaîne très bien, comme devant un bon film, on se délecte des échanges verbaux et musclés des protagonistes et cette première petite conclusion est superbe, il n’y a rien à redire dessus.

Les trois premiers back-up révèlent Bruce Wayne, âgé respectivement de 19, 21 et 24 ans, pendant son exil de Gotham City. Ces petites histoires permettent de découvrir l’apprentissage et les diverses actions qu’a mené le futur Chevalier Noir dans différents pays. Le dernier back-up est l’épilogue du chapitre #24, revenant notamment sur le fameux Red Hood One.

« De nouvelles origines qui ne trahissent pas
la mythologie instaurée jusqu’ici par différents auteurs. »

En plus des personnages, c’est une fois encore la ville qui prend une place décisive dans le récit de Snyder, exactement comme il l’avait fait dans Les Portes de Gotham et La Nuit des Hiboux. Il continuera d’explorer cette thématique dans la suite de l’An Zéro, puisqu’à la fin de ce chapitre, Gotham est plongé dans le noir par le Sphynx. Le scénariste n’hésite pas non plus à placer des souvenirs d’enfance de Bruce Wayne avec son père, brillamment découpés par son collègue Greg Capullo dans des planches qui donnent un écho aux actions se déroulant dans le présent.

C’est donc un « coup de maître » que ce début d’arc qui ravira tout le monde. Un solide scénario, de nouvelles origines qui ne trahissent pas la mythologie instaurée jusqu’ici par différents auteurs, dont Frank Miller et son excellent Année Un (auquel Snyder voulait à la base se référencer pour ne pas dénaturer les débuts de Batman, avant de s’apercevoir que ça ne fonctionnait pas). Graphiquement c’est encore une fois de superbes planches aux traits fins et précis que nous offre Capullo. On pourrait lui reprocher le non-vieillissement de son héros (si l’on compare cet arc aux précédents, qui se déroulent donc plusieurs années après). Quatre chapitres qui se lisent d’une traite. Un régal.

Batman Red Hood Zero Year

* L’An Zéro se divise en trois parties mais qui, étrangement, ne correspondent pas aux mini-arcs narratifs. En effet tout un pan de l’histoire se suit du chapitre #21 au #24, puis, du #25 au #27 et #29, c’est un autre récit qui prend place. Il s’agit donc de Cité Secrète et de Cité des Ombres. Mais dans la version originale, le chapitre #24 est considéré comme le début de la Cité des Ombres (et non la fin de Cité Secrète). Urban l’a appelé « Conclusion de Cité Secrète », ce qui est beaucoup plus logique et cohérent.

[À propos]
Ces quatre chapitres seront normalement publiés dans Batman Saga #23 à #26 (avril à juillet 2014).
Publications originales dans Batman #21 à #24 (juin à septembre 2013).
Le premier chapitre a été publié dans l’Anthologie Batman d’Urban Comics.

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• Tome 4 : L’An Zéro – 1ère partie
• Tome 3 : Le Deuil de la Famille
• Tome 2 : La Nuit des Hiboux
• Tome 1 : La Cour des Hiboux

Batman – Tome 03 : Le Deuil de la Famille

Batman le deuil de la famille[Histoire]
Le Joker est de retour à Gotham City après un an d’absence. Il s’était fait enlever le visage par le Taxidermiste (cf. Detective Comics #01) avant de quitter la ville du Chevalier Noir pour élaborer son plan. Ce dernier consiste à briser la famille de Batman, c’est à dire la plupart de ses alliés : Nightwing, Batgirl, Red Robin, etc.

Selon le Clown du Crime, c’est l’attachement de Batman à cette famille qui l’affaiblit et le rend par conséquent plus vulnérable et c’est cela qu’il déplore, il souhaite (re)trouver un adversaire digne de lui. Afin de tuer « psychologiquement » cette famille, le Joker va préparer un dîner particulier où les convives seront les alliés du Dark Knight. Il commence donc par capturer un majordome habitué des soirées mondaines : Alfred Pennyworth.

Est-ce le hasard ou bien un choix délibéré de choisir le domestique de Bruce Wayne ? De plus, lorsque le Joker avoue connaître l’identité de chaque allié, s’agit-il d’un coup de bluff ou d’un réel chantage ? Pourquoi sa carte s’est retrouvée dans la BatCave et personne n’a été mis au courant alors que Batman le savait pertinemment ?
C’est en semant le trouble et en s’en prenant violemment ou avec de la torture psychique sur l’entourage de Batman que le Joker va mener à bien ses objectifs.

Perdant peu à peu la confiance de ses alliés, le Chevalier Noir va se confronter à son pire ennemi dans un lieu emblématique : l’asile d’Arkham.

Batman Deuil Joker[Critique]
Cette critique porte sur le recueil publié en librairie (qui contient uniquement la série Batman et ses back-up) mais aussi sur les publications dans Batman Saga (avec l’intégrale des histoires annexes). Attention donc à bien différencier les deux.

« Revenir sur l’histoire globale a un goût amer,
on se sent tellement dupé par le jeu de Snyder. »

Difficile parfois de juger une œuvre tant la fin de celle-ci est importante, c’est le cas ici. Si la conclusion est loin d’être réussie, est-ce que tous les éléments précédemment mis en place, avec brio, permettent de trouver l’ensemble finalement intéressant ? Vaste débat (qui est valable également pour le cinéma).
Quoiqu’il en soit, il est indéniable que le dernier chapitre (voire les deux derniers) sont très décevants. Revenir sur l’histoire globale a un goût amer, tellement on se sent dupé par le jeu de Scott Snyder.

Joker Batman Deuil de la FamilleReprenons depuis le début.
Dès la dernière planche du premier chapitre de la série Batman, le lecteur est pris par l’histoire et voudra connaître la fin. Mais avant d’en arriver au bout, ce qui est possible très rapidement en ne lisant « que » les cinq chapitres de la série mère (et qui donne clairement un récit sans intérêt, incomplet et ridicule — c’est hélas ce qui est publié dans le recueil sorti en librairie), il est nécessaire de lire tous les petits bouts de vie des séries-sœurs (ne serait-ce que pour comprendre comment le Joker a réuni autour de sa table les alliés de Batman). À savoir : Batgirl, Nightwing, Catwoman, Red Robin (via Teen Titans), Robin (via Batman & Robin) et enfin Jason Todd (via Red Hood & the Outlaws). Chaque personnage se verra en effet confronté au Joker et finira capturé par ce dernier et ligoté au fameux dîner préparé par le Clown du Crime.

« Il est conseillé de découvrir cet arc avec
les cinq numéros de Batman Saga au lieu du recueil en libraire. »

Si les deux chapitres consacrés à Catwoman sont plutôt confus et sans réel intérêt, ceux sur Batgirl sont à l’inverse indispensables et très intéressants. La belle héroïne voit sa mère capturée par le Joker, on suppose donc qu’il connaît son identité, avant de comprendre qu’il s’agit de son frère psychopathe qui a agit en tant que bras droit du Joker (vu dans l’excellent Sombre Reflet). Le Clown ira même demander en mariage la belle…
Dans la série Detective Comics, seules quelques cases donnent un écho à la trame principale, c’est donc totalement passables (exceptés le seizième chapitre, un peu plus ancré dans l’arc). Les chapitres sur Damian Wayne (Robin) n’est pas non le plus fouillé.
En revanche, Nightwing reste une valeur sûre et, surprise, les chassés-croisés et dialogues entre Red Robin et Red Hood, sonnent justes et sont pertinents, notamment dans la série Teen Titans :

« Voilà ce qu’il pense : on affaiblit Batman. On affaiblit son efficacité. Nous tuer rendra Batman plus fort, ce qui rendra la partie plus intéressante pour le Joker. Je déteste le reconnaitre, mais il raison. Alors comment faire ? » (Teen Titans #15 Cri d’adolescent)

« Quelque part à Gotham City, des gens crient. Je les entends malgré le brouillard des drogues. Je ne peux pas ouvrir les yeux, j’ai les lèvres enflées. C’est le Jooker. Il est responsable de tout ça. Il essaie d’endurcir Batman en brisant sa famille. Nightwing, Batgirl, Catwoman, Alfred, Bruce Wayne et moi, Red Robin… Il cherche à nous tuer. Mais plus déconcertant que les cris, c’est la respiration étouffée dix centimètres devant moi. Il y a un très léger écho. Pas une cagoule. Pas un capuchon. L’odeur de la cordite et du cirage sur un pistolet Red Hood. Jason Todd. Peut-être la personne qui a été le plus pèrs d’être un vrai frère de toute ma vie. Deux outsiders dans le club de garçons le plus fermé du monde : les Robins. Rouges ou non. Anciens  »acolytes » de Batman. Jason et moi n’avons pas parlé beaucoup depuis qu’il est revenu d’entre les morts et s’est lancé dans une grande vengeance. Mais je peux vous dire ceci. Si je dois affronter le Joker… je ne veux personne d’autre à mes côtés. » (Teen Titans #16 Gotham vire au rouge)

Batman Teen Titans Red Robin Red Hood Jason Todd Deuil de la familleBref, même si les chapitres de la Bat-Family sont de qualité inégale, la majorité est tout de même intéressante, indispensable et agréable à lire. Il est donc conseillé de découvrir cet arc via les cinq numéros de Batman Saga (cf. infographie après l’article) au lieu du recueil sorti en libraire. Celui-ci ne suit que le Dark Knight et malgré un excellent début, dès l’arrivée à Arkham ce qui suit devient loufoque : les chevaux, les combats ridicules et éphémères contre des ennemis emblématiques démolis en deux cases… Une fois au bout, Batman découvre tous ses alliés prisonniers, impossible de savoir comment ils sont arrivés là sans avoir lu les histoires annexes du coup.

« Deux dessinateurs (Greg Capullo et Jock) au sommet de leur art
mais qui sont malheureusement  desservis par leur collègue scénariste Scott Snyder. »

Malgré tout, la conclusion, tant attendue survient après d’épiques moments (sauf dans le recueil) et la tension est à son comble.
Mais celle-ci s’essouffle dès l’instant où les visages de chaque allié apparaissent sans être défiguré. Snyder (ou les hauts bureaux de DC ?) n’ont pas eu le courage d’aller au bout des choses. Ce n’est pas le plus grave, c’est surtout que le Joker ignorait bel et bien les identités de chacun ! Sacré pétard mouillé !
Certes, la famille se retrouve séparée et en conflits intérieurs. Les dernières planches sont, sur ce point prévis, particulièrement réussies. Tout cela ne servirait donc que pour « la suite » des aventures de la Bat-Family. Sauf qu’il y a fort à parier qu’il n’y aura quasiment pas de réelles répercussions, et quand bien même, cet arc narratif forme « un tout » avec donc une fin peu satisfaisante. L’après Deuil de la Famille sera surtout axé sur un autre évènement (la mort d’un personnage dans une autre série — qui aurait paradoxalement mieux été baptisée avec le nom de cet arc du coup) et cette histoire vite oubliée…

batman deuil de la familleEt c’est vraiment, vraiment dommage. Car tous les ingrédients étaient là, tout était quasi-parfait avant les derniers chapitres totalement à côté de la plaque.
De plus, côté graphisme Greg Capullo excelle à nouveau, sa version défigurée du Joker est superbe (même si scénaristiquement l’intérêt reste flou) ; Jock est aux commandes des back-up, consacrés respectivement au Pingouin, au Riddler (L’Homme Mystère) et à Double Face. Son style unique tranche avec celui de Capullo, mais les deux se complètent parfaitement : deux artistes au sommet de leur art mais qui sont malheureusement desservis par leur collègue scénariste Scott Snyder.

Critique peut-être trop sévère, mais à chaud et après une seconde relecture l’avis n’a pas trop changé. L’intégrale de ce Deuil de la Famille est bon, sa fin est (très) mauvaise. La déception l’emporte donc. À relire dans quelques mois, peut-être après le nouvel arc, L’An Zéro, qui apportera un nouveau regard.

Joker Joke[À propos]
Publié en France dans Batman Saga  #15 à #19 (août à décembre 2013) et en recueil chez Urban Comics le 14 février 2014.
Titres des chapitres : voir infographie ci-dessous.
Ce qui suit concerne uniquement le recueil.
Scénario : Scott Snyder
Dessin : Greg Capullo / Jock (pour les back-up)
Couleur : Fco Plascencia
Encrage : Jonathan Glapion
Lettrage : Christophe Semal et Laurence Hingray (studio Myrtille)
Traduction : Jérôme Wicky
Publication originale dans Batman vol. 3 : Death of the Family (Batman #13-17)

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• Tome 3 : Le Deuil de la Famille
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Deuil de la Famille