Archives de l’auteur : Comics Batman

Batman / Santa Claus – Silent Knight

Après l’improbable crossover entre les univers de Sonic et DC, Urban Comics remet le couvert dans le même format (souple et dans la collection Urban Blast, à destination d’un jeune lectorat) qui met en scène une alliance entre les justiciers et… le père Noël !

[Résumé de l’éditeur]
Le père Noël débarque à Gotham City, et son tempérament joyeux a laissé place à une sombre détermination : il est là pour enquêter sur un crime brutal qui a secoué la ville dans les jours précédant Noël. Pour tenter de tirer l’affaire au clair, le Père Noël devra s’unir à Batman et aux héros de l’Univers DC pour espérer stopper l’effroyable Krampus et son armée de monstres de fondre sur la ville… sans quoi les fêtes de Noël prendront une tournure dramatique !

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Une couverture alléchante, violente et soignée pour une œuvre centrée sur le père Noël et Batman ?! Alléchant sur le papier mais dans la collection Urban Blast ? N’y a-t-il pas un paradoxe ? En effet, le filtre « fête de Noël » et l’ensemble plus ou moins « léger » se veut pour un public jeune (donc éloigné de la promesse de couverture). Néanmoins… la bande dessinée en quatre épisodes est assez mal écrite, l’intrigue plutôt indigeste et le titre (et à nouveau la couverture) est quasiment mensonger. En effet, Silent Knight met principalement en avant le « méchant » Krampus avec le père Noël en toile de fond. Batman est présent mais c’est quasiment tout le bestiaire de DC qui se succède dans le récit !

La fiction part dans tous les sens, plein de super-héros apparaissent le temps de quelques cases ou planches, ça manque cruellement de fluidité narrative – un comble vu la cible – et même d’une certaine originalité (c’est pas tous les jours qu’on a Santa Claus en guest pourtant, dommage !). Silent Knight se lit donc plutôt péniblement, on a du mal à comprendre l’intrigue et les actes de certains protagonistes. Même si ça se termine vite, on l’oublie aussitôt, sans avoir réellement pris de plaisir, dommage… Le scénariste Jeff Parker, davantage habitué de l’écurie Marvel, peine à apporter un côté intelligible et agréable à sa fiction.

Côté dessin, heureusement l’ensemble est de bonne facture, parfois appréciable – quand la fiction convoque la magie par exemple (Zatanna est présente par exemple) ou montre même quelques scènes sanglantes. C’était risqué car chaque chapitre est assuré par un artiste différent ! Ainsi on retrouve Michele Bandini, Trevor Hairsine, Danny Kim et Stephen Segovia. C’est peut-être le coloriste Alex Sinclair (prolifique chez DC) qui permet au titre d’avoir sa jolie palette chromatique appréciable.

Pas grand chose d’autre à sauver. Sans vouloir être trop sévère, à feuilleter en librairie voir si ça peut vous convenir tout de même… Dans la même collection, on préfère conseiller, de loin, DC x Sonic, évoqué en début de chronique. À noter qu’une suite a été publiée aux États-Unis (Batman / Santa Claus: Silent Knight Returns).

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 21 novembre 2024.
Contient : Batman / Santa Claus: Silent Knight #1-4
Nombre de pages : 112

Scénario : Jeff Parker
Dessin : Collectif (voir article)
Couleur : Alex Sinclair

Traduction : Benjamin Viette
Lettrage : Eric Montesinos

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Batman Dark Patterns – Affaire #3 : Paréidolie

Après L’Homme Blessé et La Tour aux Mille Voix, place à la troisième affaire Dark Patterns (l’avant-dernière avant la fin de la série), intitulée Paréidolie.

[Résumé de l’éditeur]
Lorsqu’un cadavre entièrement carbonisé est découvert au cœur de l’un des plus anciens quartiers de Gotham, Le Rookery, le Chevalier Noir se retrouve plongé dans une intrigue criminelle aux ramifications complexes… et tous les indices semblent pointer vers le gang nouvellement formé de Red Hood.

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Une nouvelle affaire pour le Chevalier Noir ! Peut-être moins prenante que les deux précédentes mais avec une dimension humaine assez prononcée et agréable (pas de super-pouvoirs ici ni de monstres de foire, juste des gens abîmés). Le gang de Red Hood n’est ni lié au célèbre Joker (qui y a appartenu et s’appelait même Red Hood un temps, cf. Joker Anthologie et L’An Zéro) ni à Jason Todd. Il s’agit juste de reprendre un groupe de personnes et leur attribuer des capuches rouges…

La fiction est à son meilleure quand elle s’attarde sur Batman, sa fatigue, ses faiblesses et, une fois de plus, une forme de fragilité humaine. Rappelons que le justicier opère seul à ce stade (les Dark Patterns se déroulant peu après ses débuts de croisade), avec uniquement Alfred et Gordon en alliés. Paréidolie (le fait de voir des visages ou figures familières dans des formes diverses) s’épanche sur un quartier de Gotham laissé à l’abandon, aussi bien par le GCPD que la municipalité et même par le super-héros lui-même. De quoi montrer (un peu comme dans le deuxième tome) des citoyens démunis et sans espoir. Quelle solution face à cela ? L’auteur Dan Watters n’y répond pas vraiment (peut-être dans le quatrième et dernier opus ?).

Du reste, l’enquête prend le lecteur à contre-pied à plusieurs reprises tout en étant extrêmement bien rythmée et en croisant les personnages secondaires initiés dans le premier volume (qui semblent être en route pour se connecter dans la conclusion). Les dessins d’Hayden Sherman contribuent à l’atmosphère si singulière de l’ensemble, mettant parfois mal à l’aise ou à l’inverse proposant une certaine originalité dans son découpage et ses points de vue (cette case avec les habitants qui scrutent Batman derrière leurs fenêtres ! – cf. ci-dessus), comme tout ce qu’il a instauré depuis le début, donnant une vraie identité graphique à la série (bien aidé par la colorisation de Triona Farrell).

Comme toujours, se pose la question (légitime – même si c’est un sujet clivant) du coût de l’ensemble. Seize euros pour trois chapitres, très précisément trois fois 22 pages, donc 66 au total… Ça pique toujours pour un budget loisir/culture qui nous fera voyager quelques minutes mais sans nous transcender non plus. Surtout en ramenant l’équation aux quatre tomes prévus : 64 € pour 264 pages de bande dessinée, c’est aberrant. Il y a fort à parier qu’Urban proposera une intégrale à prix plus abordable (autour de 20/30€) dans deux ans ou plus. À ce moment-là, l’ensemble rejoindra les coups de cœur du site, à défaut cela reste un investissement trop onéreux malgré les qualités du récit.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 16 janvier 2025.
Contient : Batman: Dark Patterns #7-9
Nombre de pages : 80

Scénario : Dan Watters
Dessin & encrage : Hayden Sherman
Couleur : Triona Farrell

Traduction : Basile Béguerie
Lettrage : Cromatik Ltd (Île Maurice)

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DC x Sonic

Crossover improbable, la Justice League rencontre les bolides hérissons de l’univers de Sonic (Sega) ! Cinq chapitres pour ce comic souple de la collection Urban Blast, destinée à un jeune lectorat. Mais… la démarche semble si sincère et sympathique qu’un fan ou non (de Sonic ou DC) devrait y prendre du plaisir. Découverte.

[Résumé de l’éditeur]
Lorsque le maléfique Darkseid envahit Green Hills à la recherche du pouvoir ultime, Sonic et ses amis se trouvent dos au mur… Heureusement pour eux, la Ligue de Justice est en mesure d’intervenir et de leur prêter main forte ! Mais pour espérer vaincre le tyran, il leur faudra combiner leurs pouvoirs et former une nouvelle Ligue hors-du-commun.
La fusion de deux univers adorés des fans : DC et Sonic ! Une rencontre dynamique et colorée pour la rentrée !

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Aparté]
L’auteur de ces lignes n’a absolument aucune connaissance de l’univers Sonic – juste quelques parties de jeux vidéo il y a des années – et n’a jamais vu les films ou quoique ce soit. Cela n’a pas empêché la compréhension de l’ensemble et son appréciation.

[Critique]
Impossible de ne pas envisager un produit mercantile avant tout face au rendez-vous des super-héros de DC et les bolides ultimes de Green Hills ! Pourtant… L’ensemble, qui vise un public théoriquement jeune, est très appréciable. Si on ferme les yeux sur les facilités narratives, le côté « bienveillant / souriant » des deux teams et les évidences de binôme (chaque hérisson se retrouve avec son comparse héroïque avec qui il partage le plus d’affinités voire… le remplace ! – on y reviendra), DC x Sonic est une œuvre courte (cinq chapitres) simple et efficace !

Sans rentrer dans trop de détails scénaristiques – rien n’est très surprenant donc autant éviter de dévoiler les grandes lignes –, on retrouve donc sous forme de duos : Sonic et Flash (les deux plus rapides – qui gagnerait d’ailleurs en course entre les deux ?), Tails et Cyborg (les deux matières grises), Amy et Wonder Woman (les deux… uniques femmes), Knuckles et Superman (les deux plus puissants), Silver et Green Lantern (prompts à matérialiser leurs envies) et évidemment Shadow et Batman (les plus « dark » et solitaires). De quoi avoir une double équipe atypique face à Darkseid et ses sbires. C’est sans compter sur Luthor et Robotnik dans leur coin (les antagonistes « sont toujours chauves ! »).

Bref, les échanges sont fluides entre tout ce petit groupe (à l’exception du premier épisode assez bordélique – tout va très vite (est-ce voulu vu l’univers ?)) et on prend du plaisir à les suivre et même constater un remplacement éphémère de chaque justicier par son pendant animalier ! C’est donc à la fois original et novateur (dans sa proposition) et en même temps convenu et évident (dans sa rédaction). Ce n’est pas spécialement un défaut, d’autant que l’écriture relève parfois de langage assez soutenu ou pointu (c’est toujours une bonne chose quand un texte est à destination d’un plus jeune lectorat). Le scénariste Ian Flynn est un grand fan de Sonic, rédige divers comics dessus et même des jeux vidéo ! Aucun doute que le fan du célèbre hérisson bleu y trouvera son compte.

DC x Sonic offre également des planches richement colorées, visuellement correctes et des séquences d’action globalement lisibles. Comprendre que ce n’est pas extraordinaire mais ce n’est pas non plus honteux. On doit le travail graphique à Adam Bryce Thomas, lui aussi dessinateur attitré et habitué aux autres nombreux comics sur Sonic. La colorisation de Matt Herms est là aussi une évidence, l’artiste œuvrant aussi sur… les comics Sonic. En somme, l’ensemble de l’équipe derrière la bande dessinée provient de l’univers Sonic. C’est peut-être ce qui le point fort et le point faible de l’œuvre : les fans de Sonic devraient en toute logique accrocher mais ceux de DC ? Un scénariste plus habitué à DC aurait-il ajouté une patte plus estampillé côté Justice League ? Pas sûr… Quoiqu’il en soit, pour faible prix (15 €), si vous aimez Sonic, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour une lecture détente sans prise de tête.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 10 octobre 2025.
Contient : DC x Sonic the Hedgehog #1-5
Nombre de pages : 122

Scénario : Ian Flynn
Dessin : Adam Bryce Thomas
Couleur : Matt Herms

Traduction : Xavier Hanart
Lettrage : Makma (Gaël Legeard)

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