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Batman Prime – Tome 1 : Ennemi public n°1

Nouvelle série sur Batman ! Porte d’entrée idéale ou énième « divertissement sans plus » ? On fait le point sur ce premier volume de Batman Prime, qui inaugure une nouvelle ère.

 

(Le premier chapitre a été publiéefin mars dans la Gotham Gazette – on en parle plus bas.)

[Contextualisation]
Les fans le savent bien, aux États-Unis il y a deux séries historiques sur Batman : Detective Comics et Batman. La seconde a vécu trois relances (relaunch en VO) depuis 1940 (!) pour redémarrer chaque fois au numéro #1. L’idée est simple : attirer le sacro-saint potentiel nouveau lecteur pour l’embarquer dans une nouvelle série qui ne requiert (apparemment) pas trop de connaissances en amont. C’est souvent vrai mais à nuancer. En France, Urban Comics avait profité du relaunch de 2011 (New 52) pour lancer sa première série Batman (de Scott Snyder). En 2016, lors de la deuxième nouvelle numérotation, c’est l’ère Rebirth qui a dominé les séries françaises. Malgré ces relances, les séries restent intitulées Batman aux US – on leur accole l’année de départ (et de fin) quand on les nomme pour ne pas trop s’y perdre, avec également un numéro de volume correspondant aux périodes de publication. Ainsi, cela donne (hors numéros annuals et specials) :

  • Batman vol. 1 (1940-2011) – 713 numéros
  • Batman vol. 2 (2011-2011) – 52 numéros
  • Batman vol. 3 (2016-2025) – 164 numéros – normalement terminé mais toujours en cours à cause de Silence 2
  • Batman vol. 4 (depuis 2025) – En cours

Chez nous, bien difficile de ne pas dissocier autant de séries ; Rebirth est donc devenu Infinite dans un second temps (pour éviter de s’y perdre et de publier des séries à rallonge qui ne sont pas forcément de véritables suites directes entre elles – mais qui changent d’auteurs de l’une à l’autre). Par exemple Batman Rebirth et Joker War sont classés dans la collection DC Rebirth, tandis que Batman Infinite et Batman Dark City dans DC Infinite. Les derniers numéros de Batman vol. 3 sont consacrés à Silence 2 et auraient dû être terminés depuis longtemps. Pour ne pas attendre de trop, DC Comics relance Batman avec un numéro #1 – impossible de savoir si c’est lié au retard de Silence 2 ou prévu de longue date. L’astuce permet de faire co-exister DEUX séries intitulées Batman sans se préoccuper de la continuité et du retard de la première. Derrière cette habile manœuvre, la nouvelle numérotation permet d’avoir une porte d’entrée pour un nouveau lectorat. En France, Urban Comics a choisi de nommer cette nouvelle ère Prime (comme toujours, l’idée est d’anticiper une meilleure dissociation pour les futures séries autour du Chevalier Noir, quand le run d’un auteur sera terminé par exemple).

Problème : le premier chapitre de Batman Prime est clairement la suite des précédents (ceux qui se déroulaient avant Silence 2, donc ceux de Dark City – tout le monde arrive à suivre ?). Il est donc très étrange d’aborder la série comme s’il s’agissait d’une véritable nouveauté (d’autant plus que c’est le même dessinateur – le talentueux Jorge Jiménez – qui est à l’œuvre, comme il l’était sur Dark City). La lecture reste abordable sans difficulté mais on a du mal à l’envisager comme un nouveau départ au sens stricte du terme. Néanmoins, ce n’est pas si grave que cela. Voyons plutôt ça comme une nouvelle série classique autour de Batman, ce qu’elle est de prime (prime, vous l’avez ?) abord, de toute façon !

 

[Introduction d’Urban Comics]
L’éditeur ouvre le volume avec un long texte pertinent récapitulant les évènements récents qui ont eu lieu pour Batman (confirmant qu’on est loin d’un nouveau départ mais passons…). Voici un copié/collé de cette introduction (avec quelques ajouts référentiels pour les comics dans lesquels se déroulent les faits relatés), qui permet d’avoir en tête les éléments importants ou de les découvrir si le lecteur n’est pas à jour et reprend ses lectures (ou débute) Batman avec ce premier opus.

Un nouveau jour

Les dernières années ont été particulièrement difficiles pour le Chevalier Noir. Brisé par Bane (fin de Batman Rebirth), ruiné par le Joker (Joker War) et pris d’assaut par l’Épouvantail (Batman Infinite)… S’il est toujours parvenu, entouré de ses alliés, à se relever et faire face aux menaces, sa vie est loin d’être revenue à la normale. La mort d’Alfred Pennyworth des mains de Bane laisse un vide profond dans le cœur des membres de la Bat-Famille, et cette perte est d’autant plus douloureuse pour Batman qui voit partir son plus précieux allié, conseiller et figure paternelle.

Dans le même temps, Gotham est aussi secouée par un vent de changement au lendemain des crises successives qui ont ravagé la ville. Chris Nakano, un ex-policier qui perdit sa partenaire et fut grièvement blessé lors de la « Guerre du Joker», est élu maire. Véritable symbole du « ras-le-bol» des gothamiens, il estime Batman responsable des catastrophes frappant la ville et mène une stricte politique anti-justiciers.

Ces tensions contribuent à faire réémerger en Bruce Wayne une personnalité de secours amorale et ultraviolente, Zur-en-Arrh (Dark City). Celui-ci le pousse non seulement à faire preuve de plus de méfiance et de radicalité dans son combat, mais surtout à pousser ses alliés à quitter cette vie de dangers. Ainsi, quand Catwoman forme une « Ligue des voleurs » ciblant exclusivement les très riches en évitant toute violence, Batman atteint un point de rupture. Incapable de concilier sa philosophie de lutte contre le crime avec les actions de la voleuse, il part en guerre contre elle, malgré les objections d’une partie de la Bat-Famille. Prêt à tout, il ira jusqu’à manipuler mentalement Jason Todd pour le rendre incapable de se battre, brisant la confiance que ses coéquipiers avaient en lui.

 
(Quelques couvertures des dernières séries Batman et Detective Comics où se déroule les évènements relatés dans ce texte)

Mais cette Ligue n’est en réalité qu’une façade pour les plans de Vandal Savage, immortel né dans la préhistoire et super-vilain notoire. Réalisant que ses pouvoirs sont en déclin, il espère retrouver à Gotham la météorite qui lui a conféré sa longévité légendaire. Avantage de taille, il connait l’identité secrète de la Chauve-Souris et compte bien utiliser cette information à ses fins. Savage rachète le Manoir Wayne, s’y installe, et réunit toute la galerie de vilains gothamiens pour mener bien ses plans et faire tomber le Chevalier Noir. Batman et les siens sont finalement réunis pour un ultime combat face à lui, au terme duquel Catwoman passe pour morte aux yeux du monde, à l’exception de Batman qui garde le secret.

Sans manoir, sans Alfred et désormais isolé, Batman est privé de tout ce qui faisait son identité de Bruce Wayne. Plus paranoïaque que jamais, il est finalement dépassé par son identité de Zur-en-Arrh, qui a trouvé refuge dans l’implacable androïde Failsafe et l’attaque frontalement avant de le faire prisonnier. Ce n’est que par l’intervention d’une Bat-Famille resoudée que Zur-en-Arrh sera finalement vaincu…

Mais le repos n’est que de très courte durée, alors que Vandal Savage est nommé commissaire par Chris Nakano. En effet, si l’immortel est bien parvenu à rentrer en contact avec la précieuse météorite, il constate que ses effets se cantonnent aux frontières de Gotham. Désormais coincé dans la ville, il décide de se rapprocher des puissants pour en prendre le contrôle de l’intérieur. Sa première décision est radicale : aucun «justicier » ne peut agir à Gotham et Batman se retrouve, comme à ses débuts, hors-la-loi.

À ces intrigues s’ajoute une histoire d’amour tuée dans l’œuf : Jim Gordon entame une liaison avec Koyuki Nakano, l’épouse délaissée du maire. Il s’ensuit une dispute entre les deux hommes qui se solde par la mort de Nakano. Batman finira par prouver que Gordon a agi sous l’influence du Sphinx, armé de la technologie de contrôle mental du Chapelier Fou. Une fois innocenté, l’ex-commissaire décide de se réengager dans la police. Bien entendu soumis au bon vouloir de Savage, Gordon doit reprendre sa carrière à zéro, comme agent de terrain en uniforme, et ce malgré ses états de service. Ainsi, Batman et Gordon opèrent tous deux un retour aux sources, dans une Gotham en perpétuelle évolution.

C’est dans ce contexte que Matt Fraction prend les manettes de la nouvelle série Batman. Scénariste reconnu dans l’industrie des comics, récompensé de trois Eisner Awards pour son travail sur The Invincible Iron-Man, Hawkeye et Sex Criminals, il accepte la lourde tâche de reprendre les aventures du Chevalier Noir. Véritable coup de tonnerre aux États-Unis, ce relaunch marque la publication d’un nouveau « Batman #1 », le quatrième seulement depuis la création du personnage en 1939. Un événement historique donc, qui s’accompagne d’un véritable renouveau tout en s’inscrivant dans la continuité de la riche histoire du personnage. Bref, un exercice d’équilibriste pour Fraction, bien résolu à relever ce défi de taille.

Sa recette ? Présenter Gotham sous un nouveau jour, aussi reconnaissable par les lecteurs de longue date qu’accueillante pour les nouveaux lecteurs. Aussi, l’auteur multiplie les surprises: nouveau costume, nouveaux gadgets, nouveaux alliés… et bien sûr nouveaux ennemis. Pour réaliser cette vision, il est accompagné d’un artiste bien connu des fans de la Chauve-Souris: Jorge Jiménez, dessinateur emblématique des séries Batman – Joker War, Batman Infinite et Batman – Dark City. Avec son trait lumineux et dynamique, il vient magnifier cette version inédite de l’univers du Chevalier Noir.

Chaque chapitre est un récit auto-contenu, dessinant une intrigue au long cours. Le cadre parfait pour faire intervenir de nombreux personnages de l’univers gothamien, en passant de diner mondain en course-poursuite, de whodunit en combat épique. Les intentions de l’auteur sont claires : proposer des épisodes mettant autant Batman que Bruce Wayne sous le feu des projecteurs dans une Gotham où le crime organisé tend à se structurer autour de nouveaux visages. Autre particularité: après une période particulièrement sombre, Fraction souhaite écrire un Batman plus optimiste, empathique, tout en respectant l’ADN de ce qui fait le Croisé à la Cape. Un aspect souvent mis de côté par les auteurs, et qui transparaît ici dès les premiers chapitres.

Mais une Gotham lumineuse reste une Gotham dangereuse. Ainsi, les nouvelles Tours Arkham se fixent pour but de réhabiliter ses dangereux patients, mais peut-on s’y fier ? Chris Nakano a laissé sa place à un super-vilain au service d’une organisation criminelle, la Cour des Hiboux, elle-même infiltrée par des espions russes… Mais les élections approchant doit-on craindre l’arrivée d’un nouveau maire aux sombres desseins ? Enfin, Batman fait face à l’avenir doté d’une motivation nouvelle, mais doit toujours affronter le vide laissé par la mort d’Alfred. Le Chevalier Noir parviendra-t-il à faire son deuil pour véritablement tourner la page ?

[Résumé de l’éditeur]
Batman a connu des années difficiles : brisé par Bane, ruiné par le Joker et attaqué par sa propre création, Failsafe. Mais le Chevalier Noir, entouré de ses alliés, a toujours su se relever et faire face aux menaces. Ainsi, quand Vandal Savage, nouveau commissaire du G.C.P.D., déclare Batman hors-la-loi, notre héros ne recule pas et se lance dans une nouvelle ère d’héroïsme. Une nouvelle page, plus lumineuse, s’ouvre pour le plus Grand détective du monde !

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Comme évoqué, ce Batman Prime est un vrai/faux départ. Un vrai car le Chevalier Noir est plus ou moins revenu à zéro et il se lance dans de nouvelles investigations et de nouveaux affrontements… Un faux car le statu quo prolonge le précédent : Vandal Savage est à la tête du GCPD, Gordon est un simple agent de terrain, Alfred est toujours mort (remplacé par un hologramme – on en reparlera), la politique de feu Nakano toujours plus ou moins présente, les cheminements des différents Robin reprennent où ils étaient, etc. Le cadre est donc posé, pas tout à fait « classique/habituel » mais suffisamment familier pour le comprendre.

Alors, qu’est-ce que racontent ces six premiers chapitres ? Malheureusement pas grand chose de très original… Contrairement à ce qui est annoncé par Urban Comics, les épisodes ne sont pas vraiment auto-contenus et se suivent bien entre eux avec, à la fin de chacun, une petite séquence qui donne envie de lire la suite. Le premier chapitre montre ainsi Batman à la poursuite de Killer Croc (avec une conclusion moins brutale qu’à l’accoutumée), le deuxième Red Robin/Tim Drake avec un mix entre passé (flashback quand il s’essayait à conduire la Batmobile) et présent (il se prend une balle par un policier avant d’en sortir presque indemne  – première forme d’incohérence/facilité narrative qui casse de suite l’immersion/l’émotion). Le troisième épisode met en avant Bruce Wayne (en civil donc) en visite à l’hôpital puis dans ses entreprises – Batman et Robin sont décrétés hors-la-loi à ce stade –, avant une confrontation avec le Sphinx.

Il faut attendre le quatrième chapitre – le meilleur de la bande dessinée avec le cinquième – pour découvrir Le Minotaure, nouvel ennemi affublé, évidemment, d’un masque de taureau et possédant deux doigts supplémentaires (donc sept) à la main gauche. Manipulateur de finances et personne cruelle, ce Minotaure va-t-il se hisser au panthéon des antagonistes emblématiques du Dark Knight ? L’avenir nous le dira… L’occasion aussi de découvrir Annika Zeller, émérite docteur qui travaille au siège du département de sciences expérimentales Wayne (et déjà croisée en amont de l’histoire). Un rencard entre elle et Bruce est au cœur du cinquième épisode où se croisent des motards ninja (!) et une mystérieuse femme pouvant se transformer en plusieurs corbeaux (!!).

De nouveaux personnages donc (le Minotaure, Zeller et la femme aux corbeaux), quelques apparitions d’habituels (le Sphinx et le Pingouin) et une nouvelle menace encore opaque. Les jalons sont posés pour créer un nouveau mini-univers au sein d’un plus vaste. Celui de Matt Fraction donc. Le scénariste jongle comme il peut entre ce qu’il doit conserver de la continuité et en essayant d’avoir une semi carte blanche pour opérer son début d’arc. En cela l’ensemble est globalement réussi (bien aidé par sa partie graphique, on y reviendra). Le rythme est le point fort de la fiction, tout se lit vite et bien, avec une certaine hâte. Il faut attendre la seconde moitié de l’ouvrage pour être (enfin) un peu plus happé par l’intrigue. C’est donc une entrée en matière globalement convaincante mais pas non plus follement singulière. En somme ça devrait contenter les lecteurs habituels à la recherche d’une sympathique aventure de Batman mais, comme toujours, les deuxième et troisième tomes seront réellement décisifs pour trancher (la promesse de fin du premier est suffisamment palpitante pour avoir de beaux espoirs).

Côté écriture, si les échanges sont vifs et ciselés, sans temps morts, quelques points sont à soulever. Comme dit par l’éditeur en début d’ouvrage, Batman est doté de nouveaux gadgets. Très bien. Ça se traduit par une petite fiche signalétique qui le définit… Alfred est décédé ? Il est désormais remplacé par un hologramme (voire une IA – on ne sait pas trop) et amorce peut-être un chemin de résurrection future (comme avec Damian en son temps, cf. la série Batman & Robin). Timothy (Red Robin) annonce quitter Gotham pour s’installer avec son petit ami Bernard (cf. Dark City – Tome 2). En somme, des choses plus ou moins impactantes, pas vraiment révolutionnaires pour autant.

Une anecdote pour chipoter : le terme « boilermarker » est utilisé en VO pour qualifier un personnage secondaire, suivi de l’expression « back like a bad penny ». Cela signifie qu’il s’agit d’une personne pot de colle, qui revient sans cesse et dont on se débarrasse difficilement. Pour la version française, le traducteur (Jérôme Wicky) a curieusement choisi… « le sparadrap du capitaine Haddock ». La référence parlera évidemment à tous ceux qui ont lu ou vu les aventures de Tintin (et si ce n’est pas le cas, impossible de comprendre de quoi il en retourne) mais elle casse clairement une sorte d’immersion dans l’univers de Batman ! Quel dommage, il y avait des traductions plus simples possibles pour éviter cela. Voir les cases concernées tout en bas de cette critique. On le répète : c’est anecdotique mais à souligner néanmoins car ce n’est pas la première fois que cela arrive et pour le lectorat le plus exigeant, ce sont des choses qui peuvent agacer.

Dans Ennemi public n°1, le véritable héros est peut-être Jorge Jiménez. Il magnifie son homme chauve-souris et son alias civil à de multiples reprises. Des plans en pleine page (ou doubles pages), de la lumière (superbe colorisation de Tomeu Morey – habituel compagnon de route), un Bruce un brin plus léger et solaire qu’à l’accoutumée, ce sont surtout les véritables ingrédients rafraichissants de la série ! Le dessinateur impose un nouveau logo, un costume légèrement remanié et une Gotham lumineuse, vivante et appréciable (un parti pris de s’éloigner de l’habituelle cité trop sombre et morose). Ne serait-ce que pour la qualité visuelle et chromatique, on aurait tendance à conseiller ce Batman Prime (aux plus prudents : attendons à minima le second tome – sortie prévue fin 2026/début 2027).

Pour l’occasion, Urban Comics avait publié le premier épisode le 27 mars dernier dans une superbe Gotham Gazette à 3,90 € (cf. couverture en haut de cette page). Un faux journal dont la Une mériterait d’être encadrée (ou certaines planches dedans), à la fois objet atypique, preview accessible et édition limitée (déjà épuisée). L’éditeur ne sait pas à l’heure actuelle s’il réitérera l’opération pour d’autres séries. Quant à la version cartonnée classique, elle sera disponible le 22 mai prochain. Urban réitère sa maquette blanche pour l’occasion (comme pour Ghosts of Gotham), conférant cette impression de « beau livre » pour les nouveaux venus (seront-ils un peu perdus ou emportés ? à vous de nous le dire en commentaire) ou les lecteurs de longue date (seront-ils décontenancés ou satisfaits de cette nouvelle proposition ? idem, à vous de le manifester).

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 22 mai 2026
Contient : Batman (2025) #1-6
Nombre de pages : 168

Scénario : Matt Fraction
Dessin et encrage : Jorge Jimenez
Couleur : Tomeu Morey

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Scribgit

Acheter sur amazon.frBatman Prime – Tome 01 : Ennemi public n°1 (18,50 €)



Alan Moore présente DC Comics

Le génie d’Alan Moore n’est plus à prouver et aucun doute que les fans vont se ruer (à raison) sur cette compilation passionnante et inédite. Toutefois, si le lecteur espère lire et voir du Batman, il risque d’être assez déçu. Présentation et courte critique.

[Résumé de l’éditeur]
Acclamé comme l’un des scénaristes les plus influents de l’industrie des comics, Alan Moore a laissé une empreinte indélébile sur le genre, marquant l’ensemble de la pop culture au passage. De sa reprise de Swamp Thing à l’ouragan Watchmen, en passant par son mythique V pour Vendetta, l’auteur britannique a également proposé sa propre version des personnages phares de DC Comics. Batman, Superman, Green Lantern… tous se sont renouvelés sous sa plume, se sont vus réinventés. Ce recueil regroupe l’ensemble des épisodes qu’Alan Moore a scénarisés pour l’éditeur américain, et que des artistes incontournables de l’industrie ont illustrés, tels Dave Gibbons (Watchmen), Kevin O’Neill (La Ligue des Gentlemen Extraordinaires), Rick Vetich (Swamp Thing) ou encore Klaus Janson (Daredevil).

Cet article ne sera pas une critique de l’intégralité d’Alan Moore présente DC Comics mais uniquement une présentation de son sommaire et de l’unique segment consacré à Batman, ou plutôt au troisième Gueule d’Argile (Preston Payne). Tout d’abord, vous l’aurez compris avec les illustrations de couverture, le récit (en deux chapitres) Les derniers jours de Superman est inclus dans l’ouvrage. Curieusement, le célèbre Killing Joke ne l’est pas, lui… Pourtant il est cité dans les textes, s’étale sur peu de pages (moins de cinquante) et on peut voir Batman sur la couverture ainsi que (de nombreuses fois) sur la section des super-héros urbain.

La bande dessinée se divise en quatre sections consacrés à différents super-héros. Tous les récits ont été publiés entre 1985 et 1987.

L’HOMME DE DEMAIN (Superman) : Pour celui qui a déjà tout (Superman Annual #11), Aux frontières de la jungle (DC Comics Presents #85), Les derniers jours de Superman en deux parties (Superman #423 et Action Comics #583).
> Les fans de l’Homme d’acier seront donc conquis avec ces trois histoires (même si l’une était déjà connue et publiée), s’étalant au total sur plus de 100 pages.

AUX CONFINS DE L’ESPACE (Green Lantern, Omega Men, Phantom Stranger) : Mogo n’est pas sociable (Green Lantern #188), Tigres (Tales of the Green Lantern Annual #2), Dans la nuit noire (Tales of the Green Lantern Annual #3), Vies brèves (The Omega Men #26), Un monde d’hommes (The Omega Men #27), Pas à pas (Secret Origins #10).
> Contrairement à ce qu’on peut penser, ces six titres ne sont pas très longs et ne durent qu’une cinquantaine de pages au total (!). En effet, il s’agit principalement de back-ups ou épisodes spéciaux. Les trois autour de Green Lantern s’étalent sur moins de 30 pages, ceux des Omega Men uniquement 8 pages et celui sur Phantom Stranger une dizaine…

JUSTICIERS URBAINS (Green Arrow, Vigilante, Gueule d’Argile III) : La nuit des Olympiades en deux parties (Detective Comics #549-550), Fête des pères en deux parties (Vigilante #17-18), Noces d’argile (Batman Annual #11)
> Là aussi une précision s’impose concernant l’histoire sur Green Arrow parue dans Detective Comics (dont la couverture montre Batman et Bullock – induisant un peu erreur de prime abord). Il s’agit à nouveau de back-ups, donc le total dure une grosse douzaine de pages et Batman n’apparaît absolument pas dedans (le récit en lui même reste intéressant).  Vigilante est devenu « connu » par le public car il apparaît dans la chouette série TV Peacemaker. Noces d’argile est donc le seul épisode qui nous intéresse dans ce contexte de comics liés à Batman, sa critique est un petit plus bas.

CRÉPUSCULE (Twilight of the Superheroes) : il s’agit d’un texte de presque 50 pages présentant l’ambitieux projet d’Alan Moore d’un event post Crisis on Infinite Earths qui visait à la fois à conserver la continuité, séduire un nouveau lectorat, faire appel à l’entièreté des protagonistes de DC Comics (et même permettre de vendre des jeux de rôle voire jeux vidéo !). Il aurait été écrit en 1986 ou 1987 et dévoilé dans les années 1990 (probablement 1995) dans un fanzine. Son authenticité a été prouvé et confirmé par de nombreux auteurs de l’industrie. Crépuscule ne verra pas le jour suite au refus du responsable éditorial Dick Giordano, estimant le nombre de morts trop élevés. Un témoignage inédit et passionnant !

On l’a évoqué plusieurs fois, cet ouvrage ne contient, in fine, qu’un seul chapitre lié à Batman. Et encore… il est centré sur le troisième Gueule d’Argile (Preston Payne). En soi, ce n’est pas un problème mais on peut tiquer sur la mise en avant sur la couverture de Batman (et même Swamp Thing) alors qu’ils ne sont pas vraiment dans cette compilation. Par ailleurs, la section sur les justiciers urbains est illustrée sur une double page montrant quatre fois Batman (!), une fois Robin (qu’on ne verra pourtant jamais – dans cette section mais on le voit brièvement dans les récits sur Superman, accompagné de Batman), une fois le Vigilante, Green Arrow et Gordon. Exposer autant le Chevalier Noir alors qu’il n’apparaît que quelques cases en tant que personnage secondaire… On le redit, cela n’entache évidemment pas l’intérêt de cette précieuse compilation mais il ne faut surtout pas s’attendre à avoir du Batman (ni Killing Joke donc – lui aussi mis en avant avec son célèbre Joker dans une page d’illustration, cf. ci-dessus) !

Noces d’argile
Batman Annual #11 (juillet 1987)
Scénario : Alan Moore | Dessin & encrage : Georges Freeman | Couleur : Lovern Kindzierski
Dans un centre commercial, la nuit une étrange créature recherche un mannequin d’exposition de vêtements. Gueule d’Argile est amoureux de ce personnage factice et vit très mal son changement de places au rayon lingerie…

► Cet épisode est assez déstabilisant (dans le bon sens du terme). On voit en effet une « vraie » folie chez un être. Pas un simple meurtrier, vraiment quelqu’un qui imagine une romance avec un mannequin d’exposition. En étant dans sa psyché, on constate donc comment il voit « son monde ». Par ailleurs, on ne sait pas forcément si c’est bien Gueule d’Argile au début : il porte un costume de héros (ou vilain), une cape et sa tête (déformée) est sous une sorte de bulle ou sac plastique transparent. Un look atypique qui prend son sens quand Batman répond à Vicky Vale qu’il s’agit du troisième Gueule d’Argile, Preston Payne (peu exploité dans la mythologie de Batman). On ne le voit donc pas arborer le visage ou le corps d’autres personnes (comme Basile Karlo, le premier Gueule d’Argile), ses objectifs sont différents et sa folie bien définie. Les dessins de Freeman et la colorisation de Kindzieski apportent le charme rétro de l’époque avec une exécution parfaitement maîtrisée

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 24 novembre 2023.
Contient : voir sommaire
Nombre de pages : 336 pages

Acheter sur amazon.frAlan Moore présente DC Comics (30 €)

Knight Terrors – Les chapitres additionnels (tie-ins) « Terreurs nocturnes »

/!\ Critiques mises à jour au fil de l’eau du premier semestre 2024,
en fonction des publications françaises d’Urban Comics /!\

La série principale Knight Terrors a été publiée dans un récit complet éponyme. Cet évènement a eu un droit à de nombreux tie-ins, des histoires annexes consacrées à différents protagonistes de DC Comics (chacune s’étalant sur deux chapitres). Ces épisodes additionnels – appelés Terreurs Nocturnes chez nous –, souvent dispensables par rapport à la série mère, ont été proposés non pas dans un éventuel tome deux (comme le fait souvent Urban Comics) mais dans directement dans les ouvrages centrés sur ces héros, antagonistes ou vilains de DC.

Il y a eu 21 séries (de deux chapitres donc) créées spécialement, toutes intitulées « Knight Terrors: Nom du protagoniste ». Voici celles qui sont sorties en été 2023 aux États-Unis : Batman, Ravager, The Joker, Poison Ivy, Black Adam, Robin, The Flash, Shazam!, Green Lantern, Zatanna, Wonder Woman, Superman, Nightwing, Catwoman, Punchline, The Brave and the Bold, Action Comics, Detective Comics, Titans, Harley Queen et Angel Breaker.

Dix titres concernent donc l’univers de Batman. À date (second semestre 2024), six d’entre eux sont disponibles ou prévus en France. Six autres titres provenant de la galaxie DC sont aussi à venir dans le catalogue d’Urban Comics. Dans un souci de lisibilité, ces séries sont donc brièvement chroniquées ci-dessous et classées par thématique et disponibilité chez l’éditeur.

ILes titres autour de Batman, disponibles en France (6)
Batman, Detective Comics, Nightwing, Poison Ivy, The Joker, Harley Quinn (sous réserve de confirmation)


 

Knight Terrors: Batman #1-2  a été publié dans Batman Dark Detective – Tome 3 : Gotham War

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Knight Terrors: Detective Comics #1-2 a été publié dans Batman Nocturne – Tome 3 : Deuxième acte

 

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Knight Terrors: Nightwing #1-2 a été publié dans Nightwing Infinite – Tome 5 : Le soulèvement des enfers

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Knight Terrors: Poison Ivy #1-2 a été publié dans Poison Ivy Infinite – Tome 3 : Putréfaction programmée

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Knight Terrors: Joker #1-2 a été publié dans Joker – L’homme qui cessa de rire

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Knight Terrors: Harley Quinn #1-2 sera probablement publié dans Harley Quinn Infinite – Tome 5 : Titre inconnu (début 2025 au plus tôt) – en attente de confirmation d’Urban Comics.

IILes autres titres autour de Batman, non disponibles en France (4)
Robin, Catwoman, Punchline, The Brave and the Bold

  

IIILes autres titres disponibles en France (6)
Superman, Action Comics, Shazam!, Green Lantern, The Flash (sous réserve de confirmation), Titans


Knight Terrors: Superman #1-2 a été publié dans Dawn of  Superman – Tome 1

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Knight Terrors: Action Comics #1-2 sera publié dans Dawn of  Superman – Tome 2 (26 avril 2024).

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Knight Terrors: Shazam! #1-2 a été publié dans Dawn of  Shazam – Tome 1

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Knight Terrors: Green Lantern #1-2 sera publié dans Dawn of  Green Lantern – Tome 1 (26 avril 2024).

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Knight Terrors: The Flash #1-2 sera probablement publié dans The Flash Infinite – Tome 5 : Titre inconnu (début 2025 au plus tôt) – en attente de confirmation d’Urban Comics.

Knight Terrors: Titans #1-2 a été publié dans Titans – Tome 1

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IVLes autres titres non disponibles en France (5)
Wonder Woman, Black Adam, Ravager, Zatanna, Angel Breaker