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Batman – Tome 09 : La Relève (2ème partie)

Dernier volume de la série Batman, inaugurée en 2011 à l’occasion du Relaunch DC Comics. Portée par le scénariste Scott Snyder et le dessinateur Greg Capullo (ainsi que la complicité du coloriste Fco Plascencia), comment se conclut-elle ?
Pour rappel dans le tome précédent : Bruce Wayne était amnésique, totalement éloigné de sa croisade habituelle, et c’est un commissaire Gordon rasé de près et musclé qui prenait ladite « relève », en revêtant une armure high-tech bien loin du mythe de la chauve-souris. Une approche à la fois originale et délicate. Séduisante au premier abord, le personnage choisi pour être ce nouveau justicier (Gordon) rend vite dubitatif. Ajouté à un nouvel ennemi (Mister Bloom) à mi-chemin entre une créature fantastique et un extra-terrestre, nous avions là les quelques défauts de la première partie. Suite et fin dans cette seconde.

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(La couverture finale à gauche, une autre à droite
aperçue auparavant sur Internet mais qui n’a finalement pas été retenue.
)

[Histoire — La Relève (Batman #46-50 + épilogue)]
Gordon/Batman parvient à stopper Mister Bloom lors de son irruption au sein de l’élite de Gotham (survenue à la toute fin du tome précédent), mais cet étrange ennemi, dont les buts sont toujours inconnus, parvient tout de même à s’échapper.

Bruce Wayne souhaite épouser Julie Madison. Celle-ci est angoissée à l’idée que son père, Mallory Madison, puisse obtenir une liberté conditionnelle. Ce dernier avait en plus vendu à Joe Chill l’arme qui a tué Thomas et Martha Wayne. Bruce s’en moque.

Le jeune Duke part explorer « La Banquise », le Quartier Général du Pingouin. Duke est devenu « un Robin » (voir La Guerre des Robin et Nous sommes Robin) et ses parents sont encore victimes de la toxine du Joker (cf. Mascarade). Il y fait une découverte étonnante.

Geri Powers présente à Gordon de nombreux prototypes de robots Batman. Une armée potentielle qui peut s’avérer très efficace pour coincer Bloom. Gordon préfère l’affronter seul dans un premier temps, une décision qu’approuve le commissaire Sawyer, son remplaçant. L’occasion pour « Batman » d’utiliser le Bat-Chopper, sa moto géante.

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Les résumés des deux histoires suivantes contiennent des révélations quant à la conclusion de La Relève.

[Histoire — Gotham (Batman #51)]
Batman (Bruce Wayne) reprend ses habitudes et Alfred a recouvré l’usage de son bras. Gotham est plongé dans un black-out, le Chevalier Noir enquête.

[Histoire — La liste (Batman #52)]
Batman affronte Trompe-l’œil, un homme ayant la capacité de traverser les murs. Celui-ci a dérobé un cahier appartenant à Bruce Wayne qu’il avait mis sous coffre dans une petite banque. Se cache à l’intérieur la liste des 52 choses à suivre pour « passer le cap », c’est à dire se relever de la perte de ses parents.

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[Critique]
Une conclusion plutôt prévisible dans les grandes lignes : Bruce Wayne redevient évidemment Batman, Mister Bloom a levé sa propre armée et dispersé ses fameuses graines —procurant à qui la glisse sous sa peau des super-pouvoirs, provoquant un déchaînement proche du « n’importe quoi » avec plusieurs créatures (gâchant complètement la veine « réaliste » instaurée jusqu’ici) détruisant une énième fois Gotham City…— et va affronter celle des Bat-Robots, tout « redevient normal » à la fin. Seule l’identité d’un complice de Bloom est assez surprenante.

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Côté graphique, on note quelques passages visuels bien trouvés : le premier combat entre Gordon et Bloom, et Bruce Wayne face au métro et « sa peur ». Le reste est toujours dans la lignée de ce qu’offre, avec brio, le trio aux pinceaux : Greg Capullo aux crayons, Danny Miki à l’encrage et Fco Plascencia à la couleur. Côté scénario, on trouve de très beaux dialogues entre le Joker, redevenu un citoyen perturbé, et Wayne, puis entre Alfred et son maître, prêt à endosser à nouveau la cape. Le talent de Snyder se situe davantage dans ce genre de situations.

Dans le premier cas (le chapitre 7, correspondant à Batman #48), on se questionne sans cesse pour savoir si le Joker connaît l’identité secrète de Bruce Wayne. L’ancien clown est même plutôt touchant par sa mélancolie. Dans le second cas (le chapitre 8, c’est à dire Batman #49, dessiné par Yanick Paquette par contre — qui laisse place à quelques doubles planches fantasques), c’est l’intense échange entre Alfred, refusant que Bruce Wayne sacrifie son bonheur actuel et sa nouvelle vie, avec ce dernier qui le somme de le conduire à la Batcave, qui fait mouche.

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Le milliardaire avait d’ailleurs « anticipé » le futur de Batman en concevant dans le plus grand secret une machine pour se cloner et ainsi conserver une lignée de Batman jusqu’à la fin des temps. Ce système, plus ou moins compréhensible et officiant de facilité scénaristique, avait déjà été évoqué dans un back-up de Detective Comics #27 (27 était le nombre d’années d’efficacité de Batman), qui avait été publié dans le tome 6 de la série (le moins bon, composé de plusieurs histoires fourre-tout) mais aussi, et surtout, dans le hors-série Futures End. Dans le chapitre consacré à la série Batman de ce magazine, le Chevalier Noir cherche un moyen de conserver son héritage. Urban aurait d’ailleurs dû le (re)publier pour ceux qui ne le connaissent pas ou l’avaient oublié, car cela montre que Snyder avait un minimum prévu une porte de sortie depuis longtemps, c’est tout à son honneur.

Bruce Wayne à Alfred Pennyworth, le maître demande au domestique de l’aider à redevenir le justicier de Gotham :
— Vous êtes celui qui l’a rafistolé chaque fois qu’il a trébuché. À qui voulez-vous qu’il confie la sauvegarde de Batman ? Mieux encore : il a donné votre nom au programme qui devait engendrer chaque nouvelle génération de Batman. Je crois que ce mausolée abrite deux fantômes : celui de l’homme que j’ai été, et celui de l’homme que vous avez été, et en qui il plaçait sa confiance exclusive.
— Non ! Il est quasiment certain que vous y laisserez la vie. Ne m’imposez pas le rôle de votre assassin. Pensez à votre vie. Pensez à mademoiselle Madison.
— J’y pense Alfred. Je ne pense qu’à ça. Et si ça ne marche pas, il faudra lui dire combien je l’aime, et combien de regrette, mais je dois tout faire pour venir en aide aux gens de cette ville. Ça, elle le comprendra.
— J’ai passé ma vie d’homme à veiller sur la faible étincelle de lumière, la jeune minuscule trace du jeune Bruce Wayne qui subsistait à l’intérieur de celui qu’il était devenu. J’ai passé cette vie à attendre votre retour. Celui du vrai Bruce, un Bruce qui n’aurait jamais connu l’allée du crime. Et voilà que vous me confiez le rôle de Chill. Celui qui a pressé la gâchette. Et en prime, je serais censé tuer l’enfant, aussi ?
— C’est ça.

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Le parallèle avec Joe Chill va grossièrement plus loin, quelques planches après ce dialogue, à travers Julie. Ce qui aurait pu être évité, aussi bien par le cliché que le rocambolesque de cette situation inédite. Snyder anticipe à nouveau les critiques, cette fois par l’intermédiaire de Bloom : « C’est grâce à toi [Gordon] que le Bat-Logo a perdu tout son sens. Voilà un exploit notable… vider de son pouvoir le plus grand symbole de Gotham ! » On peut même y voir une auto-critique du scénariste.

Dès le début de sa série Scott Snyder a rendu accessible le mythique Dark Knight. Ses récits ont toujours les mêmes qualités et défauts : début intriguant, nouveaux concepts, action au rendez-vous, remise en question, « combats psychologiques » plus marqués que jamais, mais… fins en queue de poisson, non-utilisation plus poussée d’éléments créés par lui-même —quid de la Cour des Hiboux ? de BlueBird ? du Joker sans visage/masque, puis en civil et de son robot qu’on aperçoit le temps d’une case ?— ou pouvant être repris sans trop de difficulté (des ennemis emblématiques ne sont jamais vraiment intervenus dans les histoires de Snyder, comme Poison Ivy ou Double-Face, ou encore Bane, L’épouvantail…), etc. On peut même ajouter le surprenant (et raté) choix de Gordon en son remplaçant et des origines revisitées mais qui auraient pu être plus originales.

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Snyder a souvent « imposé » ses runs à ses confrères, obligés d’intégrer des pans d’histoires dans leurs séries, au détriment de celles-ci (Nightwing en est le parfait exemple). Là où le scénariste n’a, en revanche, jamais accepté son héritage, il ne mentionne que trop rarement Damian Wayne, ou assumer les histoires parallèles, comme celles de La guerre des Ligues/Le Règne du Mal. Ce n’est pas forcément problématique car cela permet de se focaliser uniquement sur l’homme chauve-souris, mais Snyder s’est perdu dans ses propres créations à plusieurs reprises.

L’auteur a finalement relancé des aventures qui s’axent autour de la même politique : la (brillante) création de la Cour des Hiboux (plus ou moins reprise par la suite de façon sporadique avant d’être quasiment abandonnée), un questionnement constant sur la place de Gotham City, de la justice et de la confiance (la postérité de Le Deuil dans la Famille est, contre toute attente, plus plaisante que de prime abord), des duels face au Joker et à l’Homme-Mystère (les autres ennemis, plus confidentiels, ne resteront pas dans l’histoire) puis un retour à la case départ.

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Alors, est-ce que ce dernier tome est convaincant ? Oui mais il est à l’image de tous les précédents de Snyder : impression mitigée, du bon et du  moins bon. Le lecteur n’est pas indifférent, évidemment, et d’une manière générale on a lu les neuf tomes de la série complète avec plaisir (pas tout le temps certes). Hélas, si ce très long run a la chance d’être extrêmement bien dessinée dans sa majorité (lorsque Capullo opère), il y a peu de chances qu’il reste dans la « mythologie » de Batman.

On se souvient, des années après, de récits emblématiques comme Knightfall (pourtant de qualité moindre !) ou du travail de Morrison (dont la série Batman & Robin assure une excellente continuité). Ce ne sera sans doute pas le cas ici : rien est vraiment chamboulé dans la mythologie de Batman. Snyder a osé de nouvelles choses dès le début et jusqu’à la fin, comme le démontrent les deux derniers volumes, et c’est exactement ce dont a besoin une série de comics. Alors, oui, tout n’est pas forcément bon dedans, on sort parfois des sentiers battus d’une étonnante façon, mais ces essais ont le mérite d’exister —c’est à saluer— même si, une fois encore, rien ne restera vraiment dans l’histoire des comics Batman, à part peut-être la Cour des Hiboux qui devrait continuer d’œuvrer dans l’ombre (voir ci-après).

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Finalement, Snyder est meilleur sur ses autres séries de l’univers de Batman, comme Batman Eternal, ou carrément sur ses autres travaux (Swamp Things, Trees, Wytches…). Il a su offrir de très beaux moments au Chevalier Noir, lui redonner quelques belles lettres de noblesse, mais aurait dû s’arrêter plus tôt, comme il était prévu à la base (les deux derniers tomes sont le résultat d’un allongement de son contrat avec DC Comics).

Son dernier chapitre (le 51 car le 52 est scénarisé par James Tynion IV) sonne comme sa lettre d’adieu, le narrateur se fond avec l’auteur, une double planche renvoie à la première de la Cour des Hiboux (les ennemis de Batman dans l’asile d’Arkham). Hiboux qui réapparaissent annonçant encore une fois un « renouveau ». De la même façon : quelques cases éparses reviennent sur des éléments majeurs ou mineurs (le Joker notamment, même si c’est loin d’être suffisant comme conclusion avec lui). Il est d’ailleurs dommage que ce 51ème chapitre ne conclut pas l’ouvrage, tant le 52ème est en marge de ce que l’on vient de lire (même s’il est assez agréable et, surtout, superbement dessiné par Riley Rossmo). La fin de La Relève était trop abrupte et soudaine. L’épilogue et le chapitre 51 compensaient un peu cela, de manière bancale mais tout de même « correcte ».

La suite des aventures de Batman continue après le nouveau relaunch (Rebirth). Le travail de Snyder ne semble pas éclipsé et la continuité conservée.

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[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 10 novembre 2016.
Scénario : Scott Snyder et James Tynion IV (La Liste)
Dessin : Greg Capullo, Yannick Paquette (ch. 8) et Riley Rossmo (La Liste)
Encrage : Danny Miki et Bryan Level (La Liste)
Couleur : Fco Plascencia, Nathan Fairbairn (ch. 8) et Ivan Plascencia, Jordan Boyd (La Liste)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky

Contient : Batman #48-52

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Dark Knight III – Tome 02

Dark Knight III (en quatre tomes) est le troisième volet du « Dark Knight Universe de Frank Miller », débuté en 1986 avec The Dark Knight Returns et poursuivi avec The Dark Knight Strikes Again.
► Page récapitulative | Critique de Dark Knight III – Tome 01

MàJ : suite à la publication en format intégrale de Dark Knight III en 2020, l’entièreté de la série a bénéficié d’une critique mise à jour sous un prisme de lecture « à la suite ». C’est à découvrir sur cet article.

Dark Knight III Tome 2

[Histoire]
Les kryptoniens de Kantor ont retrouvé leur taille humaine grâce à Atom, qui fut rétréci à l’infini par Quar, leur terrible leader despotique. Celui-ci s’en prend désormais aux Terriens et exige leur soumission. Ses « enfants » l’adulent et sont même kamikazes pour le bien commun de Quar et leur peuple.

De son côté, Carrie Kelley, après son évasion lors de son extraction vers la prison Blackgate, retrouve Bruce Wayne. Suite aux menaces de Quar, le binôme décide d’aller « réveiller » Superman (dans sa forteresse de glace), seule force restante pouvant les aider.

Lara, la fille de Wonder Woman et l’Homme d’Acier, n’est pas spécialement enclin à défendre les Terriens, elle se sent plus proche des… kryptoniens.

Dark Knight III Superman

[Critique]
Après un premier tome mitigé, l’histoire est cette fois bien lancée et davantage prenante. On ne peut pas vraiment blâmer les auteurs (pour une fois), mais plutôt (et là aussi c’est rare) l’éditeur. En effet, si Dark Knight III avait été publié en France en deux tomes seulement (deux fois quatre chapitres), l’on aurait eu une première salve nettement plus efficace que le volume précédent, plutôt faible et introductif. Mais peu importe.

Dark Knight III Quar

Ici donc, la menace Kantorienne (la fameuse Master Race du titre originel, la « race maîtresse ») est enfin concrète. Le retour de Superman est l’un des points forts de l’ouvrage ; même si sa défaite face à sa fille peut laisser dubitatif. On s’étonnera de la non participation au conflit de Wonder Woman (tout du moins pour cette première bataille).

Du reste, l’accent est cette fois mis en avant sur Batman, plus remonté que jamais mais conscient d’être devenu « un boulet » (de son propre aveu) dans sa croisade. Mais le Chevalier Noir ne perd pas de sa superbe pour autant, bien au contraire, les planches finales du premier chapitre sont, à ce titre, excellentes et rappellent les meilleures heures du Caped Crusader sous la houlette de Frank Miller.

Dark Knight III Bruce Wayne Carrie Kelly

Frank Miller, toujours scénariste/consultant/conseiller (on ne sait pas vraiment, même si, à nouveau, son « univers » est toujours très présent, narrativement bien sûr mais aussi graphiquement) officie comme dessinateur des deux backs-up. Ces mini-chapitres sont consacrés à un héros spécifique, se situant légèrement en marge de l’histoire principale tout en y restant ancrés (logiquement pour préparer la suite, quand tout va conjecturer).

Après Atom et Wonder Woman/Lara dans le tome précédent, ce sont Green Lantern puis Batgirl — nouvelle « identité » de Carrie Kelley (et brièvement Aquaman) qui y ont droit cette fois. Deux courts récits peu exceptionnels, aussi bien sur la forme que le fond, surtout celui sur le Justicier d’Émeraude, irrespectueux du personnage. Il est agréable de retrouver Miller aux dessins sauf que l’artiste est toujours sur sa lancée type The Dark Knight Strikes Again, autrement dit : très brouillon et assez hideux.

Dark Knight III Green Lantern Miller

Dark Knight III Batgirl

Sur les deux chapitres principaux, qui forment donc le cœur du livre, le dessinateur Andy Kubert s’émancipe peu à peu de son illustre modèle (tout en lui restant vaguement fidèle, mais d’une façon moins prononcée, ce qui n’est pas plus mal) et livre de très belles versions et découpages, notamment sur les retours de Superman et Batman (le « Go to Hell / Va au diable » est puissant et survient brillamment, cela aurait pu conclure le chapitre d’ailleurs).

Dark Knight III Lara

Au scénario, on retrouve les sujets favoris de Miller : fondamentalisme religieux (le gourou kryptonien a plusieurs femmes, ses fidèles sont des kamikazes), anti-conservatisme (Trump apparaît brièvement, au même titre que Obama et Hollande à priori), critique aussi (de façon primaire certes), du langage SMS des « jeunes », de Twitter et YouTube (donc des réseaux sociaux)… Difficile de dissocier désormais l’artiste de l’homme, aussi bien à travers ses œuvres (si on les connaît) que ses déclarations « hors bande dessinée ».

Quand bien même, l’ensemble se lit « bien », à défaut d’être réellement surprenant ou original. Une suite plus efficace donc, qui retrouve (en moins subtil) ce qui faisait le sel de la première œuvre d’il y a trente ans (à la demande/pression de l’éditeur ?). La sensation de remake déguisé se fait sentir, mais ça fonctionne tout de même, en tout cas pour l’instant et, surtout, si on enlève les backs-up plutôt ratés. On aimerait bien savoir dans quelle mesure Miller épaule Brian Azzarello, à moins que ce ne soit l’inverse ? Tant rien ne semble réellement de la patte du second cette fois.

          Dark Knight III Yindel Batman

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 2 septembre 2016.
Titre original : The Dark Knight III – The Master Race & Dark Knight Universe Presents : Green Lantern / Batgirl
Scénario : Frank Miller et Brian Azzarello
Dessin : Andy Kubert, Frank Miller (DKUP : Green Lantern #1 (« Finitions ») et Batgirl #1) et John Romita Jr. (« Découpage » sur DKUP : Green Lantern #1)
Encrage additionnel : Klaus Janson
Couleur : Brad Anderson et Alex Sinclair (DKUP : Green Lantern #1 et Batgirl #1)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky
Première publication originale en novembre et décembre 2015.

Dark Knight III Wonder Woman

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Dark Knight III Go to Hell

 

 

 

DC Universe & Batman Rebirth / Batman #1 / Detective Comics #934

Comme expliqué dans l’article consacré au Relaunch Rebirth, plusieurs nouvelles séries voient le jour dans cette « relance » de l’univers DC Comics. Il y a tout d’abord le numéro unique DC Universe Rebirth, puis ensuite un numéro Rebirth #1 one-shot de plusieurs super-héros (Batman, Superman, Aquaman…) avant que chacun d’entre eux ne retrouve un rythme normal et une appellation classique.

Ici, ce sont DC Universe Rebirth, Batman Rebirth #1 puis Batman #01 et Detective Comics #934 qui sont brièvement chroniqués.

DC Rebirth

Attention ! Même si les résumés ci-dessous sont sommaires et les critiques courtes, il y a des révélations majeures. De plus, l’ensemble de ces séries se déroulent après La Guerre de Darkseid mais également après la fin de la série Superman des NEW52 (le chapitre #50 pour être plus précis).

Si vous voulez conserver les éléments de surprises intacts, il est fortement déconseillé de lire la suite (aussi bien les résumés que les critiques) !

NB : il est fort probable qu’Urban Comics publiera en français chacun des chapitres évoqués ci-après, mais très certainement pas avant début 2017.

DC Universe Rebirth

DC Universe Rebirth
Wally West, ancien Kid Flash puis Flash (après les évènements survenus à la fin de Crisis on Infinite Earth) qui avait « disparu » il y a quelques années (à la fin de Infinite Crisis) voyage plus ou moins dans le temps et requiert l’aide de Batman (pour l’avertir d’un danger imminent), sans succès car il est « aspiré » par la force véloce. Il fait de même avec d’autres personnes, en vain. De son côté, Ray Palmer, alias Captain Atom, est lui aussi « perdu » dans une dimension nanotechnologique dont il ne peut sortir.
Après avoir rendu de brèves visites et s’être remémoré des souvenirs avec d’anciens justiciers, Wally West réussit à revenir définitivement « dans le présent » grâce à Barry Allen, l’actuel Flash. Superman est porté disparu et un Clark Kent d’un autre monde mène une vie rangée avec sa femme et sa fille mais fait une rencontre inattendue. Au fond de la Batcave, le Chevalier Noir découvre un étrange badge. Ils sont observés depuis longtemps…

► Après Flashpoint il y a cinq ans, ce Rebirth s’annonce beaucoup plus épique (et réfléchi) car il propose —pour l’instant en tout cas— une continuité claire et nette (aussi bien après le chronologie classique que celle des New 52), mais également une possibilité de jonction de quelques années perdues. L’ensemble est parfaitement compréhensible et a le culot monstre d’ajouter définitivement Watchmen comme œuvre incorporée dans l’univers des super-héros DC. Un gage à la fois salvateur puisque cela permet(rait) une cohérence plausible grâce au statut de « Dieu » et créateur de monde du Dr Manhattan. Mais cette surprenante raccroche en irritera plus d’un (à commencer par le créateur de l’œuvre mère, Alan Moore — qui n’a sans doute pas été consulté) : le comic culte, même si publié chez DC et usant de vieux personnages, prévalait par son statut « d’indépendant » et non rattaché à quoique ce soit (déjà polémique à l’époque de la sortie des préquelles — auxquelles le site Before Watchmen est consacré, créé par l’auteur de ces lignes) ; il n’y avait pas non plus d’obligation de le lire pour suivre la suite de DCVerse. Bref c’est à la fois ingénieux, osé et risqué. L’ensemble est donc très intrigant, réussi et bien écrit, à nouveau par Geoff Johns (déjà scénariste de Flashpoint puis de la série Justice League entre autres). Les dessins sont assurés par des artistes de valeur sûre : Gary Frank et Ivan Reis en tête, ainsi qu’Ethan Van Sciver et Phil Jimenez. Quatre chapitres (Lost, Legacy, Love, Life) et un épilogue composent le tout, pour près de soixante-dix pages de bandes dessinées.

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BATMAN_REBIRTH

Batman Rebirth #1
Julian Day, alias Calendar Man, menace de déverser des spores dans la ville qui chamboulent le cycle des saisons et de la nature. Duke, nouvel allié de Batman mais pas un nouveau Robin (rencontré dans la série Batman puis mis en avant dans l’event We are Robin) est convié par Bruce Wayne à vivre au Manoir, afin justement d’être entraîné pour être « quelque-chose de nouveau »…
► Un chapitre unique écrit par Scott Snyder, qui a opéré la précédente « renaissance » du Chevalier Noir avec sa longue série et Tom King, qui était sur la série Grayson, en compagnie du dessinateur Mikel Janin qui officie justement ici. C’est beau, très beau, mais clairement moyen sur l’histoire, très expéditive. Pas de réels enjeux dramatique ni le temps de s’attarder réellement sur un personnage en particulier. L’ennemi, rarement utilisé, n’est pas mis en avant sous un beau jour, même si on découvre qu’il « mue » et vieillit, telles la faune et la flore. Une belle réinvention esthétique du personnage toutefois, mais qu’on espère voir davantage. On nous promet d’ailleurs une suite, toujours par Tom King, dans Batman #1 (voir ci-après) et une autre dans All-Star Batman #1, par Scott Snyder (prévue en août 2016). Ce Batman Rebirth sonne volontairement comme une métaphore du renouveau, plus ou moins accentué par ce qu’on voit et qu’on lit, mais c’est clairement pas très pertinent et trop redondant pour donner un one-shot de qualité, au contraire c’est surtout une introduction à un nouvel univers, dont on attend la suite. En ce sens, le lecteur peut se sentir lésé, à raison.

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Detective Comics 934

Detective Comics #934
Batman combat Azrael (Jean-Paul Valley) dans une église et découvre qu’un mini-drône, en forme de chauve-souris qui plus est, le surveille. Il rend visite à Batwoman (Kathy Kane) car elle était aussi espionnée par les mêmes gadgets. Le Chevalier Noir fait d’elle sa partenaire et tous deux sont chargés d’entraîner chaque justicier de Gotham qui était suivi par un drône : Red Robin (Tim Drake), Spoiler (Stephanie Brown), Orphelin (Cassandra Cain) et… Gueule d’Argile, à qui Batman souhaite donner une seconde chance.
► Excellent début pour une série emblématique de l’éditeur. Joliment dessinée par Eddy Barrow (qui officiait sur les trois premiers tomes de Nightwing) et écrite par James Tynion IV, on sent l’influence de Batman Eternal, avec un fort concept d’entrée, plusieurs héros ou antagonistes et un gros potentiel derrière. Attention donc à la suite, mais cette entrée en matière est fortement agréable, élégante et convaincante !

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Batman #01
Batman tente de sauver le crash d’un avion en se posant carrément dessus !
► Tom King qui avait co-écrit Batman Rebirth (et scénarisé Grayson) empile pour cette suite, plus aboutie, avec David Finch aux dessins (qui s’occupait de la série très mitigée Le Chevalier Noir et La Nouvelle Aube). Les planches sont sublimes, la scène principale fonctionne bien : beaucoup de tension, de suspense, une belle émotion sur la fin également (même si un peu surprenante et peu crédible, ça fonctionne quand même) et une surprise de taille. En effet, deux nouveaux personnages font leur apparition, chacun doué de force surhumaine pour l’instant, mais qui ne sont pas forcément dans le camp des ennemis : Gotham et Gotham Girl. Des noms certes risibles mais du changement, à suivre donc ! Une seule case sonne comme un léger rappel à DC Universe Rebirth, à chacun d’y faire sa petite théorie.

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Si le DC Universe Rebirth chamboule « un peu » l’univers déjà connu de DC (au moins dans les dernières planches avec des révélations), les séries suivantes consacrées à Batman restent globalement dans la continuité de ce qu’il s’est fait durant la période New52 (excepté Alfred, qui n’est plus manchot, dommage, mais elles reprennent le personnage de Duke Thomas par exemple). Bref, même si ce Relaunch ne fait pas vraiment office de pétard mouillé (trop tôt pour juger par rapport aux autres séries et à la suite de la trame principale), pour Batman rien ne change vraiment, comme il y a cinq ans, ce fut quasiment la même chose, seul le Dark Knight n’avait pas vraiment été impacté par Flashpoint, les séries suivaient alors le travail de Morrison de l’époque et de la chronologie « classique » avec les mêmes alliés et ennemis. Ce n’est peut-être pas plus mal. Les deux nouvelles séries régulières sont de bons points d’entrée, même si forcément pas extrêmement limpides pour le pur débutant, et donnent envie de lire la suite, en plus d’être extrêmement bien dessiné. C’est là le principal.