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Batman Saga – Hors Série #01 – Les Portes de Gotham

Les Portes de Gotham

[Histoire]
1881, Gotham City est à l’aube de devenir une mégalopole dynamique. Des investisseurs s’assurent les services de deux jeunes frères architectes, Nicholas et Bradley Anders, afin de morderniser la ville.

De nos jours, tandis que Bruce Wayne continue son tour du monde pour recruter des Batmen (pour Batman Inc.), Dick le remplace toujours à Gotham. La ville est la cible d’attentats : un pont est explosé, d’autres suivront, l’acte est revendiqué… Batman, épaulé de Robin (Damian), Red Robin (Timothy), Black Bat (Cassandra Cain, ex-Batgirl et désormais la « Batman » de Hong-Kong) et Gordon enquêtent sur un mystérieux terroriste à l’allure steampunk. Les indices mènent à trois noms célèbres de la ville : Wayne, Elliot (Silence) et Cobblepot (Le Pingouin). Seul point commun qui les unissent : leurs ancêtres ont fondé Gotham City.

 

Les Portes de Gotham 01

[Critique]
Excellente suprise que ce hors-série sorti fin octobre en kiosque. Une très grande équipe est aux commandes : Scott Snyder (La Cour des Hiboux, Sombre Reflet), Kyle Higins, Trevor McCarthy et Graham Nolan (Knightfall, La Revanche de Bane) notamment. Snyder poursuit une thématique chère à ses yeux : la ville de Gotham en tant que personnage et non simple lieu où se déroule l’action. Action qui se situe peu après Sombre Reflet, Dick étant toujours Batman, et qui complète l’idée également entretenue par la suite dans La Cour des Hiboux, que le passé de la ville est un vaste champs de possibilités à explorer pour dénicher de nouveaux ennemis et raconter –avec brio– des histoires mêlant passé et présent.

C’est ce qu’on découvre dans Les Portes de Gotham, également surtitré, avec raison, Les Origines de Gotham City sur le magazine. Le récit se découpe clairement en deux parties, l’une dans le passé, aux sublimes tons sépia et tendance steampunk assumée, et l’autre dans le présent. Le point qui fâche est sans nul doute le dessin : certains bâtiments et véhiculés sont plus ou moins en 3D numérique, tandis que les visages laissent suggérer un mixte de cell shading et dessin numérique de temps en temps (cf. les trois dernières images de cet article). Il est conseillé de feuilleter l’ouvrage si ce style très particulier peut vous rebuter.

Passée cette étape, le reste se savoure grandement et on aurait presque aimé un ouvrage en librairie tant l’ensemble est beau, intelligent et passionnant. Même si Le Pingouin et Silence font plus office de figuration, au-delà des flash-backs intéressants et de l’enquête principale, on se plaît à lire les doutes de Dick en tant que Batman, de Red Robin à propos du nouveau Robin, etc. On pourra aussi chipoter sur la fin, peut-être trop vite expédiée, mais ce sont les tourments des héros et surtout le passé de Gotham City qui fascinent tout le long.

Enfin, comme ce magazine est un hors-série (pas besoin d’avoir les autres Batman Saga), il est à la portée de tous, l’histoire comporte cinq chapitres ni plus, ni moins, c’est complet (pas d’engagement d’achats mensuels), pas très cher (5,60€) et c’est un excellent complément aux autres de Snyder. En bonus les illustrations originales des couvertures US. À ce prix là, il n’y a aucune raison de se priver.

« Tandis que je considérais que notre travail
était de révéler la beauté inhérente à notre ville…

Bradley pensait que nous camouflions son visage hideux. »

Les Portes de Gotham 02

[À Propos]
Publié en France dans Batman Saga Hors Série #01 à #06 chez Urban Comics en novembre 2012.
Histoire : Scott Snyder & Kyle Higins
Dialogues : Kyle Higgins (+ Ryan Parrott ch.3/4)
Dessin & Encrage : Trevor McCarthy
Découpage : Graham Nolan (ch.3/4)
Couleur : Guy Major
Lettrage : Laurence Hingray & Christophe Semal (Studio Myrtille)
Traduction : Jérôme Wicky
Titres des chapitres :
01 – Un Pont vers le Passé (A Bridge to the Past)
02 – Les Quatre Clans de Gotham (The Four Families of Gotham)
03 – Les Clés de la Ville (The Key to the City)
04 – La Chute de Gotham (The Gotham City Massacre)
05 – Bienvenue dans l’avenir (Welcome to the Future)
Première publication originale dans Batman : Gates of Gotham #01 à #06 (juillet 2011 à novembre 2011).

Les Portes de Gotham 03

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Les Portes de Gotham 04 Les Portes de Gotham 05

 

Sombre Reflet

MàJ 29 novembre 2016 : L’éditeur Urban Comics publie une version intégrale regroupant les deux tomes depuis le 18 novembre 2016. Celle-ci reprend la couverture du premier tome. Moins onéreuse et prenant moins de place mais sans la superbe couverture de Jock du second tome…

 

Couvertures Sombre Reflet

[Histoire]
Sombre Reflet se divise en cinq chapitres (onze en version originale), tous scénarisés par Scott Snyder.

Chapitre 1 (Tome 1) : Dick Grayson (le premier Robin, devenu ensuite Nightwing) a endossé le costume de Batman depuis la réapparition de Bruce Wayne (voir Batman Incorporated). Grayson enquête sur une mystérieuse organisation qui vend aux enchères des objets, armes ou vêtements ayant appartenu à des ennemis de l’homme chauve-souris. À sa tête : Le Primeur, portant un masque à gaz et se déplaçant avec des cannes, il voue un culte au « Mal » et séduit de nombreux citoyens de Gotham City. Batman s’infiltre dans une de leur réunion.

Chapitre 2 (Tome 1) : Le fils psychotique du commissaire Gordon réapparaît dans la ville au moment où des cages d’oiseaux exotiques ont été ouvertes pour libérer les volatiles. Qui se cache derrière cette curieuse action et surtout, quel est son but ? Tandis que Gordon Jr. reprend contact avec son père, Batman accompagné de Red Robin (Timothy Drake, le troisième Robin), enquête sur la même affaire. C’est également l’occasion de revenir sur le passé de la famille Gordon.

Chapitre 3 (Tome 2) : Un corps est retrouvé dans le ventre d’une orque. L’animal a été déposée à l’accueil d’une des banques les plus rentables de Gotham City. Dirigée par Sonia Branch, celle-ci s’avère être la fille d’Anthony Zucco, le tueur des parents de Dick Grayson, l’actuel Batman. Son investigation sur cet étrange meurtre le conduit au Requin-Tigre, mystérieux ennemi vivant sur un bateau.

Chapitre 4 (Tome 2) : Alors que le commissaire Gordon a toujours des doutes sur la nouvelle vie de son fils, le Joker s’échappe de l’asile d’Arkham grâce à une toxine secrétée par sa peau, qui rend fou quiconque le touche !

Chapitre 5 (Tome 2) : Batman se retrouve face au Joker, Gordon poursuit son enquête avec sa fille, Oracle. Les clés du puzzle sont réunies dans cet ultime chapitre, qui livre un final grandiose !

Sombre Reflet Scott Snyder

[Critique]
Disons-le d’entrée, nous avons là du très très bon. Deux tomes pour un arc solide, passionnant, et très bien écrit. Mais attention, le lectorat novice de Batman peut être dérouté : pas de Bruce Wayne, allusions à d’anciennes histoires, personnages pas forcément connus, nouvelle « situation » de l’homme chauve-souris, bref il y a de quoi s’y perdre un peu. Urban Comics propose une fresque chronologique narrant les évènements de l’univers DC précédents Sombre Reflet, ainsi que des résumés de chaque protagoniste afin d’être mieux préparé à lire la suite.

Côté scénario, c’est Scott Snyder qui s’y colle et mène de main de maître son récit en alternant plusieurs enquêtes, qui se rejoignent à la fin. Dès le départ il savait où il allait, c’est indéniable. De nouveaux et d’anciens ennemis apparaissent et les investigations ne sont pas forcément prévisibles. Chaque personnage s’interroge sur soi et son utilité au sein de Gotham City, ville dont nos héros ont du mal à se défaire et à comprendre pourquoi ils ne la quittent pas. Sombre Reflet est un brillant cocktail de réflexion, d’interrogation et d’action.

Côté dessins, c’est Jock (voir ci-dessus ainsi que les couvertures) qui s’occupe des chapitres centrés sur Batman. Son style, accompagné de la sublime colorisation de David Baron ancre parfaitement l’histoire dans une ambiance ténébreuse avec un trait réaliste, des planches qui donnent un ton très « adulte ». Francesco Francavilla a dessiné et mis en couleur les chapitres sur Gordon (voir ci-dessous), le style tranche avec son collègue : un côté « old-school », des traits épais et une nette domination de couleurs vives. Le contraste est si fort entre les deux qu’il peut décontenancer certains lecteurs. C’est malgré tout un choix judicieux qui permet d’alterner « l’ambiance » et de faire une séparation plus simple entre les enquêtes, avant l’apothéose final. À lire d’urgence.

Chaque tome contient un Sketchbook, rassemblant divers croquis, dessins de couvertures ou inédits de la part des deux dessinateurs, accompagnés de quelques notes.

Pour l’anecdote, il s’agit des derniers chapitres publiés dans la revue Detective Comics avant le relaunch de DC Comics.

Sombre Reflet Francesco Francavilla

« Je suis le cauchemar que Gotham t’a réservé, Dick, je suis ton sombre reflet,
l’inverse de ce que tu es, un homme sans compassion, sans la moindre pitié.
Gotham m’a créé pour te défier, pour défier tous les soi-disant super-héros
dont la « supériorité » n’est qu’illusion.
Le vrai sur-homme nietzschéen, c’est moi… »

[À Propos]
Publiée en France chez Urban Comics. Tome 1 sorti le 24/02/2012 ; Tome 2 le 13/04/2012.
Titre original : The Black Mirror
Scénario : Scott Snyder
Dessin : Jock (Chapitre 1, 3 et 5) ; Francesco Francavilla (Chapitre 2, 4 et 5)
Couleurs : David Baron (Chapitre 1, 3 et 5) ; Francesco Francavilla (Chapitre 2, 4 et 5)
Lettrage : Christophe Semal (et avec Laurence Hingray pour le Tome 2)
Traduction : Jérôme Wicky
Titres des chapitres :
Chapitre 1 (Tome 1) : The Black Mirror part 1, 2 et 3
Chapitre 2 (Tome 1) : Skeleton Cases ; Lost Boys
Chapitre 3 (Tome 2) : Hungry City part 1, 2 et 3
Chapitre 4 (Tome 2) : Skeleton Keys
Chapitre 5 (Tome 2) : My Dark Architect ; The Face in the Glass
Première publication originale dans Detective Comics #871 à 881, de décembre 2010 à octobre 2011.

Sombre Reflet

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Batman – Tome 01 : La Cour des Hiboux

[Histoire]
(Le chapitre 1 est raconté de façon très détaillé dans l’article sur Batman Saga #01, la nouvelle revue dans laquelle les chapitres de cet ouvrage sont publiés mensuellement.)

Batman découvre un message près d’un cadavre : « Bruce Wayne mourra demain ». Peu de temps après, le millardaire rend visite à Lincoln March, candidat à la mairie de Gotham City qu’il soutient et les deux hommes sont attaqués par une personne portant un costume de hibou. Comme il est en civil, Bruce Wayne ne peut pas se permettre de montrer sa véritable force mais arrive tant bien que mal à se sortir de cette situation.

Il enquête alors sur la mystérieuse secte qui se cache derrière cette agression : La Cour des Hiboux. Cette dernière existerait depuis des décennies (Alan Wayne, l’arrière arrière grand-père de Bruce les connaissait déjà) et reste tapie dans l’ombre de Gotham City.

Malgré tout, le Dark Knight est persuadé que cette Cour des Hiboux n’existe pas et qu’il s’agit juste d’une légende urbaine issue d’une comptine. Il avait d’ailleurs déjà mêné des investigations sur elle, à la mort de ses parents, et n’avait rien trouvé.

C’est alors qu’il découvre un de leur repaire et se fait capturer peu de temps après…

[Critique]
Nouvel arc narratif dans la mythologie de l’homme chauve-souris, cette Cour des Hiboux risque de devenir une œuvre culte très vite ! En effet, le scénario de Scott Snyder est tout simplement captivant. Il a su créer un nouvel ennemi à Batman, chose peu aisée, tout en laissant son histoire accessible aux puristes comme aux nouveaux lecteurs (c’était d’ailleurs la volonté du Relaunch DC Comics dont ce tome couvre la nouvelle série Batman). Ici l’ennemi se cache, on ignore son réel but : qui fait parti des Hiboux ? Combien sont-ils ? Quel est leur véritable objectif ? Depuis quand existent-ils ?

En quelques chapitres, la construction de cette secte de l’ombre promet un avenir extrêmement intéressant, aussi bien chez Batman que chez ses alliés (d’ailleurs, toutes les séries de la Bat-Family seront touchées, dans leur neuvième chapitre, par cet arc — nous reviendrons dessus dans un prochain article). Snyder dépeint un Wayne toujours solitaire, malgré l’aide complice de son fidèle Alfred et de Nightwing qui apparaît régulièrement, pour être au final lui aussi directement lié, de très près, par cette affaire !

Les dessins de Greg Capullo sont sublimes. L’artiste ne reçoit que des éloges et c’est mérité. Seul point noir à ses planches : les similitudes de certains visages (March/Wayne en premier) et peut-être le ton trop « jeunôt » qu’il adopte pour ses personnages (encore une fois, on pense surtout à Wayne). Peu importe ce n’est pas très grave. Car en lisant l’ouvrage, on est subjugué par la beauté et la mise en page des planches. Le point d’orgue apparaît lors des chapitres 5 et 6, durant lesquels Batman est prisonnier d’un labyrinthe, à la limite d’une réalité cauchemardesque ; l’immersion est telle, qu’on se surprend à lire des planches verticalement, puis horizontalement, puis à l’envers ! Des passages qui sont presque fantastiques et sortent donc d’une solide veine réaliste adoptée jusque là. Une explication sera sans doute donnée plus tard.

Pour les amateurs de Comics, nul doute que le costume du Hibou rappelera celui de Dran Dreiberg, le Hibou de Watchmen d’Alan Moore et de Dave Gibbons (ce dernier étant déjà inspiré de Blue Beetle) mais aussi celui du Midnighter dans Authority (Wildstorm) celui-ci étant volontairement copié sur le personnage de Batman.

Quelques bonus sont présents : en plus des couvertures originales et alternatives de chaque chapitre, divers croquis et réalisations de séquences accompagnent l’ouvrage. Notons aussi que les chapitres ne sont pas titrés, à l’inverse des publications dans la revue.

Une histoire pleine de rebondissement dont on se détache difficilement, d’excellents dessins (avec une parfaite colorisation) font de ce premier tome un futur classique à posséder absolument ! Suite prévue en mars ou avril 2013.

« Gare à la Cour des Hiboux, Qui d’en haut scrute Gotham,
Au Tribunal des Chouettes, Qui sait tout de nos âmes,
Car par delà les murs, Il entend chaque mot,
Gare à son émissaire, Dont le nom est l’ergot, »

[À propos]
Publiée en France chez Urban Comics. Tome 1 sorti le 8 juin 2012 (au lieu du 25 mai 2012) – 15€ les 176 pages.
Titre original : The Court of Owls
Scénario : Scott Snyder
Dessin : Greg Capullo
Encrage : Jonathan Glapion
Couleurs : Fco Plascencia
Lettrage : Christophe Semal et Laurence Hingray
Traduction : Jérôme Wicky

Titres des chapitres (dans Batman Saga) :
1 – D’une cible à l’autre (Knife Tricks)
2 – Trahison (Trust Fall)
3 – La Treizième Heure (The Thirteenth Hour)
4 – Accusé, levez-vous ! (Face the Court)
5 – Face à la cour (Face the Court)
6 – Derrière la glace (Beneath the Glass)
7 – Tous ergots dehors ! (The Talons Strike !)

Première publication originale dans Batman #01 à #07, de septembre 2011 à mars 2012.
Également publié en France dans les Batman Saga #01 à #07, de mai 2012 à décembre 2012, chez Urban Comics.
Les premières pages avaient aussi été proposées dans le 17ème numéro de Geek – Le Magazine (S04E01 – Avril/Mai 2012)

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