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Un seul set Lego pour le film Wonder Woman

INDEX de tous les articles évoquant les jouets LEGO BATMAN à collectionner

La princesse amazone, Steve Trevor et son avion ainsi qu’une gigantesque représentation du dieu Mars constituent l’unique kit en Lego issu du film Wonder Woman !

Ce set (76075), intitulé La Bataille de Wonder Woman, était vendu pour 37,99€ mais semble épuisé sur plusieurs sites puisqu’il est déjà à… 59,99€ sur amazon.fr. Toutefois, sur la boutique du site Lego on le trouve encore au prix initial.

Lego Wonder Woman

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DC Comics au cinéma : plus le droit à l’erreur !

Cet article a été écrit en février/mars 2017 pour être publié dans le magazine Ciné Saga #18 en avril 2017 [cf. cette section pour les détails] donc avant la sortie du film Wonder Woman et avant les complications de postproduction de Justice League. Néanmoins il a été mis à jour en fonction de cela avec l’ajout d’une dizaine de paragraphes et de modifications diverses.

2016 était l’année de lancement de l’univers partagé DC Comics au cinéma (le « DCEU » en VO, pour DC Extended Universe). Batman v Superman : l’Aube de la Justice n’a pas obtenu le succès escompté et s’est fait massacrer par la critique. Suicide Squad a enfoncé le clou de la défaite (artistique mais pas commerciale). Avec Wonder Woman et Justice League, Warner Bros ne peut plus se permettre de décevoir… Retour sur un chantier chaotique.

DCEU

Été 2012. Tout va pour le mieux pour le studio de production et distributeur Warner Bros : The Dark Knight Rises, qui clôturait la trilogie consacrée à Batman par Christopher Nolan, a dépassé le milliard de recettes dans le monde entier. Un exploit sachant que quatre mois plus tôt, le rassemblement Avengers de la concurrence (Marvel) explosait elle aussi les records avec 1,5 milliards de dollars de recettes ! Warner apprécie l’univers sombre et très réaliste de Batman. Elle veut la même chose pour Superman. L’approche a de quoi déstabiliser, car on risque de dénaturer l’un des super-héros les plus emblématiques (l’homme d’acier incarne la lumière, l’espoir, il véhicule du positif), mais ce parti pris permettrait de recréer la nouveauté pour l’alien kryptonien, qui a déjà été porté cinq fois au cinéma. Man of Steel sort en salles en juin 2013 avec une belle équipe de créateurs : Christopher Nolan signe le scénario avec David S. Goyer, qui œuvré avec lui pour l’écriture de la trilogie The Dark Knight.

SNYDER, MAN OF STYLE

Considéré comme un metteur en scène « visionnaire », Zack Snyder est le réalisateur tout trouvé pour cette nouvelle version des aventures de l’homme d’acier. Lecteur assidu de comics développant un style de mise en scène très particulier, avec une esthétique hors-norme, très soigné, Snyder est en plus apprécié par une large communauté de fans de comics depuis ses adaptations de 300 (2007) et Watchmen : Les Gardiens (2009). Man of Steel, qui sort en 2013, est une semi-réussite. Il a certes coûté 225 millions de dollars et en a rapporté quasiment le triple mais les critiques sont mitigées. En Clark Kent/Supermen, Henry Cavill ne convainc pas tout le monde (jugé trop lisse voire inexpressif) et la fin du film est fortement critiquée, notamment parce qu’il n’y a aucune victimes victimes visibles durant la destruction de Metropolis (un aspect corrigé au début de Bat v Sup). Cette lecture de Superman, qui n’est pas encore un super-héros à ce moment de l’histoire et qui tue même un ennemi (le Général Zod), ne remporte pas l’adhésion dans l’univers cinéphilique…

Man of Steel

Zack Snyder s’est pourtant inspiré des comics. Il a défendu sa vision et imposé sa patte pour concevoir une galaxie où d’autres super-héros de DC Comics sont susceptibles d’intervenir. Un satellite Wayne Enterprises est brièvement aperçu, preuve que le milliardaire est déjà de ce monde. Idem avec Lex Corp : quelques plans dévoilent le logo du futur ennemi de Superman. Le succès commercial du long-métrage incite Warner Bros à le transformer officiellement en première pierre du DC Extended Universe (DCEU), l’univers cinématographique de la « Distinguée Concurrence » (de Marvel). L’un des productuers, Charles Roven, l’a confirmé en mars 2017 : « Quand nous avons commencé Man of Steel, nous savions que nous allions étendre l’univers DC au cinéma et que ça allait commencer par l’histoire de Superman. L’univers que nous allions construire irait au-delà de cet unique film. »

AOÛT 2014 : WARNER ANNONCE 10 FILMS DC DE 2016 À 2020 !

Warner Bros DC ComicsUn mois après la sortie de Man of Steel, Zack Snyder mentionne, au Comic Con de San Diego, la présence de Batman dans la suite du film. Peu après, Ben Affleck est officiellement annoncé pour reprendre le rôle de l’homme chauve-souris (après Michael Keaton, Val Kilmer, Georges Cloonez et Christian Bale). Les fans s’inquiètent déjà suite au triste souvenir de l’incursion de l’acteur chez les super-héros en 2003 dans Daredevil.

Août 2014. Warner Bros annonce dix films pour le DCEU s’étalant de 2016 à 2020 ! Les titres sont révélés en octobre de la même année : Batman v Superman : l’Aube de la justice et Suicide Squad pour 2016, Wonder Woman et Justice League – Part one en 2017, The Flash et Aquaman en 2018, Shazam et Justice League – Part two en 2019 et enfin Cyborg et Green Lantern en 2020.

Warner frappe fort et souhaite combler son retard face au concurrent Marvel. À ce moment là, Les Gardiens de la Galaxie explosent tout, lançant la dernière offensive de la phase II de l’univers Marvel au cinéma, avant le très attendu Avengers 2 (L’Ère d’Ultron). Bat v Sup voit d’ailleurs sa date avancée pour sortir juste avant Captain America : Civil War. Il faut à tout prix éviter le raz-de-marée « marvelien » et une possible noyade…

Zack Snyder Ben Affleck

Ben Affleck dirigé par Zack Snyder, sur le tournage de Batman v Superman

Au lieu de suivre un schéma classique — montrer un super-héros par film puis lui faire partager l’écran avec ses co-équipiers dans un autre —, Warner adopte une stratégie différente et assez agressive. Partant du principe (très juste) que tout le monde connaît Batman et Superman, le studio décide de les faire s’affronter dans Bat v Sup, d’y introduire Wonder Woman et de dévoiler, très brièvement, Aquaman, Flash et Cyborg, qui auront leur propre film ensuite. Ainsi, ce qui devait être un « Man of Steel 2 » est devenu un « Justice League Origins ». Les détracteurs (et même les fans) de DC Comics y voient déjà un gros fourre-tout, un peu bordélique et pas forcément justifié. Les trailers de Batman v Superman : l’Aube de la justice en montrent trop et aucune projection presse n’est prévue, ce qui est rarement bon signe. Juste avant la sortie, en mars 2016, Zack Snyder annonce qu’il y aura une version longue pour le marché vidéo, un « aveu » qui cristallise à nouveau les inquiétudes des fans. Ils s’attendent au pire pour la première mouture et imaginent que le metteur en scène veut rattraper le coup avec la deuxième (et eux devront remettre la main au portefeuille…). Entre-temps, une première bande-annonce de Suicide Squad est diffusée, annonçant un long-métrage très sombre et violente.

2016, L’AUBE DE LA… DÉCEPTION

Batman V SupermanFin mars 2016. Le duel Ben Affleck – Henry Cavill signe sans surprise un excellent démarrage dans le monde entier mais les critiques le descendent et le bouche à oreille est lui aussi négatif. S’il est jugé tantôt trop compliqué, tantôt pas assez épique, quand ce n’est pas ridicule, trop long, trop noir ou dénué d’humour, trahissant les icônes de DC Comics, Bat v Sup génère tout de même près de 875 millions de dollars au box-office mondial en fin d’exploitation. Il aurait coûté 250 millions de dollars sans la promotion et le marketing (une rumeur avance un coût définitif de 400 millions). Le long-métrage de Snyder a peut-être pâti d’un évènement que personne n’avait vu venir : le Deadpool de la 20th Century Fox (également détenteur des droits des films X-Men et Wolverine), projeté en salles début février 2016 qui a cartonné et a donné un nouveau souffle au genre. À l’arrivée, Batman v Superman : l’Aube de la Justice a rapporté plus du double de son budget initial mais il n’a pas atteint pas le milliard de dollars prévu et, surtout, complique l’exploitation de l’univers DC Comics au cinéma. Chez les fans, Bat v Sup divise tout autant mais certains y voient un chef-d’œuvre, avec une vision encore jamais défendue pour un film de super-héros (cf. la critique du site).

La version longue, qui sort en juillet 2016, est unanimement saluée comme étant meilleure, donnant plus de profondeur aux personnages et facilitant la compréhension générale des évènements, comme le plan de Lex Luthor par exemple (cf. la critique du site). Mais c’est trop tard pour la Warner qui doit changer de cap afin de ne pas réitérer la même erreur. Il s’agit de revenir aux fondamentaux en produisant des films davantage « accessibles » et plus « grand public ». La première bande-annonce de Justice League (qui ne sera plus scindé en deux parties formant un tout complet — même si une suite est toujours annoncée) est montrée en juillet 2016 et elle va dans ce sens avec des situations plus drôles et légères dans lesquelles Bruce Wayne semble singer Tony Stark (alias Iron Man). Les fans ayant apprécié Bat v Sup déplorent cette nouvelle approche et ce retournement de veste du studio, sans savoir si cette politique était voulue à la base.

LE SCÉNARISTE DE COMICS GEOFF JOHNS À LA RESCOUSSE

evolution logo Suicide SquadWarner revoit donc ses plans. Le long-métrage The Batman se greffe au DCEU, porté par un Ben Affleck très impliqué et qui veut (dans un premier temps) le réaliser. Le talentueux scénariste de comics Geoff Johns (qui a œuvré avec brio pour relancer les séries Green Lantern, Aquaman, Justice League, Flash…) est placé en haut de l’échiquier Warner comme co-président de DC Entertainement, la branche média de DC (dessins animés, jeux vidéo, films…) créée spécialement pour le DCEU. Johns est également co-président de DC Films. Son rôle ? Consolider l’univers partagé DC au cinéma, comme consultant sur chaque long-métrage, s’impliquer dans la production et participer à l’écriture selon les besoins. Il épaule ainsi Zack Snyder, qui était seul à bord pour mener cette lourde tâche, et qui semble se retirer petit à petit des autres projets, comme Christopher Nolan, qui s’est éclipsé après Man of Steel.

Warner change aussi la promo de Suicide Squad (peut-être aussi pour copier Deadpool) ; les nouveaux trailers révèlent un univers totalement déjanté et pop, à grands renforts de tubes musicaux. Très loin de la noirceur annoncée un an plus tôt. L’évolution du logo (illustration à droite) est saisissante (— voire consternante). À sa sortie début août 2016, le film de David Ayer avec Will Smith (Deadshot), Margot Robbie (Harley Quinn) et Jared Leto (le Joker) essuie des critiques encore plus violentes que Batman v Superman : l’Aube de la Justice. Les professionnels parlent d’un opus ridicule avec un Joker très mauvais et des personnages caricaturaux. Même les fans de comics s’accordent sur son manque de relief. Si Bat v Sup était attendu, à tort, comme un film de super-héros épique, pour tous, Suicide Squad avait été vendu (surtout au début de sa promotion), lui, comme un long-métrage torturé, violent, adulte. C’est l’inverse qui s’est produit. Warner ne sait visiblement pas comment trouver le bon équilibre pour garantir à la fois à ses films une certaine qualité cinématographique et l’indispensable succès commercial. Sans parler de la volonté (l’obligation ?) de concurrencer Marvel (avec son MCU, pour Marvel Cinematic Universe, bien installé, ses Avengers et désormais Spider-Man) et la Fox (les sagas X-Men, Wolverine et Deadpool).

Harley QuinnMalgré les critiques désastreuses de Suicide Squad, Margot Robbie, qui interprétait une excellente Harley Quinn (un des éléments forts du film, cf. la critique du site), confirme la préparation d’un Gotham City Sirens. Elle devrait côtoyer Catwoman et Poison Ivy dans ce projet mis en scène par le même réalisateur, David Ayer. Ce dernier s’est fendu d’une tribune début 2017 pour exprimer ses regrets. Il expliquait qu’il aurait dû faire « du Joker le méchant principal et concevoir une histoire plus solide ». Il précisait dans la foulée qu’il n’existait pas un montage secret avec le Joker… et qu’il était satisfait, malgré tout, d’avoir présenté des personnages cool de l’univers DC au monde entier. Tout n’est pas noir, le film a incroyablement marché : pour un budget de 175 millions de dollars, il en a rapporté 745, soit quatre fois plus ! Bonus supplémentaire suprême : Suicide Squad a remporté, contre toute attente, l’Oscar des meilleurs maquillages et coiffures fin février 2017, aux dépens notamment de Star Trek: Sans limites. Chez Warner, on est évidemment conscient des retours négatifs mais la major met quand même une suite en chantier. Mel Gibson tâta un temps le terrain pour la réaliser, avant que le projet aboutisse aux mains de Gavin O’Connor, en septembre 2017. Ce metteur en scène de Jane Got a Gun et Mr. Wolff écrira ce second volet en plus de le réaliser, pour une sortie prévue en 2019. Warner mise aussi sur un spin-off axé sur Floy Lawton, alias Deadshot, joué par Will Smith. Nous sommes au royaume de l’entertainment et « malheureusement », il y a un paquet d’argent à la clé, indépendamment de la beauté, de l’originalité, de la pertinence, bref de la qualité d’une œuvre… Évidemment, le studio aimerait éviter de se faire à nouveau incendier !

THE BATMAN DANS L’IMPASSE

Prévu pour 2018, The Batman a tout pour faire rêver les fans des comics et les cinéphiles — le souvenir de la trilogie Nolan est intact — mais le parcours de pré-production, totalement chaotique, change la donne. Le film doit être co-écrit et mis en scène par Ben Affleck qui avait été oscarisé comme meilleur scénariste pour Will Hunting en 1998 ; sa réalisation Argo décrochant, elle, la statuette du meilleur film en 2013. Attaché à son rôle et fortement impliqué dans l’écriture du scénario, épaulé par Geoff Johns, Affleck dévoile ainsi sur Twitter, fin août 2016, une vidéo de Deathstroke — un personnage déjà aperçu dans la série Arrow et qui devrait être incarné, ici, par Joe Manganiello (True Blood). Le futur ennemi du Caped Crusader ? Bien possible. Batman a échangé quelques coups avec lui dans les comics et dans le jeu vidéo Arkham : Origins (notamment dans un affrontement mémorable, cf. la critique du site), en plus d’être inédit au cinéma.

Batman Ben Affleck

Mais début 2017, coup de théâtre Affleck se retire de la réalisation, tout en assurant qu’il reste attaché au projet en tant qu’interprète et scénariste. Matt Reeves (Cloverfield, La Planète des Singes : L’Affrontement et La Planète des Singes : Suprématie) est annoncé comme metteur en scène peu après. Il déclare pourtant dans un premier temps son retrait, ne parvenant pas à trouver un terrain d’entente avec Warner sur la direction à suivre. Le 23 février 2017, Warner officialise finalement bien le choix de Matt Reeves à la réalisation (les négociations ont donc abouti entre le metteur en scène et la firme). Ben Affleck lui souhaite la bienvenue sur Twitter pour couper court aux rumeurs indiquant qu’il rend définitivement sa cape. Mi-mars 2017, retour à la case « Départ » : on apprend que le script de Ben Affleck, Chris Terrio et Geoff Johns sera réécrit car Matt Reeves veut y apporter sa patte (pas forcément une mauvaise chose !). La production indique au même moment que le tournage commencera en 2018 pour une sortie en 2019 voire en 2020… The Batman a connu nombre de déboires mais le film en sortira peut-être (sans doute) grandi. Entre l’amour que semble porter Affleck au personnage (sa performance dans Bat v Sup a été l’un des rares éléments quasiment unanimement saluée par tous) et le travail de Matt Reeves derrière la caméra, acclamé par la critique, les pontes de la Warner ne peuvent qu’imaginer une réussite (et les fans aussi) !

UN SEUL FILM DC EN 2018 AU LIEU DE TROIS…

The Flash Ezra MillerQuid des autres films DC lancés par le studio ? Geoff Johns a co-écrit Wonder Woman, qui avait changé de réalisatrice (Patty Jenkins est la première femme à mettre en scène un film de super-héros) suite à des différents artistiques avec la Warner — et qui, finalement, a excellé au box-office et a recueilli majoritairement des louanges du public et de la critique, malgré des défauts évidents (cf. la critique du site) —, et co-produit Justice League (en salles le 15 novembre, les bandes-annonces sont recensées sur cette page). The Flash, Aquaman et The Batman devaient sortir en 2018 mais seul Aquaman verra le jour l’année prochaine. On vient d’étudier le cas du Chevalier Noir, penchons-nous sur The Flash, lui aussi dans la tourmente…

Les aventures du bolide écarlate devaient être présentées dans moins d’un an (le 16 mars 2018 aux États-Unis), mais le réalisateur n’avait toujours pas été choisi au moment où nous écrivions ces lignes (février/mars 2017 — ce n’est toujours pas le cas au moment de sa publication sur ce site, soit début octobre 2017) ! Seth-Grahame Smith (scénariste de Abraham Lincoln, chasseur de vampires) a quitté le projet pour différends créatifs avec Warner en avril 2016. Il a été remplacé par Rick Famuyiwa (Dope), qui s’est lui aussi retiré suite à des divergences de vues. Le studio n’appréciait pas son script qui est désormais entre les mains de Joby Harold (Le Roi Arthur : la Légende d’Excalibur). Pas de scénario définitif, pas de metteur en scène et une sortie qui a été repoussée à une date indéterminée… Plutôt inquiétant ! Une certitude : Ezra Miller endossera une nouvelle fois le costume. Le projet s’est depuis mué en Flashpoint, inspiré par l’histoire de comics éponyme : cela permettrait de mettre en place un… reboot (via le fameux multivers — qui pourrait dans la foulée changer les acteurs de rôle, comme Ben Affleck qu’on dit souvent sur le départ). Osé mais peut-être logique suite à toutes les problématiques rencontrées sur chaque film du DCEU.

Aquaman Jason Momoa Justice League

Seul Aquaman, dédié à un super-héros peu connu et impopulaire, est en bonne voie. Peut-être parce qu’il subit moins de pressions que les autres (porté une seule fois à l’écran dans Smallville, que tout le monde a oublié) ? Le film est réalisé par James Wan (Saw, Insidious, Conjuring, Fast & Furious 7) et écrit par Will Beall (Gangster Squad) qui a proposé un premier jet ) partir d’une base développée par James Wan himself et ce bon vieux Geoff Johns, déjà scénariste de quelques comics sur le roi de l’Atlantide. Arthur Curry, également présent dans Justice League, est interprété par Jason Momoa, inoubliable Khal Drogo de la série Game of Thrones. On l’avait déjà aperçu, très brièvement, dans Batman v Superman : l’Aube de la Justice, dans une vidéo que regardait Bruce Wayne — une incursion très maladroite du long-métrage de Zack Snyder, « obligé » d’introduire, en quelques secondes à peine, les trois super-héros Cyborg, Flash et Aquaman.

Momoa est certes costaud mais a-t-il les épaules assez solides pour porter à lui seul un film de super-héros ? Vu les bandes-annonces de Justice League, on est tenté de dire oui ! Avec ses « punchlines » et son imposante carrure, ce géant complètement « badass » vole déjà la vedette à ses collègues. Aquaman est assurément la curiosité la plus alléchante du DCEU. Seul long-métrage n’ayant pas connu de changement majeur dans son équipe technique (Wan a eu le choix entre réaliser The Flash et Aquaman, il a préféré ce dernier pour plus de liberté créatrice) et artistique (Willem Dafoe, Patrick Wilson et Nicole Kidman entres autres complète le casting — prestigieux), il a toutefois vu sa sortie repoussée deux fois de suite. Initialement programmé en juillet 2018 puis en octobre, il sera finalement projeté en salles… le 21 décembre 2018. Mais cette modification est surtout due à une stratégie marketing puisque Avatar 2, prévu à la même période, a été décalé à une date ultérieure. Warner a donc calé son unique film du DCEU de 2018 en fin d’année.

ET ENSUITE ?

En plus des deuxièmes volets de Justice League et Suicide Squad, les autres films de l’univers cinématographique DCEU sont maintenus (sauf si, évidemment, Warner retourne encore sa veste et change une nouvelle fois d’avis). D’abord Shazam en 2019, l’histoire d’un enfant qui devient un homme surpuissant, plus fort que Superman, quand il prononce le mot « Shazam ». Dwayne Johnson jouera l’antagoniste Black Adam, en plus de co-produire le film (il souhaite avoir son propre long-métrage un jour…). Cyborg, lui, sortira en 2020 et développera l’histoire du jeune Victor Stone, mi-homme, mi-machine. On aura aussi droit à Green Lantern, devenu Green Lantern Corps entre-temps. David S. Goyer, cité en début d’article pour son travail sur la trilogie The Dark Knight, co-signera le scénario. Ces trois films seront coproduits par Geoff Johns mais ils n’ont aucun réalisateur pour l’instant.

On parlait d’autre projets comme Gotham City Sirens et Deadshot. À ceux-ci s’ajoutent Nightwing, qui devrait se situer dans l’univers de The Batman puisque Nightwing n’est autre que le premier Robin (Dick Grayson) dans les comics. Problème : Robin est mort, tué par le Joker comme on l’apprend dans Batman v Superman : l’Aube de la Justice. Sauf s’il s’agit d’un autre Robin, comme Jason Todd (le deuxième), à l’image de ce qui se passe dans les comics (Jason Todd a été tué par le Joker, il revient des années plus tard sous l’alias Red Hood et Timothy Drake devient le troisième Robin). Un éventuel Man of Steel 2 est parfois évoqué mais il n’a jamais été confirmé.

Justice League Files Batman v Superman

La première « introduction » officielle des autres membres de la Justice League, dans Batman v Superman : l’Aube de la Justice.
Un moyen maladroit qui aurait dû se situer uniquement dans la version longue du film.

Quel que soit le programme à suivre, l’enjeu est de taille. Warner Bros doit absolument peaufiner chacun de ses films à venir, soigner leur qualité en les pensant comme une entité artistique entière, avec certes une cohésion d’ensemble pour leur univers mais sans vouloir nécessairement la partager dans un vaste plan commun. Il en va de la réussite de l’entreprise globale. Le studio a insisté pour que chaque réalisateur puisse proposer sa vision et son style mais il semble changer d’avis et éjecter les metteurs en scène (Wonder Woman et The Flash) ou leur imposer des changements de cap majeurs (Suicide Squad). On oscille entre un ton jugé trop sombre et sérieux (Batman v Superman) et un ton beaucoup trop convenu ou léger et sans saveur (Suicide Squad), il est indispensable de trouver le bon équilibre sans s’inspirer de la concurrence et de sa philosophie « cool et tous publics » pour continuer de se démarquer. C’est possible en laissant carte blanche aux cinéastes embauchés. Warner devra-t-elle dire adieu à sa poule aux œufs d’or ?

WHEDON SUCCÈDE À SNYDER

En six mois (de la date d’écriture de cet article à sa transposition sur ce site après la publication en magazine), il s’est, une fois de plus, déroulé beaucoup de choses côté Warner et DCEU. Tout d’abord (et c’est une bonne nouvelle), le film Wonder Woman a été un succès critique et public, rapportant plus de 820 millions de dollars à travers le monde — son exploitation est toujours en cours au 1er octobre 2017. La suite a été officialisée, toujours mise en scène par Patty Jenkins. Ensuite, de nouveaux projets se sont greffés au DCEU et certains ont été modifiés. Ainsi, on l’évoquait vaguement plus haut, The Flash est devenu Flashpoint (sans date de sortie prévue) ; le but étant d’adapter l’histoire éponyme des comics et potentiellement permettre un reboot (oui, déjà…). Plusieurs rumeurs avancent que Ben Affleck rendra la cape de Batman après Justice League, cela serait une élégante porte de sortie pour lui (on fantasme à imaginer Jeffrey Dean Morgan (aka Le Comédien dans Watchmen et Negan dans The Walking Dead) reprendre son rôle de Thomas Wayne et — pour ceux connaissant déjà Flashpoint — devenir un Batman original, le temps de ce film, avant de passer le flambeau à un autre acteur (ou carrément utiliser Nightwing — puisqu’un film sur lui est prévu — pour s’émanciper un peu de l’homme chauve-souris).

Justice League Graphic Posters

Dans l’univers de Gotham, deux nouveaux films ont été annoncés, avec les titres provisoires suivant : Harley & Joker et… Joker. Le premier devrait être l’histoire « d’amour » entre les ennemis emblématiques, à priori toujours incarnés par Margot Robbie et Jared Leto. Le second serait un elseworld, c’est à dire un film hors continuité, complètement détaché du DCEU, et produit par… Martin Scorsese. Si le maître des films de gangsters s’avère bien de la partie, le résultat pourrait être plus qu’alléchant puisque la version Joker de Suicide Squad allait plus ou moins dans ce sens. Oui mais… ni Jared Leto n’a confirmé sa participation ni Warner n’a officiellement indiqué qu’il s’agirait du même Joker (ce qui est logique puisque ce projet se démarquerait volontairement des autres). Man of Steel 2 et Justice League Dark ont à nouveau été évoqués sans réelles informations concrètes à se mettre sous la dent. Enfin, un long-métrage sur Batgirl est à l’étude, réalisé par Joss Whedon (metteur en scène d’Avengers et sa suite !). Ce dernier cas puise ses origines dans la postproduction de… Justice League. Explications.

Justice League

Mai 2017. Zack Snyder, en plein travail de postproduction sur Justice League, annonce à la surprise générale qu’il se retire du film. On apprend que sa fille s’est suicidée quelques mois plus tôt et que l’artiste souhaite passer du temps avec sa famille. Suite à ce terrible drame, Warner fait appel à Joss Whedon pour finaliser Justice League. En été 2017, de nouvelles scènes sont tournées pour un budget de 25 millions de dollars (une somme plutôt élevée pour des reshoots qui, eux, font partie intégrante d’une démarche classique pour un blockbuster). Le scénario est remanié, Whedon sera officiellement crédité comme scénariste. Des murmures avancent que le long-métrage sera (encore) plus léger et « fun » que sous l’égide de Snyder. Des internautes analysent les images des nouvelles bandes-annonces et découvrent que la photographie porte déjà moins la « patte » Snyder. Polémique ? Oui et non. Zack Snyder a toujours eu ses détracteurs, avant et pendant la mise en place du DCEU. Certains sont donc rassurés par son départ et ravis par l’arrivée de Whedon. D’autres sont mécontents et avancent déjà un film raté, sans l’identité de son metteur en scène initial. Comme d’habitude : la Toile scrute chaque potentielle information et monte en épingle la moindre rumeur… La spéculation ne changera rien aux faits : Justice League sort en France le 15 novembre prochain et seuls les résultats au box-office et les retours critique permettront de mieux cerner le futur du DCEU.

LE DCEU N’EXISTE PAS VRAIMENT (EN FAIT)…

Matt Reeves Batman Ben AffleckCe nébuleux univers partagé de DC Comics au cinéma, produit par Warner Bros, ne serait d’ailleurs qu’une invention des journalistes ! En interne, personne n’utiliserait ce terme. C’est ce qu’a affirmé Geoff Johns fin septembre 2017, promettant que les prochains films (après Justice League) ne seront pas connectés aux autres. Des propos complexes et décortiqués, souvent mal interprétés, qui ne veulent pas dire que les longs-métrages ne se situeront pas dans le même univers, juste que certains seront uniquement centrés sur un super-héros précisément. Exactement comme Wonder Woman finalement (et comme la concurrence diront les mauvaises langues).

Matt Reeves (photo à droite), réalisateur de The Batman, avait dû se justifier pour avoir tenu un discours similaire sur son travail sur son film. En gros : pas d’autres super-héros de la Justice League dans The Batman, ni de connexions forcées avec d’autres films, mais aucun problème pour qu’il s’inscrive dans le même univers. Une fois de plus : la moindre déclaration est suranalysée et son auteur doit se justifier pour calmer d’énièmes nouvelles rumeurs ou craintes… Une sorte de harcèlement qui est peut-être aussi à imputer au recul opéré par Ben Affleck, ne supportant plus les questions sur le Dark Knight à chacune de ses sorties ou interviews promotionnelles pour d’autres longs-métrages qu’il doit assurer.

Geoff JohnsJohns (photo à gauche) confirme tout de même la création d’un label dédié à des films qui seront bien des elseworlds, sans continuité donc, tel le projet Joker évoqué plus haut. De quoi ravir et râler à nouveau pour le public. Les mécontents des premières œuvres de l’univers partagé devraient obtenir satisfaction là où les autres fans seront plus mitigés.

Ces déclarations de Geoff Johns permettent aussi d’imaginer des adaptations de comics cultes, comme Red Son ou Kingdome Come par exemple. Des œuvres qui sont de base situées hors chronologie classique et clairement à part dans les mythologies des super-héros de DC Comics. Red Son voit l’arrivée de Superman en Russie et non aux États-Unis. Le jeu vidéo Injustice, qui a inspiré une brillante série de comics éponyme, pourrait lui aussi faire partie du lot (Superman étant un dictateur dedans) sauf que… Snyder a déjà proposé cette vision futuriste dans un cauchemar de Bruce Wayne (à moins que ce ne soit un « flash » du futur — ça tombe bien on y voyait Flash) et cela a déclenché chez le justicier milliardaire la… création de la ligue de justice. Cet aparté uchronique pourra-t-il devenir un long-métrage ? Ce n’était pas prévu initialement mais avec ce label elseworld de DC Films, ça ferait sens. Et si tout était relié involontairement ? Dans tous les cas, près de deux ans après la création « officielle » du DCEU, ce n’est pas aujourd’hui que celui-ci se consolide et repose sur des bases saines et fortes, au contraire.

Seule actualité concrète, reliée au cinéma, la publication imminente du bel ouvrage Justice League – The Art of the film le 21 novembre prochain, soit six jours après la sortie du film de Zack Snyder. La couverture (ci-dessous) a été dévoilée début octobre 2017 ; on peut le précommander pour 35,68€. Le long-métrage sera en salles le 15 novembre 2017 en France, le 17 aux États-Unis. Aura-t-on droit au même succès critique et public que Wonder Woman, à une violente destruction unanime (comme pour Suicide Squad) ou à une complexité segmentant les fans (Batman v Superman) ? Réponse dans un peu plus d’un mois.

Justice League - The Art of the film

Ce long article a été publié dans le magazine Ciné Saga #18, un numéro spécial super-héros. J’ai également rédigé d’autres papiers, dont vous trouverez la liste sur ce lien. Trois encadrés complétaient cet état des lieux de DC Comics au cinéma : Les meilleurs sites pour s’informer, Comment se lancer dans l’univers DC en comics et Vertigo, l’atout prestige de DC. Les deux derniers ont été compilés dans cet article, qui sont une bonne porte d’entrée pour découvrir DC Comics.

La fresque en haut de cet article a été réalisée spécialement pour le site, un filigrane avec « www.comicsbatman.fr » n’a volontairement pas été ajouté dessus. Merci donc d’indiquer votre source (ce site) si vous la reprenez.

Les critiques des films évoqués sont dans la section Adaptations puis Films et DCEU. Seuls les projets concrets sont indexés dans les deux premières parties (une où Batman apparaît avec un rôle principal, une où il n’apparaît pas ou très peu). La troisième renvoie sur les nombreux longs-métrages actuellement en pré-production ou annoncés.

Cet état des lieux ne sera plus mis à jour après sa publication (début octobre 2017) tant les changements sont notoires et parfois flous. Si besoin, un autre article viendra compléter celui-ci dans le futur.

Batman & Robin – Tome 06 : À la recherche de Robin

Un avant-propos informe que l’histoire se déroule peu après Le Règne du Mal. Les conséquences notables étaient l’ajout de Lex Luthor et Shazam à la Ligue de Justice et la divulgation de l’identité de Nightwing et son « exil » (en réalité devenu agent pour Spyral). La fin du tome précédent, avec Double-Face, est aussi rappelée.

batman-robin-tome-6

[Histoire]
Batman, accompagné du chien Titus, retrouve trace des corps disparus de Talia et Damian dans l’océan. Ra’s Al Ghul avait en effet récupéré la dépouille de sa fille et son petit-fils pour les ramener à la vie. Aquaman vient en aide au Chevalier Noir mais Ra’s parvient à s’échapper. Le Chevalier Noir requiert alors l’aide de Wonder Woman car sur l’Île du Paradis (des Amazones) se trouve un puits de Lazare que l’immortel ennemi peut utiliser. Particularité : il redonne vie mais efface toute la mémoire de ceux qui y sont ranimés. Une occasion en or pour Ra’s Al Ghul qui pourrait ainsi remodeler à sa façon sa double descendance.

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Dans sa croisade pour « retrouver » son fils, Batman fera à nouveau équipe avec Frankenstein (qui a quitté la Ligue des Ténèbres) sur le site de Nanda Parbat, une ville cachée au cœur des montagnes du Tibet. Il croisera également la Justice League, venue lui prêter main forte face à un ennemi arrivant d’Apokolips !

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[Critique]
Poursuivant son concept de « Batman &… », la série force un peu le Chevalier Noir à enchaîner les alliances (avec Aquaman, Wonder Woman, Frankenstein puis contre et avec Ra’s Al Ghul), créant pour l’occasion deux mini-histoires (les deux premiers chapitres), presque indépendantes même si elles se suivent, ce qui est un peu dommage. En toute logique, Batman se serait directement rendu dans l’Himalaya. Peu importe, ce tome se scinde clairement en trois parties, interrompu par un agréable interlude. La première étant donc les chapitres d’ouvertures, clairement les plus faibles de l’ouvrage (et les moins bien dessinés). La deuxième étant ceux avec Frankenstein puis Ra’s Al Ghul, les plus réussis : à la fois touchant, drôle (le monstre et l’homme chauve-souris forment un bon duo), prenant et original. Survient ensuite un chapitre un peu particulier, officiant comme récapitulatif et relançant complètement la série avec un levier narratif maladroit et pas terrible, à savoir un ennemi venu d’Apokolips et l’intervention de la Ligue de Justice. Enfin la troisième partie, concluant ce sixième tome, voit Batman « contre » la Ligue de Justice mais poursuivre son plan avec ses alliés plus proches, c’est à dire la Bat-Family. Une fin extrêmement intéressante.

Batman à Ra’s Al Ghul :
— La fièvre de Lazare, les complications physiques et émotionnelles… Vous risquez de créer des monstres !
[…]
— Sans vouloir te vexer, Frankenstein.
— Ce n’est rien.

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L’ensemble paraît donc inégal, à juste titre. Le début très moyen et la soudaine venue de Glorius Godfrey d’Apokolips (sic) gâche un peu la tension et le duel critique qui s’instauraient avec brio jusqu’ici (Batman était à deux doigts de tuer littéralement son immortel ennemi). Tout tombe un peu à plat, survenant de nul part. Cet aspect scénaristique digéré, force est de constater que la suite (et conclusion de l’ouvrage) rebondit efficacement dessus : Batman est face aux membres de la Justice League (se découvrant un allié en la personne de Lex Luthor) et les conflits internes de la Bat-Family (suite au Deuil de la Famille) refont légèrement surface, ce qui est plaisant. Les clones de Damian sont également de la partie avec, une fois de plus, une touche d’humanisme rare qui fait mouche.

Aux dessins on retrouve Patrick Gleason sur quatre chapitres avec, hélas, encore et toujours ce même style assez hideux sur les visages aux grosses mâchoires. C’est étonnant car le précédent volume, l’agréable La Brûlure, était prometteur quant à l’évolution de l’aspect graphique. La faute, très certainement, à deux chapitres dessiné par Doug Mahnke qui se rapproche plus ou moins de la patte de Gleason (en pire, c’est possible…) avec une étrange approche Millerienne, ou alors surfant sur les travaux de Chris Burnham (Grant Morrison présente Batman), déjà plus convaincant. Heureusement Andy Kubert revient le temps du cinquième chapitre plus long (en réalité le Robin Rises : Omega #1) et permet d’apprécier des traits nettement plus fins, détaillés et coloriés différemment. Le changement est radical et superbe. Les élégantes planches de Kubert sont un point fort de ce tome.

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Batman à Wonder Woman :
— De qui était-ce la statue ?
— Ce n’est pas une statue. C’est ma mère. Elle a été transformée en pierre par la déesse Héra quand cette dernière a appris que ma mère avait couché avec Zeus, son mari, et m’avait engendrée.
— Zeus de l’Olympe ? Le père spirituel des Dieux et des héros de la mythologie grecque ?
— Oui.
— Hmm.
— L’univers est grand, étrange, et empli de merveilles, Bruce.
— Pffff… Plus étrange de jour en jour, même. Mais ça ne veut pas dire que ça doive me plaire.

La bande dessinée se réfère lors d’un bref passage à DC Saga présente #4 (et même du #2 à #4 lors des résumés dans les magazines avant cette version reliée), un moment qui intervenait alors juste à la fin de Forever Evil (publié à l’époque dans plusieurs mensuels en kiosque). Rien de bien méchant pour la compréhension. Autre mention : Grant Morrisson présente Batman – Tome 02 : Batman R.I.P.. En effet, lorsque le Chevalier Noir est à Nanda Parbat (sur le « toit du monde », là où il retrouve Frankenstein dans cette aventure), il explique y avoir passé sept semaines dans une grotte, pour subir une expérience de simulation de la mort et la renaissance (en détail : le stade Yangti du rituel de méditation Thôgal). On retrouve ensuite, dans le cinquième chapitre (Robin Rises : Omega #1), un excellent rappel de la « création de Damian » jusqu’à la situation actuelle (un rapide résumé de l’intégrale de Grant Morrison présente Batman en somme, puis de la série Batman & Robin en passant par l’évènement Le Deuil de la Famille).

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La venue de Glorius Godfrey d’Apokolips se solde par un autre renvoi, aux quatre premiers numéros du magazine Superman Saga cette fois. Ceux-ci mettaient en scène des versions « jeunes » des justiciers via un une divinité démoniaque, Kaiyo, et le cristal de chaos, que recherche ledit Godfrey. À nouveau, cela n’est pas gênant à la compréhension globale, même si ça commence à faire beaucoup. Enfin, avec l’intervention de la Ligue de Justice, le rappel éditorial en ouverture prend sens : Luthor et Shazam sont de la partie (pour savoir pourquoi, il faut donc lire la série Justice League). Pas désagréable à la lecture, mais sans doute un peu bizarre pour le novice. Nulle autre mention de Double-Face et d’Erin, ce que laissait suggérer la fin de La Brûlure et le tout début du livre, en espérant qu’ils ne soient pas mis de côté définitivement (MàJ : ce sera finalement le cas). Autre étrangeté : Batman clame tout au long de son périple qu’il veut retrouver le corps de son fils pour l’enterrer et que celui-ci soit en paix ainsi que lui-même, puis il confirme ensuite vouloir le ressusciter…

À la recherche de Robin est donc un tome inégal mais globalement de qualité, on déplore son début, un changement soudain dans l’histoire, ses nombreuses connexions, même indirectes, à d’autres séries mais on apprécie grandement le scénario, les dialogues, le développement de Batman et l’humour (avec Frankenstein notamment). Attention à ce que la suite ne parte pas trop dans différentes directions trop ubuesques. Côté graphique, le style de Gleason est assez décevant mais celui de Kubert hisse le titre en qualité visuelle.

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[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 21 octobre 2016.
Scénario : Peter J. Tomasi
Dessin : Patrick Gleason, Doug Mahnke (Batman & Wonder Woman / & Frankenstein), Andy Kubert (Robin Rises Omega #1)
Encrage : Mick Gray et collectif, Jonathan Glapion (Robin Rises Omega #1)
Couleur : John Kalisz, Brad Anderson (Robin Rises Omega #1)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Alex Nikolavitch

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