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Joker Renaissance

Joker Renaissance est la compilation de deux volumes de la série Batman entamée en 2011 par le scénariste Scott Snyder et le dessinateur Greg Capullo. Cet épais ouvrage contient donc deux histoires : Le deuil de la famille (à ne pas confondre avec Un deuil dans la famille) et Mascarade. Dans la première, le Joker réussit à kidnapper tous les alliés de Batman et avance connaître l’identité de celui-ci. Dans la seconde, le Clown déverse une toxine dans Gotham City et voit le Chevalier Noir affronter… la Justice League avant d’autres péripéties psychologiques et physiques.

 

Couvertures originales des tomes 3 et 7 de la série Batman.

Si les planches sont un régal pour les yeux grâce à la finesse des traits de Capullo et son style atypique, les histoires de Snyder divisent. Cela démarre toujours très bien, avec un concept novateur et des idées intéressantes mais l’évolution et la conclusion de ses récits sont bancales, avec un résultat final mitigé. Certains apprécient son audace, notamment de proposer une vision axée sur la confiance (brisée) entre Batman et sa « famille », d’autres déplorent une facilité narrative et des « non-évènements » sans impacts majeurs. À découvrir tout de même, pour la proposition graphique et le look du Joker post-2010’s, ainsi qu’un parti pris narratif déroutant ou passionnant.

— Texte ci-dessus repris depuis cet article : quels comics sur le Joker lire en France ?

Cliquez sur les couvertures ou les liens pour retrouver les critiques détaillées de chaque volume.

À noter que la lecture des deux à la suite, et donc de Joker Renaissance, s’avère plus agréable que de se farcir le long run de Snyder.

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Joker – L’homme qui rit

Joker – L’homme qui rit rassemble deux histoires déjà publiées dans d’autres ouvrages : le chapitre unique L’homme qui rit, disponible dans Joker Anthologie et les quatre chapitres centrés sur le Joker issus de Gotham Central. Cette petite compilation est surtout destiné au public amateur qui souhaiterait découvrir le Clown du Crime dans deux récits accessibles.

L’homme qui rit avait déjà bénéficié d’une petite critique qu’on remet ci-après. Gotham Central n’étant toujours pas chroniqué, cet article sera mis à jour quand ce sera fait.

L’Homme qui Rit Batman : The Man Who Laughs (2005)
Un mystérieux « bouffon » apparaît à la télévision et annonce les futures morts à venir de certaines personnes : toutes faisant partie de l’élite de Gotham. C’est la première fois que le Joker (son surnom donné par la presse) apparaît à Gotham, trois mois après la chute de Red Hood dans une cuve d’acide causée par Batman.

Joker l'homme qui rit

Sans aucun doute l’un des meilleurs récits de l’anthologie, si ce n’est LE meilleur. Calqué sur Année Un, à qui il rend hommage, en reprenant le même système de narration croisée entre Gordon (alors simple capitaine de police) et Batman (qui n’est encore qu’une rumeur urbaine). Le titre, quant à lui, s’inspire évidemment du film éponyme, lui-même adaptation d’un roman du Victor Hugo. C’est la photo de l’acteur interprétant un saltimbanque défiguré qui donnera la matière première à Bill Finger pour la conception du personnage (dont la paternité s’attribue également à Bob Kane et Jerry Robinson). Au scénario, l’on retrouve Greg Rucka (Gotham Central) et Doug Menhke aux dessins (L’énigme du Red Hood). Seule la colorisation sera le point noir de ce long chapitre. Soixante-trois pages le compose (plus que Killing Joke (!) et l’équivalent de deux tiers de Année Un). Entre les monologues alternés, le côté glauque de l’œuvre, les parties énigmatiques et clairement la réapparition moderne de l’excentrique et manipulateur Joker, on pourrait presque regretter une non publication en librairie de L’Homme qui Rit ! La dernière case, avec le Bat-Signal conclut à merveille cette histoire, qu’on pourrait légitimement appelée  » Joker : Année Un ».
[Scénario : Ed Brubaker / Dessin : Doug Mahnke]

Joker Anthologie

Tout comme Batman, son plus célèbre ennemi a le droit à son recueil anthologique. Nettement plus intéressant et passionnant que celui du Chevalier Noir (qui, malgré son côté incontournable faisait fi, justement, de ses antagonistes emblématiques), cet ouvrage est essentiel pour comprendre et juger l’évolution du Joker. L’histoire L’Homme qui rit vaut à elle-seule l’achat de cette pépite.
Certaines images d’illustrations ont été mises bout à bout afin de garder une présentation homogène mais ne sont pas forcément « à la suite » dans le livre.
Pour en savoir (encore) plus sur le Joker, une étude de cas de huit pages, rédigée par l’auteur de ce site, est à découvrir dans un magazine. Plus d’informations sur cet article.

— Les plus grands méfaits du Clown Prince du Crime en 20 récits —

Joker Anthologie

PREMIÈRE PARTIE : DUEL D’ÉGOS

Batman contre le Joker & Le Retour du Joker — Batman #1 (1940)
Un nouveau criminel sévit dans Gotham City : le Joker. Il annonce à la radio la mort de certaines personnalités, pour une heure précise. Chacune se réalise. Batman et Robin enquêtent…

Batman contre le Joker

La première apparition du célèbre Clown du Crime ! À l’époque, l’éditeur et les auteurs cherchaient une nouvelle figure menaçante —qui devait mourir à la fin, comme la plupart des ennemis à ce moment là— et la création du Joker est à attribuer conjointement aux trois artistes (Finger, Kane et Robinson). L’emblématique fou furieux est alors caractérisé par son « look » (qui ne changera guère durant les 75 ans suivants) et sa cruauté (il tue sans remords). Dans un premier temps, il cherche juste à voler des bijoux (donc de l’argent), un but assez classique et sans réel envergure ; il n’y avait pas la dualité et le côté miroir déformé de Batman qui sied aujourd’hui à ravir au binôme iconique. Chacune de ses ruses est expliquée, il faut reconnaître une certaine originalité dans la plupart d’entre elles.
[Scénario : Bill Finger / Dessin : Bob Kane & Jerry Robinson]

La Doublure du Joker — Detective Comics #85 (1944)
Un homme se fait passer pour le Joker et signe ses méfaits sous son alias. Le vrai Joker, fou de rage, entreprend alors de « prouver son innocence » et sauvera même la vie de Batman lorsque celui-ci et Robin traqueront les deux Clowns dans une imprimerie !

La Doublure du Joker

Une histoire qui bénéficie à nouveau d’une certaine ingéniosité. La thématique de « l’innocence » du Joker sera par ailleurs reprise dans l’excellent L’Avocat du Diable des années plus tard ; dans lequel Batman enquête pour prouver la non-culpabilité de son pire ennemi ! (C’était d’ailleurs un comic-book suggéré au YouTubeur Lex Tutor pour sa vidéo de vulgarisation de Droit à laquelle j’ai participé en tant que conseiller.)
[Scénario : Bill Finger / Dessin : Dick Sprang]

Plagié par le Joker —Batman #37 (1946)
Afin de gagner davantage d’argent, le Joker propose ses services d’aide et de conseils à d’autres criminels. Il pousse même le vice en créant un « Joker Signal » et d’autres véhicules et gadgets copiés sur ceux de Batman pour parfaire ses interventions en urgence. Batman et Robin tentent évidemment de l’arrêter.

Plagie par le joker

Encore une fois, l’on prime sur l’originalité d’un petit scénario qui se lit encore très bien. La Joker est nommé « le Saltimbanque Sardonique du Crime », une appellation qui ne perdurera guère en revanche. L’ensemble est plaisant, avec cet éternel petit côté « old-school » des dessins.
[Scénario : non crédité / Dessin : Jerry Robinson]

L’Homme au Masque Rouge — Detective Comics #168 (1951)
Batman donne des cours à des étudiants (!), il leur explique les bases pour enquêter. Afin de les tester, il leur propose de découvrir l’identité de Red Hood, un ancien ennemi mystérieux disparu depuis plusieurs années. Celui-ci fera d’ailleurs sa réapparition sur le campus !

L'homme au masque rouge

Bill Finger apporte ici des origines au Joker (qui n’en avait jamais eu !) en expliquant la tombée dans la cuve d’acide, le costume, le masque, etc. Une idée qui sera reprise des années après dans Killing Joke (1989) et modernisé en 2014 par Scott Snyder dans Batman #0 puis L’An Zéro). À travers le fameux heaume rouge, brillant et lisse, le mythe de l’Homme au Masque de Fer n’est pas loin…
[Scénario : Bill Finger / Dessin : Lew Sayre Schwartz / Encrage : George Roussos]

La Ceinture à Gadgets du Joker — Batman #73 (1952)
Le Clown du Crime réalise qu’il échoue face à Batman à cause des nombreux gadgets de celui-ci. Le Joker décide alors de créer sa propre ceinture…

La ceinture à gadgets du joker

En pleine période de comics « censurés » (à cause du Comics Code Authority), les aventures de Batman et Robin se veulent plus légères et « amusantes ». C’est le cas ici, loin d’être inoubliable, cela montre surtout le reflet d’une époque révolue. Cette période contraindra une disparition du Joker (au lieu de le changer en un ennemi fade et aseptisé).
[Scénario : David Vern Reed / Dessin : Dick Sprang / Encrage : Charles Paris]

Les Exploits Burlesques du Joker — Detective Comics #341 (1965)
Le « virulent virtuose de la névrose, le sublime sadique sardonique, le maladrin aux mille mascarades, le féroce forcené facétieux » (le Joker donc) devient producteur de films comiques dans lequel il opère divers braquages en se faisant passer pour des comédiens muets ou burlesques. Certains de ses complices portent même les costumes de Batman et Robin ! Les deux vrais justiciers vont évidemment se mettre en travers de sa route.

exploits burlesques du joker

Dernier chapitre de l’époque révolue, dans laquelle les histoires étaient devenues bon enfant (à l’inverse des débuts où les morts sévissaient constamment) avec en petite évolution, un aspect graphique beaucoup plus réaliste (un choix du moment).
[Scénario : John Broome / Dessin : Carmine Infantino / Encrage : Joe Giella]

DEUXIÈME PARTIE : GUERRE DES NERFS

Les Cinq Vengeances du Joker — Batman #251 (1973)
Un cadavre est retrouvé, assassiné par le Joker. Batman rend visite à d’anciens complices du Clown, mais chacun d’entre eux meurt des mains du Joker… Le Chevalier Noir se retrouve même enfermé dans un bassin d’eau avec… un requin.

cinq vengeances du joker

Retour à un Joker « violent » qui n’hésite pas à tuer (comme à sa création). Le tandem O’Neil/Adams aspire de toute façon à un Batman résolument plus sombre et adulte, aussi bien dans son récit que dans son graphisme (un constat déjà présent dans l’Anthologie Batman, par les mêmes auteurs).
[Scénario : Dennis O’Neil / Dessin : Neal Adams / Encrage : Dick Giordano]

Le Poisson qui Rit — Detective Comics #475 (1978)
Des milliers de poissons arborent le sourire fatidique du Joker… Le Clown du Crime ordonne de recevoir une part sur les poissons vendus, puisqu’il est à l’origine de leur transformation. Il annonce en direct à la télévision de futurs morts s’il n’obtient pas son dû. Batman est sur ses traces mais il est perturbé par autre chose : il s’interroge sur sa relation avec Silver St. Cloud.

le poisson qui rit

Si le résumé prête à sourire (!), il n’en est rien, l’ensemble est très « sérieux » et l’amorce vers un Joker anarchiste et fou est définitivement entamé. Le machiavélique ira même à refuser de connaître l’identité réelle du Chevalier Noir, clamant qu’il n’y aurait plus aucun enjeu sinon. Cela « ôterait tout le sel, tout le piquant du duel avec le parfait adversaire […] le Joker a besoin de Batman ! […] Il mérite Batman […] Il serait indigne de moi que qui ce soit d’autre détruise Batman ! ». Place donc aux prémices de la dualité extrême entre les deux êtres, du miroir diabolique, de la représentation radicale de deux mêmes faces (idée qui sera prolongée notamment dans Killing Joke, et dans une moindre mesure dans Secrets).
Léger problème tout de même sur ce chapitre : même s’il fonctionne bien, il nécessite la connaissance d’histoires produites en amont et s’arrête sur une fin d’épisode et non définitive. Logique : c’est le même soucis rencontré sur le chapitre précédent de la même histoire (Detective Comics #474 donc) qui était publié dans Batman Anthologie ! C’est en effet le début des sagas à multiples épisodes qui se suivent. Heureusement pour les lecteurs (et comme annoncé dans l’introduction éditoriale), tout le run va être compilé dans un ouvrage. Celui-ci est publié depuis octobre 2014 (soit sept mois après la sortie de Joker Anthologie), il s’agit de Dark Detective. À noter également : ce chapitre ainsi que le précédent ont inspiré un épisode du dessin animé de la série de Bruce Timm.
[Scénario : Steve Englehart / Dessin : Marshall Rogers / Encrage : Terry Austin]

Odieux Anniversaire, Joker —Batman #321 (1980)
Le Joker se rend au commissariat de Gotham et kidnappe Gordon. Il propose ensuite une fête où plusieurs personnes sont ligotés, dont Robin. Batman va essayer de sauver tout le monde.

odieux anniversaire joker

Un chapitre qui peut paraître anecdotique mais qui livre une fois de plus le côté fou du Joker, notamment quand il tue un de ses hommes de main. À nouveau, cette histoire a été adapté dans le dessin animé de 1992.
[Scénario : Len Wein / Dessin : Walter Simonson / Encrage : Dick Giordano]

À mourir de rire — Batman #353 (1982)
Le Joker vole les explosifs destinés à détruire un immeuble ainsi que l’ordinateur qui le contrôle. Il parvient à kidnapper et attacher Batman à une falaise qu’il compte faire sauter et remodeler à son image.

a mourir de rire

Comme les précédents chapitres, celui-ci s’intercale clairement dans « un arc plus grand », en témoignent les personnages de Rupert Thorne, Vicki Vale, etc. Gordon était déchu de ses fonctions, cela rappelle un peu le début de Batman Eternal, d’autant plus que Jason Bard est mentionné et Batman plus ou moins déclaré hors-la-loi. Mais ça se lit bien, sans être très folichon non plus.
[Scénario : Gardner Fox / Dessin : Mike Sekowsky / Encrage : Bernard Sachs]

Mort de Rire — Detective Comics #570 (1987)
Le Joker inflige des tortures mentales à Catwoman qui faisait partie (à l’époque) du trio emblématique avec Batman et Robin (Jason Todd, second du nom). Le tandem cherche à la délivrer.

Mort de rire joker

Si le Clown du Crime est désormais redevenu « violent et fou » depuis quelques temps, il y a les prémices d’un Batman très cynique, qui prend même plaisir dans la violence et le chantage. A ses côtés, le nouveau venu Jason Todd/Robin, très jeune, qui enchaîne les jeux de mots pourris (il sera tué par le Joker moins de deux ans plus tard). Si les dessins prônent un côté plus réaliste et adulte, en adéquation avec les thèmes plus sociaux (SDF, drogues…), l’ensemble est paradoxalement très coloré et flashy, sans doute pour correspondre aux délires du Joker.
[Scénario : Mike W. Barr / Dessin : Alan Davis / Encrage : Paul Neary]

Le Choc des Symboles— Detective Comics #341 (1990)
Batman assomme un voleur qui était chez une voyante. Celle-ci lui propose ses services en échange. Le Dark Knight tire la carte d’un joker et se remémore une intrusion de sa Némésis dans un musée trois ans auparavant, où il était un simple visiteur en tant que Bruce Wayne.

le choc des symboles joker

À nouveau, on sent la veine plus réaliste et « marquante » du chapitre (Robin ayant été tué quelques mois avant) ; on assiste également à une narration non-stop de Batman, ses pensées sont clairement dévoilées au lecteur. Une habitude qui perdurera encore longtemps mais qui à l’époque était assez original. Rien d’extraordinaire dans cette histoire non plus.
[Scénario : Alan Grant / Dessin : Norm Breyfogle / Encrage : Steve Mitchell]

TROISIÈME PARTIE : RONDE MACABRE

Rires dans la Nuit — The Batman Adventures Annual #1 (1994)
Le Joker déambule dans Gotham, tuant des citoyens au hasard et arpentant les ruelles en faisant exploser sa folie notoire.

Rires dans la nuit

Les dessins calqués sur le dessin animé de l’époque, alors en pleine effervescence (par le même scénariste Paul Dini — qui a créé Harley Queen, faisant une brève apparition ici) permettent de connoter l’aspect graphique « simpliste et enfantin » avec des évènements violents et « dérangeants ». Clairement une réussite, au même titre que Mad Love.
[Scénario : Paul Dini / Dessin : John Byrne / Encrage : Rick Burchett]

Folle Trajectoire — Robin #85 (2001)
À l’asile d’Arkham, le Joker explique à ses docteurs son obsession pour Robin et comment il a compris qu’il y en avait plusieurs, dont celui qu’il a tué.

Folle trajectoire joker

À nouveau un style cartoony qui contraste avec les histoires violentes dont se rappelle le Clown, changeant au passage constamment ses propres souvenirs personnels (idée reprise dans Killing Joke et appliqué au cinéma dans The Dark Knight). La véritable folie du Joker se matérialise précisément dans les dernières planches. Un excellent court chapitre totalement concentré sur le Joker en guise de personnage principal.
[Scénario : Chuck Dixon / Dessin : Pete Woods / Encrage : Jesse Delperdang]

L’Homme qui Rit — Batman : The Man Who Laughs (2005)
Un mystérieux « bouffon » apparaît à la télévision et annonce les futures morts à venir de certaines personnes : toutes faisant partie de l’élite de Gotham. C’est la première fois que le Joker (son surnom donné par la presse) apparaît à Gotham, trois mois après la chute de Red Hood dans une cuve d’acide causée par Batman.

Joker l'homme qui rit

Sans aucun doute l’un des meilleurs récits de l’anthologie, si ce n’est LE meilleur. Calqué sur Année Un, à qui il rend hommage, en reprenant le même système de narration croisée entre Gordon (alors simple capitaine de police) et Batman (qui n’est encore qu’une rumeur urbaine). Le titre, quant à lui, s’inspire évidemment du film éponyme, lui-même adaptation d’un roman du Victor Hugo. C’est la photo de l’acteur interprétant un saltimbanque défiguré qui donnera la matière première à Bill Finger pour la conception du personnage (dont la paternité s’attribue également à Bob Kane et Jerry Robinson). Au scénario, l’on retrouve Greg Rucka (Gotham Central) et Doug Menhke aux dessins (L’énigme du Red Hood). Seule la colorisation sera le point noir de ce long chapitre. Soixante-trois pages le compose (plus que Killing Joke (!) et l’équivalent de deux tiers de Année Un). Entre les monologues alternés, le côté glauque de l’œuvre, les parties énigmatiques et clairement la réapparition moderne de l’excentrique et manipulateur Joker, on pourrait presque regretter une non publication en librairie de L’Homme qui Rit ! La dernière case, avec le Bat-Signal conclut à merveille cette histoire, qu’on pourrait légitimement appelée  » Joker : Année Un ».
[Scénario : Ed Brubaker / Dessin : Doug Mahnke]

Les Origines du Joker — Coutdown #31 (2007)
Le Joker narre ses (différentes) origines très succinctement (en deux pages !).

origine du joker

Brian Bolland évoque en deux pages les sources originelles récurrentes du Clown du Crime : le comique raté, le mafieux Napier (surtout évoqué dans le film de Tim Burton) et bien entendu Red Hood. Rien d’exceptionnel donc, si ce n’est un court rappel.
MàJ : Toutefois, cette mini-histoire sonne curieusement comme prémonitoire lorsque l’on découvre « un secret » entourant le Joker dans la fin des NEW52 et le Relaunch Rebirth…
[Scénario : Mark Waid / Dessin : Brian Bolland]

L’Heure des Singeries — Batman #23.1 (2013)
Le Joker adopte un bébé singe et l’élève comme son propre fils, tout en se rappelant son enfance, assez similaire où il se faisait battre par sa tante.

heures des singeries

Seuls les flash-backs (sont-ils « vrais » ?) sont intéressants et bien dessinés (avec un style un peu « indépendant ») mais l’ensemble sonne « faux », on a du mal à trouver cette histoire très crédible. Dommage, les auteurs avaient carte blanche pour ce one-shot consacré au Joker, qui intervenait dans le cadre du Vilain’s Month, où douze autres ennemis du Dark Knight avaient leur propre chapitre.
[Scénario : Andy Kubert / Dessin : Andy Clarke]

Conclusion & remarques

Faut-il acheter Joker Anthologie ? Indéniablement oui ! Surprise : le recueil s’avère beaucoup plus passionnant que celui sur Batman, qui était déjà très bon. Outre les nombreuses histoires proposées, la majorité de grande qualité (mais aussi de constats d’époques successives), le travail éditorial d’Urban Comics fourmille de détails et de notes louables.

On découvre un Joker tueur sans pitié, puis un bouffon tourné vers les farces et attrapes, et enfin un psychopathe véritable entité vouée à Batman, pendant maléfique du Chevalier Noir. Ces inspirations évolutives, témoins nécessaires de la portée du Joker au cinéma, dans des dessins animés ou des jeux vidéo, promettent d’agréables moments de lecture (et comprendre son essor populaire).

Avec du recul, et depuis un récent évènement chez DC Comics, l’on comprend d’ailleurs aisément (grâce à une parfaite coïncidence) la probable identité derrière le Clown du Crime. À nouveau, se référer à cet article pour mieux saisir ces trouvailles et enjeux (au risque de révélations attentions).

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(Novembre 1942 : une des rares couvertures mettant en scène le Joker, et une des rares le montrant avec des armes à feu.
Toute la portée menaçante, dangereuse et la puissance symbolique du personnage en somme.)

  Joker anthologie conclusion

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