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Deadpool / Batman (et Batman / Deadpool)

C’est LE grand retour des crossover entre Marvel et DC ! Débutés en 1976, ces évènements entre les deux éditeurs de super-héros sont relativement rares (voir critique plus loin) et ceux de fin 2025 (Batman et Deadpool) puis 2026 (idem ainsi que d’autres comme Superman et Spider-Man !) signent des rencontres qui n’avaient plus vu le jour depuis 2003. En France, c’est Urban Comics qui a l’honneur de publier les ouvrages dédiés. D’abord dans un format souple en deux opus regroupés dans un coffret collector limité (février et mars 2025) puis dans un tome relié (bénéficiant de deux couvertures) prévu le 15 mai 2025. Au-delà de Batman et Deadpool, d’autres figures emblématiques de la Maison des Idées croisent la route de la Distinguée Concurrence. Découverte.

 

Les titres officiels sont « Marvel/DC : Deadpool/Batman » et « DC/Marvel : Batman/Deadpool ».
(D’où l’ordre très précis sur les couvertures : ci-dessus les deux des versions souples regroupés dans un coffret – celle à droite est reprise pour la version cartonnée intégrale,
ci-dessous, le visuel du coffret, des deux posters et la version alternative inédite pour la compilation intégrale cartonée)

 

[Résumé de l’éditeur – Tome 01 puis 02 puis intégrale]
Deadpool, le mercenaire provocateur le plus connu de l’univers Marvel, a été engagé pour un travail à Gotham City… mais le Chevalier Noir est sur place, peu enclin à ce que cet inconnu sème le trouble dans sa ville ! Katanas contre batarangs : le duel est lancé ! Découvrez également des team-ups aussi surprenants que réjouissants : Daredevil & Green Arrow, Captain America & Wonder Woman ou encore Krypto & Jeff le Requin Terrestre, et bien plus encore !

Quand l’Univers DC et l’Univers Marvel se rencontrent, le résultat ne peut être qu’explosif ! Batman et Deadpool affrontent un ennemi commun aux frontières du Multivers… Plus encore, découvrez des duos inédits : Constantine et le Docteur Strange, Nightwing et Wolverine, Harley Quinn et l’Incroyable Hulk, mais aussi Static et Ms. Marvel !

Le tout, piloté par les plus grands artistes de DC et Marvel : bref, le rêve de tous les fans de comics !

[Critique – Tome 01]
De prime abord, on est surpris de voir que c’est Deadpool qui va croiser Batman… Le Chevalier Noir n’aurait pas eu un intérêt plus singulier à faire équipe avec Iron Man (un autre milliardaire sans super-pouvoirs) ? Ou avec Captain America ? Spider-Man ? Quand on comprend que Deadpool est finalement le pendant du Joker, la magie opère (plus ou moins). Problème : dans Tapage Nocturne (le récit principal du premier fascicule), l’histoire est plutôt courte (25 pages seulement), bavarde (forcément avec Deadpool) et complètement anecdotique. L’alliance entre le Clown du Crime et le célèbre mercenaire ne fonctionne pas ; l’ennemi juré de Batman surexplique son plan (c’est pénible) et le dénouement de l’ensemble s’avère assez convenu…

L’auteur Zeb Wells se loupe et ne livre pas un titre d’anthologie qui fera date, malheureusement… Heureusement, Greg Capullo signe les dessins et permet de ne pas passer un moment trop désagréable, un divertissement graphique avant tout, vaguement honorable. On ne présente plus Capullo (on lui doit, chez DC et, entre autres, la série régulière Batman du début des années 2010 et Batman – Last Knight on Earth) mais on note qu’il avait déjà signé la rencontre avec Spawn il y a peu (bien plus réussite !).

Outre Deadpool et Batman, le numéro comprend d’autres mélanges improbables mais qui… ne sont pas annoncés sur le coffret en vente ! Le lecteur curieux qui n’est donc pas au courant au préalable peut donc s’attendre à un format long pour le titre (ce qui est faux) et, surtout, ignore qu’il va aussi lire d’autres histoires. Le pistolet et l’épée, met en scène Wonder Woman et Captain America (Chip Zdarsky écrit une jolie relation entre les deux mais là aussi trop courte – 8 pages), Attrape ! est sur Krypto et Jeff le requin (6 pages sans intérêt), Le rouge et le vert est plus alléchant, signé par Kevin Smith (!) et, surtout, Adam Kubert aux dessins et à l’encrage, et s’attarde sur Daredevil et Green Arrow (sur 8 pages), on en veut davantage, c’est très prometteur !

Rocket et son anneau tout neuf montre Rocket et son anneau de Green Lantern (2 pages), Frank Miller propose son Dark Knight avec Wolverine dans Collision (3 pages) et c’est affreux. Logo rentre en scène (3 pages) va-t-il affronter Thanos ? Pas grand chose d’autres à dire sur toutes ces mini histoires oubliables… Un format long serait vraiment mieux pour marquer le coup. Incompréhensible !

[Critique – Tome 02]
Seconde salve plus ou moins dans la même veine que la première… Cette fois, c’est Grant Morrison qui rédige l’histoire principale. Dans L’affaire du baiser cosmique, Deadpool casse le quatrième mur et s’allie avec Batman contre Cassandra Nova (provenant de l’univers des X-Men). L’auteur, déjà habitué à ce style atypique dans son excellent Animal Man, livre avec malice une aventure bavarde, amusante et sympathique, bien plus divertissante que la précédente (pas inoubliable pour autant, ça reste sympathique mais trop court – 27 pages – et, in fine, anecdotique). Les dessins de Dan Mora aident grandement à l’appréciation.

La rencontre des deux magiciens des deux univers est, elle aussi, assez décevante : John Constantine et Dr. Strange se retrouvent donc dans Tu connais celle du magicien qui change d’univers ?, rédigé par trois (!!!) auteurs habituels de DC : James Tynion IV, Joshua Williamson et Scott Snyder. Les sorciers y côtoient indirectement et brièvement Ghost Rider et Swamp Thing mais, une fois de plus, l’ensemble demeure « sympathique mais sans plus » et s’étale sur dix planches uniquement…

Plus intéressant en revanche, Les griffes et le bâton, mettent en scène Nightwing et Laura Kinney (Wolverine), signé Tom Taylor et Bruno Redondo (tous deux déjà à l’œuvre sur l’excellente série Nightwing Rebirth). Au détour de leur collaboration (un sauvetage où Killer Croc est impliqué comme ravisseur), on apprécie particulièrement les deux êtres qui portent à la fois un héritage impressionnant (l’un de Batman évidemment, l’autre du Wolverine originel – Logan). Cela est brillamment résumé en conclusion de la huitième page (oui c’est encore trop court) : « Ce n’est pas évident de suivre les pas d’un géant. Et peu de gens peuvent comprendre ce que ça fait d’être l’enfant du meilleur dans sa partie. » Le tout sublimé dans une parfaite pleine page (voir fin de cette chronique). Un super samedi pour Hulk et Harley ! est, comme son titre l’indique, l’historiette entre le célèbre géant vert et la muse du Joker (5 pages). Sans surprise c’est inintéressant, comme l’épisode suivant consacré à Mrs. Marvel et Static, Nouveaux lieux, nouveaux amis (5 pages aussi).

En somme, il y a un peu de mieux dans ce deuxième tome mais l’ensemble des deux est tellement inégal et frustrant qu’on n’a vraiment pas envie de conseiller à l’achat. On rêve d’une version longue entre Green Arrow et Daredevil ainsi que Nightwing et Laura/Wolverine ou d’une rencontre entre le Joker et Fatalis (uniquement en couverture par Lee Bermejo dans les bonus de fin). Hélas, c’est tout le problème de cette initiative : les histoires restent globalement convenues, pas de prise de risque, pas d’intrigue importante mieux étalée. Au lieu d’enchaîner les chapitres d’une poignée de pages, autant oser un vrai titre sur plusieurs dizaines de pages uniquement consacré au même binôme.

C’est ce qui s’était produit dans le passé sur les anciens crossovers parmi les plus mémorables comme Batman et Spider-Man (1995) ou encore Superman et Spider-Man (1976). Ce dernier sera d’ailleurs publié par Urban Comics dans son format Treasury (géant et souple) le 12 juin ainsi que la version 2026 de la rencontre entre l’homme d’acier et l’homme araignée dans la foulée le 26 juin.

Quant à Batman/Deadpool, l’éditeur a dégainé en février un coffret limité (13,90 €) contenant le premier fascicule ainsi qu’un poster (voir photo en haut de la critique) puis le second un mois plus tard à 7,90 €, soit 21,90 € au total. La version reliée (sortie le 15 mai) coûte un peu moins cher, 18,50 € en version standard, 20,50 € avec la couverture alternative. Pour ceux souhaitant passer à l’achat, on vous laisse juge de votre préférence de format, sachant qu’il n’y a « que » 3,40 € de différence au maximum.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 6 février 2026 (coffret avec premier fascicule) et le 13 mars 2026 (second numéro).
Puis publié en intégrale cartonnée le 15 mai 2026.
Contient : Marvel/DC: Deadpool/Batman #1 + DC/Marvel: Batman/Deadpool #1
Nombre de pages : 168

Scénario : collectif (voir critique pour les détails)
Dessin : collectif (voir critique pour les détails)
Encrage : collectif (voir critique pour les détails)
Couleur : collectif (voir critique pour les détails)

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : MAKMA (Gaël Legeard)

Acheter sur amazon.fr :
Batman/Deadpool #1 [coffret avec premier numéro souple] (13,90 €)
Batman/Deadpool #2 [second numéro] (7,90 €)
Batman/Deadpool [intégrale] (18,50 €)
Batman/Deadpool [intégrale – couverture alternative] (20,50€)

Batman & Robin Année Un – Tome 2/2

Après un premier volume très efficace, la conclusion de Batman & Robin Année Un est disponible ! Pour l’occasion, Urban Comics renoue avec le même soin (dos toilé, etc.) et propose une intégrale en noir et blanc aussi. Critique.

 

[Résumé de l’éditeur]
Alors que Bruce Wayne vient officiellement d’adopter l’orphelin Dick Grayson qu’il forme comme son acolyte, un mystérieux nouveau patron du crime appelé le Général tente de s’approprier les rues de Gotham en annihilant la mafia locale… À la recherche de réponses, Batman et Robin vont devoir mener l’enquête mais aussi gérer les deux aspects de leur relation en tant que père et fils et duo dynamique !

[Critique]
En dissociant en deux opus ce qui aurait pu être un bel ouvrage complet dès sa première commercialisation (depuis le début du projet il était prévu une maxi-série en douze épisodes), Urban Comics a probablement gagné son pari risqué. Pour cause : l’intégrale sort finalement d’abord en noir et blanc (avec une légère polémique sur le choix de couverture dont on reparle tout en bas de cette critique), preuve que le succès fut au rendez-vous et que l’éditeur a confiance en son titre. Pourtant, un second tome se vend normalement toujours moins que le premier ; mais les critiques dithyrambiques du précédent, proposé dans un bel écrin (dos toilé, absence de résumé), auront sans doute raison des bonnes vente de cette suite et fin. Pourtant… force est de constater qu’en lecture « semi-indépendante » (comprendre pas à la suite directe du précédent), cette nouvelle salve est en dessous de l’autre… mais ne gâche pas l’ensemble du titre, heureusement.

Dans ce deuxième volet de Batman & Robin Année Un, on retrouve donc l’ambiance Gothamienne proche de la série animée de 1992. Un Robin/Dick vif et agréable qui effectue son apprentissage avec rigueur et malice, sous l’œil vigilant et bienveillant de Batman/Bruce, accompagné évidemment de l’autre figure paternelle qu’est ce bon vieil Alfred. Comme déjà dit, rien de très nouveau dans les faits mais une formule « simple et efficace » dont on s’accommode aisément tant elle apporte/renoue une forme de légèreté qui manque cruellement à toutes les publications récentes de ces dernières années. Alors, outre cette partie balisée, qu’est-ce qui cloche ?

Il faut se tourner vers les antagonistes pour chipoter sur le scénario de Mark Waid. En utilisant Gueule d’Argile, l’auteur use d’une forme de « facilité narrative » évidente : l’ennemi peut prendre la place de tout le monde et donc usurper l’identité de n’importe qui. Il n’y a donc plus vraiment de suspense ou de complications… Pire : le scénariste créé une multitude de Clayface, conférant donc une armée de transformistes face au dynamique duo. Ce n’est pas désagréable à lire et à suivre mais on perd à la fois en originalité et aussi en certaine « qualité » (Gueule d’Argile est plus impressionnant quand il combat ses propres démons avec une certaine mélancolie plutôt qu’en banal méchant copiant les traits de quiconque). En cela, ce deuxième segment déçoit un petit peu malgré le côté gangster toujours prononcé.

Au-delà du rythme endiablé et la facilité de lecture (un point fort du titre), ce sont les dessins de Chris Samnee qui offrent le meilleur de la fiction. Entre les aventures nocturnes dans une Gotham reconnaissable entre toutes, les différents hommages graphiques qui parsèment la bande dessinée (en premier à Bruce Timm comme évoqué plus haut), les traits élégants et le découpage fluide oscillant entre action et échanges verbaux, il n’y a rien à reprocher à la partie visuelle, au contraire. C’est d’ailleurs peut-être cela qu’il faut garder en tête : Batman & Robin Année Un est avant tout une œuvre parfaite sur « la forme » et peut-être un peu moins sur « le fond » (on préfère les passages éducatifs autour de Robin que les ennemis – c’était plutôt l’inverse dans le tome précédent).

Ne soyons pas trop sévère : aucun doute que la lecture d’une traite de l’ensemble donnerait un avis plus enjoué. Mais pour cela, à défaut d’acheter les deux livres (20 € le premier, 20,50 € le second, l’inflation est passée par là…, soit 40,50 € au total) on préfère attendre une version intégrale en couleur dans une édition aussi soignée que celles déjà proposées. À ce jour (début mai 2026) elle n’a pas été annoncée mais il serait étrange qu’Urban Comics ne le fasse pas dans un ou deux ans – ce qui sera l’occasion de mettre à jour cette critique ! En attendant, il existe une compilation qui regroupe les douze épisodes mais uniquement en noir et blanc (pour 39 €)…

… et, justement, le YouTubeur et libraire Max Faraday s’est indigné sur la « déformation » de la couverture utilisée de cette édition. En effet, il s’agit initialement de celle du second épisode (de Chris Samnee évidemment) qui se voit ici être retouchée de multiples façons. Pour mieux comprendre la démarche décrite textuellement, n’hésitez pas à regarder les illustrations en dessous. D’abord un passage vertical à l’horizontal (afin de profiter d’un effet aussi bien au recto qu’au verso quand on ouvre entièrement le livre, on appelle ça une couverture wraparound). Cela change la dynamique de la position initiale : l’on passe d’une chute assumée (vers la gauche) à une sorte de saut. Ensuite, afin d’avoir les deux justiciers sur la couverture principale, un effet miroir est appliquée… Robin semble ainsi un peu plus en avant que Batman (ce qui n’est pas très grave – mais le « saut » des justiciers va désormais vers la droite). Enfin, pour garder une cohérence de costume, son logo « R » sur sa poitrine de gauche (sur son cœur) a été supprimé (sinon il apparaissait à l’envers en mode miroir ET en plus au mauvais endroit). De même que le bâtiment d’où « tombaient » nos héros est aussi inversé sans que l’on s’en rende vraiment compte si on n’a pas l’information. En synthèse, voici les étapes graphiques obtenues pour ce changement :

1. La couverture initiale puis sans ses ajouts de commercialisation (titres, logos, code barre…)

 

2. Rotation horizontale puis un « effet miroir »

3. Passage en noir et blanc (sans que ce soit la version encrée faute de l’avoir pour cette démonstration)
Division pour la couverture finale française et suppression du logo de Robin (point rouge)

 

4. Couverture finale (en attendant une photo de la version réelle étalée)

Alors, est-ce grave ? Oui et non. C’est une proposition visuelle pour être attractif commercialement parlant. Et en cela, le challenge (nous) semble plutôt réussi ! Néanmoins, il est indéniable que ces modifications dénaturent voire changent (radicalement ?) l’illustration initiale et ce qu’elle souhaitait montrer. Le résultat a beau être pertinent, il va plus ou moins « à l’encontre » de la couverture désirée et du travail de Chris Samnee… C’est à lui, l’artiste d’origine, de se manifester sur ce sujet. A-t-il été consulté ? A-t-il un « droit de regard » (et de validation) ? Ou bien DC Comics ? Bref… Sur ce site, on ne trouve pas ça forcément digne d’une polémique mais il nous paraît indispensable de l’expliquer factuellement afin qu’un client potentiel le sache et reste juge de son achat.

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 20 février 2026
Contient : Batman & Robin Year One #7-12
Nombre de pages : 152

Scénario : Mark Waid
Dessin & encrage : Chris Samnee
Couleur : Matheus Lopes

Traduction : Yann Graf
Lettrage : Eric Montesinos

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– Batman & Robin Année Un – Tome 2 (20,50 €)
Batman & Robin Année Un – Intégrale Noir & Blanc (39 €)

 

 

 

Absolute Batman – Tome 02 : Abomination

Après un premier tome convaincant et ambitieux, Absolute Batman se poursuit avec Abomination, confrontant le Chevalier Noir à Freeze (Jr.) puis à Bane. Un récit ultra-violent qui redistribue les cartes de cette mythologie déjà remaniée. À ne pas manquer !

(Comme pour le premier tome, ce second bénéficie d’une couverture inédite
vendue uniquement dans les enseignes Pulp’s Comics.)

[Résumé de l’éditeur]
Bruce Wayne enquête sur le mystérieux site connu sous le nom d’Arche M, et confronte sans le vouloir ses amis face à des dangers qui les dépassent tous – Batman compris. Que se passe-t-il dans ce terrifiant complexe qui cache en son cœur des créatures toutes plus monstrueuses les unes que les autres ? Et qui est Bane, le mystérieux colosse chargé de veiller sur les plus noirs secrets de l’Arche ?

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Encore une belle réussite de Scott Snyder pour cette série décidément acclamée (par les lecteurs et la critique dite « professionnelle ») et dont le succès commercial (aux États-Unis ET en France) est spectaculaire. Chez nous, le premier opus s’est écoulé en 2025 autour de 20.000 exemplaires, le hissant 4ème des meilleures ventes de comics (cf. article de Comicsblog.fr) – 3ème si on enlève « l’anomalie » Watership Down (non estampillé – dans un premier temps – comics, comprendre bande dessinée américaine/états-unienne).

Les autres titres de la gamme Absolute ne sont pas en reste : Superman en 7ème position, Wonder Woman (qu’on recommande chaudement !) en 10ème, Martian Manhunter en 20ème (malgré sa sortie au 21 novembre dernier !) et Flash en 24ème (idem). Les cinq séries DC Absolute d’Urban Comics occupent donc le Top 25 ! À voir si l’exploit se renouvèle en 2026 (il se murmure un chiffre de 4.000 exemplaires vendus durant les trois premiers jours de la sortie de ce deuxième tome d’Absolute Batman début février !) et si la dernière arrivée Green Lantern se vend également très bien (sortie le 13 février 2026). Mais revenons au comic !

Dans Abomination, le Chevalier Noir va « rejouer » son célèbre affrontement face à Bane (reprenant plus ou moins celui de Knightfall) dans une version modernisée, incroyablement violente et déstabilisante. Ce deuxième tome se décompose d’ailleurs en trois arcs : Zéro Absolu (Absolute Batman #7-8), dessiné par Marcos Martin, Abomination (épisodes #9-14) par Nick Dragotta (et un chapitre par Clay Mann) et le premier annual (sans titre), écrit et dessiné respectivement par Daniel Warren Johnson (pour la première histoire), James Harren pour la seconde (Sanctuary en VO, non traduit en VF) et Meredith McClaren pour le bonus des deux dernières planches (Let’s Learn about Bats ! / Instruisons-nous avec la chauve-souris !).

Zéro Absolu montre, sans surprise, la version Absolute de Mr. Freeze : il ne s’agit pas de Victor Fries mais de… son fils ! Ce dernier se transforme en créature difforme et puissante. L’échange peut paraître « anecdotique » (toutes proportions gardées) mais place quelques pions verbalement : les docteurs Strange, Isley (Poison Ivy) et Crane (L’Épouvantail) sont bien déjà présents dans cet univers (et semblent être des antagonistes). On note aussi une mention à Gueule d’Argile (Clayface en VO, une précision importante dans le cas présent). Mais le cœur de l’ouvrage, auquel il donne son titre, est bien (l’)Abomination. Bane en est une, surgonflée au Venin, il est une monstruosité absolu(t)e dans un mystérieux centre de recherche, gérée par la Dr. Arkham avec, à sa tête dans l’ombre, le mystérieux Joker (teasé en fin du premier opus).

La raison de l’acharnement de Bane est plutôt cohérente par rapport à ce qui est montré (les tests du sujet 27 – Wayne, forcément) même si on ne saisit pas encore l’intégralité du plan de ses supérieurs. Passez au paragraphe suivant pour éviter les révélations. La violence de l’ensemble prend une autre dimension quand Bane s’en prend aux trois amis de Bruce : Eddie, Harvey et Ozzy. Sans en dévoiler davantage, l’on peut se demander si la brutalité infligée à ces trois personnes ne sera pas l’élément déclencheur d’une bascule définitive du mauvais côté ? N’oublions pas que l’entièreté de l’entourage amical du justicier est au courant de sa double-identité (à la surprise générale en début d’ouvrage) ! De quoi redistribuer habilement les cartes de cette dimension si singulière

On apprécie aussi la vague relecture de la relation entre Selina et Bruce et la présence de Martha (vivante dans cet univers), inquiète pour son fils. Cette impression de naviguer dans un univers à la fois familier mais différent, à la fois habituel mais original, est décidément la grande force des titres. On a très hâte de voir la relecture du Joker – qui ne semble pas très excentrique de prime abord du peu qu’il est croqué ici, vivement la suite !

L’écriture de Scott Snyder est sans filtre (quel dommage que les insultes ne soient pas écrit en toutes lettres), on peut lui reprocher une alternance entre passé et présent un peu trop prédominante au risque de casser une certaine immersion et un rythme haletant – principalement le match de boxe et l’amitié entre Waylon et Bruce – mais c’est pour chipoter. Le lot d’improbabilités est toujours élevé : Bruce Wayne presque nu et attaché qui se libère et a immédiatement son costume de Batman (!), le même jeune homme qui cache une aiguille dans sa bouche (!!), qui manipule son urine et ses excréments pour créer un liquide acide (!!!)… Bref. On perçoit encore quelques mystères, certains assumés (comment Waylon est devenu un crocodile géant – et semble pouvoir se transformer en humain tout de même), d’autres ambigus (Nygma  a l’air de rester un allié de Bruce, Dent assume le détester « de moitié », Oswald ne s’est pas encore prononcé sur le sujet). Une fois de plus : hâte de découvrir ce que nous prépare le scénariste !

C’est sans compter sur les dessins de Nick Dragotta, majoritairement à l’œuvre sur cet opus, qui confère à Bane sa stature effrayante, dans des pleines planches parfois incroyables (voir la fin de cette page pour les plus belles). Pas grand chose à dire sur le reste, la colorisation (de multiples artistes – cf. rubrique À propos plus bas – mais principalement par Frank Martin) ou le découpage qui accompagnent brillamment les textes. Comme dit plus haut, Marcos Martin s’occupe des deux épisodes autour de Freeze, reprenant les characters designs des personnages de Dragotta, pas d’incohérences visuelles donc malgré une patte différente, un brin plus arty, moins mainstream. Les fans du style de Daniel Warren Johnson y trouveront aussi leur compte. Le dessinateur de Do a Power Bomb et, entre autres, Jurassic League, (l’excellent) Transformers, livre un épilogue/prologue agréable et sympathique, là aussi accentuant la robustesse de cet Absolute Batman et enrichissant son lore.

Le troisième opus sortira le 25 septembre. Le Joker y sera mis en avant avec l’artiste Jock pour l’occasion. Mais avant cela… un premier petit crossover est à découvrir dans DC Absolute Collector 2026 en noir et blanc. Qu’est-ce que c’est ? Tout simplement une édition au format souple du collectif de libraires Comics Shops Assemble (voir explications en bas de l’index des titres en noir et blanc) qui contient Absolute Evil #1 (un one-shot) puis Absolute Wonder Woman #15 et Absolute Batman #16, montrant les deux justiciers en enfer (où réside Diana) pour aider Waylon Jones ! Ces épisodes seront bien ensuite dans les tomes des séries régulières – selon ComicsBlog (donc à minima pour Batman et Wonder Woman). Disponible depuis le 10 avril 2026 pour 9,90 €. Rappelons que l’an dernier, une publication similaire avait été proposée pour faire découvrir l’univers Absolute en avant-première.

Par ailleurs, fin février 2026, DC Comics a annoncé un premier event dans une nouvelle mini-série dédiée mais qui resterait extrêmement accessible et indépendante. Pas vraiment un crossover donc ? La publication est prévue d’ici la fin de l’année et sera écrite par Jason Aaron, qui signe actuellement Absolute Superman. Au passage, aux USA il y aura la sortie de deux nouvelles mini-séries en six chapitres : Absolute Green Arrow (qui théoriquement fait suite au Absolute Evil évoqué plus haut) et Absolute Catwoman. Vu le succès de l’ensemble de cet univers, aucun doute qu’Urban les proposera chez nous !

  

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 13 février 2026.
Contient : Absolute Batman #7-14 + Annual #1
Nombre de pages : 248

Scénario : Scott Snyder, Daniel Warren Johnson, James Harren, Meredith McClaren
Dessin & encrage : Nick Dragotta, Marcos Mrtin, Clay Mann, Daniel Warren Johnson, James HArren, Meredith McClaren
Couleur : Frank Martin, Muntsa Vicente, IVan Plascencia, Mike Spicer, Dave Stewart, Meredith McClaren

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : MAKMA (Gaël Legeard et Lorine Roy)

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