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Batgirl (New 52) – Chapitres #1 à #34
[publiés dans Batman Saga]

Lors du relaunch opéré par DC Comics en 2011 et intitulé « New 52 », Batgirl eut évidemment droit à sa propre série, majoritairement scénarisée par Gail Simone. Comme la plupart des autres séries de l’époque, celle-ci s’est étalée sur 52 chapitres. En France, l’éditeur Urban Comics a proposé les 34 premiers chapitres  dans son magazine Batman Saga. Les chapitre suivants (du #35 au #52 donc) ont bénéficié d’une double, voire triple, parution : ils étaient tout d’abord dans le magazine Batman Saga puis dans celui qui lui a succédé, Batman Univers, et sont ensuite sortis compilés en trois tomes en librairie, lisibles indépendamment. Ces trois volumes seront chroniqués prochainement. Revenons aux 34 premiers chapitres : ceux-ci correspondent aux cinq volumes anglais qu’on peut facilement se procurer en ligne (cliquez sur les couvertures ci-dessous pour les acheter). Quelques épisodes inédits sont inclus dedans, comme les deux Batgirl Annual par exemple, qui n’ont jamais été traduits en France.

C’est donc sous cet angle de publication américaine que les critiques de la « première partie de la série Batgirl » sont proposées ci-dessous dans ce très long article (la « seconde partie de la série Batgirl » étant évidemment les trois tomes publiés en France en libraire et lisibles indépendamment). En synthèse : ce qui est chroniqué ici se trouve soit en français en occasion en achetant les 36 premiers numéros de Batman Saga, soit en anglais en prenant les cinq titres. Pour le plaisir des yeux, une dizaine de couvertures originales sont en fin d’article.

Pour ceux qui veulent s’économiser du temps de lecture, voici la synthèse des cinq critiques : Barbara bénéficie d’un capital sympathie non négligeable qui apporte une touche de fraîcheur et une lecture agréable. Au scénario, pas mal d’éléments moyens (les antagonistes des premiers volumes, des intrigues secondaires peu palpitantes, etc.) et aux dessins différents artistes dont certains proposent de véritables chefs-d’œuvre, un régal ! Si les premiers volumes ne sont pas les plus réussis, force est de constater qu’au fil du temps, le récit s’améliore et propose, in fine, une histoire assez cohérente, parfois déroutante, qui atteint son point d’orgue dans les tomes 3 et 4. L’ensemble reste malgré tout inégal et dispensable, sauf pour les fans de la super-héroïne bien sûr.

Si l’on devait classer les tomes du meilleur au moins bon, cela donnerait :

  1. Vol. 3 – Death of the Family (#14-19 + Batgirl Annual #1 + Batman #17)
  2. Vol. 4 – Wanted (#20-26 + The Dark Knight #23.1 : The Ventriloquist)
  3. Vol. 2 – Knightfall Descends (#7-13 + #0)
  4. Vol. 5 – Deadline (#27-34 + Batgirl Annual #2 + Batgirl : Future’s End #1)
  5. Vol. 1 – The Darkest Reflection (#1-6)

Et maintenant, place aux critiques plus détaillées !

— VOL.1 – THE DARKEST REFLECTION (#1-6) / Batman Saga #1-6


[Histoire]

Pendant trois ans, Barbara Gordon était clouée dans un fauteuil roulant suite au tir de pistolet du Joker qui l’avait paralysé (cf. Killing Joke). Après un miracle (de la médecine ?) elle marche à nouveau. Elle s’émancipe de son père en s’installant en colocation, avec la dynamique et révoltée (voire anarchiste) Alysia Yeoh et, bien sûr, en reprenant sa cape de Batgirl.

Au-delà de ses missions de sauvetages « classiques », elle doit affronter ses démons, ses traumatismes passées, des nuits cauchemardesques régulières et la figure menaçante du Joker qui plane. De quoi la figer parfois dans le feu de l’action… Batgirl doit retrouver ses réflexes et repasser par une phase d’apprentissage du « métier » de super-héroïne.

Dans le quotidien, elle sort avec Gregor, son rééducateur. Un flirt léger tandis que dans Gotham, un tueur mystérieux répondant au nom de « Miroir », assassine des personnes écrites sur une liste, qui contient aussi les noms de… Barbara Gordon et de Batgirl.

[Critique]
Gail Simone avait déjà mise en scène Barbara lorsqu’elle était Oracle dans la série Birds of Prey. Elle reprend ici un de ses personnages fétiches avec plus ou moins d’intérêt (pour le lecteur). Cette scénariste s’est faite remarquer lorsqu’elle était blogueuse (et coiffeuse) : elle commentait le sexisme dans les comics sur son site ! Marvel puis DC lui ont donné la possibilité de s’exprimer à travers plusieurs séries, incluant donc Birds of Prey puis Batgirl. Sa spécialité, au-delà d’un certain féminisme évident (même si certains dessins de cette série Batgirl sont paradoxalement plutôt l’inverse : poses hyper sexy, jambes écartées, tenue hyper moulante…), est de jongler habilement entre l’humour et l’émotion, en se focalisant davantage sur des personnages méconnus. C’est en tout cas ainsi qu’elle est présentée par l’éditeur. Que vaut donc ce premier tome sous la plume de Simone ?

La première question qu’on se pose en lisant cette « renaissance », au sens littéral comme figuré, de Barbara est comment a-t-elle recouvré l’usage de ses jambes. Au fil des six épisodes, on entraperçoit des éléments de réponse : une clinique en Afrique du Sud, un implant neural, de la rééducation, etc. En bref, une avancée médicale. Simple. Efficace. Mais… mal amenée. Ce choix de divulguer au compte goutte est louable, mais le retour en Batgirl si peu de temps après sa guérison miracle est maladroite. Il aurait fallu montrer des sessions d’entraînements par exemple. Au passage, le départ de Barbara du cocon familial correspond pile au retour de Batgirl dans Gotham, sans que cela n’éveille la curiosité de James Gordon… Ou alors il fallait ne rien dire et concevoir un ou plusieurs chapitres spéciaux en flash-back, pourquoi pas.

L’écriture oscille entre le bon et le moins bon, bref un ensemble complètement hétérogène et par extension assez moyen. On peine, par exemple, à trouver l’ennemi crédible et passionnant. Ses motivations ? Il estime injuste qu’une personne soit sauvée d’un accident (et donc qu’elle survit alors que ce n’était pas prévu). Pour lui, ce n’est pas « normal » car c’est souvent douloureux si cette même personne s’en sort seul et non sa famille (à l’instar de ce qui est arrivé à Miles, l’homme derrière le nom de Miroir). Franchement pas terrible et martelé à chaque chapitre quasiment… On a du mal, aussi, à trouver l’idylle avec Gregor plausible, tout sonne faux, surtout quand Barbara évoque Dick, à qui elle est encore fortement attachée (ils ont été en couple par le passé). Un court affrontement a même lieu entre Batgirl et Nightwing, avec une justification pas très habile. La fin de ce premier arc lance une piste intéressante mais peu exploitée pour l’instant : le retour de la mère de Barbara. Gageons que c’est pour mieux préparer la suite (a priori oui). Une nouvelle ennemie, Gretel, ayant la capacité de contrôler mentalement les personnes proches d’elle (avec une explication totalement risible — elle a été blessée par trois balles et s’est réveillée comme cela !) fait son apparition mais, là aussi, c’est raté pour l’intérêt et la crédibilité de ce second antagoniste.

Heureusement, aux dessins, le talentueux Ardian Syaf (dont on conseille le DeviantArt pour voir d’autres de ses œuvres — incluant mêmes plusieurs crayonnés de cette série justement) assure en livrant de belles planches et des traits fins et élégants (parfois croqués par Vicente Cifuentes). La forme l’emporte sur le fond quelque part… Visuellement, il n’y a pas grand chose à redire, clairement. Narrativement, on est dubitatif sur le déroulé de l’histoire (les ennemis en première place et divers éléments secondaires pas forcément mauvais mais plutôt maladroits). Mais Barbara est très attachante, aucun doute là-dessus, ce qui donne envie de poursuivre la lecture. Les deux points forts de l’ouvrage sont donc le personnage de Barbara/Batgirl en lui-même, élégamment croqué et doté d’un fort capital sympathie, ainsi que les dessins : eux aussi élégants, brillamment mis en scène et colorisés. On apprécie les apartés avec Richard Grayson et Bruce Wayne mais aussi la nouvelle colocataire Alysia Yeoh (qui pourrait même devenir Anarky). C’est par le biais de ces relations qu’évolue Barbara et, sur ce point, c’est assez plaisant. Idem avec une personnage très secondaire du GCPD, McKenna, qui apparaît peu mais de façon pertinente (là aussi, un élément « à suivre »). En synthèse un premier tome moyen mais dont les dessins et l’attachement à l’héroïne prévalent sur la facilité (et parfois médiocrité) de certains axes narratifs.

— VOL.2 – KNIGHTFALL DESCENDS (#7-13 + #0) / Batman Saga #7-9 puis #11 et #13-14

[Histoire]
Barbara retrouve Black Canary, son ancienne partenaire des Birds of Prey, pour s’entraîner. En effet Batgirl a du mal à redevenir aussi puissante qu’auparavant. Sur les conseils de son amie, elle poursuit un étrange voleur, répondant au nom de Grotesque. Parmi les sbires de ce nouvel ennemi : un ancien hommes de main du Joker. Un qui était présent lorsque le Clown du Crime a tiré sur Barbara et l’a rendu handicapé (cf. Killing Joke à nouveau).

Barbara fait aussi face au retour de sa mère, qui l’a abandonné des années plus tôt sans explications. Elle avance que c’est à cause de James Jr., le frère de Barbara, en qui elle avait décelé de gros problèmes psychiatriques. Ce dernier semble aussi revenir à Gotham…

[Critique]
Un tome à nouveau inégal dont les meilleurs aspects sont les mêmes que son prédécesseur, pareil pour les points faibles. Mais, au global, nettement supérieure dans ses deux derniers tiers et donc que le premier volume. Explications.

Tout d’abord, la bande dessinée a l’occasion de corriger quelques loupées du précédent ouvrage, comme par exemple on apprend que Barbara s’est entraînée durant six mois avant de reprendre son costume, trois ans après sa paralysie. Simple mais plus linéaire désormais. Au cœur du récit : toujours (notamment au début) la difficulté à retrouver sa force et agilité d’antan. Comme dit, on retrouve les défauts inhérents à la série : le nouvel antagoniste Grotesque est ridicule, à l’instar des deux précédents (Miroir puis Gretel). Ce sont des personnages qui sont peu utilisés, pas très bien fouillés, donc on peine à les voir autrement qu’en tant qu’ennemi éphémère. Même si le dernier chapitre tenterait plutôt vers l’inverse ; à suivre…

Le retour de la mère de Barbara constitue un léger autre fil rouge tout au long du récit mais, là aussi, on peine à trouver crédible les raisons du départ (et du retour) de cette mère. D’autres ennemis suivent (chapitres #10 à #13) : les Disgraciés, composés de quatre figures justicières aux méthodes radicales. Parmi elle, Knightfall, leur chef (image ci-dessus), sans aucune doute la plus intéressante. Sorte d’Azraël féminin (qui arbore d’ailleurs un look similaire, la fameuse croix de l’Ordre de St.Dumas et la même violence extrême), Knightfall (dont le nom rappelle aussi la célèbre saga éponyme) est plus abouti que les autres antagonistes mais on ne peut s’empêcher de penser que Gail Simone n’a pas « le droit » d’utiliser un ennemi déjà existant vu les étrangetés qu’elle créé. Quitte à en concevoir un nouveau, autant essayer de l’enrichir psychologiquement, de ne pas le remplir de clichés et, surtout, de le conserver tout au long du run. Au bout de treize (voire quatorze si on compte le #0), seule Knightfall semble correspondre à cette définition. Elle apporte même d’agréables retournements de situation pas forcément prévisibles.

Ce volume est (malheureusement) constitué de plusieurs mini-histoires. Les deux premiers chapitres (#7 et #8) correspondent donc, entre autres, à l’affrontement contre Grotesque. Les passages les plus réussis sont ceux corrélés à l’ancien sbire du Joker, plutôt touchants et bien écrits. Le chapitre suivant (#9) est un peu déconnecté de l’histoire car il est connecté à l’évènement La Nuit des Hiboux, qui se déroule dans la série Batman et qui avait fait l’objet d’un long récapitulatif sur cet article. Un épisode plus ou moins inspiré mais qui casse un peu le rythme de l’histoire principale. On y suit autant James Gordon que sa fille, face à une « ergot » étrange, rescapée de plusieurs siècles et, une fois de plus, qui fait office de peu d’intérêt tant son traitement est expéditif. Si on ne suit pas la série Batman en parrallèle, ce chapitre n’est guère utile (clairement, il fallait l’enlever et l’intégrer dans une compilation de toutes les séries annexes qui sont connectées à cet event).

Une autre allusion est faite à une série, Le Chevalier Noir (chroniquée ici), — mais ce pas  du tout d’obligation de la connaître cette fois — qui s’ouvrait avec l’évasion de plusieurs détenus d’Arkham. Parmi eux : James Jr. Gordon, encore en retrait pour l’instant mais qui risque d’occuper une place primordiale sous peu. Viennent ensuite les chapitres qui forment une histoire plus solide (#10 à #13), avec cette fameuse Knightfall au centre. Une brève réflexion politique y est insufflée mais pas assez exploitée à nouveau (ça reste tout de même plaisant à lire). On oscille entre les bonnes surprises (de l’aide inattendu, une confrontation avec Batwoman…) et les moins bonnes (outre ce qui a déjà été mentionné, on s’interroge sur l’intérêt de la mystérieuse colocataire, sur la relation entre Barbara et son rééducateur qui a disparu de la série, etc.). Au rayon traduction, signalons pour la version française l’expression « Hawkman de Prisunic », bizarrement non adaptée par « Hawkman de Lidl » par exemple. Pas sûr que les moins de trente ans (voire davantage) saisissent la référence, et donc la blague. Mais c’est anecdotique.

Enfin, le « chapitre zéro » (#0) ouvre une parenthèse dans le passé, au moment où Barbara enquêtait sur le mythe Batman en… infiltrant le commissariat de son père. Prétextant un exposé d’étudiante, elle découvre une reproduction de costume de l’homme chauve-souris. Quand une bande de criminels s’infiltre dans le lieu pour libérer un complice, la jeune femme revêt le prototype vestimentaire et se bat avec honneur et réussite. Le Dark Knight la félicite même pour son travail. Un chapitre remarquable qui avait déjà fait l’objet d’une brève critique sur cet article. La présence de James Jr. confirme son plus grand rôle à venir, il n’est pas anodin qu’il soit « mis en avant » ainsi.

D’une qualité d’écriture hétérogène, le récit ne gagne pas en fluidité avec son côté décousu à cause de la succession de trois voire quatre mini-histoires différentes, qui gardent une certaine cohérence bien sûr mais semblent moins limpides quand on les lit à la suite. En revanche, les dessins d’Ardian Syaf et Alitha Martinez sont toujours aussi soignés avec leur style réaliste, leur découpage dynamique (y compris dans les scène d’action), les couleurs qui donnent un aspect un peu « fantastique » (prédominance de violet, forcément), propre à la patte « comics ». Ed Benes s’occupe du chapitre #14 et #0 avec une incroyable maîtrise, proche d’un Jim Lee ou d’un Jason Fabok dans leur grande forme, sublime ! Et, bien sûr, le capital sympathie de Barbara qui joue beaucoup en la faveur de l’ensemble. Un tome un nettement au-dessus du précédent donc, mais encore alourdi par des défauts inhérents et des chapitres inutiles ou en dessous des autres.

— VOL.3 – DEATH OF THE FAMILY (#14-19 + Batgirl Annual #1 + Batman #17) / Batman Saga #16-20

[Histoire]
Le Joker a kidnappé la mère de Barbara Gordon et convie Batgirl à venir… l’épouser !

Entre sa vie personnelle et son statut de justicière, la fille du commissaire Gordon essaie tant que mal de trouver le bon équilibre, tout en tâchant de se relever de ses ancienne blessures, davantage psychologiques que physique.

[Critique]
Avant de rentrer dans les détails, expliquons la composition de ce troisième volume. Il s’ouvre sur l’annual #1 de Batgirl, jamais publié en France. Ensuite, les chapitres #14 à #16 forment le mini arc Collision en VF, corrélé à l’évènement Le Deuil de la Famille, une longue histoire au centre de la série Batman (correspondant à son troisième tome, chroniqué ici), dont le chapitre #17 — écrit par Scott Snyder et dessiné par Greg Capullo —clôt d’ailleurs l’ensemble et est intégré dans cet ouvrage. Lire Le Deuil de la Famille « seul » n’a pas trop d’intérêt mais découvrir absolument toutes les autres séries qui y sont connectées de près ou de loin (au nombre de huit tout de même même) apporte un plus non négligeable (23 épisodes au total, dont le chapitre #13 de Batgirl, qui était la conclusion de Knightfall dans le tome 2, se veut l’un des préludes de « deuil », à cause de ses toutes dernières planches surtout). Il est donc agréable de lire ce récit axé sur Batgirl (un des plus réussis) mais les plus curieux voudront sans doute se tourner (à raison) vers la série initiale pour mieux la comprendre. Un bref interlude « sentimental » (publié à la St. Valentin et inédit en France) est aussi au programme puis le scénariste Ray Fawkes poursuit le travail de Gail Simone le temps des chapitres #17 et #18 avant que cette dernière reprenne les commande pour le #19. Tous trois ramenant James Jr. en première place face à la super-héroïne. Qu’est-ce que valent ces différents récits ?

Le premier (l’annual #1 donc) replace la fameuse ergot combattu dans le volume précédent. James Gordon souhaite l’aider, Catwoman a été embauché pour l’évader et Batgirl découvre que la Cour des Hiboux se situe derrière des incendies criminels (l’occasion pour elle de revoir Ricky, une victime de Knightfall). Les trois convergent vers le même endroit et, si l’ensemble est très plaisant (les graphismes de la première partie, signés Admira Wijaya, sont un peu déroutant avec leur peinture numérique, ceux de la seconde, de Daniel Sampere, sont plus agréables et sonnent moins « faux »), la véritable suite et fin se déroule apparemment dans la série Birds of Prey (où l’on apprend que « Strix », le nom de la femme ergot, rejoint l’équipe — on la retrouve plus tard dans la série Batgirl aussi).

Place ensuite à la seconde histoire en trois chapitres (Collision en VF). Le Joker a kidnappé la mère de Barbara Gordon. James Jr., le frère de Barbara, envoie Batgirl la chercher (il connaît la double identité de sa sœur). L’héroïne n’est pas au bout de ses surprises, après une attaque à son domicile et après avoir retrouvé sa mère (qui a eu un doigt coupé par le Joker), le Clown du Crime… la demande en mariage ! Tout ceci cache le grand final qu’a concocté le célèbre ennemi pour vaincre Batman. Et… la conclusion est donc dans le chapitre #17 de la série Batman, qui est inclus dans l’ouvrage. Batgirl y joue un rôle très très secondaire, l’intérêt est juste de terminer les arcs de toute la Bat-Famille. Ce qui sonne plus ou moins comme un pétard mouillé (vaste débat). Lire juste les quatre épisodes (les trois de Batgirl et l’unique de Batman) est plutôt satisfaisant, on n’en sait pas davantage sur le plan du Joker mais « ça se tient » plus ou moins. À l’inverse, ne lire que les chapitres sur Batman s’avère particulièrement frustrant (cf. la critique) ou bien, solution idéale : découvrir tous les épisodes connectés. L’ensemble y est bien sûr inégal mais nettement plus passionnant. Dans notre cas, c’est juste Batgirl qui nous intéresse et, comme on vient de le dire, ce petit arc se tient plutôt bien.

L’ellipse « sentimental » reste anecdotique, elle provient de Young Romance : A New 52 Valentin’s Day Special Vol. 11 et s’attarde sur la relation plus ou moins ambigüe entre Ricky et Barbara. Viennent enfin les trois derniers chapitres, replaçant James Jr. comme antagoniste et, là aussi, c’est particulièrement réussi. Le psychopathe fut le principal ennemi de Batman dans l’excellent Sombre Reflet, on le retrouve en toute logique face à sa propre famille ici, incluant évidemment les parents de Barbara. On peut déplorer le traitement un peu rapide de Barbara (aussi bien dans cette histoire que la précédente avec le Joker) envers sa mère. Elle est passée de « je la déteste » à « je vais tout faire pour la sauver ». Pas forcément grave au demeurant, plutôt maladroit. Firebug — vieil ennemi très très secondaire du Batverse — n’est pas non plus le choix le plus pertinent. Les motivations de James Jr. sont un peu risibles mais ça passe quand même…  On notera également une connexion à la mort de Damian, qui se déroulait en parrallèle de cette série (cf. les séries Batman & Robin et Grant Morrison présente Batman). La conclusion du livre est particulièrement efficace puisque James Gordon lui-même annonce qu’il compte arrêter Batgirl !

En synthèse côté scénario les deux récits principaux se tiennent et sont sans doute les plus réussis depuis le début de la série. Les aventures de Batgirl se bonifient donc au fil du temps, certains éléments mis en place par Gail Simone trouvent des échos intéressant (la relation avec Ricky, le conflit avec Knightfall et même une succession de conflits physiques et psychologiques chez l’héroïne qui la rendent plus passionnante). Côté dessins, on retrouve Ed Benes qui croque les meilleures planches, en alternance avec Daniel Sampere, bien moins efficace. Son style est très sommaire, pas de patte artistique qui se démarque véritablement et même un côté plutôt « amateur » bien dommage. Si la narration s’améliore, c’est en revanche les dessins qui pâtissent de l’évolution de la série, alternant entre l’excellent et le très moyen. Néanmoins ce troisième volume est en haut du panier.

— VOL.4 – WANTED (#20-26 + The Dark Knight #23.1 : The Ventriloquist) / Batman Saga #22-28

[Histoire]
Des auditions pour une émission qui cherche une « nouvelle star » se déroulent à Gotham. Une jeune fille, Shauna Belzer, propose un numéro de ventriloque avec une marionnette sordide, baptisée Ferdi. Dérangée, Shauna tue l’un des membres du jury et en prend un autre en otage. La Ventriloque, âgée de 18 ans, possède aussi des pouvoirs de télékinésie, lui permettant de faire bouger les objets et de faire parler les autres personnes à distance.

Batgirl intervient en vain mais les sbires de Knightfall se dressent sur son chemin. Pour couronner le tout, James Gordon est déterminé à arrêter la justicière qu’il juge responsable de la mort de son fils James Jr. (en réalité blessé — et même disparu, on ignore s’il est mort — par sa propre mère, donc l’ex-femme du commissaire).

[Critique]
Après un début particulièrement alléchant : nouvelle ennemie, ambiance malsaine et gothique, violente et gore, arc narratif singulier… tout se termine de façon un peu abrupte. En effet, en deux chapitres la question du Ventriloque est réglé. Un chapitre « de transition » fort agréable suit et permet de retrouver Barbara au quotidien : sa relation avec sa colocataire Alysia, son idylle avec Ricky et son rapport avec son père, fort touchant. Qui se termine d’ailleurs par une confrontation directe entre James Gordon et… Batman ! Une image mémorable qui s’enchaîne directement avec l’histoire principale du volume, intitulé Wanted aussi en France lors de sa publication en magazine. Gordon est la cible de Knightfall qui s’est associé à quasiment tous les ennemis plus ou moins inspirés depuis le début de la fiction : Miroir, Grotesque, Gretel et les Disgraciés. Sans surprise, Batgirl s’allie avec son père dans un long affrontement. Sa conclusion est, une fois de plus, bancale : les antagonistes repartent tranquillement, Barbara et James ont une conversation touchante mais qui replace quasiment au point de départ leurs intentions (communes ou non) et… les enjeux dramatiques, habilement narrés dans certaines planches sont, in fine, aux aussi sans conséquences (en gros personne n’est mort) et remet plus ou moins la série dans un rail nouveau d’un début.

Au rayon des incohérences, on en déplore deux : si l’évolution de la romance avec Ricky est plutôt bien écrite, l’ancien malfrat (qui a perdu sa jambe à cause de Knightfall) est soudainement devenu… fan de danse. Et avait même des billets pour aller à l’opéra. Ça ne colle pas du tout au personnage mais fermons les yeux dessus car ce n’est pas le plus important. En revanche, que James Gordon ne comprenne pas que Batgirl est sa propre fille semble surréaliste tant il voit la jeune fille à plusieurs reprises juste en face de lui, son visage à peine masquée, sa chevelure rousse, sa voix… C’est d’autant plus dommage que Gail Simone, toujours au scénario, propose un choix « osé » mais qui tombe à l’eau. En synthèse, l’ensemble est plutôt palpitant mais retombe à plat dans sa fin, avec l’effet d’un pétard mouillé. On retient tout de même l’émancipation de Barbara et ses échanges avec son père et son petit ami, dans l’ensemble plutôt réussis.

Le livre se termine par deux chapitres un peu particulier, le 25ème, qui (une fois de plus) est corrélé à une histoire de la série Batman, à savoir L’An Zéro. Durant cet évènement, correspondant aux premiers pas en tant que justicier de l’homme chauve-souris ainsi qu’une immense tempête au cœur de Gotham, beaucoup de séries annexes de l’univers du Dark Knight ont proposé ce qui se déroulait « cinq ans plus tôt » (durant l’an zéro donc) pour leurs protagonistes. Batgirl n’y échappe et, même si l’épisode est intéressant, il vient à nouveau casser un certain rythme et une histoire-fleuve. On la retrouve en adolescente leadeuse d’un groupe de survivants. L’ensemble reste anecdotique car il n’a pas de réelle suite et ne sert pas à grand chose. Enfin, le chapitre #23.1 de la série The Dark Knight revient sur la Ventriloque. Cet épisode trouve son origine lors d’un évènement appelé The Vilains Month durant lequel quatre séries sur Batman (entre autres) eurent droit à quatre chapitre one-shot dédiés chacun à un célèbre ennemi. La plupart ont été publiés en France, en kiosque ou librairie mais pas tous. C’est le cas de la Ventriloque, qui est donc inédit. Ce dernier lève le voile sur l’origine de Shauna, pas des masses originales : un frère jumeau dont elle était jalouse, des pouvoirs qui surviennent du jour au lendemain, des incohérences flagrantes (la mort du clown lors d’une fête qui n’a pas inquiété les parents ?), etc. Néanmoins il est « agréable » de retrouver cette version du Ventriloque après son (court) passage dans la série.

Aux dessins, on retrouve Daniel Sampere et son style toujours aussi moyen, ainsi que Carlos Rodriguez, Fernando Pasarin, Derlis santacruz… Rien d’exceptionnel dans chacun des traits croqués par ces artistes, ce n’est pas laid mais ce n’est pas non plus mémorable : une production hyper convenue pour ce genre d’aventures. Quelques jolies cases tout de même mais qui sont trop rares pour vraiment marquer les esprits.

Concluons par une petite parenthèse : il est dommage de ne pas avoir intégré le chapitre Batman & Batgirl #21 dans ce recueil. Il s’agit en vrai du 21ème chapitre de la série Batman & Robin (ère New 52 toujours) mais qui avait été renommé par le nom d’un allié différent (au lieu de Robin, celui-ci étant mort) le temps de plusieurs épisodes (tous publiés dans Batman Saga). Celui avec Batgirl montre l’homme chauve-souris dans une colère et une violence ahurissante. Il fait écho à la confiance altérée de Barbara envers Bruce depuis les évènements du Deuil de la Famille (relativement peu évoquées dans l’ensemble après ce qu’il s’était passé). Il montre aussi un touchant monologue de la justicière adressé à son père à propos de la mort (supposée) de James Jr. Bref, un interlude qui s’encastre particulièrement bien dans la trame narrative globale de la série Batgirl (ce n’est pas pire que l’annual du précédent numéro qui offrait une parenthèse qui se concluait dans une autre série (Birds of Prey), par exemple). Le logo de Batgirl absent de son costume est aussi dans le récit (Batman lui reproche) et trouve son explication dans la série mère puisque la jeune justicière estime ne plus avoir l’honneur de le porter à cause de sa responsabilité de la mort de son frère (qui ne l’est pas, évidemment, comme le prouve une des dernières pages du tome).

— VOL.5 – DEADLINE (#27-34 + Batgirl Annual #2 + Batgirl : Future’s End #1) / Batman Saga #29-36 + Batman Saga Hors-Série #07

[Histoire]
Le mystérieux M. Uchida, alias Argent, compte bien supprimer tous les alliés de Batman, incluant donc Batgirl. Cet étrange homme visiblement très riche et fou se proclame même roi. Il voit les super-héros chauve-souris comme… des vampires !

De son côté, Batgirl recherche une jeune fille muette disparue, à la demande de Strix, l’ancienne ergot des Hiboux qu’elle avait rencontré et affronté dans le passé. Barbara convoque une alliée de choc : Knightfall.

[Critique]
Le premier chapitre est, une fois de plus, en lien avec un évènement : Gothtopia. Un récit qui s’est étalé sur dix chapitres issus de plusieurs séries incluant surtout trois chapitres de Detective Comics et deux de Birds of Prey, Catwoman et Batwing. Batgirl n’y est corélée qu’à son introduction si bien que, dans le contexte de lecture de ce cinquième volume, ce petit morceau d’histoire n’a finalement pas trop d’intérêt sans connaître les autres. En France, on a pu lire Gothtopia dans trois numéro de Batman Saga (#29 à 31) en y découvrant quatre chapitres (trois Detective Comics et un Batgirl) et deux autres dans le cinquième tome de la série Catwoman (Course de Haut Vol – pas encore chroniqué sur le site). La critique de l’ensemble sera prochainement en ligne. Pour résumer tout de même : dans ce qui s’apparente à une réalité alternative (une hallucination « cauchemardesque » de l’Épouvantail en vrai), Batgirl, appelée Bluebelle, est heureuse et vit joyeusement avec sa famille dans un Gotham sans crimes, où Batman et Catbird (Catwoman en Robin !) arrêtent les criminels. Le commissaire Sionis et le maire Copplebot sont même de la partie. Pour Batgirl, c’est l’usine de glaces du Joker qui va l’extirper de ce monde grâce (ou plutôt à cause) des traumatismes liés au Clown du Crime.

Encore une fois, on trouve un volume plutôt décousu puisque après ce premier chapitre (#27) plutôt déconnecté, deux autres se suivent (#28-29), avec cette thématique occulte (du registre fantastique) des vampires, qui ne se marie pas très bien dans la continuité de la fiction. Hélas, cela se poursuit dans un autre épisode (#30), où « l’homme de minuit », une créature visqueuse et maléfique, est appelée par des adolescents jouant à des incantations magiques. Un récit qui interpelle surtout par une vraie-fausse déclaration d’amour envers… Dick Grayson ! À ce stade de la sérié, Barbara a connu un bref flirt avec son rééducateur, mentionné une ou deux fois et vu le temps de quelques cases avant de disparaître complètement sans aucune justification. L’idylle avec Ricky est ensuite narrée, un bon point pour la série même si, là aussi, on sent ce personnage très secondaire délaissé. Enfin, Dick est évoqué de temps à autre.

Vient après l’annual #2, inédit en France. Encore une fois, cela casse le rythme imposé (on est déjà à la quatrième nouvelle mini-histoire en cinq chapitres). Batgirl cherche un mystérieux terroriste écologique avec l’aide de Poison Ivy. L’ensemble fonctionne plutôt bien et (pour une fois) sert même d’introduction à la suite de la série, qui reprend donc avec le chapitre #31, qui met en avant Alysia, la coloc’ de Barbara, en tant qu’anarchiste qui s’infiltre dans des laboratoires mystérieux. Nouvel ennemi : Ragdoll, sorte d’homme contorsionniste qui est, à nouveau, trop éphémère pour être une véritable menace. Dans l’ombre, Knightfall est toujours présente, sans doute l’antagoniste le plus réussi de toute la série si on écarte les deux déjà ancrés dans la mythologie du Chevalier Noir : le Joker bien sûr, et James Gordon Jr. Une note éditoriale nous apprend d’ailleurs que ce dernier est bien en vie, comme cela fut montré dans le tome précédent, et travaille désormais pour Amanda Waller, conseiller auprès d’elle dans le pénitencier de Belle Reve. Dommage ne pas avoir pu intégrer cela dans le récit.

Les trois derniers chapitres (#32 à #34) forment le mini arc La Ligne Rouge. Il s’agit de la « conclusion » de la fiction, dans laquelle Batgirl affronte Knightfall une bonne fois pour toute. Black Canary l’aide dans sa quête ainsi qu’une nouvelle alliée : Huntress (qui débarque de nulle part et ne bénéficie d’aucune explication sur son passif). En parrallèle : la romance avec Ricky et l’amitié avec Alysia évoluent de façon intéressante. La conclusion épique a bien lieu mais est plus ou moins réussie… La mise en avant de toutes les héroïnes de DC Comics est plaisante mais expéditive, de même que la résolution finale (entre Batgirl et Knightfall) voire le statu-quo de fin (il s’agit du dernier chapitre scénarisé par Gail Simone avant un « nouveau départ » ensuite, qui prend une nouvelle orientation aussi bien graphique que narrative). Bref, il aurait peut-être fallu une mini-série pour montre la « guerre » entre les deux figures féminines et arriver à une intensité palpable.

Plusieurs mentions sont faites à la série Batman Eternal, qui se déroulait en simultanée et dans laquelle Gordon était emprisonné et remplacé par un nouveau commissaire clairement peu enclin à laisser les justiciers masqués libres dans la ville. On retrouve aussi, le temps d’une case (!), la fameuse Bunny Girl du premier de la série Le Chevalier Noir. Celle-ci avait complètement disparu et on ignorait totalement ce qu’elle devenait (un énorme point faible de l’ouvrage au demeurant). Visiblement elle est dans le camp des « gentilles », ou au moins des alliées le temps de l’affrontement final. Un ultime épisode conclut la série : le chapitre de l’évènement Futures End, qui montre un avenir possible, dans cinq ans, de Batgirl. Celui-ci avait déjà fait l’objet d’une brève critique car il a été publié dans un hors-série de Batman Saga. En résumé, deux ans plus tard, Barbara se marie mais son frère James Jr. pousse l’élu à se suicider… Ce qui cause l’arrêt de Batgirl. Cinq années s’écoulent et Barbara est devenu « la Bête Noire », à la tête de la ligue de trois Batgirls, héroïnes hyper violentes. Face à elle(s) : le terrible Bane. Un vrai-faux épilogue assez raté et dispensable…

Aux dessins on retrouve Javier Garron (pour Futures End), Robert Gill pour quelques chapitres et, surtout, Fernando Pasarin pour la globalité du tome. Dans l’ensemble, il n’y a pas grand chose à (re)dire sur la partie graphique : ce n’est pas laid, ce n’est pas extraordinaire non plus. C’est propre et relativement détaillé, donc ça fait le boulot, c’est plus que correct. À côté, ce tome alterne bons et mauvais moments, avec La Ligne Rouge comme étendard final plutôt convaincant.

> Conclusion de l’ensemble
Tout le run de Gail Simone souffre de ce qui fait le sel de chaque tome : un ensemble inégal, décousu, plusieurs bribes d’histoires qui se suivent plus ou moins, pas d’ennemis réellements marquants, des interrogations mineures (comment Barbara occupe ses journées ? avec quel argent vit-elle ?) ou majeures (cf. les ennemis éphémères tout le long de la fiction, des incohérences, les histoires de cœur…). On retient évidemment les tomes 3 et 4, sans doute les plus convaincants et, toujours, le capital sympathie de l’héroïne. Les fans de Batgirl apprécieront sans doute, ceux tournés uniquement vers Batman risquent d’être moins réceptifs à ces aventures pas forcément plus légères mais bancales et manquant cruellement de réels enjeux dramatiques ou narratifs.

Acheter sur amazon.fr :

Vol. 1 – The Darkest Reflection (#1-6)
Vol. 2 – Knightfall Descends (#7-13 + #0)
Vol. 3 – Death of the Family (#14-19 + Batgirl Annual #1 + Batman #17)
Vol. 4 – Wanted (#20-26 + The Dark Knight #23.1 : The Ventriloquist)
Vol. 5 – Deadline (#27-34 + Batgirl Annual #2 + Batgirl : Future’s End #1)

Quelques couvertures originales…

Coffret DVD/Blu-Ray | Batman – Héritage

C’est sous le nom de Batman – Héritage qu’a été regroupée la trilogie de films d’animations comprenant Le Fils de Batman, Batman vs. Robin et Mauvais Sang (Bad Blood). Les trois films sont inégaux mais le coffret proposant les trois en DVD et Blu-Ray est relativement abordable (plutôt que de les acheter séparément). Chaque long-métrage dure entre 1h15 et 1h20 et le doublage en français est très correct, avec Adrien Antoine qui reprend son rôle après la saga de jeux vidéo Arkham notamment.

Comptez environ 15,99€ en DVD et 19,99€ en Blu-Ray.
(Souvent durant les soldes ils baissent à 9,99€ et 14,99€.)

 

Le Fils de Batman (2014) met en scène pour la première fois Damian Wayne, en adaptant plus ou moins fidèlement les débuts de Grant Morrison présente Batman. On y retrouve donc Talia al Ghul par exemple et un Bruce Wayne en figure paternelle. Le long-métrage est surtout intéressant pour son travail d’animation (les graphismes sont impeccables, très fins et léchés) voire son côté « adulte » (même si le suivant l’est davantage, assez sanglant même) plutôt que son récit dans lequel Damian, fidèle à lui-même, est assez insupportable (moins qu’en comics cela dit) et que la transition vers cette nouvelle situation inédite pour Bruce Wayne est particulièrement mal gérée. En gros il ramène Damian au Manoir Wayne comme si c’était normal et basta… L’intérêt se trouve donc surtout dans les scènes d’action et la mise en avant d’un ennemi peu utilisé dans l’univers de Batman : Deathstroke.

On peut bien sûr trouver le film en DVD et Blu-Ray simple mais cela reste moins avantageux que de prendre le coffret.

 

 

Batman vs. Robin (2015) est sans aucun doute le film le plus réussi de la trilogie. Son titre est trompeur puisque l’histoire se focalise sur la Cour des Hiboux et leurs Ergots, dont l’un prend Robin (Damian Wayne donc) sous son aile. L’animation est toujours très soignée et fluide et l’utilisation avec parcimonie d’une certaine 3D (notamment dans les courses-poursuite de véhicules) est efficace. Côté histoire, on est carrément dans un prolongement des comics de ce groupe d’ennemis singulier relativement récent (créé dans La Cour des Hiboux en 2011). Ces Hiboux et Ergots ont peu été utilisés dans des adaptations récentes (à l’exception d’une incursion maladroite dans Gotham), il est donc plaisant de les découvrir à l’écran. Du coup, le titre du long-métrage se justifie par la différence d’idéaux entre le père et le fils mais c’est, in fine, assez secondaire.

Là aussi, le film est en vente séparément en DVD et en Blu-Ray.

 

 

Mauvais Sang (2016), nommé aussi Bad Blood (son titre original) est le volet le moins palpitant, qui navigue entre tous les genres (aventures, science-fiction, fantastique…) sans parvenir à trouver un bon équilibre. Les personnages de Batwoman et Batwing sont particulièrement mis en avant (et c’est tant mieux) et c’est Dick Grayson (Nightwing) qui endosse la cape de Batman. L’absence de Bruce Wayne (en retrait durant tout le film et même au centre de l’intrigue puisque toute la Bat-Family enquête sur sa disparition) se ressent malheureusement un peu trop. Il manque une certaine alchimie dans tous ces protagonistes qui convergent vers une ennemie commune. Reste la satisfaction d’une trilogie terminée, inégale et plutôt destinée au public non adepte des aventures papiers du Dark Knight. Les fans devraient moins accrocher, à l’exception, peut-être, du second film.

Le Blu-Ray simple est en vente avec une figurine de Nightwing et le DVD simple est également disponible.

 

 

 

 

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No Man’s Land – Tome 06

No Man’s Land est une longue saga constituée de plusieurs tomes : le volume unique Cataclysme, qui en était l’introduction, puis le récit « principal » de No Man’s Land en six tomes et, enfin, New Gotham en trois volumes. Voir la page récapitulative si besoin.
Afin d’établir des résumés et critiques plus visibles qu’un gros bloc reprenant l’ensemble de l’ouvrage, celles-ci sont divisées par les différentes (petites) histoires qui composent le tome. Le résumé est en italique sous le titre et la critique est précédée d’une petite flèche.

batman-no-mans-land-tome-6

Ground Zero
scénario : Jordan B. Gorfinkel / Greg Rucka | dessin : Greg Land
Batman : No Man’s Land #0

La vie à Gotham et, surtout, celle de Bruce avant le décret définitif du no man’s land. Le milliardaire est alors en excursion européenne (à Monaco) pour « jouer » le playboy mais il déteste ça. Huntress, quant à elle, profite de l’absence du Chevalier Noir pour arborer un nouveau costume, celui de Batgirl (sans l’accord donc de Batman). Elle adore la puissance que lui procure son alias héroïque et la peur qu’elle peut instaurer avec. Mais Wayne est bien décidé à revenir dans SA ville et utiliser ses planques, des mini « batcaves » qu’il a conçu dans tout Gotham suite à sa défaite face à Bane quelques temps avant (cf. Knightfall). L’occasion pour lui d’observer également les premiers pas de Huntress en tant que Batgirl pour juger si elle est apte à le porter.

Bruce Wayne No Mans Land

► Retour aux débuts de la saga avec ce chapitre introductif assez long et plutôt plaisant. Il vient répondre à plusieurs interrogations : l’état de Wayne quand il n’était pas à Gotham (une visite de Talia As Ghul et une agression physique semblent avoir déclenché la motivation du milliardaire pour revenir) et l’évolution de Huntress en Batgirl avec Batman qui le sait dès le début (ce qu’on pouvait suivre durant les premiers tomes et qui était un mystère de prime abord puisqu’on ne savait pas qui était cette nouvelle Batgirl). L’occasion de voir l’ennemie Ferak, copie conforme de Poison Ivy en version plus « mutante » (et forte à priori). Logique : c’est une plante créée par Ivy nous apprend Wayne.

Batgirl No Mans Land

Certains détails sont également pertinents, outre le traumatisme de la défaite face à Bane, régulièrement rappelée, le choix d’une autre ceinture, comportant plus de pochettes, est le genre d’anecdote continuant à contribuer à un certain « réalisme » dont nous fait part la saga depuis le début. Une bonne chose donc. En bref, ce Ground Zero se veut comme une bonne introduction, rappelant le chemin parcouru depuis le début et dynamitant d’entrée de jeu ce sixième et ultime tome.

Idylle de Plomb
scénario : Chuck Dixon | dessin : Scott McDaniel
Nightwing #38-39

Dick Grayson est toujours en convalescence chez Barbara Gordon. Les deux anciens amants ont une nouvelle relation particulière… En même temps, des soldats semblant appartenir au GCPD attaquent le repaire d’Oracle.

Barbara Dick Oracle Nightwing

► Ces deux chapitres centrés sur Nightwing permettent de voir son évolution aussi bien d’un point de vue sentimental (avec Barbara et… Huntress !) que physique (la tour de l’horloge est hors-service). Sans temps mort et avec des dialogues plutôt convaincants, Idylle de Plomb pêche par ses graphismes trop cartoony et aux traits bien trop gras (avis aux amateurs d’Ed McGuiness, le style de McDaniel s’en rapproche). Côte super-héroïne costumée, on a bien du mal à comprendre les motivations de Huntress puis son soudain revirement de situation. Le « flic » Petit reste quant à lui fidèle au personnage déjà croqué en amont dans de précédents tomes. Un petit scénario intéressant donc, mais une faiblesse au niveau des dessins.

Une curieuse alliance / Dettes
scénario : John Ostrander | dessin : Jim Balent
Catwoman #76-77

Le Pingouin a récupéré Catwoman, blessée et affaiblie. Lorsqu’elle se réveille, Copplebot lui propose une alliance : elle travaille pour lui et il la paie très cher. Sa mission : voler les biens de Luthor qui a débarqué dans Gotham et est bien préparé à chambouler la ville et la rebâtir à sa façon.

Catwoman Le Pingouin No Mans Land

► Deux chapitres résolument modernes dans leur traitement graphique (avec une superbe couverture pour le numéro #76) et scénaristique. Il faut se remémorer le tome 3 de No Man’s Land pour retrouver Mercy, l’une des ennemies de Catwoman mais, surtout, une des fidèles alliées de… Luthor. Elle sera au centre de la seconde partie (la moins réussie) et permettra une revanche originale à Kyle. Une conclusion avec Deadman achèvera ce deuxième chapitre d’être vraiment « moyen ». Cela ne gâche pas la qualité de l’ensemble puisque la première partie est excellente, on y trouve une Catwoman maline, sexy (il n’y avait pas besoin de rendre ses seins énormes et de la montrer presque nue, dommage…), espiègle et indépendante. Toute l’essence du personnage est là, tiraillé entre « le bien et le mal » (qu’on retrouve aussi sur la fin). En bref c’est la conclusion de l’arc sur Catwoman, une histoire globalement bien écrite et dessinée. Quelques écarts fleurant avec le registre fantastique ou le voyeurisme gratuit mais une jolie performance où tous les ingrédients clés de la féline voleuse ont été réunis : relation ambigüe avec Batman, collaboration avec l’ennemi, traîtrise et manipulation, combats intenses, solitude et tristesse, etc. Un récit très marquant dans la mythologie des comics sur Catwoman.

Le Monde de l’Autre Côté
scénario : Chuck Dixon | dessin : N. Steven Harris
Robin #73

Jack Drake, père de Timothy, a joué de ses relations pour médiatiser la disparition de son fils perdu dans Gotham City. Batman voit cette soudaine mise en avant de la ville dans la presse de bonne augure, permettant d’accélérer les mouvements et décisions politiques liés à l’évolution du no man’s land. Tim (Robin) vit très mal cette médiatisation mais ne sait comment réagir face à la détresse de son paternel. Des agents fédéraux sont missionnés pour s’infiltrer dans Gotham et récupérer Tim.

Robin No Mans Land

► On continue de conclure les arcs par personnage. Ce chapitre sur Robin est plutôt prévisible et, surtout, pas très bien colorisé — à priori en numérique (c’était les prémices de cette technique) — tout est « fade » et presque uniformisé, dommage… Ce n’est clairement pas la meilleure histoire du tome, elle nécessite d’ailleurs un petit épilogue. Mais, et c’est là l’importance, on « sent » que pour la mythologie du troisième Robin, il y a un certain cap de franchi (qui s’accroîtra, cinq ans plus tard, dans l’excellent Crise d’identité).

Évacuation
scénario : Dennis O’Neil | dessin : Roger Robinson
Azrael : Agent of the Bat #60

Azrael et Batgirl sont chargés d’affronter le Joker par Batman.

Joker Azrael

► Un autre arc qui ne va pas tarder à se terminer, en tout cas on l’espère vu la fin risible de ce chapitre. Seul intérêt : l’alchimie éphémère entre la nouvelle Batgirl quasiment muette et Azrael. C’est sans réel surprise ni même intérêt, dommage… Qui plus est la majorité des fonds de case de couleur uni n’aident pas à rendre cette histoire plus palpitante et prenante malgré la présence du Joker.

Tour de Passe-Passe
scénario : Greg Rucka | dessin : Sergio Cariello
Batman #573 | Detective Comics #740

312ème jour du no man’s land : Luthor annonce en fanfare ses travaux pour reconstruire Gotham. Il trouve inacceptable et moralement condamnable ce qu’il s’est passé. Sans surprise, le Chevalier Noir n’en croit pas un mot et devine de sombres desseins derrière cet altruisme louche. Robin est chargé de surveiller Huntress et Petit (un ancien flic devenu très radical). Luthor peut compter, lui, sur les services de Bane pour assurer sa sécurité, que ce soit face à Batman mais aussi face… au Joker !

Batman vs Luthor

► Nettement plus passionnant que les derniers chapitres, ces deux nouveaux redonnent un coup de fouet à l’intrigue général avec la rivalité entre Luthor et Batman, les plans de chacun d’eux, la place de Bane dans tout cela, etc. Les dimensions politiques et économiques occupent davantage une place centrale, malgré quelques éléments confus. On notera aussi un amusant jeu de rôle entre Batman et Barbara appelant Lucius Fox, sous l’identité de Bruce et d’une masseuse. Graphiquement réussi (traits précis, cadrage hors-norme, découpage rythmé…) on apprécie aussi les séquences avec le Joker et le Pingouin, même si les « conclusions » avec ces deux derniers sont un peu expéditives.

On retrouve aussi un problème de cohérence puisque Robin (Timothy Drake) est présent ici alors qu’il a été évacué hors de la ville deux chapitres plus tôt (il s’agit en fait d’une curiosité éditoriale puisqu’il aurait sans doute fallu placer le chapitre sur Robin plus tard mais cela gâcher certainement la lecture de l’ensemble — le dernier chapitre du livre confirme que Tim fait des allers-retours dans la ville, ce qui n’était pas réellement explicite ici ; pourquoi pas). De la même manière, en étant pointilleux, on a du mal à comprendre pourquoi Luthor continue de s’adjoindre des services de Mercy plus qu’elle enchaîne défaite sur défaite sans que cela énerve son patron. Cette dernière a d’ailleurs l’occasion de tuer le Joker mais ne le fait pas préférant le laisser fuir car il a sans doute « compris le message » (sic) !

Fin de partie
scénario : Greg Rucka / Devin Grayson | dessin : Damion Scott / Dale Eaglesham
Batman : Legends of the Dark Knight #126 | Batman #574 | Detective Comics #741

Un mois. C’est le délai qu’il reste aux (derniers) habitants de Gotham pour rebâtir la ville pour que le décret no man’s land soit levé. Avec approbation du président des États-Unis, Lex Luthor s’occupe en grande partie de cette reconstruction. Les médias sont braqués sur lui, son image est extrêmement positive. En plus de LexCorp, Bruce Wayne Enterprises met évidemment aussi du sien, ainsi que les labos S.T.A.R., le Corps des Ingénieurs de l’Armée (et les citoyens de la ville). L’espoir renaît. Dans l’ombre, le Joker est irrité que ça évolue en ce sens : fini l’anarchie et les territoires contrôlés par des fous furieux. Dans Gotham, Noël se prépare…

Huntress no mans land

Douce nuit, sainte nuit… Tendre et à point puis Cet enfant sur la paille endormi sont les titres de ces trois chapitres qui se lisent d’une traite et se suivent directement. Huntress (en pleine rédemption) surveille Billy Petit, sombré dans la folie et paranoïa – en découlera le second chapitre, particulièrement réussi et haletant (un plan habile du Joker, un peu invraisemblable mais ça passe, un Petit dépassé et effrayant et une Huntress extrêmement touchante) -, la plupart des ennemis sont en prison ou peu dangereux (la chute du Pingouin, bien que soudaine, en est un bon exemple), seul le Joker reste donc LE fou furieux à arrêter en dernier parmi la galerie de vilains. Sur ce point, les dernières planches sont glaçantes. Toute la folie du Clown du Crime est montrée « à nouveau ». Bien sûr, l’ennemi revient souvent, mais il « marque » rarement la mythologie du Chevalier Noir dans des histoires qui laissent trace, à l’exception de la mort de Robin. Et bien, là aussi il tue un personnage (secondaire certes, mais important). Le Joker retrouve donc de « sa superbe » tout en étant détestable au plus haut point. Si No Man’s Land était déjà assuré de laisser une trace marquante dans la chronologie (et l’histoire) de Batman, cet ultime meurtre et méfait du Joker définit comme « culte » cette saga, ou tout du moins sa conclusion. Difficile de ne pas être touché, ému ou choqué en voyant certaines cases et les scènes qui suivent le crime. Le plaisir sadique du lecteur est aussi « récompensé », car il apparaissait surréaliste, dans le contexte extrêmement violent, perdu et sauvage de la ville, qu’il n’y ait pas plus de victimes (parmi les protagonistes connus) que cela (pas mal de figurants le sont tout de même). Seul reproche de cette fin de partie : la non-homogénéité des dessins. Il est normal d’avoir plusieurs dessinateurs différents (ici deux) dans ce genre de cas (3 chapitres de 3 séries différentes) mais les deux ont un style tellement différents que ça casse un peu l’immersion. Eaglesham va dans le réalisme pur et sale, là où Scott a un trait plus « cartoony », un chouilla dommageable mais ça passe quand même vu que le scénario prend le dessus aisément.

Dons de l’esprit
scénario : Dennis O’Neil | dessin : Roger Robinson
Azrael : Agent of the Bat #61

Prolongement de Fin de partie en adoptant cette fois le point de vue d’Azrael et Batgirl, missionné par Batman pour retrouver les bébés kidnappés par le Joker. Le nouveau duo de justiciers en profite pour découvrir les traditions de Noël.

Batgirl Azrael

► Si les errances de Jean-Paul Valley ont toujours été un peu redondantes voire ennuyeuses, celles-ci, proposées comme les dernières (pour cette saga) sont plutôt plaisantes. On a clairement envie de savoir ce que va donner la relation Cassandra Cain/Jean-Paul Valley. Ce dernier contraste toujours autant avec l’univers « classique » de Batman mais c’est suffisamment bien écrit (dans ce chapitre) pour qu’on soit pris d’empathie pour le presque schizophrénique justicier. Placer cette histoire après les trois chapitres précédents est un peu dommage (elle « dévoile » le plan du Joker mais aurait pu s’insérer avant, quitte à casser la dynamique de Fin de partie au moment où celle-ci se déroule, pour mieux clore l’ensemble avec la conclusion épique et tragique qu’on vient juste de lire avant).

Ce n’est qu’un au revoir
scénario : Greg Rucka | dessin : Pablo Raimondi
Batman : Shadow of the Bat #94

31 décembre, dernier jour de l’année, dernier jour du no man’s land, un enterrement se déroule à Gotham City… Puis Batman et Oracle reprennent le travail, il apparaît que Luthor a mené habilement son jeu puisqu’il a racheté des propriétés de la ville pour 0,4% du prix du marché en trafiquant des documents. Mais Bruce Wayne était sur le coup grâce à Lucius Fox.

Batman VS Lex Luthor

► Conclusion douce-amère de toute la grande saga No Man’s Land. Touchante mais avec quelques éléments pas forcément tout à fait résolus (on ignore si Luthor est réellement à l’origine du cataclysme, ce qui était sous-entendu à une époque). Le reste semble assez « classique » pour une fin et un renouveau mais efficace pour conclure ce dernier tome : on y retrouve chaque héros, quelques choix finaux (Dick se dirigeant vers Helena plutôt que Barbara), des cases sans texte, etc. Et ça fonctionne suffisamment pour avoir eu le sentiment de lire un grand arc maîtrisé.

Conclusion : C’est un peu de cliché de dire que cette fin est avant tout un nouveau départ mais c’est assez vrai (la « suite » se nomme New Gotham et est à découvrir en trois tomes). Nettement plus passionnante que Knightfall, à qui elle est souvent comparée, cette très longue histoire aura eu le mérite d’apporter un statu quo extrêmement original et une plongée dans la survie et l’anarchie pour bon nombre de protagonistes. Un quasi retour à l’ère « primitif » avec une qualité d’écriture plutôt élevée malgré un côté « stagnant » régulier. Certains épisodes se révélant (forcément) moins passionnants que d’autres (Azrael, une partie de ceux de Catwoman et Robin sont parfois de moindre intérêt) mais la majorité se lit avec plaisir. On pense notamment aux évolutions des héros (Huntress et Batgirl), aux doutes des autres (Batman en premier) et aux folies des ennemis plus ou moins connus, avec le point d’orgue de ce volet grâce au Joker. Ce qui est à déplorer relève des dessins : une armée d’artistes différents livrent (forcément bis) un ensemble hétérogène. Si on se prête à nouveau au jeu de la comparaison, on observe que les planches de No Man’s Land vieillissent bien mieux que celles de Knightfall, elles sont plus modernes et même si parfois les styles sont radicalement différents, l’ensemble reste cohérent.

Difficile donc de trouver les « bons mots » pour évoquer six tomes (sept en vrai), même s’ils ont été lus « à la suite » (vivement recommandé), il y a sans doute quelques éléments qui peuvent échapper au lecteur (et au critique) mais le ressenti général est vraiment possible. Bien sûr, comme souvent, tout n’est pas parfait. C’était évoqué plus haut : peu de morts « réelles » parmi les emblématiques personnages de la mythologie de Batman, une année complète en no man’s land qui paraît surréaliste mais paradoxalement fascinante. Il y a un avant et un après cette saga qui est considérée comme culte à juste titre. C’est donc un gros coup de cœur et un conseil de lecture indispensable. Les deux derniers tomes sont sans doute les plus réussis !

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