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Batman – Tome 08 : La Relève (1ère partie)

Avant-dernier tome de la série scénarisée par Scott Snyder, l’artiste va encore plus loin que d’habitude pour casser les codes de la mythologie du Chevalier Noir. Audacieux ou ridicule ? Dans les deux cas, c’est osé et ne laisse pas indifférent. Plongée dans la suite de Mascarade, qui dévoile un nouveau Batman, au sens littéral comme au figuré.

batman-tome-8-la-releve

[Histoire]
Cinq ans avant l’attaque du Joker sur Gotham City, un cadavre était retrouvé par Batman dans les marécages en amont de la ville. Ce dernier aurait un lien avec… Le Pingouin.

De nos jours, alors que Batman est considéré comme mort, c’est l’ancien commissaire Gordon qui est désigné par la puissante compagnie Powers International pour remplacer le Chevalier Noir ! Mais celui-ci travaillera avec la police et n’agira pas en totale indépendance. L’évolution du symbole du justicier s’illustre également à travers un costume radicalement modifié puisque « Batman » est aux commandes, la majeure partie du temps, d’une armure géante/combinaison robotique. Celle-ci ne sera pas de trop pour venir à bout d’ennemis composés d’énergie et aux super-pouvoirs divers.

De son côté, Bruce Wayne est sorti vivant de son combat contre le Joker mais est devenu amnésique. Il est en couple et s’occupe de jeunes enfants dans un refuge de Lucius Fox. Alfred lui a rappelé une partie de son passé mais lui a caché son ancienne identité secrète, afin que son maître continue de vivre heureux et apaisé.

Dans les ruelles de Gotham, un nouveau mal rôde : Mister Bloom, créature longiforme qui a l’air indestructible…

Batman Bunny

[Critique]
Voici une histoire atypique dans l’univers de Batman. Si le chapitre qui ouvre le comic-book (le #44, Un cas comme un autre, sorte de flash-back placé en début d’intrigue pour cette version reliée en librairie) est de facture classique, écrit par Scott Snyder et Brian Azzarello (Dark Knight III, La Cité Brisée), élégamment dessiné par Jock (Sombre Reflet) qui signe aussi la couverture choisie pour cette édition française, les suivants (du #41 au #43 puis le #45) du tandem Snyder-Capullo offrent un renouveau faussement polémique. Tout d’abord, Bruce Wayne écarté de son rôle de justicier a déjà été vu, aussi bien dans le run de Morrison (lorsque Batman était « mort » et remplacé par Dick Grayson) mais également dans la saga Knightfall, où Jean-Paul Valley lui succédait le temps que le milliardaire se remette de sa blessure. Ce fameux « Azraël » évoluait d’ailleurs vers un costume de plus en plus robotique, comme ici et à l’instar de l’armure qu’endosse Batman dans The Dark Knight Returns de Frank Miller (et dans une moindre mesure dans Kingdom Come). Bref, rien de réellement novateur sur ce plan là ; seule l’amnésie de Wayne est « originale ». Plus anecdotique : ce principe de relève (comme le titre du livre) se rapproche de la vision de Christopher Nolan dans son film The Dark Knight Rises, qui concluait sa trilogie.

Par ailleurs, l’idée que Batman soit financé (et « contrôlé ») par une organisation rappelle à nouveau Morrison avec Batman Incorporated (la notion de contrôle en moins, évidemment). Finalement, outre le look d’une armure tourné vers les « mechas » (issus des animes et mangas, donc de la culture japonaise) et plutôt calqué sur un lapin qu’une chauve-souris, c’est surtout que Gordon soit affilié à cette position qui est surprenant. C’est éventuellement réprobateur : le policier, quarante-six ans dans la série, suit un entraînement intensif, se rase le crâne, enchaîne les vannes et les punchlines… En somme, ce Gordon 2.0 devient « cool » et totalement différent du personnage classique. C’est ce parti pris, trahison suprême ou intéressante initiative, qui mérite un débat. Dans l’évolution du travail de Scott Snyder, ça ne choque pas tant que cela mais pour un respect de cohérence, il aurait été plus judicieux de choisir un autre protagoniste pour incarner cette mouture. Pourquoi pas Harper Row, alias Bluebird ? Une jeune fille démunie et un brin punk : une image totalement contrastée avec celle de Bruce Wayne. Introduite dès le début de la série et occupant une place de plus en plus importante (notamment dans Batman Eternal), cela aurait été un choix certainement plus judicieux (mais toujours délicat par rapport au reste).

Bruce Wayne Gordon New Batman

Scott Snyder, très lucide, a anticipé les critiques négatives (une fois de plus) en établissant plusieurs mises en abîme dans sa bande dessinée pour montrer à son lectorat qu’il a bien conscience du traitement totalement hors-norme qu’il fait subir à Batman. Ainsi, l’on découvre en dessin deux enfants qui tiennent chacun une figurine du Chevalier Noir : l’un a celle du Batman « classique », l’autre celle du nouveau (c’est à dire de l’armure/du robot).

« Tu peux raconter ce que tu veux, mais Batman, c’est celui-ci. C’est lui, le vrai.
Ton machin là ? Même s’il a toute une collec’ de jouets assortis, c’est pas Batman.
Et puis, sérieux, il a même pas de Batmobile ! »

Même chose plus loin, avec Gordon qui explique que sa combinaison hight-tech, ressemblant plus à un lapin qu’à une chauve-souris, n’est pas non plus ce qu’est censée représenter le Chevalier Noir. Sans parler de la Batmobile devenue un énorme camion blindé…

« Parce que pour moi, non, hein, c’est pas Batman, ça. […]
On dirait… Un Bat-Lapin. Un Robot-Bat-Lapin ? »
[Gordon lorsqu’il découvre sa future armure.]

Batman La Releve Figurines

À côté de cette version plus ou moins novatrice de Batman, le lecteur découvre un ennemi végétal, créature hybride particulièrement menaçante, encore un peu mystérieuse. Poison Ivy aurait-elle été plus appropriée ? Très certainement. Elle aurait gagée aussi à parfaire un angle « réaliste » plausible qui était sensiblement instauré depuis le premier tome. Le Caped Crusader affronte en plus d’autre étrangetés, monstres organiques et/ou composés d’énergie (!). Ces combats ne transportent pas vraiment le lecteur (d’autant plus qu’on ne comprend pas spécialement leurs enjeux), ils servent surtout à se familiariser avec Gordon/Batman.

Les quatre chapitres de Snyder/Capullo sont encore trop « maigres » pour plonger avec fascination dans ce nouvel arc. Comme pour La Cour/Nuit des Hiboux et L’An Zéro, Snyder préfère étaler (à raison) son histoire sur l’équivalent de deux volumes. Ce n’est pas plus mal car ses « one-shot » (Le Deuil de la Famille et Mascarade) se lisent trop rapidement, confèrent un sentiment de bâclage voire de chapitres expéditifs. Il faudra donc attendre la suite (et fin) de cette relève pour construire un avis définitif, aussi bien sur ce segment que sur son travail global sur la série.

Comme toujours, côté graphique, le triptyque de choc excelle : Greg Capullo et son trait fin, détaillé et fluide, encré par Danny Miki puis colorisé avec brio par Fco Plascencia. Ce dernier procure, depuis L’An Zéro, un rendu visuel parfois « psychédélique », avec de nombreuses couleurs vives : en résultent d’agréables planches. Pour la partie scénaristique, cela devient une habitude : Snyder enchaîne bonnes et mauvaises idées et citent beaucoup ses anciennes et annexes productions (agréable pour le fin connaisseur, déstabilisant pour le néophyte). Par exemple le jeune Duke aperçu enfant dans L’An Zéro est ici adolescent et les connexions avec Batman Eternal et Mascarade sont nombreuses. Mais on navigue entre flashbacks et flashforwards avec une étonnante fluidité (les prémices du nouveau Batman, l’acceptation puis le changement de Gordon, ses affrontements, etc.).

Batman Gordon Suit Costume

Batman Annual #4, Maison de Fous, clôt l’ouvrage. Écrit par James Tynion IV (fidèle compagnon de plume de Snyder, comme le #3 publié dans Mascarade), on y suit Bruce Wayne (qui ignore toujours son ancienne double-identité), sa compagne Julie, mademoiselle Powers (à la tête de la compagnie éponyme qui a recruté Gordon en nouveau Batman) et Alfred dans le manoir familial (qui était devenu provisoirement le lieu d’hébergements des fous de l’asile d’Arkham, suite à son effondrement dans Batman Eternal). Le petit groupe sera confronté à l’Homme-Mystère, Mister Freeze et Gueule d’Argile. Un bon complément, dessiné par Roge Antonio, qui poursuit le statu quo inédit du lieu. La Relève est donc à découvrir, principalement pour son originalité (qui divisera, comme toujours), mais il est nécessaire de prévoir l’achat de la suite, faute de ne pas être totalement satisfait cette fois-ci.

Batman Releve

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 27 mai 2016.
Scénario : Scott Snyder, Brian Azzarello (Un cas comme un autre) et James Tynion IV (Maison de fous)
Dessin : Greg Capullo, Jock (Un cas comme un autre) et Roge Antonio (Maison de fous)
Encrage : Danny Miki
Couleur : Fco Plascencia, Lee Loughridge (Un cas comme un autre) et Dave McCaig (Maison de fous)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky

Contient : Batman #41-45 and Free Comic Book Day 2015: DC Comics Divergence #1 + Batman Annual #4

Batman Jock

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Batman – Tome 07 : Mascarade

Mister Bloom

Batman – Tome 07 : Mascarade

Cette histoire se déroule principalement après Batman – Tome 03 : Le Deuil de la Famille et la série Batman – Eternal (plus de détails dans le premier paragraphe de la critique — sans spoilers).

Batman Mascarade Endgame Fini de Jouer Tome 7


[Histoire]

Un affrontement titanesque a lieu au cœur de Gotham City entre Batman, équipé d’une armure high-tech, et… Wonder Woman ! D’autres membres de la Justice League vont venir en découdre avec le Dark Knight : Flash, Aquaman et même Superman.

Derrière cette attaque commune se cache en fait le Joker. En effet, celui-ci a conçu une toxine rendant les gens hilares et s’attaquant entre eux et, surtout, contre le Chevalier Noir.

Très vite, Batman, aidé d’Alfred et sa fille, Julia, doit trouver un remède et se confronter une ultime fois à son éternel rival.

Batman Mascarade Superman

[Critique]
Nouvel arc du duo Snyder et Capullo, Mascarade contient les qualités et les défauts de toutes les autres œuvres du scénariste. Tout d’abord, il est conseiller de lire ce tome après Batman – Eternal puisque des personnages (Julia Pennyworth et BlueBlird) y jouent un rôle plus ou moins important et que l’Asile d’Arkham est désormais au Manoir Wayne (un statu quo inédit), mais aussi, de façon plus anecdotique, après la série Nightwing (et par conséquent Forever Evil puis Grayson) ; enfin, cet arc s’inscrit naturellement dans la continuité de La Cour des Hiboux, Le Deuil de la Famille et L’An Zéro. Difficile donc pour un nouveau lecteur de prendre cette lecture en cours, même si le plaisir sera là, il n’est pas évidemment de s’y retrouver. Découpé en deux actes : Fini de jouer (le principal, reprenant les six chapitres du duo d’artistes, du #35 au #40) et L’homme pâle (les back-up accompagnant les chapitres). Mon Meilleur Ami, le Batman Annual #3, vient clore l’ouvrage et s’inscrit parfaitement en conclusion du second acte.

Comme toujours avec Scott Snyder, l’idée de départ est assez réjouissante : Batman seul contre la Justice League sans connaître les raisons de cet affrontement. Ce concept, passionnant de prime abord, s’essouffle très rapidement (en un chapitre et demi à peine, trop expéditif) pour dévoiler quelque chose de plus convenu : une attaque du Joker. À partir de là, l’histoire s’emmêle un peu : la création de la toxine (et toute la confusion qui va avec) avec une cellule biologique issue du Clown du Crime lui-même (!), ce dernier présent depuis des siècles dans Gotham City (une idée inachevée, ou plutôt facilement balayée dans l’acte principal, qui trouve un nouvel essor dans les back-up, autour d’une éventuelle immortalité de cet homme pâle), les incontournables Hiboux (qui ne servent finalement pas à grand-chose), etc. Mais d’autres éléments sont plus palpitants : une alliance avec les autres ennemis du Dark Knight, un petit retournement de situation peu prévisible, la confirmation que le Joker sait que Batman est Bruce Wayne —question laissée plus ou moins en suspens depuis Le Deuil dans la Famille, dont Mascarade propose parfois de jolis échos ici—, un duel final extrêmement violent, un Alfred désormais manchot (on sent que sa fille va le remplacer définitivement sous peu) et une fin à priori osée.

Batman Joker EndGame

Snyder devait normalement achever son travail sur le Chevalier Noir à la fin de cette histoire, mais il a entre-temps signé un nouveau contrat pour continuer à écrire la série. Cela se ressent tant ce volume aurait pu terminer son run. Il aurait donc officié depuis Sombre Reflet jusqu’à Mascarade, en remodelant Gotham City entre temps (à travers sa série Batman mais aussi ses autres travaux) et en perturbant l’alliance, fragile, entre les alliés du Dark Knight. Depuis quatre ans maintenant, son travail est à la fois acclamé et très décrié (y compris sur ce site) mais l’auteur ne laisse personne indifférent. C’est là la force de Snyder, de penser peut-être sur la durée, à défaut donc de proposer des récits « parfaits » s’ils ne s’inscrivent pas dans son run. Celui-ci aura le mérite d’être parfaitement cohérent tout du long, et d’apporter un nouveau jugement, après-coup. En ce sens, on pourrait presque considérer que Le Deuil de la Famille n’est finalement que l’équivalent de la première partie de Mascarade. Lire ces deux tomes (le troisième et le septième de la série Batman donc) à la suite permet d’apprécier davantage son premier jet sur le Joker, dont la fin était clairement décevante.

Il y a donc du très bon dans le scénario de cette Mascarade, comme son introduction, sa conclusion et certains passages (cités ci-dessus), mais l’ensemble comporte aussi des scènes plus mitigées. Globalement, ça reste plus que convenable. Notamment grâce aux dessins de Greg Capullo, toujours encrés par Jonathan Glapion et colorisés par Fco Plascencia. Les planches sont superbes et les découpages aussi. À l’instar de L’An Zéro, quelques scènes prennent une tournure « psychédélique » (l’agression par Joe Chill, la parade du Joker), rendant à la fois hommage aux anciens comics mais offrant aussi un aspect visuel détonnant et très plaisant.

Ennemys Endgame

Le deuxième acte, L’homme pâle, s’attarde sur plusieurs patients fous et un de leur médecin, plus ou moins pris en otage. Chacun délivre son passif avec le Joker, prouvant que le Clown du Crime existe depuis des lustres. À moins que chaque histoire soit fausse, exceptée une seule, que validera le Joker ? Plusieurs dessinateurs officient pour ce supplément plutôt pertinent : Kelley Jones, Graham Nolan (Knightfall), John McCrea, Sam Kieth (dont on retrouve la patte inimitable qui faisait le charme de Secrets) et Dustin Nguyen (Futures End : Batman & Robin #1 – Frères d’Armes et Le Vol du Corbeau). Roge Antonio s’occupe du troisième Annual de Batman : Mon Meilleur Ami, narrant l’improbable amitié entre le Joker et un journaliste. Tout est scénarisé par James Tynion IV, fidèle acolyte de Snyder, tête pensante numéro deux de son univers. Quelques couvertures alternatifs servent de bonus complémentaires.

Mascarade est donc un nouvel arc qui continuera de marquer Batman et ses alliés. Tout n’est pas parfait, Scott Snyder utilise encore le même schéma que sur ses précédentes réalisations (on se demande pourquoi il y a encore des habitants dans Gotham City !), son Batman est toujours immortel (un obus de char d’assaut et pas une égratignure) et des choses sont un peu tirées par les cheveux. Il faut fermer les yeux sur certains de ces éléments pour apprécier la série et cela commence à faire un peu beaucoup. Mais le divertissement est là, l’audace aussi, ainsi que la beauté graphique, ce qui permet à Mascarade d’être plutôt agréable à lire, malgré sa rapidité d’exécution (on a l’impression qu’il manque un ou deux chapitres pour comprendre tous les tenants et aboutissants de l’ensemble, en plus de la « fin » de certains combats bien trop rapide, notamment le premier contre la Justice League).

Batman Mascarade Joker Endgame

Comme précisé en début du livre par l’éditeur, « ce nouveau départ, multipliant les coups de théâtre et les rebondissements, n’est que la première étape d’une véritable révolution pour le héros, qui s’opérera dès le prochain album ». Album intitulé La Relève qui sera publié en deux parties en France, la première est prévu pour fin mai 2016. Une fois encore, Scott Snyder se réapproprie tout un univers et en casse les codes. La série arrive vers sa fin (elle est toujours publiée dans le magazine mensuel Batman Univers) mais Snyder prolongera (une ultime fois ?) sa plongée dans Gotham avec All-Star Batman, dont le premier chapitre devrait arriver pour le second semestre 2016 : après le nouveau relaunch de DC Comics : Rebirth.

NB : Un bandeau promotionnel, apposé sur la couverture du livre, informe que 150.000 exemplaires de la série ont été vendus. Il s’agit très certainement des premières éditions et réimpressions des six premiers tomes de la série Batman. Un très beau chiffre dont peut se féliciter Urban Comics.

Batman Joker Parade

[À propos]

Publié en France chez Urban Comics le 13 novembre 2015.
Scénario : Scott Snyder (Fini de Jouer) et James Tynion IV (L’Homme Pâle & Mon meilleur ami)
Dessin : Greg Capullo et collectif (voir article)
Encrage : Danny Miki (+ collectif)
Couleur : Fco Plascencia (+ collectif)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky

BatFamily Endgame

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Batman Ergot Hiboux Batman Joker Capullo

Batman – Tome 5 : L’An Zéro (2ème partie)

Le cinquième tome de la série Batman sortira courant 2015, certainement au printemps. Il fait suite au tome quatre qui proposait la première partie de L’An Zéro. Pour l’instant, sa composition complète est inconnue mais elle aura au moins la deuxième et troisième partie de la saga, à savoir Cité des Ombres et Cité Sauvage.
Le chapitre #25 se répercutant dans d’autres séries, peut-être que certaines seront publiées également (voir les bonus en bas pour ce détail). Cet article propose dans un premier temps le résumé et la critique de Cité des Ombres puis dans un second temps celui de Cité Sauvage.

Comics Batman 03 L'An Zero 2

Batman – Tome 4 : L’an Zéro (1ère partie)
Contient : Cité Secrète (#21 à #24) + Batman #0
Batman – Tome 5 : L’An Zéro (2ème partie)
Contient : Cité des Ombres (#25-27 + #29) + Cité Sauvage (#30-33)

Zero Year Gordon Wayne Snyder#25 à #27 et #29 • Suite et fin de Cité des Ombres (Dark City)

[Histoire]
Le Sphinx plonge le pays dans un noir total, sans électricité et à l’approche d’une grosse tempête. Pendant ce black-out, à Gotham City, Batman réussit à échapper de la police grâce à sa Batmobile.

Après le meurtre du Dr Kelver, dont Pamela Isley (future Poison Ivy) était l’assistante, une nouvelle menace surgit : le Docteur LaMort. À l’allure squelettique et repoussante, l’homme-monstre souhaite tuer Bruce Wayne. Ce dernier rend visite à Lucius Fox

Zero Year Doctor Death[Critique]
Après d’excellents début (comme toujours chez Snyder), tout retombe immédiatement à plat. La faute à des ennemis improbables, des monstres qui viennent casser la structure réaliste imposée jusqu’ici, et à une sous-exploitation du Sphinx, dont le but est relativement confus. Garder en vie uniquement les citoyens de Gotham intelligents ? Donc en essayant de voir qui arrivera à se sortir de son tsunami ? Bizarre…

Ces quatre chapitres sont trop longs, un peu indigeste. Il y a toujours l’excellent travail de Greg Capullo bien sûr, et surtout du coloriste Fco Plascencia. L’association des deux rend hommage à l’âge d’or du Chevalier Noir (comme dans le chapitre précédent) ainsi qu’aux ouvrages de Frank Miller, comme le prouvent certaines images d’illustration de cet article.

Zero Year Dark KnightLe personnage de Gordon est finalement celui qui s’avère le plus intéressant, ses premières collaborations avec Batman sont ainsi dévoilées. Il y a un côté bancal dans cette structure : une rage insouciante de Bruce Wayne (est-elle vraiment crédible ?) face à un flic pas vraiment corrompu mais pas aussi intègre auquel on est habitué…

Ce milieu de récit fait comprendre que Gotham City aura droit à renaissance, celle-là même qui s’intitulera L’An Zéro. Ainsi, les premières planches de Secret City (avec le Dark Knight revenant dans sa ville à moto) deviennent plus compréhensibles mais hélas, l’ensemble n’est guère passionnant. Moins d’excitations, moins de surprises. Le parallèle avec l’enfance de Bruce Wayne reste bien écrit mais il est trop long et aurait pu être condensé de meilleure façon. Espérons que la suite, et fin, sera de meilleure augure !

Zero Year Gordon

#30 à #33 • Cité Sauvage (Savage City)

[Histoire]
Après le fameux black-out, Edward Nygma, alias Le Sphinx, a plongé Gotham City dans un No Man’s Land. En effet, les voies d’entrée et de sortie de la ville sont toutes contrôlées : les ponts exploseront si quelqu’un s’y approchent, les tunnels souterrains sont inondés, des ballons aériens diffuseront des produits chimiques mortels si des véhicules aériens traversent la zone. En plus de cela, il a utilisé les expériences du Dr Isley (la future Poison Ivy) pour faire pousser la flore sauvage dans la ville, dont il contrôle également les réseaux électrique à distance. Bref Gotham City est son terrain de jeu mortel, au sein duquel il règne en maître, ou plutôt en dictateur.

Nygma a requalifié d’année zéro le début de sa domination ; aucune règle n’est désormais valable à part : être intelligent ou mourir. C’est ce qu’il propose, littéralement, aux habitants en leur demandant de lui poser une énigme à laquelle il ne trouvera pas de réponses. Les rares participants meurent directement faute d’avoir réussi à piéger le maître incontesté des puzzles.

C’est dans ce nouvel environnement que se réveille Bruce Wayne, recueilli par le jeune Thomas. Évidemment, le milliardaire va renouer avec ses nouvelles habitudes, retrouvant son costume et voulant réveiller les foules en apportant un nouvel espoir et une résistance. Il va défier Nygma, soutenu par Alfred ainsi que ses nouveaux complices : le lieutenant Gordon et Lucius Fox. Mais avant de combattre Le Sphinx, il va falloir le trouver, caché dans l’immense Gotham City…

[Critique]

– CONCLUSION –

Ce tome est bancal : une première partie très moyenne et une seconde qui relève le niveau. Sur l’ensemble de l’œuvre (en incluant donc les tomes 4 et 5), ces nouvelles origines sont très efficaces malgré la faiblesse en milieu de parcours. On pourrait presque la supprimer et ainsi découvrir une récit rythmé et original faisant intervenir le Joker puis le Sphinx sous fond de création d’une icône dans Gotham City.

À l’inverse de ses précédents travaux, Scott Snyder réussit sa fin (même si c’était moins difficile pour le coup) et livre un travail sincèrement passionnant. Son compère Greg Capullo est toujours en grande forme et n’hésite pas à rendre hommage à Frank Miller et le coloriste Fco au Golden Age de Batman.

– BONUS –

Pendant le black-out orchestré par le Sphinx, plusieurs héros d’autres séries DC Comics sont touchés, de près ou de loin, à la situation. Étrangement, seule la série mère, Batman donc, évoque peu cette immense coupure d’électricité qui a lieu avant l’approche d’une tempête géante.

À noter aussi : un back-up du chapitre #25 avec Harper et Cullen, qu’on voit ici enfant, pendant que Gotham est plongé dans le noir. Ces deux personnages sont déjà apparus dans les autres histoires de Batman par le même tandem d’artistes : juste après La Nuit des Hiboux et après Le Deuil de la Famille.

Découvrez ci-dessous des résumés de ce qui se passe pour chaque autre protagoniste de l’univers Batman ou DC Comics.

Zero Year 25– Univers Batman –

Detective Comics #25 – L’An Zéro : Le Blues des lanceurs d’alerte + back-up : Jim Gordon dans : Eaux Troubles (Batman Saga #28)
James Gordon est jeté d’un pont par un de ses collègues corrompus. Flash-back : le policier, loin d’être commissaire, profitait de la coupure d’électricité à Gotham pour infiltrer un repère d’un homme qu’il suspecte d’être à la tête d’un gang : Romain Sionis, alias Black Mask.
Sympathique chapitre montrant toute la détermination de Gordon et les prémices de son associations avec Batman, ainsi que la création du Bat-Signal.
Le back-up met en scène Man-Bat.

Batgirl #25L’An Zéro : Un foyer (Batman Saga #28)
À l’approche de l’ouragan, la folie et la paranoïa gagnent les rues de Gotham : les citoyens pillent les magasins et l’humanité s’éteint petit à petit. Barbara Gordon doit survivre une nuit, avec son frère James Jr, le temps que son père revienne. Seulement leur maison risque d’être inondé, ils doivent donc gagner les hauteurs de la ville…
Un récit relativement prévisible et pas très passionnant, aux dessins plutôt laids qui plus est. C’est largement dispensable.

Nightwing #25 (Tome 5 : Dernier Envol)
Dick Grayson, adolescent et acrobate vedette du cirque Haly est quelque-peu hautain envers ses partenaires du même âge. Il décide d’aller au cinéma en ville et c’est pendant la projection du film que l’électricité sera coupé et qu’il devra faire face à une menace très « monstrueuse ».
Joli écho à sa série maître qui a su rester dans l’esprit de « Nightwing », notamment avec le Cirque Haly et les parents de Dick. À découvrir dans le tome 5 de la série.

Catwoman #25 (inédit — dans le tome 5 de la série)

Batwoman #25 (inédit — sans doute dans le tome 4 ou 5 de la série)

Batman Annual #2 (inédit)

Batwing #25 (inédit)

Birds of Prey #25 (inédit)

Red Hood and the Outlaws #25 (inédit)

– Univers DC –

The Flash #25 – La ligne de départ (Justice League Saga #10)
Barry Allen, tout juste sorti diplômé de l’école de police de Central City répond à l’appel d’urgence de Gotham. Il fait équipe avec Harvey Bullock et Spencer Thompson. Ils traquent des dealers de la nouvelle drogue Icare, prodiguant à ses victimes la sensation d’avoir de super-pouvoirs et les immole dans la foulée. Barry va rencontrer la journaliste Iris West lors de son enquête et découvrir une ville où la corruption règne en maître, ce dont le futur Flash n’a pas du tout l’habitude.
Un excellent chapitre, aussi bien pour les fans du coureur que du Dark Knight. Il s’ancre solidement dans L’An Zéro !

Green Arrow #25 – Fils Prodigue + back-up : Nouveaux Tours (Justice League Saga #10 et Green Arrow – Tome 2 : La Guerre des Outsiders)
Oliver Queen est à peine revenu chez lui, à Seattle, après les années passées sur son île; qu’il apprend que Moira, sa mère, est à Gotham. L’archer endosse pour la première fois sa capuche pour secourir sa génitrice. Il verra pour la première fois Batman, mais aussi Diggle, son futur coéquipier.
Tout comme Flash, le récit de Green Arrow s’intègre parfaitement dans l’histoire originelle tout en conservant son style unique et la continuité avec sa propre série.
La fin du back-up met en scène Roy Harper, futur Arsenal qui fera équipe avec Red Hood et qu’on a pu croiser dans Batman Saga #18 et #19 pendant Le Deuil de La Famille.

Green Lantern Corps #25 (Green Lantern Saga #27)

Action Comics #25 (Superman Saga #8)

[À propos]
Ces quatre chapitres seront normalement publiés dans Batman Saga #27 à #31 (août à décembre 2014).
Publications originales dans Batman #25 à #29 (novembre à mars 2014).

Year Zero Miller