Archives de catégorie : Catwoman

Des Ombres dans la Nuit

Des ombres dans la nuit compile les premiers travaux du célèbre duo Jeph Loeb/Tim Sale rassemblés sous le nom Nuits d’Halloween : Peur, Folie et Fantômes. Trois histoires sur Batman se déroulant durant Halloween (conçues donc avant Un Long Halloween et publiées en France en deux tomes chez Semic en 2004, sous le titre Batman Halloween).

Le dernier travail commun du binôme, Catwoman à Rome, est aussi inclus. Celui-ci se déroule pendant Amère Victoire (et avait déjà été publié aussi en 2006, mais chez Panini Comics cette fois) et peut donc être considéré comme un spin-off.

BATMAN-OMBRES-DANS-LA-NUIT
Des ombres dans la nuit, mis en vente par Urban Comics début 2014, est un bon complément du diptyque culte Un Long Halloween/Amère Victoire mais n’est pas indispensable pour autant. Explications.

Batman Halloween(Les couvertures des deux tomes d’Halloween chez Semic
et celle de Catwoman à Rome chez Panini Comics)

NUITS D’HALLOWEEN

[Histoire(s)]

Peur (trois chapitres)
Batman court après l’Épouvantail durant le week-end d’Halloween. En parallèle, il tombe sous le charme d’une séduisante jeune femme. Cette dernière est trop mystérieuse pour le majordome Alfred qui suspecte quelque chose…

Folie (deux chapitres)
Le Chapelier Fou serait responsable de l’enlèvement de plusieurs fugueurs. Batman enquête en repensant au livre Alice au pays des merveilles que lui lisait sa mère enfant… L’affaire prend une nouvelle tournure lorsque Barbara Gordon est à son tour kidnappée pour jouer le rôle d’Alice dans la reconstitution malsaine que souhaite faire le Chapelier.

Fantômes (un chapitre mais au nombre total de pages quasiment équivalent à Folie)
Lors d’une réception mondaine, Le Pingouin débarque et tire sur Bruce Wayne. Batman s’occupe de le pourchasser… Plus tard, le milliardaire navigue entre cauchemars et réalités, où il croise Poison Ivy et le Joker tout en faisant un retour à… Paris !

 

[Critique]
Les dessins de Peur, les premières immersions de l’esthétique de Tim Sale dans l’univers du Chevalier Noir sont une réussite (et remontent à 1993) ! Colorisés par Gregory Wright et oscillant encore entre son style anguleux et ses jeux d’ombre parfaits avec une touche un peu plus réaliste, les planches sont un régal. En revanche l’histoire de Jeph Loeb, moyennement inspiré, est expéditive et un peu convenue. L’Épouvantail ne fait que réciter des comptines sans réellement dévoiler un aspect dangereux et Bruce Wayne se vautre dans les clichés d’une romance un peu trop facile (qui, rétroactivement, peut expliquer pourquoi il sera si sévère envers Selina/Catwoman par la suite, si on considère ce récit comme étant un préquel à Un Long Halloween et Amère Victoire). Quelques écarts dans la psyché de la peur du justicier sont savoureux mais l’ensemble peine toutefois à réellement convaincre.

Folie est plus abouti, meilleur. Les découpages singuliers et les successions de cases sont mieux travaillés, alternant des pleines pages, des enchaînements atypiques, du noir et blanc, du monochrome, diverses couleurs, etc. rendant donc l’ensemble très dynamique, couplé au récit bien rythmé. Un sans faute ! On peut même situer ce récit peu après les débuts de Batman (à l’instar du précédent) tant la partie Gordon/Barbara épouse bien l’héritage d’Année Un. Malheureusement Folie ne s’étale que sur une petite cinquantaine de pages. Bien trop peu pour explorer davantage le traumatisme de Bruce Wayne puis l’éventuelle de Barbara.

Fantômes apporte une introduction plus poussée à Un Long Halloween et surtout l’occasion de croquer trois autres ennemis emblématiques du Chevalier Noir : Le Pingouin, Poison Ivy et le Joker. Un délice graphique avant tout, un scénario correct mais là aussi trop court. On note aussi une sorte d’incohérence flagrante : Wayne se fait tirer dessus par le Pingouin et est censé être mort mais Batman apparaît quelques instants après… Comment le milliardaire a survécu ? Pourquoi personne n’a vu « son corps » bouger et disparaître ? Pourquoi personne n’évoque cette étrange histoire par la suite ? Ce n’est pas forcément très important mais vu la durée du récit et l’entrée en matière avec cette séquence, il est dommage de ne pas revenir dessus.

Les trois histoires non connectées entre elles forment un ensemble particulièrement appréciable ! On peut les intercaler aisément entre Année Un et Un Long Halloween, une aubaine pour s’insérer dans une chronologie toujours complexe du Chevalier Noir. Néanmoins, aucun des trois récits n’est foncièrement indispensable ou mémorable, on les aime surtout pour leur aspect graphique et pour l’introduction plus ou moins officielle dont ils font preuve du diptyque culte à venir.

Le court récit Nuit après nuit, à nouveau dessiné par Tim Sale mais avec cette fois Kelley Puckett au scénario, conclut l’ouvrage (il est proposé après Catwoman à Rome, cf. critique ci-dessous) — il est aussi dans Batman Black & White. Semic l’avait inclus également dans le premier tome de Halloween, accompagné de Quand Clark rencontre Bruce, de Sale et Loeb (absent, en revanche, de la version d’Urban Comics). Le premier est anecdotique là où le second est assez touchant malgré sa très courte durée (deux planches !) mais touche un point sensible efficacement « quand Clark rencontre Bruce » lorsque tous deux sont enfants.

CATWOMAN A ROME

[Contexte — cf. Un Long Halloween et Amère Victoire pour plus de détails — attention aux révélations si vous ne les avait pas lus]
Dans Un Long Halloween, le tueur Holiday sévissait les jours de fête. Il fut identifié et emprisonné. Cette affaire eut plusieurs dénouements tragiques : le procureur Harvey Dent devint le terrible Double-Face, Carmine Falcone (le parrain intouchable de Gotham City) fut tué par Dent, sa fille Sofia se retrouva paralysée suite à une chute et un combat contre Catwoman.

Dans Amère Victoire, Selina Kyle se rend aux funérailles de Carmine Falcone. Parallèlement, son idylle avec Bruce Wayne vacille : ce dernier est froid et distant. Catwoman propose à Sofia Falcone de retrouver le corps de son père, mystérieusement disparu, contre un million de dollars. Son enquête la pousse à demander de l’aide au Sphinx, tétanisé de peur. La féline est ensuite assommée et sauvée in extremis par Batman. La relation ambigüe entre les deux prend fin et Selina/Catwoman disparaît ensuite (chapitre 5).

Elle réapparaît en fin de récit (chapitre 13 — qui aurait dû être inclus dans Des ombres dans la nuit selon le site de l’éditeur mais qui ne l’est finalement pas) où Batman, qui la suspecte d’être « la tueuse au pendu », l’interroge pour savoir pourquoi elle est proche de Sofia et où elle était passée depuis trois mois (elle quitte Gotham pour l’Italie peu après la Saint Valentin et revient en mai pour la Fête du Travail). Plus tard, on comprend qu’elle était en Italie pour enquêter sur ses origines : elle est persuadée d’être la fille de Carmine Falcone, donc la demi-sœur de Sofia et culpabilise d’avoir causé le handicap et la défiguration de celle-ci. C’est ce voyage de plusieurs semaines, où elle fut accompagné du Sphinx, qui est narré dans Catwoman à Rome.

[Histoire]
Selina Kyle envole pour Rome, accompagné du Sphinx qui — elle en est persuadée — pourra l’aider à résoudre le mystère de sa vie et ses origines. Pourtant, à peine arrivés, des signes rappelant la galerie d’ennemis de Gotham City surgissent…

[Critique]
Voilà un voyage en Italie doublement rafraîchissant. Graphiquement d’une part, grâce à ses teintes plus chaudes car ici la colorisation est assuré par Dave Stewart et non Gregory Wright (à l’œuvre sur Nuits d’Halloween et le diptyque culte). On y retrouve moins le style « à plat » conférant une ambiance sombre. La légèreté de l’ensemble est assurée par l’écriture d’autre part, avec quelques situations absurdes amusantes et des dialogues épicés agréables (le caractère de Selina lui forge une vraie personnalité intéressante).

L’objectif de Selina Kyle se devine aisément si l’on a lu Amère Victoire avant, il est donc conseillé de lire Catwoman à Rome entre Un Long Halloween et sa suite. Cela permet de mieux comprendre sa position en retrait le long de l’histoire d’Amère Victoire. Toutefois, même si l’ensemble est sympathique, on est loin d’atteindre la maestria des autres travaux du binôme artistique.

Quelques défauts sont en effet à mettre en avant : le scénario est un peu confus, le duo original (Catwoman et le Sphinx) a du mal à prendre, l’ennemie Cheetah dénote un peu par sa « fantaisie » dans un univers jusque là assez réaliste et tout va très vite (le récit s’étale sur six chapitres, chacun correspondant à une journée). Le traitement de la femme fatale est plutôt juste, même s’il y a un peu trop de poses sexistes/dénudées gratuites (accompagnées d’un humour redondant assez plombant, voire carrément beauf, sur les formes de la belle)…

L’absence du Chevalier Noir est nullement problématique, d’autant qu’il apparaît plusieurs fois sous formes de fantasme, tant l’obsession envers Batman par Catwoman est très présente. Curieusement, on comprend que Selina Kyle a beau sortir avec Bruce Wayne, elle ne réalise pas qu’il est le Dark Knight, qu’elle croise pourtant souvent sous son alias félin (surtout quand on lit les deux volumes annexes).

Néanmoins Catwoman à Rome est un spin-off intéressant (mais pas indispensable) à Un Long Halloween et surtout Amère Victoire, pour illuminer une zone d’ombre durant ce dernier. De là à débourser 35€ pour le lire, avec trois autres histoires one-shot sur la Fête des Morts, c’est peut-être un peu trop élevé… Une édition « à part » aurait été plus judicieuse pour scinder les deux segments (Nuits d’Halloween et Catwoman à Rome donc) qui n’ont pas de liens entre eux. L’ancienne version de Panini Comics était vendue à 13€, prix tout à fait correct. En revanche, et c’est une coutume chez cet éditeur, surtout quand il s’occupait de DC Comics, aucune contextualisation ! Ni en introduction ni dans les biographies des auteurs, il n’était absolument pas expliqué l’enjeu ni l’histoire parallèle, un comble.

[Conclusion de l’ensemble]
Des ombres dans la nuit est un très bon comic sur Batman puis Catwoman, indéniablement. Néanmoins il n’est pas aussi indispensable qu’on pourrait le croire (il est souvent qualifié de troisième tome incontournable après Un Long Halloween et Amère Victoire, il n’en est rien). L’ouvrage aurait gagné à être publié en deux tomes complètement distincts : un spécialement sur Halloween, un autre sur Catwoman. Le fait « d’imposer » les deux dans un ouvrage assez onéreux (même si séparés cela revenu à un prix similaire) est un peu dommage, d’autant qu’ils ne sont liés entre eux que par l’équipe artistique et non par la narration (on pourrait même les qualifier de Tome 0 puis de Tome 3 pour correspondre à l’ensemble des aventures conçues par Sale/Loeb — mais comme vu, aucun des deux n’est vraiment incontournable). La logique du marché est toutefois très compréhensible…

L’ensemble se connecte habilement aux origines retravaillées par Frank Miller dans Année Un et se situe donc assez rapidement dans la chronologie des titres à lire. Une galerie de couverture et de croquis ferment l’ouvrage.


[À propos]
Publié le chez Urban Comics  le 10 janvier 2014.
Précédemment publié chez Semic et Panini Comics.

Scénario : Jeph Loeb
Dessin : Tim Sale
Couleurs : Gregory Wright et Dave Stewart
Traduction : Alex Nikolavitch Racunica / Ed Tourriol / Makma (pour Semic)
Première publication originale en 1994, 1995 et 1996 dans Batman: Legends of the Dark Knight Halloween Specials

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Batman – À la vie, à la mort

Court comic-book de 80 pages environ reprenant le deuxième chapitre « annual » de la série Batman Rebirth (du même titre À la vie, à la mort) et une curiosité (Elmer un peu, beaucoup… avec le chasseur Elmer des Looney Toon à Gotham !), À la vie, à la mort est un one-shot pouvant se lire totalement indépendamment de quoi que ce soit mais qui prend une certaine dimension (plus mélancolique) en le découvrant en parrallèle des tomes 7 et surtout 8 (Noces Noires) de la série Batman Rebirth. Toute sa première moitié a été publiée en noir et blanc et offert par Urban Comics lors du Batman Day Collector en septembre 2018.

[Histoire]
La relation entre Catwoman et Batman, le jeu du chat et de la (chauve) souris.

Ils se tournent autour, ils se découvrent, ils s’unissent. Ils vieillissent…

[Critique]
Le chapitre À la vie, à la mort (la première partie du livre donc) est un véritable coup de cœur, d’une efficacité redoutable et d’une perfection absolue ! La simplicité du récit vise juste grâce à ses dialogues profondément humains. Difficile d’en parler plus longuement sans dévoiler sa conclusion, montrant un couple âgé, à la santé fragile et rappelant, forcément, le monde qui nous entoure. C’est en misant sur ce postulat à la fois « facile » et inédit (la fin de vie de Bruce Wayne sous un angle sans doute jamais vu) que Tom King est à son meilleur (comme souvent). Exactement comme dans Noces Noires, dont cet épisode fait doublement écho : il peut être lu en complément pour imaginer ce que l’union de Selina et Bruce aurait donnée si leur mariage s’était bien déroulé ou bien être vu comme la suite d’une histoire (publiée en 1983 et incluse dans Noces Noires) qui montrait sur une Terre parrallèle les premiers pas du couple mythique (et sa « confirmation » sur le long terme puisque Bruce Wayne en parle longuement dans la rédaction de son autobiographie).

En croquant le début de romance entre les deux êtres sous leur costume, puis leur (presque) « fin » sous leur alias civils âgés en très peu de planches, l’ensemble séduit, émeut et marque comme rarement un comic-book le fait. Bien sûr, la bande dessinée trouve une résonance plus ou moins personnelle propre à chacun (son vécu, son entourage…) mais difficile (impossible ?) de ne pas être touché par ce très beau titre.

Les styles épurés mais réalistes de Lee Weeks et de Michael Lark accentuent la proposition singulière de l’œuvre, à la fois urbaine et très poétique. Nocturne et paradoxalement lumineuse. Un petit bijou qui trouve une autre vision dans sa version en noir et blanc (malheureusement limitée et non en vente) : plus poignante et mélancolique. Rares sont les œuvres dégageant autant d’émotions, il ne faut donc pas passer à côté.

Seul regret : À la vie, à la mort n’est pas inclus dans Noces Noires. Il y aurait largement mérité sa place. En l’ajoutant avec les autres chapitres (soit à la suite de celui publié initialement en 1983, soit en le remplaçant carrément), on aurait obtenu une pépite complètement indispensable et facilement accessible ! Mais c’est compréhensible : le proposer en volume unique permet d’attirer un public néophyte qui aurait eu peur de se lancer dans une série interminable (Batman Rebirth) même si ce fameux huitième tome (Noces Noires toujours) peut complètement se lire de façon déconnecté et garder tout autant sa puissance visuelle et narrative — et, comme on vient de le souligner, aurait gagné en intensité en incluant À la vie, à la mort. Peut-être dans une future réédition ?

Elmer un peu, beaucoup… met en avant Elmer Fudd (en couple avec Silver Saint-Cloud) qui veut tuer Bugs Bunny puis Bruce Wayne. Il s’agit bien des personnages du célèbre cartoon des Looney Tunes mais sous une forme humaine et non animale, avec un prisme noir, dans une veine polar singulière et étonnante ! On y croise aussi les alias de, entre autres, Titi, Porky Pig, Taz…

Si cette curiosité est agréable à lire, sincèrement originale et amusante, elle a la lourde tâche de succéder à un chapitre beaucoup plus terre-à-terre, réussi et important. In fine anecdotique, Elmer un peu, beaucoup… trouve difficilement sa place dans cet ouvrage. C’est clairement un remplissage justifié par les artistes communs qui ont travaillé sur les deux chapitres. Pourquoi ne pas avoir proposé uniquement le premier en couleur puis en noir et blanc avec différents bonus (et/ou avec l’histoire publiée en 1983 dans Noces Noires) ? C’est dommage, cela empêche À la vie, à la mort de rejoindre la très courte liste des comics Batman indispensables mais se hisse sans trop de difficulté dans celle des coups de cœur du site.

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 7 septembre 2018.

Contient : Batman Annual #2 + Batman/Elmer Fudd Special #1

Scénario : Tom King
Dessins : Lee Weeks Michael Lark
Couleur : Elizabeth Breitweiser, June Chung, Lovern Kindzierski

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Stephan Boschat (Studio MAKMA)

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Jeux de Guerre

Retour sur une longue saga qui occupa sept magazines Batman en 2005 et 2006, à l’époque édité par Panini Comics. L’index détaillé se trouve d’ailleurs sur cette page. Ne lisez que l’introduction et le résumé du premier acte si vous ne voulez pas savoir des révélations.

Batman Jeux de Guerre[Introduction]
Plusieurs personnages de l’univers de Batman interviennent dans Jeux de Guerre. Mais un rappel est absolument nécessaire car beaucoup ne sont pas forcément « connus ». Stephanie Brown est Spoiler, une jeune justicière de Gotham City. Elle a remplacé Timothy Drake (qui est aussi son petit-ami) dans le rôle de Robin pendant quelques temps. En effet, le jeune homme a raccroché son costume lorsque son père a appris sa double identité. Mais Batman a viré Spoiler, car celle-ci lui a désobéit. Il lui a même carrément interdit d’officier sous le costume de Spoiler !

Nightwing est en mission à Blüdhaven, Huntress et Black Canary, deux héroïnes s’alliant au Chevalier Noir de temps en temps, ne sont pas non plus disponibles. Batman compte donc sur Barbara Gordon, alias Oracle, qui fournit les renseignements informatiques nécessaires à la croisade de Batman. Ce dernier peut compter sur le soutien de la nouvelle Batgirl, alias Cassandra Cain, fille de Lady Shiva. Deux autres personnes ont été recrutées il y a peu : Orpheus et Onyx. Ils agissent dans l’ombre et se font passer pour des criminels au sein des divers syndicats du crime. Enfin, Catwoman est une alliée sur laquelle peut compter le Dark Knight.

C’est donc une équipe radicalement différente de la régulière qui va tenter de sauver Gotham City !

Batman Jeux de Guerre Spoiler[Histoire — Prologue & Acte I]
Spoiler, déchue par Batman, veut se racheter et impressionner son ancien mentor. Elle observe secrètement une réunion de plusieurs criminels et mafieux de Gotham. Parmi eux : Le Pingouin, Deadshot, Scarface et le Ventriloque, de nombreux chefs de gangs…
Personne ne sait qui les a rassemblé et pourquoi. Les échanges sont extrêmement tendus et des coups de feu sont rapidement tirés. Spoiler, rejointe par Catwoman, n’intervient pas, tétanisée par la peur devant ce bain de sang.

Très vite, c’est donc une véritable guerre des gangs qui a lieu dans tout Gotham City. Pire encore : la règle universelle, stipulant qu’on ne s’en prend pas aux femmes et enfants, est bafouée. En effet, la fille d’un chef de gang est attaquée dans son lycée, le même où étudie Timothy Drake.

Batman, aidé d’Oracle, gère toutes ces vagues de violence comme il le peut. Mais sans l’aide de Robin et ses traditionnels alliés étant absents, y arrivera-t-il ? Parallèlement, Silence s’associe à Prometheus pour prendre le contrôle de la ville et refuse une association avec une mystérieuse personne. Enfin, les médias couvrent sans cesse les faits divers et donneraient tout pour filmer le Dark Knight en pleine action…

Batman Jeux de Guerre Batgirl[Histoire — Acte II (contient des révélations) ]
La violence fait de plus en plus rage dans Gotham. S’en prendre aux proches des divers dirigeants de la mafia n’a fait qu’accentuer la gravité du chaos. Un couvre-feu est décrété en urgence. Le docteur Leslie Thompson s’occupe des blessés, peu importe leurs origines. Timothy Drake décide de reprendre le costume de Robin et donc briser la promesse faite à son père.

Spoiler, culpabilisant d’avoir indirectement déclenché toute cette guerre, pense savoir comment la stopper mais est arrêtée et torturée par… Black Mask. Batman, de plus en plus solitaire, sans confiance, met en place un plan d’urgence qu’il avait concocté si ce cas extrême se produisait. Les médias commencent à changer l’image des justiciers, qu’ils considéraient comme bienfaiteurs pour la ville jusqu’à maintenant…

Batman Jeux de Guerre Batgirl Cassandra[Histoire — Acte III (contient des révélations) ]
Batman réussi à rassembler quasiment tous les criminels de Gotham dans la même zone, celle-ci étant cernée par la police et les alliés du Dark Knight. Pour cela, il a utilisé sa taupe, Orpheus, en tant que chef de gangs influent, qu’il contrôlait secrètement.

Mais ce que le Chevalier Noir ignore, c’est que Black Mask a tué Orpheus et se fait passer pour lui ! Celui-ci déclenche une nouvelle fois le chaos et la police, excédée, décide de tirer à vue sur tout le monde, même ceux qui portent des masques.

Batman Jeux de Guerre Batgirl Cassandra Cain[Critique]
Voici un long récit, extrêmement noir, qui mériterait une nouvelle publication en librairie. En effet, ce segment de l’histoire du Dark Knight est relativement important. Par ses conséquences tout d’abord : plusieurs personnes meurent, la famille de Batman est divisée (Oracle et Robin abandonnent, Nightwing est gravement blessé, la police ne soutient plus Batman, etc.). Mais aussi par son ton, très sombre, qui donne la part belle à la paranoïa constante du Chevalier Noir (son fameux plan extrême mis en place par ses soins, mais une fois œuvré se révélant catastrophique), mais aussi à Black Mask, véritable tortionnaire et tueur psychopathe.

Beaucoup de personnages interviennent dans cette saga et sans quelques connaissances cela peut s’avérer ardu. Trois jours de combats et d’affrontements non-stop ont donc lieu, et ce rythme se sent à la lecture puisqu’il n’y a aucun temps mort. On suit tour à tour Spoiler, Batman, Timothy/Robin, Catwoman, Nightwing et Batgirl avec une étonnante fluidité. L’omni-présence d’Oracle au sein de chacun d’entre eux est extrêmement plaisant, lui donnant un beau rôle que la fille de Gordon mérite largement. Gordon qui, lui, est relativement en retrait dans cette saga.

Batman Jeux de Guerre OracleÉgalement mis à l’écart : la plupart des ennemis classiques. On voit bien Le Pingouin, Deadshot, Le Ventriloque et Scarface, Silence et Prometheus, Le Chapelier Fou, L’Épouvantail… mais ceux-ci ne sont finalement que des personnages très mineurs à l’intrigue, qui se focalise surtout sur divers chefs de gangs peu connus et charismatiques (pas de Falcone ou Maroni ici) mais, surtout, sur les relations entre Batman et ses alliés. L’importance donnée à l’image du Dark Knight, à travers les médias, la population et ses propres partenaires est passionnante. Le récit s’attarde pas mal sur Black Mask donc, dans sa seconde moitié notamment. L’occasion de découvrir un ennemi très impressionnant et influent.

Presque vingt (!) dessinateurs et scénaristes officient sur Jeux de Guerre. Aucun style graphique ne se démarque réellement, les planches gardent une certaine cohérence, assez facilement grâce aux costumes du côté des alliés, un peu moins du côté des mafieux et leurs visages plutôt ordinaires. C’est peut-être le gros défaut de l’œuvre, un seul dessinateur, avec un univers encore plus sombre (le style cartoony de Batgirl tranche trop avec le reste par exemple), aurait sans doute était jubilatoire.

Cette histoire rappelle, d’une certaine façon, Knightfall en version condensée (pour le côté « ville chaotique et affrontements sans répits ») ainsi que le récent Le Deuil de la Famille (pour la perte de confiance inéluctable par les alliés de Batman). À noter que Jeux de Guerre se déroule au même moment que Crise d’Identité, cela a son importance pour le personnage de Timothy Drake et sa relation avec son père. Une suite intitulée Crime de Guerre, beaucoup plus courte, est sortie quelques mois plus tard.

Batman Jeux de Guerre[À propos]
Publiée en France chez Panini Comics dans Batman #06 à #10 (novembre 2005 à mars 2006) et dans Batman Hors-Série #03 et #04 (janvier et mars 2006).

Titre original : War Games
Scénario et Dessin (se référer à l’index complet pour plus de détails)
Batman : The 12 cent Adventure : Devin Grayson et Ramon Bachs
Detective Comics : Andersen Gabrych et Pete Woods
Batman : Legends of the Dark Knight : A. J. Lieberman / Dylan Horrocks et Brad Walker
Nightwing : Devin Grayson et Mike Lilly
Batman : Gotham Knights : A. J. Lieberman et Al Barrionuevo
Robin : Bill Willingham et Giuseppe Camuncoli / Jon Proctor / Thomas Derenick
Batgirl : Dylan Horrocks et Sean Phillips / Mike Huddleston
Catwoman : Ed Brubaker et Paul Gulacy
Batman : Bill Willingham et Kinsun / Paul Lee

Traduction : Sophie Viévard,

Première publication originale dans les magazines des séries respectives d’octobre 2004 à janvier 2005.