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Justice League – Tome 10 : La Guerre de Darkseid (2ème partie) / Justice League Univers Hors-Série #2

MàJ (21/10/2016) : Une version plus courte et remaniée de cet article est sur le site UMAC – Comics & Pop Culture.

Après une excellente première partie de La Guerre de Darkseid dans le neuvième volume, le dixième et dernier de la série Justice League (des New52) est enfin disponible.
Attention : le deuxième hors-série du magazine Justice League Univers est un bon complément (disponible le 26 août en kiosque).

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[Histoire — Justice League – Tome 10 : La Guerre de Darkseid (2ème partie)]
Après la mort de Darkseid, certains membres de la Justice League acquièrent davantage de puissance : Batman (depuis qu’il est sur le trône de Mobius), Flash (qui est devenu l’hôte du Pisteur Noir qui a terrassé Darkseid), Shazam et Green Lantern, mais aussi Superman et Lex Luthor, qui sont sur Apokolips. Chacun devient un « néo-Dieu » et va devoir trouver le bon équilibre entre la maîtrise des nouveaux pouvoirs et la moralité humaine à conserver.

Ainsi, Batman devient le Dieu de la Connaissance, Superman est le Dieu de la Force, Flash le Dieu de la Mort, Shazam le Dieu des Dieux, Green Lantern le Dieu de la Lumière et, enfin, Lex Luthor le Dieu d’Apokolips.

Wonder Woman, Cyborg, Jessica/Power Ring, Scott Free et Steve Trevor forment une équipe chargée à la fois de les « contrôler » mais aussi de combattre certains sbires de Darkseid, désirant vouloir venger leur maître.

De son côté, La Société du Crime refait surface, tandis que l’Anti-Monitor est redevenu Metron (et va chercher à récupérer son siège de Mobius) et que Graal, la fille de Darkseid, manigance de sombres desseins…

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[Critique — Justice League – Tome 10 : La Guerre de Darkseid (2ème partie)]
Toutes les qualités du tome précédent se retrouvent dans cette suite, à quelques exceptions près. Sur la cohérence graphique tout d’abord, si Jason Fabok excelle à nouveau sur quatre chapitres (les 7, 8, 10 et le 11, appelé « conclusion »), les deux premiers (5 et 6) sont signés par Francis Manapul (qui œuvre sur la série The Flash, conseillée). Attention, c’est tout aussi sublime, mais dans un registre très différent (cf. illustration ci-dessus, avec un côté plus « pastel » voire « indépendant »). Comme ses planches sont surtout focalisées sur les néo-Dieux, cela créé une certaine homogénéité pour cette mini-histoire. Le neuvième chapitre (Justice League Darkseid War Special #1) est dessiné par Ivan Reis, Paul Pelletier (tous deux ont été sur Aquaman), ainsi qu’Oscar Jimenez. C’est un sans-faute car les trois se fondent parfaitement dans le style de Fabok, si bien que les différences sont très subtiles et absolument pas gênantes. Côté dessin donc, tout roule pour l’ensemble du tome. Les combats sont toujours aussi beaux et fluides, les visages parfaitement détaillés et les cases magnifiés par les couleurs de Brad Anderson (Alex Sinclair pour le chapitre « bonus » et Manapul s’occupe lui-même de la colorisation de ses dessins, parfois accompagné de Brian Buccellato).

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Côté scénario, on retrouve une foule de personnages, avec toujours Wonder Woman mise en avant (elle est la narratrice de l’ensemble) et quelques autres prennent davantage d’importance, comme Graal, Steve Trevor et même Jessica. On découvre le passif de la fille de Darkseid, les raisons de cette guerre, ses motivations. Chaque super-héros de la Justice League joue un rôle important mais, hélas, tout s’enchaîne un peu trop vite pour vraiment comprendre ce qu’il se passe. Ainsi, Green Lantern, devenu Dieu de la Lumière, n’a plus l’air de l’être peu de temps après. Que fait Shazam de ses pouvoirs, quels sont-ils d’ailleurs ? Comment Luthor devient le nouveau Dieu de la planète de Darkseid ? Les explications sont volontairement survolées.

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Tout ceci est malheureusement « normal » car c’est à découvrir dans des chapitres séparés, publiés dans le deuxième hors-série de Justice League Univers. Même si on a du mal à comprendre comment chaque super-héros-néo-Dieu a le temps de vivre une petite aventure « en solo » à côté de cet immense champ de bataille. La critique du magazine est à retrouver ci-après, elle ne convainc pas plus que ça et il aurait été plus judicieux d’inclure un chapitre d’une vingtaine de pages passant sur chaque héros un par un, tout en entretenant une dose de mystères, plutôt que de d’expliciter des choses finalement très convenues (Lex Luthor) ou complexes (Shazam). Notons un combat intérieur plutôt fort pour Flash, Green Lantern et Superman cela dit. Et une histoire du Chevalier Noir qui aurait surtout sa place dans une de ses séries.

Outre cet aspect un peu dommageable, le reste du récit tient bien la route, c’est épique, dramatique, parfois un brin plus léger et drôle (grâce à Green Lantern). La fin est surtout un « nouveau départ », comme le dit Diana elle-même. Le statu quo de la Trinité demeure changé à jamais : Superman a un destin bien précis qui l’attend (normalement à découvrir dans les magazines Superman Univers #11 et #12, soit en janvier et février 2017), Batman découvre un terrible secret à propos du Joker et Diana apprend un secret de famille. Luthor aussi accède à un nouvelle étape cruciale de sa vie. Bref, beaucoup de pistes qu’on voudrait découvrir (et qui le seront dans les séries du relaunch Rebirth) mais qui donnent une fin trop ouverte à l’histoire.

Lire les tomes 9 et 10 s’avèrent, heureusement, un excellent divertissement, l’équivalent d’un blockbuster du cinéma savoureux et qu’on se plaît à revoir de temps en temps, donc ici à relire et découvrir.

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[Histoire — Justice League Univers Hors-Série #2]
Idéalement à lire entre le premier et deuxième chapitre du tome 10 de Justice League (soit les #5 et #6).

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Darkseid War : Batman #1 – Dieu seul sait
Depuis que Batman est devenu le Dieu de la Connaissance (fin du tome 09 de Justice League), il est omniscient : il a les réponses à toutes les questions possibles, il peut savoir ce qu’il va se passer, etc. Le Chevalier Noir, toujours sur le fauteuil de Mobius, arrête donc les criminels de Gotham City avec une facilité déconcertante ; pour cause : ceux-ci n’ont pas encore commis leurs méfaits (puisque Batman « sait » qu’ils vont les faire, même s’ils ne sont pas encore passés à l’acte). Un problème de taille pour Gordon, qui n’approuve pas cette méthode d’une part, et qui est contraint de relâcher le nombre conséquent de prisonniers faute de place et de rapidité administrative d’autre part. Mais, plus important pour Batman, il est temps de rencontrer Joe Chill et d’avoir une conversation avec lui, le tueur de ses parents, et donc le « créateur » de Batman.
Un excellent chapitre qui reflète bien toute la psychologie absolue du Batman « noir » qui sévit depuis une trentaine d’années. Sa quête de justice, peu importe le prix et le sacrifice, la douleur d’un deuil toujours très présent et « une fin » qui peut « justifier » les moyens. Écrit par Peter J. Tomasi (auteur de la bonne série Batman & Robin, dont une référence au sixième tome est placée subtilement) et dessiné tout en beauté par Fernando Pasarin, cette courte aventure du Bat-néo-Dieu est une bonne entrée en matière.

Darkseid War : Superman #1 – Le Dieu de l’acier
Lorsque Lex Luthor et Superman se sont retrouvés sur Apokolips (à nouveau dans le tome 09 de Justice League), l’Homme d’Acier fut privé de ses pouvoirs petit à petit à cause du manque de soleil sur cette planète. Luthor le pousse alors dans la Fosse Ardente et Superman en sort métamorphosé, nettement plus puissant mais en perte d’humanité et donc capable de tuer.
Superman revient à Metropolis. Tout le monde le pensait disparu et est ravi de son retour, à commencer par son ami Jimmy Olsen. Mais Superman a changé, et pas que de costume et de pouvoirs, il ne veut plus aider et sauver les humains. Il en a marre de devoir toujours être là pour les aider. Il y voit clair désormais, ce n’est plus son rôle. Jimmy va tenter de le raison et lui prouver que les hommes aiment Superman, peu importe qu’il soit kryptonien ou non.
Efficace mais trop court. La première partie est assez « risible » (Superman qui casse tout partout, se comporte comme une brute et veut juste de la tarte aux pommes…) mais la seconde, le combat pour retrouver son humanité, est réellement touchante. Son échange avec Olsen et la conclusion de Superman à ce sujet est efficace. Bong Dazo dessine ce chapitre, scénarisé par Francis Manapul l’artiste qui dessine la première partie du dixième tome de Justice League (et la série The Flash des New52).

Darkseid War : Lex Luthor #1  – Le Jugement Oméga
Abandonné sur Apokolips mais héritant de la force Oméga, et se vantant d’être le nouvel élu qui sauvera la planète (en se faisant passer pour… Superman !), Luthor affronte plusieurs épreuves en se remémorant son enfance et une rencontre avec l’Homme d’Acier. S’il réussit, il deviendra le Dieu de la planète de Darkseid.
Un chapitre très attendu (la transformation en néo-Dieu dans le tome dix de Justice League n’est pas expliquée et le personnage relégué au second plan) mais qui peine finalement à convaincre. Rien de très surprenant ni de réellement épique, dommage. Même équipe artistique que le précédent numéro, avec un Bong Dazo qui signe des planches plus soignées et un ensemble plus homogène et réussi.

Darkseid War : The Flash #1 – L’éclair de la Mort
Devenu Le Pisteur Noir, Flash est contraint de cohabiter avec la Mort en personne. Ce néo-Dieu et sa faucheuse ont vaincu l’Anti-Monitor, ce qui cause un gros problème moral à Barry Allen. Le bolide écarlate décide alors de s’émanciper du corps du Pisteur Noir et de courir le plus vite possible pour ne plus être en fusion avec lui.
Si l’on sait « d’avance » comment va se terminer ce chapitre, il est judicieux de revenir sur le questionnement intérieur de Barry. On découvre, comme souvent, un homme profondément bon et tâchant de se sortir d’une situation complexe. A ce titre, cela rappelle Flashpoint et l’ensemble est très plaisant. Les planches de Jesus Merino sont à la hauteur de l’histoire de Rob Williams.

Darkseid War : Shazam #1 – Puissance
Quand Darkseid est mort, Shazam, un garçon doté des pouvoirs de six sorciers et qui devient l’homme le plus puissant du monde en disant son nom, se voit désormais confiné dans un voyage plus ou moins onirique, pour recouvrer sa force.
Assez confuse, cette histoire sort totalement du lot ; il faudrait avoir le volume unique consacré à Shazam en tête pour peut-être mieux tout saisir. Le combat magique interne de Shazam ne passionne guère, trop expéditif et manquant de souffle épique. Le scénariste Steve Orlando est un peu trop en roue libre, mais les dessins de Scott Kolins sont toutefois très soignées.

Darkseid War : Green Lantern #1 – Seras-tu mon Dieu ?
Hal Jordan tente de sauver la planète Oa. Combattant les parademons, il devient le Dieu de la Lumière et par conséquent peut faire ce qu’il veut des planètes. Une conversation dans une église lors de la mort de son père et le questionnement du non-agissement de Dieu pour sauver celui-ci refont surface. Green Lantern doit choisir de continuer d’être un Dieu, comme Batman qui communique avec lui, ou bien de rester humain et garder son libre arbitre.
Si le début n’est pas spécialement prenant, en plus de graphismes parfois très sommaires, la dernière partie est nettement plus efficace. La liaison avec Batman, le choix de « jouer » à être Dieu et la situation finale sont plaisantes. Cela permet de comprendre aussi l’assistance de Green Lantern Corps dans le tome 10 de Justice League, même si on n’a pas forcément besoin de lire ce chapitre pour comprendre tous les aboutissements. Tom King l’écrit, il travaille déjà avec brio, sur la série Grayson. Doc Shaner est son complice aux crayons et livre un travail correct mais parfois inachevé (un nombre impressionnant de fonds vides et de cases « simplistes »).

[Critique globale Justice League Univers #2]
Le magazine est de qualité inégale, aucune histoire ne paraît réellement incontournable. Celles sur Batman et Superman s’ancrent bien dans le récit mère (le tome 10 de Justice League), même si elles auraient leur place (surtout celle du Chevalier Noir) dans les séries classiques consacrées à chacun d’entre eux. Les chapitres sur Lex Luthor et Shazam sont globalement décevants et n’apportent finalement aucun ajout narratif intéressant. Ceux consacrés à Flash et Green Lantern sont plaisants mais là aussi pas indispensables. C’est donc une lecture mitigée, complémentant efficacement le dixième et dernier tome de la Justice League mais sans pour autant être nécessaire pour tout comprendre. Dommage, on se rêvait à un « beau livre luxueux » regroupant les tomes neuf et dix ainsi que ce magazine, Urban n’a pas besoin de le faire. En revanche, une version intégrale de La Guerre de Darkseid, dans un format agrandi dans un tome sans numérotation serait particulièrement jouissif pour les lecteurs et collectionneurs !

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[Conclusion de l’ensemble]
Cette suite et fin de La Guerre de Darkseid est à la hauteur des attentes, avec son lot de surprises, de combats épiques et de conclusions satisfaisantes (même s’il y a trop de fins « ouvertes »). Sur l’ensemble de la série (parfaitement résumée avec une belle iconographie au début du livre), Justice League aura déçu par ses débuts (tome 1 et 2), trop « grand public » et « léger » pour certains, puis emprunté un tournant nettement plus intéressant avec la mise en avant d’Aquaman (tome 3). La nouvelle ligue (d’Amérique) était plaisante (tome 4) mais n’a servi qu’à entamer les arcs suivants, à commencer par une passable Guerre des Ligues (tome 5). Celle-ci mériterait une version en librairie avec toutes les séries impactées ainsi que celle qui n’ont pas été publiées en France (quid d’ailleurs de Pandora, La Question et le Phantom Stranger ?), pour vraiment l’apprécier. Elle introduisait surtout le Règne du Mal (tomes 6 et 7) : plutôt abouti, impactant quelques séries à côté et propulsant Lex Luthor dans la ligue. Une poursuite efficacement menée (tome 8) et agréablement conclue (tomes 9 et 10) bouclant ce qui avait été entamé au début du cycle de Geoff John, architecte principal depuis 2011 sur la série. Avait-il « prévu » chaque évènement ? Sans doute pas dans les détails mais dans les grandes lignes directrices oui, indéniablement.

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Ces dix volumes de Justice League ne sont pas d’une parfaite qualité homogène mais ont su séduire un public pas forcément connaisseurs au lancement d’Urban Comics. L’ensemble des artistes qui ont dessiné les chapitres sont talentueux et là-dessus, il y a globalement peu à redire. Si certains tiqueront sur un scénario parfois trop simpliste ou une édition manquant d’éléments important, on se souviendra (aussi bien outre-Atlantique qu’en France) assez longtemps de cette longue série. Convenant aussi bien aux enfants, adolescents et adultes, elle a su allier plus ou moins bien les ingrédients nécessaires à la réussite d’une bonne bande dessinée « grand public ». D’une manière générale, on a envie de tout relire « à la suite », à partir de là, on peut dire que le pari de l’auteur est réussi.

Cinquante chapitres et plusieurs autres issus de séries annexes (Aquaman, La Ligue de Justice d’Amérique, les one-shot des Free Comics Books Day, etc.) au total auront donc été publiés au cours des quatre derniers années pour l’édition française en dix tomes. Cela évitant l’obligation d’aller lire en annexe d’autres séries (même si, à l’inverse, on aurait aimé en voir davantage, lors de La Guerre des Ligues et Le Règne du Mal par exemple). Urban Comics a fait du très bon travail. Il va être intéressant de voir comment la nouvelles série de Justice League (Rebirth) va être accueillie chez nous et avec quelle appelation sera-t-elle éditée (« La Ligue de Justice » au lieu de « Justice League » ?). On peut prévoir sans trop de risque une réédition sous forme d’intégrale pour celle chroniquée ici en tout cas, sous forme de Geoff John présente Justice League, compilant chaque fois deux à trois volumes. Ainsi, le « titre » Justice League pourra être repris pour les nouvelles publications. Mais tout ceci n’est que spéculation, gardons confiance en Urban Comics pour la suite des aventures !

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[À propos]
Publié chez Urban Comics le 17 juin 2016

Scénario : Geoff Johns
Dessin : Jason Fabok (ch. 7, 8, 10 et 11), Francis Manapul (ch. 5 et 6) | Ivan Reis, Oscar Jimenez et Paul Pelletier (ch. 9)
Couleur : Brad Anderson (ch. 7, 8, 10 et 11), Francis Manapul (ch. 5 et 6), Brian Buccellato (ch. 5) et Alex Sinclair (ch. 9)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Edmond Tourriol — Studio Makma

(contient : Justice League #45-50 + Justice League Darkseid War Special #1)

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Justice League – Tome 10 : La Guerre de Darkseid (2ème partie)
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MàJ (21/10/2016) : Une version plus courte et remaniée de cet article est sur le site UMAC – Comics & Pop Culture.

Justice League – Tome 8 : La Ligue d’Injustice

Ligue Justice Tome 8 Ligue d'Injustice

[Histoire]
Après les évènements survenus durant Le Règne du Mal, la Ligue de Justice intègre Shazam dans ses rangs, qui se lie d’amitié avec Cyborg. Considéré comme le sauveur de la Terre, Lex Luthor, souhaite lui aussi rejoindre l’équipe mais ses membres sont réticents.

Luthor a déduit l’identité de Batman et se rend au Manoir Wayne pour en informer le principal intéressé. Il souhaite avoir l’avantage sur une proposition de partenariat économique avec les entreprises Wayne (quitte à faire du chantage). Le terrible homme d’affaires recrute également Captain Cold (ennemi de Flash normalement) pour assurer sa sécurité.

Par ailleurs, l’anneau de Power Ring a pris possession de l’esprit de Jessica, une « simple » citoyenne. Véritable entité maléfique, l’artefact contrôle directement la jeune femme qui commet des actes de destruction à son insu. Pour l’aider, c’est la Doom Patrol qui doit intervenir, petite équipe hétéroclite dont les membres sont rejetés par la société à cause de leurs « gueules cassées ».

Enfin, Superwoman, une des trois survivantes du Syndicat du Crima est emprisonnée et… enceinte !

Injustice League

[Critique]
Transition obligatoire, les chapitres de l’après Règne du Mal sont davantage contemplatifs et (un peu) moins portés vers l’action (surtout dans sa moitié initiale). Cela n’est pas une mauvaise chose, mais l’on y découvre un fourre-tout pas forcément très bien équilibré. Les membres de la Ligue de Justice se résument au trio emblématique (Superman, Batman et Wonder Woman) gravitant autour de Lex Luthor. Les autres (Flash, Aquaman…) font office de figuration. Cette façon de faire n’est pas forcément déplaisante mais on se sent un peu lésé par rapport aux autres protagonistes (un « défaut » par ailleurs récurrent sur l’ensemble de la série). Les quelques échanges entre Shazam et Cyborg fonctionnent bien et apportent une touche d’humour non négligeable.

Shazam à Cyborg :
– Qu’est-ce que vous faîtes pour vous amuser, par ici ? Parce que là, bonjour l’ambiance ! On doit bien pouvoir faire autre chose que de surveiller, non ? Il n’y avait pas de table de ping-pong dans l’ancienne tour de garde ?

– Non.
– Il vous en faut une. Sérieux. Et une piscine, aussi.
– Aquaman en voulait une.
– Tu as déjà remarqué qu’il dégageait comme un léger parfum de poissonnerie ? Ne lui dis pas que j’ai dit ça, hein ?
– T’inquiète.
– Bon. Vous avez au moins une XBox, quand même ?
– Moi, ouais. Dans mon épaule gauche.
– Sérieux ?! On se fait une partie ?

Bruce Wayne Luthor

L’ouvrage contient deux arcs : La Ligue d’Injustice (curieuse appellation) et Le Virus Amazo. Si la première est plutôt « originale » sur son histoire (centrée sur Luthor donc), elle oscille entre l’agréable et le moyen (qu’advient-il de la Doom Patrol, soudainement survenue ?). Constat surtout imputable à cause des planches de Doug Mahnke, qui manquent clairement de « style », c’est très banal, pas forcément esthétique ni extraordinaire. Les visages sonnent « faux ». La seconde est plus efficace grâce aux dessins de Jason Fabok. Ses traits sont somptueux, détaillés et léchés, se rapprochant de ceux de David Finch et de Jim Lee ; ces trois artistes ayant un style assez similaires et très efficaces. Les scènes d’action sont d’une fluidité exemplaire. Visuellement sublime.

Fabok Wonder Woman

Scénaristiquement plus faible (et très prévisible), l’aspect graphique prime quand même avant tout et relance l’intérêt de la série, qui avait tendance à se centrer beaucoup trop autour de Lex Luthor. Ce parti pris (discutable) s’avère toutefois payant puisqu’en un volume on assiste à l’ascension puis la chute de l’éternel ennemi de Superman ; bien que son sort (au sein de la Justice League) ne soit pas définitivement statué à la fin. Fin qui annonce d’ailleurs le retour de Green Lantern, dans l’apprentissage du Power Ring pour Jessica (à lire dans la série de Green Lantern à priori). L’ensemble du récit est toujours écrit par Geoff Johns (depuis le tout début de la série). L’auteur soigne son histoire et sait où il va, il est par contre dommage que certains passages lui échappent ou ne soient qu’éphémères (la Doom Patrol en est le parfait exemple, on pourrait en rajouter beaucoup d’autres, la plupart étant à suivre dans les séries d’autres super-héros, ce qui est parfois agaçant). Le fil rouge narratif principal est, en tout cas, toujours solide et passionnant, c’est l’essentiel.

« Ma Doom Patrol est un groupe de soutien pour méta-humains
incapables de devenir les dieux et les déesses qui constituent la ligue de justice. »
Niles Caulder, chef de la Doom Patrol

Le chef antipathique Niles Caulder de l’équipe des Doom Patrol n’aide pas à générer de la sympathie pour lui, voire pour ses membres, peu fouillés et débarquant un peu brusquement (Element Woman servant de lien avec les anciens chapitres puisqu’elle apparaissait en amont dans la série mais aussi dans Flashpoint et dans La Ligue de Justice d’Amérique).

Doom Patrol

Un chapitre un peu particulier vient clore ce huitième tome, il s’agit de Compte Rendu qui achevait Justice League of America, courte série conçue uniquement pour faire le lien avec la Guerre des Ligues. En quatorze chapitres (dont presque la moitié ont été publiés dans le tome 4 de Justice League pour une meilleure cohérence en France), cette ligue particulière n’a pas été bien exploitée (elle n’était qu’un prétexte à être une troisième équipe qui prendrait part à un event) et s’est terminée en se scindant en plusieurs mini-séries. Une de ses « suites » est Justice League United (inédite chez nous) se concentrant sur Le Limier Martien et Stargirl qui prennent la tête de leur nouvelle league.

Ces deux personnages sont justement au cœur de cet ultime chapitre, servant de conclusion à la fois au livre, mais aussi à la série éponyme (et qui fait donc suite au quatrième tome). Saluons le choix d’Urban de le placer ici. D’autant plus que cette « fin » n’est pas spécialement épique. Se succèdent ainsi bon nombre de dessinateurs pour dévoiler un Limier Martien bien trop impulsif et colérique qui rejoint une jolie et maline Stargirl, avant de devenir un duo s’éloignant de la Terre. Entre-temps, le lecteur découvre ce qu’il est advenu de chaque ancien membre (Katana, Green Arrow, Catwoman…).

Stargirl

La Ligue d’Injustice sonne donc comme une transition post-Forever Evil (ce qui est logique), beaucoup trop orienté sur Lex Luthor (cela peut déplaire), ne mettant pas assez en avant des membres de la Ligue de Justice et contenant trop d’annonces laissées en suspens : Owl Man, Superwoman, la Doom Patrol, les futurs métahumains (et quid de Metal Men et des autres ligues des volumes précédents ?)… Néanmoins, l’ensemble fonctionne et se lit très bien. Il devrait déboucher sur quelque-chose de plus grand, comme le prouve le dernier chapitre du Virus Amazo. Il tend vers une épopée plus cosmique (La Guerre de Darkseid — qui sera en effet le titre des deux derniers tomes de la série) et dirige vers Convergence, un nouvel évènement massif qui impactera toutes les séries (oui, encore) et pourrait même causer un relaunch (MàJ mai 2016 : c’est effectivement le cas avec Rebirth). Du côté de Batman : du mal à anticiper la suite puisque Luthor, clairement en mauvaise posture au sein de la Ligue, connaît son identité. Entre cette information et les nouvelles, découvertes dans l’œuvre, on espère que la suite et fin de la série les utilisera à bon escient.

Malgré les défauts évoqués, la série, injustement qualifiée de mainstream et/ou « destinée au grand public » (pourquoi serait-ce un défaut ? pourquoi penser que, par conséquent, ce n’est « pas bien » ? la qualité peut être au rendez-vous également, c’est le cas depuis le début de toute façon), gagne en profondeur et assure une lecture divertissante et agréable.

Batman Superman Virus Amazo

« Vois-tu, chère sœur, les criminels méta-humains tuent des centaines de personnes, chaque année.
Aucune prison sur Terre n’est en mesure de les retenir bien longtemps.
Plus de 87% des méta-humains violents s’évadent moins de trois mois après leur incarcération.
En moins d’un mois à Arkham.
Après avoir rencontré les familles des victimes, je leur ai juré que je trouverais un meilleur moyen de neutraliser ces terribles criminels.
J’ai alors cherché comment bloquer les pouvoirs méta-humains.
Le Virus Amazo a été conçu pour les inhiber temporairement.
»
Lex Luthor

Luthor

 

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 23 octobre 2015
Scénario : Geoff Johns + Matt Kindt (Compte Rendu)
Dessin : Doug Mahnke (La Ligue d’Injustice #1-4 + Le Virus Amazo Prologue), Ivan Reis (La Ligue d’Injustice #1 + Le Virus Amazo Prologue), Jason Fabok (Le Virus Amazo #1-5), Scott Kolins (épilogue La Ligue d’Injustice) et collectif (Compte Rendu)
Encrage : Scott Hanna (La Ligue d’Injustice), Christian Alamy (La Ligue d’Injustice + Le Virus Amazo Prologue) et Keith Champagne (La Ligue d’Injustice #2-4 + Le Virus Amazo Prologue) et collectif ( Le Virus Amazo Prologue et Compte Rendu)
Couleur : Rod Reis (La Ligue d’Injustice #1-2), Andrew Dalhouse (La Ligue d’Injustice #3-4-ép.), Brad Anderson ( Le Virus Amazo), Brian Miller (Hi-Fi) (pour Compte Rendu)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Edmond Tourriol — Studio Makma

(Contient : JL #30-39 + JLA #14)
La Ligue d’Injustice (JL#30-34 + ép.) / Le Virus Amazo (prologue + JL#35-39) / Compte Rendu (JLA#14)

Power Ring Jessica

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Lex Luthor Alfred

Justice League – Tome 5 : La Guerre des Ligues (Trinity War)

Mise à jour : le recueil librairie sort le 19 septembre.

Justice League La Guerre des LiguesCette histoire est actuellement publiée dans le mensuel Justice League Saga (numéros #6 et #7, soit avril et mai 2014) et fera l’objet d’un tome en librairie en septembre prochain.
Batman joue un rôle plutôt important tandis que Catwoman est relativement en retrait. Il n’y a de toute façon pas de personnage principal puisqu’ils sont tous mis sur le même pied d’égalité, sauf peut-être, comme toujours, le trio Superman, Batman et Wonder Woman. Si vous ne lisez QUE du Batman et uniquement cela, alors vous pouvez faire l’impasse sur La Guerre des Ligues.

Trinity War CoversAborder cette (grande) histoire en ne connaissant donc que Batman et « un peu » La Ligue de Justice n’est pas suffisant. Dans l’idéal il faut avoir lu les séries Justice League et Justice League of America (via les magazines DC Saga puis Justice League Saga ou les quatre premiers tomes de la série), mais également Justice League Dark (La Ligue de Justice des Ténèbres, dont la série a commencé dans DS Saga #13 (à partir du chapitre #9, les précédents n’étaient absolument pas obligatoires)). Enfin, connaître la série Shazam s’avère être un gros plus. Elle est à découvrir dans les back-up de la série Justice League (DC Saga #8 à #18 et Justice League Saga #1 à #5), sachant que le chapitre #0 de Justice League est la naissance de Shazam, et que le chapitre #21 en est la conclusion. Shazam s’interfère donc au delà des simples histoires de complément, mais carrément au sein dans la série !
Mis à jour : Shazam sera édité en recueil, en vente dès le 14 novembre.

Avant de faire quelques présentations et évidemment le résumé puis la critique, voici l’ordre de lecture en version originale (en bleu, les chapitres qui sont dans les magazines et le futur tome relié) :
Trinity of Sin : Pandora #01
Justice League #22
Justice League of America #6
Justice League Dark #22
Constantine #05
Trinity of Sin : Phantom Stranger #11

Justice League of America #7
Trinity of Sin : Pandora #02
Justice League Dark #23
Justice League #23

Il y a donc le cinquième chapitre de la série Constantine qui restera inédit en VF, ainsi que le second de la série Pandora. Pas d’inquiétude, ils sont totalement dispensables, peut-être moins celui sur Pandora mais rien de bien méchant.

► Cet ordre de lecture est parfaitement cohérent, uniquement SI on a déjà lu TOUS les chapitres précédents des trois séries de Ligues de Justice (ainsi que les back-up). Sinon le lecteur sera complètement perdu.
Shazam et Justice League Dark ne sont disponibles que dans les magazines, c’est dommage car le lecteur non-connaisseur ne peut plus trouver de support pour se familiariser avec ces personnages, chose plutôt essentielle afin de mieux saisir toute la cohésion du récit.
Mis à jour : Shazam sortira bien en librairie (cf. plus haut). Le tome 5 de la Justice League comprend finalement, en plus des chapitres ci-dessus, les #18-21 de Justice League, qui ne sont pas en lien avec la suite.

Trinity War La Guerre des Ligues[Introduction]
L’histoire de Pandora est distillée depuis le début du Relaunch DC. En effet, la belle est apparue dans tous les premiers chapitres des 52 séries ! Un petit jeu de cache-cache que de nombreux fans avaient bien entendu découvert. C’est ensuite par back-up qu’elle est apparue de façon plus significatif. À ce propos il est conseillé de relire l’épilogue du premier tome de Justice League (Aux Origines), présentant un court combat entre Pandora et le Phantom Stranger. C’est ensuite le Free Comics Book Day 2012, intitulé Visions du Futur et disponible en fin de second volume de Justice League toujours (L’Odyssée du Mal) qu’il faut avoir en tête : le jugement de la Trinité du Pêché sur le Rocher de l’Éternité. On y découvre la naissance du Phantom Stranger, accusé de cupidité et condamné à errer sur terre, mais étranger à l’homme, et voir les ravages de l’avidité et celle de La Question, dont l’arrogance devient vite muette lorsqu’il perd son visage et son identité, qui restera une éternelle question dont il ne trouvera jamais la réponse. Enfin Pandora, condamnée pour sa curiosité (elle a ouvert la fameuse boîte de pandore) à une éternité de solitude, de douleur. On la voit, des siècles plus tard, récupérer dans la Chambre Noire de l’A.R.G.U.S. sa propre boîte, bien destinée à prendre en main son destin. Toujours dans ce même tome, la back-up #0 de Justice League : Pandora et Le Sorcier (également republié dans Justice League Saga #1). Ce dernier s’excuse et explique qu’il reste un grand pouvoir à l’intérieur de la boîte que seul le cœur le plus fort, ou le plus noir, peut revendiquer…

Pandora est donc une jeune femme qui fait partie de La Trinité du Pêché, avec Le Phantom Stranger et La Question. Tous trois ont été punis et maudits il y a des années par des sages, présidé par Le Sorcier, le même qui, des années plus tard, donnera au petit garçon Billy les super-pouvoirs qui feront de lui l’invincible adulte Shazam (anciennement appelé Captain Marvel chez DC Comics).

Pandora a été punie car elle a ouvert la boîte de Pandore : un crâne humain avec trois lumières rouges à l’intérieur (deux au niveau des yeux et une sur le front). Celle-ci a permit aux Sept Péchés Capitaux de s’échapper, tous représentés sous forme de monstres. Pendant plusieurs siècles, Pandora assista à la corruption des êtres humains par ces ennemis redoutables et invulnérables. Telle était donc sa punition. Mais la jeune femme en décida autrement et appris par Le Sorcier que le Mal serait vaincu si la boîte était à nouveau ouverte, mais par quelqu’un au cœur pur. Il lui confie aussi que sa punition n’était pas méritée et qu’il y a eu une erreur. Pandora décide donc d’amener la boîte à… Superman.

Trinity War Constantine[Histoire]
Malheureusement, l’Homme d’Acier a du mal à se contenir et il s’avère qu’il n’a finalement pas assez de bonté en lui pour être digne d’ouvrir la boîte. Entre-temps, Shazam a décidé d’aller répandre les cendres de son défunt adversaire, Black Adam, sur les lieux de son enfance : le Kahndak. Mais ce pays est en guerre, et le sauvetage de deux otages par Superman et Wonder Woman quelques semaines plutôt a laissé planer une grande tension entre les États. Hélas, les soldats font feu sur Shazam qui riposte aussitôt avant d’être violemment stoppé par Superman. Les deux surhommes commencent à se battre avant d’être rejoint par le reste de la Ligue de Justice pour les séparer.

Au même moment, La Ligue de Justice d’Amérique se dresse face à eux afin de les presser de quitter le territoire et d’éviter tout incident diplomatique entre les nations. C’est aussi l’occasion rêvée pour Amanda Waller de montrer au monde entier que La Ligue de Justice est incontrôlable, et que La Ligue de Justice d’Amérique est bien plus efficace. Un premier combat s’engage alors. Pendant celui-ci, Superman devient fou de rage et tue un membre de la JLA : le Dr Light, récemment intégré dans l’équipe. Il avait acquis ses pouvoirs lorsque La Ligue de Justice d’Amérique enquêtait sur La Société Secrète (voir La Ligue de Justice – Tome 4 : La Ligue de Justice d’Amérique). Après un nouveau combat, Superman requiert son propre enfermement afin de ne plus causer la mort de qui que ce soit. C’est son fidèle ami Batman qui va l’interroger et commencer ses investigations pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Parallèlement, Madame Xanadu, membre de La Ligue de Justice des Ténèbres, est kidnappée par le mystérieux homme à la tête de La Société Secrète. Ses compagnons se lancent à sa recherche. Wonder Woman part enquêter sur l’origine de la boîte de Pandore et comprend qu’elle n’est ne provient ni des Dieux, ni de la Science mais… de la magie. Elle va donc demander à Constantine et son équipe, La Ligue de Justice des Ténèbres, son aide pour la retrouver. Mais les trois Ligues vont se croiser, se déchirer, se reconstruire, s’unir, se battre… avant de comprendre toutes les raisons de ces mystères dans un final explosif !

Justice League Trinity War[Critique]
La Guerre des Ligues a bien lieu et sa justification est plutôt cohérente. L’histoire peut paraître complexe mais si l’on est habitué aux trois séries elle est extraordinairement fluide. Les nombreux protagonistes changent de camp un peu trop facilement et la notion de guerres entre ligues est plus un prétexte qu’autre chose. On a du mal à croire aux premiers combats, où personne ne prend la peine de « réfléchir », où des super-héros, comme le Martien Limier ou bien Flash, et même Batman évidemment, ne poussent pas davantage à la réflexion. Cela peut agacer et décevoir certains, à mettre de côté pour apprécier plutôt un côté action et jeu vidéo sans prise de tête s’avère indispensable.

Geoff Johns et Jeff Lemire sont les deux architectes de ce cross-over. L’ensemble tient parfaitement la route et chaque super-héros suit sa voie de façon logique d’une série à une autre, même si c’est parfois pas forcément en raccord avec sa personnalité. La première partie de l’histoire est très excitante et haletante, la seconde est malheureusement moins prenante, à commencer par le chapitre où la boîte passe de mains en mains, comme un jeu. La conclusion n’est pas forcément mauvaise, bien que finalement un peu « facile » et —surtout— Trinity s’avère être, en fait, une grande introduction vers l’arc Forever Evil.

Trinity War Phantom StrangerDu côté des dessins, Ivan Reis s’occupe de La Ligue de Justice et tout est très détaillé et beau, proche du travail de Jim Lee (qui signait le début de la série). Les planches de Doug Mahnke (La Ligue de Justice d’Amérique) et Mikel Janin (La Ligue de justice des Ténèbres) sont moins bonnes mais relativement proches des traits de Reis. La cohérence graphique est donc bien respectée, même si forcément inégale, mais au moins on ne s’y perd pas et c’est le plus important.

Cette Guerre des Ligues s’intercale efficacement entre certaines séries majeures de l’éditeur DC Comics. Malheureusement, Trinity War demeure bancale, faute d’être à la fois une suite de ces séries mais également une introduction à quelque-chose de plus grand encore (Forever Evil). Impossible donc de lire cette histoire comme un one-shot ou à part, il faut une connaissance totale du sujet, des personnages et des autres récits. Elle s’adresse donc directement aux lecteurs (très) initiés, ce qui un cadeau pour eux, mais un gros point noir pour les autres. Même si l’histoire ne leur sera pas inaccessible, il y aura évidement moins de plaisir et plus d’incompréhensions pour eux.

Pour le fan, Trinity War offre un beau mix des trois grandes équipes de super-héros actuelles avec des scènes épiques et mémorables (cf. les dessins illustrant cet article). Même si les guerres entre elles ne sont finalement pas aussi puissantes que prévues (en peu de temps chacun change de camp ou bien combat contre son gré) et servent plus ou moins d’excuses à l’arrivée de Forever Evil, le plaisir est quand même présent. À noter également, l’escapade onirique de la série Phantom Stranger relativement plaisante, dommage de ne pas avoir le début et la suite de cette découverte.

Trinity War jim LeeLa bataille finale entre les trois ligues : en haut par Ivan Reis, en bas la preview de la même scène par Jim Lee (Justice League – Tome 2 : L’Odyssée du Mal / Cliquez pour agrandir).

[À propos]
Justice League [La Ligue de Justice]
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Ivan Reis
Couleur : Rod Reis
Justice League of America [La Ligue de Justice d’Amérique]
Scénario : Geoff Johns et Jeff Lemire
Dessin : Doug Mahnke
Couleur : Gabe Eltaeb et Nathan Eyring
Justice League Dark [La Ligue de Justice des Ténèbres/des Ombres]
Scénario : Jeff Lemire
Dessin : Mikel Janin
Couleur : Jeromy Cox

Publié dans Justice League Saga #6 et #7 (mai et juin 2014) et dans Justice League – Tome 5 : La Guerre des Ligues, paru le 19 septembre 2014.

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Tome 5 : La Guerre des Ligues
Tome 4 : La Ligue de Justice d’Amérique[critique]
Tome 3 : Le Trône d’Atlantide
Tome 2 : L’Odyssée du Mal
Tome 1 : Aux Origines

Trinity War Societe Secrete[Bonus]
Voici les trois triptyques des couvertures originales réalisées pour l’occasion. Vous pouvez (comme toutes les images de cet article d’ailleurs) les ouvrir en plus grand en cliquant dessus, et évidemment les enregistrer pour faire de beaux fonds d’écran !

Trinity War 01

Trinity War 02

Trinity War 03