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Joker Renaissance

Joker Renaissance est la compilation de deux volumes de la série Batman entamée en 2011 par le scénariste Scott Snyder et le dessinateur Greg Capullo. Cet épais ouvrage contient donc deux histoires : Le deuil de la famille (à ne pas confondre avec Un deuil dans la famille) et Mascarade. Dans la première, le Joker réussit à kidnapper tous les alliés de Batman et avance connaître l’identité de celui-ci. Dans la seconde, le Clown déverse une toxine dans Gotham City et voit le Chevalier Noir affronter la Justice League avant d’autres péripéties psychologiques et physiques.

 

[Résumé de l’éditeur]
Le Clown Prince du Crime s’apprête à porter les attaques les plus fortes jamais lancées à l’encontre du Chevalier Noir. Que ce soit en s’en prenant directement à Alfred et toute la Bat-Famille ou en prenant le contrôle des membres de la Ligue de Justice à l’aide d’un mystérieux gaz, le Joker est toujours là pour se rappeler au bon souvenir de Batman et le pousser dans ses derniers retranchements, son pire ennemi, le plus fou, le plus mauvais. Ni plus, ni moins.

Pour les critiques détaillées, voir celles respectives du Deuil de la Famille puis de Mascarade.

En relisant « à la suite » ces deux derniers (et donc en lisant Joker Renaissance), on reste globalement mitigé sur l’ensemble. La partie graphique remporte l’adhésion et est sans aucun doute le point fort du livre. Côté scénario, la première histoire raconte la fracture de la confiance au sein de la Bat-Family… Une idée séduisante mais maladroitement développée car n’apparaissant qu’à la fin du récit et donc n’ayant aucune conséquence dans la série en elle-même. Il fallait se tourner vers les séries annexes au même moment pour trouver un intérêt plus prononcé à l’ensemble du Deuil de la Famille. On apprécie tout de même l’affrontement plutôt « psychologique » entre l’homme chauve-souris et sa Némesis. Quant à Mascarade, si on accroche à son début et sa fin, l’histoire en elle-même reste paradoxalement confuse et convenue. Confuse car il y est question de biologie surréaliste et tirée par les cheveux, convenue car le déroulé de la narration reste assez basique, in fine. Néanmoins il y a quelques chouettes propositions : Batman contre la Justice League, le rôle de la Cour des Hiboux (encore une fois trop en retrait), l’évolution d’Alfred et sa fille, la conclusion de l’ensemble…

L’intérêt de Joker Renaissance réside donc (un peu) dans son prix (35€, un peu moins cher que l’achat des deux autres tomes séparément (38€)) et (surtout) la possibilité de tout lire « à la suite » au lieu d’avoir la coupure de L’An Zéro puis d’épisodes peu palpitants.

Néanmoins et comme explicité dans les critiques, on est loin d’avoir le meilleur du traitement du Joker et de Batman dans ce double récit malgré quelques bonnes idées et, évidemment, ses jolies planches signées Greg Capullo. En effet, si les planches sont un régal pour les yeux grâce à la finesse de ses traits et son style atypique, les histoires de Scott Snyder divisent. Cela démarre toujours très bien, avec un concept novateur et des idées intéressantes mais l’évolution et la conclusion de ses récits sont bancales, avec, comme déjà dit, un résultat final mitigé. Certains apprécient son audace, notamment de proposer une vision axée sur la confiance (brisée) entre Batman et sa « famille », d’autres déplorent une facilité narrative et des « non-évènements » sans impacts majeurs. À découvrir éventuellement pour la proposition graphique et le look du Joker post-2010’s, ainsi qu’un parti pris narratif déroutant ou passionnant.

Découverte du premier numéro de la collection Eaglemoss

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L’éditeur eaglemoss propose en partenariat avec Urban Comics une collection de comics entièrement dédiée aux aventures du Chevalier Noir. Celle-ci s’intitule d’ailleurs « DC Comics – La Légende de Batman ». Son intérêt s’adresse surtout aux non-connaisseurs puisque les fans en terrain connu risquent d’avoir déjà pas mal de livres de cette collection. De même, il a été confirmé que les cinquante premiers numéros ne seront pas des doublons de l’autre collection d’eaglemoss « DC Comics – Le meilleur des super-héros ». Par conséquent les récits cultes de Batman, les incontournables tels que Année Un, Un Long Halloween, Silence… ne seront pas forcément inclus dans cette collection, et s’ils le sont ce sera dans plus de deux ans. Toutes les informations complémentaires sont à découvrir sur la page créée sur ce site à cet effet.

Le premier numéro de cette collection est la première partie de L’An Zéro, un récit idéal pour commencer les aventures de Batman, au prix exceptionnel de 2,99€. À noter que la suite direct coûtera 8,99€, ce qui permet de lire (et posséder) un arc narratif sympathique pour 11,98€ (au lieu de 36,50€ pour les deux tomes publiés chez Urban Comics, ça vaut quand même clairement le coup si on ne les a pas !). Découverte.

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Sans surprise, l’énorme verso du carton qui contient le fascicule et le comic-book est une publicité géante pour la collection.

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La bande-dessinée est clairement un « bel objet » : couverture dure, brillante et soignée. La « tranche » (en vrai il faut le dire « le dos », cf. cette image explicative) ne contient pas de numérotation, juste le titre et le début de la fresque. On ignore donc encore, à ce stade, si les volumes suivants seront accolés à celui-ci pour former la fresque dans un ordre chronologique. À priori il faudra attendre le troisième numéro de la collection pour le savoir. Toutefois, la mention « Ordre chronologique : 1 » au verso semble confirmer que les volumes ne seront donc pas proposés dans l’ordre chronologique (de lecture et de la fresque).

Curieusement, et toujours au verso, on constate que les chapitres #21 à #26 de la série Batman sont dans ce tome. Il aurait été plus logique de proposer, à l’instar de la publication d’Urban Comics, les chapitres #0 puis #21 à #24 pour former un premier ensemble cohérent et avec une première fin, et les chapitres #25 à #33 (à l’exception du #28 qui n’avait rien à voir avec l’histoire) dans un second tome. Il est donc fort probable que le deuxième numéro contiennent uniquement les chapitres #27 puis #29 à #33 et peut-être le #0 (cet article sera mis à jours dès qu’on aura la réponse). Ceci n’est évidemment pas bien problématique mais une curiosité éditoriale intrigante (et un poil dommage).

Du reste, on constate que la couverture est comme prévu différente de celle déjà connue de l’édition d’Urban. Il n’y a pas de texte éditorial explicatif mais une introduction (non-inédite) du scénariste Scott Snyder.

 

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Le fascicule (qui ne sera pas avec les comics pour les abonnés mais uniquement dans les premiers numéros en kiosque) est totalement inutile, il présente sommairement la collection et s’ouvre sur quatre pages au milieu. On retrouve la plupart des visuels et informations sur le site d’eaglemoss.

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À noter que cinq feuillets de propositions d’abonnement et diverses offres commerciales sont incluses. L’intérêt se situant évidemment dans la bande dessinée, tout le reste apparaît très secondaire (pour ceux qui veulent s’abonner, autant le faire sur le site pour gagner du temps).

En conclusion, une fois de plus c’est une aubaine pour le non-connaisseur, surtout avec un premier récit d’une certaine qualité (non sans défauts certes — (re)lire la critique pour les détails). Pour ceux ayant déjà ce volume, inutile de repasser à la caisse !

Batman & Robin Eternal – Tome 01

Après les quatre tomes de la série Batman Eternal — une semi-réussite, captivant mais s’étant trop éparpillé et nécessitant pas mal de connaissances à cause des nombreuses connexions avec d’autres histoires — la « seconde saison » est cette fois deux fois moins longue (26 chapitres répartis en deux tomes). Attention, la lecture de Batman & Robin Eternal est conseillée uniquement si l’on est à jour dans d’autres séries : la Batman de Snyder et Capullo (au moins jusqu’au tome 8), Grayson (au moins jusqu’à la fin du tome 2) et, moins obligatoire, la « suite » de la série Batman & Robin, c’est à dire l’event We Are Robin (pas encore abordé sur le site).

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[Histoire]
Cinq ans auparavant, Batman rentre blessé à la Bat-Cave et lit un fichier audio dans lequel on lui dit que Robin se rapproche de découvrir « la vérité », à savoir : ce qu’a conçu le Chevalier Noir pour privé d’un tout autre destin Dick Grayson…

Aujourd’hui, Dick, alias Agent 37, est de retour à Gotham City (voir Grayson – Tome 02 : Nemesis) auprès de Red Robin (Timothy Drake) et Red Hood (Jason Todd). Bruce Wayne est amnésique et c’est un « Bat-Robot », avec Gordon à l’intérieur, qui remplace Batman (voir Batman – Tome 08 : La Relève). Gordon cherche Harper Row, alias la justicière Sialia (petit oiseau plus connu sous le nom de ses trois espèces « merlebleu », rappelant le nom en VO beaucoup plus approprié Bluebird – une jeune fille aperçu plusieurs fois dans la série Batman et dont l’évolution en super-héroïne s’est confirmée dans Batman Eternal).

Dick enquête à propos « des Orphelins », des enfants qui ont l’air sous emprise d’une certaine « Maman » et qui cherchent tous à tuer Dick. Cette mission est liée à une ancienne qu’il avait suivie avec Batman à ses débuts, face à l’Épouvantail, son premier « vilain ». Les deux justiciers l’avaient traqué durant un an autour du monde entier. Batman a chargé Cassandra Cain de remettre un message à Dick si le Chevalier Noir venait à disparaître… C’est ce qu’a fait cette dernière. Dick va devoir résoudre un mystère du passé lié à son mentor et sa jeunesse, épaulé par ses alliés.

Batman & Robin Eternal Sialia Bluebird Dick Cassandra Cain

[Critique]
Dans la lignée de la précédente série, Batman & Robin Eternal n’est pas vraiment une « suite directe » à proprement parlé. C’est le même « concept » (à savoir un chapitre par semaine durant six mois au lieu de douze) avec plusieurs scénaristes et dessinateurs aux manettes, chapeauté par le duo Snyder/Tynion IV à nouveau. Dick Grayson est au cœur de l’intrigue. Lui qui était absent de Batman Eternal se voit ici offrir le rôle principal. Batman est très peu présent : il y a Gordon/Bat-Robot brièvement en début d’ouvrage et Bruce Wayne apparaît comme un figurant. En revanche, dans les flash-back entre le Chevalier Noir et Robin, Batman tient un rôle majeur, non pas dans le temps d’occupation des cases, mais dans l’énigme générale liée à l’histoire.

Celle-ci est à la fois convenue et originale. Assez basique dans son approche : une « maman » qui recueille des orphelins (voire les rend orphelins) et les façonne ensuite à sa guise avec des traumatismes et une éducation spéciale. Jusqu’ici, rien de très novateur, cela rappelle d’ailleurs fortement Talia As Ghul et le traitement sur Damian Wayne (totalement absent de ce tome par ailleurs).

Batman & Robin Eternal Maman Mother

L’originalité se situe au rapport moral de Batman, l’homme chauve-souris (dans le passé) et ses alliés (dans le présent) s’interrogent sur la façon de faire de Batman : n’est-elle pas plus ou moins la même finalement ? Cela est d’autant plus délicat lorsque les Robin apprennent que Batman a bien eu recours aux services de « Maman » pour trouver un nouveau Robin (mais lequel ?) !

Prendre quelqu’un qui vient de subir un traumatisme,
et le transformer pour répondre à ses propres désirs…
C’est absolument innommable…
Mais ne suis-je pas moi-même coupable de ce crime ?
[Batman]

Batman & Robin Eternal Harper Row Sialia

De ce point de vue, l’enquête ne s’éparpille pas trop. Dick mène les opérations, secondés par le duo Cassandra Caïn (qui fait son apparition dans les NEW52) et Sialia – deux figures féminines qui fonctionnent très bien, on regrette juste l’apparition trop brève de Batgirl et même de Spoiler, découverte dans Batman Eternal. Un autre binôme n’est pas en reste : Red Robin et Red Hood. Pour ce dernier, l’humour excelle même si deux chapitres leur sont consacrés lors d’un détour à Santa Prisca avec l’alliance inédite de Bane face à… Jean-Paul Valley.

Cette (courte) revisitation des emblématiques protagonistes de la saga Knightfall est l’un des points faibles de ce tome. Ce passage et celui avec un personnage totalement télépathe, donc avec un « super pouvoir » du registre « fantastique » (et arrivant un peu trop facilement) gâche le côté thriller et légèrement de science-fiction qui se dégageait de l’ensemble. Ce sont deux éléments peu importants sur l’ensemble du récit, donc ce n’est pas trop grave.

Batman & Robin Eternal Red Hood Bane

Le tout est brillamment rythmé, sans temps morts et avec une solide intrigue qui tient en haleine. Les échanges entre les multiples héros sont bien écrits, avec une certaine fraîcheur et, comme déjà mentionné, un humour bien placé. Mettre en avant l’entourage du Chevalier Noir au détriment de celui-ci fonctionne très très bien. Seul défaut : les nombreuses connexions à d’autres séries. Le lecteur néophyte risque d’être bien perdu entre tous ses protagonistes et leurs situations de départs (il est quand même possible de comprendre Batman & Robin Eternal sans cela, mais c’est quand même plus ardu).  La double lecture (passé/présent) et les échos lointains d’une époque révolue (un Batman fonctionnant à deux avant d’avoir toute une équipe complète) sont là aussi une bonne idée plaisante.

Dick découvrant Harper Row blessée :
– Un masque… Tu jours les super-héros, toi aussi ?
Y a combien d’ados déguisés qui sévissent à Gotham ces temps-ci ?
Spoiler, sa colocataire surgit :
– Ne touche pas à ma coloc, sinon… Spoiler : tu vas cracher tes dents !
– Mais ils distribuent les costumes dans les boîtes de lessive, ou quoi ?

Batman & Robin Eternal Red Robin Spoiler Dick

Côté graphique, on a globalement une homogénéité (ce qui n’est pas gagné de base avec une armée de dix dessinateurs !) avec du très bon en début d’ouvrage (Tony Daniel et Paul Pelletier) mais quelques chapitres un peu moins réussis (le septième, rattrapé par ses solides doubles planches) et, surtout, le neuf et le dix (toute la partie à Santa Prisca justement). D’une manière général, les planches sont bien découpées, chaque chapitre s’ouvre sur une double avec des dessins horizontaux, et le tout est plutôt élégant.

Du reste, on voyage aussi en Europe, surtout à Prague, l’ombre de l’Épouvantail flotte sur ce nouvelle ennemi qui tend à sourire (« Maman »…). Les couvertures de chaque chapitres sont sublimes, toutes de très haut niveaux, c’est à souligner, et Urban en propose certaines, en bonus, en noir et blanc, crayonnées ou encrées. Un très bon premier tome donc, original et bien dessiné avec un scénario finement écrit. L’un des rares points négatifs est un passage à priori un peu inutile (mais assez drôle et épique), tout le reste s’apparente à une réussite (pas totale certes, mais suffisant pour livrer une bonne bande dessinée).

Batman & Robin Eternal 01

[À propos]
Histoire : Scott Snyder, James Tynion IV
Scénario : James Tynion IV (prologue, chap. 1-5), Tim Seeley (chap. 2-3), Steve Orlando (chap. 4-5), Geneviève Valentine (chap. 7-8), Jackson Lanzing (chap. 9-10), Collin Kelly (chap. 9-10), Ed Brisson (chap. 11-12)
Dessin : Tony Daniel (prologue, chap. 1-5), Paul Pelletier (chap. 2-3-4), Scott Eaton (chap. 3-4-5-8), Ronan Cliquet (chap. 5), Steve Pugh (chap. 5), Alvaro Martinez (chap. 7-8), Roge Antonio (chap. 9-10), Geraldo Borges (chap. 10), Fernando Blanco (chap. 11-12), Christian Duce (chap. 11-12)
Encrage : Sandu Florea (prologue, chap. 1-5), Tony Kordos (chap. 2-3), Marc Deering (chap. 3), Mark Moralas (chap. 5), Wayne Faucher (chap. 3-4-5-8), Raul Fernandez (chap. 7-8)
Couleur : Tomeu Morey (prologue, chap. 1-5), Rain Beredo (chap. 2-3), Gabe Eltaeb (chap. 4-5), Sandra Molina (chap. 7-8), Allen Pasalaqua (chap. 9-10), John Rauch (chap. 11-12)

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : Stephen Boschat (Studio MAKMA)

Contient : Batman Endgame Special Edition #1 (prologue), Batman & Robin Eternal #1-12

Batman & Robin Eternal Harper Row Cassandra Cain

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Batman & Robin Eternal Cassandra Cain

Critique de Batman & Robin Eternal – Tome 02

Batman & Robin Eternal Nightmare

Bonus : la critique des deux volumes en une seule fois sur UMAC
(Reprise de mes deux articles sur ce site et ajouts des points positifs et négatifs)