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Vie du site (septembre 2024 à décembre 2025)

L’habituel billet de bilan, statistiques et transparence du mois d’août a été décalé à ce mois de décembre 2025, vu l’activité moins florissante du site ces derniers mois, faute de publications/nouveautés aussi riches et diversifiées qu’à une époque.

En 16 mois (septembre 2024 à décembre 2025), une trentaine de critiques de comics ont ainsi été mises en ligne, moins de deux par mois. En ajoutant films, séries et jeux vidéo on gonfle un petit peu l’ensemble, idem si on ajoute les articles récapitulatifs, index et autres angles singuliers – mais ce n’est pas très important. L’année 2025 est étrange : à la fois un renouveau sur plusieurs séries Batman (la gamme Absolute [cf. Tome 01], les nouvelles Detective Comics [Ghosts of Gotham] et – prochainement en France – Batman), une forme de nostalgie aussi (la suite de Silence – et bientôt d’Un Long Halloween –, la réédition de titres plus ou moins anciens dans la collection Paperback) et un moment charnière, une sorte « d’avant/après », grâce (ou à cause) de la fameuse newsletter d’Urban Comics publiée en été 2025. Celle-ci confirmant différentes craintes dans l’industrie : l’arrêt de commercialisation de nombreux comics, la hausse des prix, le nombre de titres déclinant, les « non publications » car jugées trop risquées commercialement, etc. Un constat amer et triste, laissant penser qu’un certain « âge d’or » de publications de DC chez Urban est probablement terminé (à moins que ce ne soit juste le mood un peu pessimiste de l’auteur de ces lignes à l’instant T – l’année 2025 a été assez particulière sur le plan personnel).

L’occasion d’ailleurs de souhaiter une très bonne année 2026 à tous ! En espérant des réveillons riches en bonne humeur et en nourriture, comme pour Le Pingouin ^^

Parmi les « bonnes nouvelles » liées au site, ceux qui sont là depuis longtemps ou me connaissent un peu le savent bien : l’architecture WordPress est assez fragile et l’accès aux statistiques est impossible depuis une petite dizaine d’années, hélas ! Dans mes souvenirs, le site arrivait parfois à un millier de visiteurs uniques (VU) par jour en 2016. J’ai (enfin) réussi à trouver quelques chiffres via une autre interface (OVH), me permettant d’avoir quelques statistiques de mai 2022 à novembre 2025 (trois ans et demi donc). Attention c’est vertigineux : près de 2,5 millions de pages vues (!!!), via près de 460.000 sessions de visiteurs différents (qui naviguent donc sur différentes pages systématiquement et restent plusieurs minutes sur le site). Il y a eu des pics assez incroyables – que je suis incapable d’expliquer : près de 550.000 visites en mai 2022 (effet post The Batman ?), plus de 150.000 en été 2023 et 350.000 à la rentrée septembre/octobre 2025 (FàQ ?). Même en identifiant certains sites qui ont redirigés vers le mien, difficile de savoir si un réseau social a eu son importance (une vidéo d’un YouTubeur ? une mention d’un influenceur ?). En voyant le verre à moitié vide, on peut évoquer une certaine frustration de ne pas pouvoir connaître ces raisons et, surtout, les chiffres depuis 2011 (année de création de ComicsBatman.fr !). En voyant le verre à moitié plein, on peut complètement se féliciter de ces chiffres assez fous ! La moyenne basse quotidienne semble être de 8.000 à 10.000 pages vues (et j’ignore si les articles sont comptabilisés dans ces chiffres, théoriquement oui). C’est donc… incroyable ! 🙂

Comme toujours : un immense MERCI pour vos visites, vos commentaires, nos échanges privés, vos compliments, vos partages… ça fait toujours chaud au cœur, surtout sur Internet où la bienveillance est souvent inédite ^^

Une autre bonne nouvelle devrait être partagée d’ici fin 2026… Une petite année encore à patienter ! J’en profite pour refaire une auto-promo pour mon livre sur la série LOST. Vous pouvez me « retrouver » également régulièrement dans les commentaires du super site des Toiles Héroïques (notamment le Bar de Galactus chaque lundi) et sur mon compte Twitter/X personnel (où je parle souvent de Batman et DC Comics).

En marge de ce site, la seconde édition des First Print Awards a eu lieu le 5 décembre 2025. On en avait parlé sur la page Facebook de ComicsBatman.fr à l’annonce des lauréats pour le vote du public. Deux titres Batman ont gagné une récompense ! Ainsi, le premier tome d’Absolute Batman a, justement, récolté le prix du public (un titre qu’on avait beaucoup apprécié ici) et Robin – The Boy Wonder remporte le prix du « meilleur one shot super-héros » (une surprise pour l’auteur de ces lignes tant la bande dessinée m’a laissé de marbre – cf. chronique – mais l’ensemble des critiques restent élogieuses). Rendez-vous probablement fin 2026 pour une troisième édition organisée par Arno et Corentin, les deux podcasteurs et rédacteurs de First Print et ComicsBlog.

 

 

Batman Ghosts of Gotham – Tome 02 : Élixir

Après un premier opus accessible, moyennement convaincant dans son écriture mais séduisant dans son approche graphique, élégante et homogène, que vaut le deuxième volet de Ghosts of Gotham ?

[Résumé de l’éditeur]
Asema a été mise hors d’état de nuire, mais ses agissements restent entourés de mystère alors que déjà, une nouvelle menace plane sur Gotham… et sur le monde entier. Toujours ébranlé par les révélations sur son propre passé, Batman n’a d’autres choix que de quitter Gotham pour mener l’enquête sur une mystérieuse secte obsédée par l’immortalité, et qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins… ni même à s’attaquer à un ami très cher du Chevalier Noir.

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Attention, lecture très dispensable ! Pas forcément désagréable mais qui est tellement oubliable, semble déconnectée du précédent ouvrage et qui compile plusieurs petits bouts d’histoires, qu’on n’a pas l’impression de lire un ensemble conséquent et qui se suit… En effet, Elixir se compose de Batman, ne résous pas mon meurtre, correspondant à l’annual #1 de la série Detective Comics 2025, suivi de Batman et David Rosales, élève de cinquième. Le premier récit offre une enquête inédite au Chevalier Noir : le cadavre d’un homme qui a écrit avec son sang de ne pas résoudre son meurtre (d’où le titre, cf. image également ci-dessus). La fiction est plutôt sombrement rocambolesque, piochant dans le monde de l’édition (!) et… des équations (!). C’est complètement anecdotique. Le second segment, relativement court, propose une courte collaboration entre le justicier et un collégien qui suspecte l’Épouvantail d’avoir son ancienne planque dans l’établissement scolaire. Là aussi c’est sans intérêt…

Il faut atteindre la cinquantième page pour trouver le récit le plus conséquent éponyme à l’œuvre. Elixir s’étale sur trois chapitres (Detective Comics #1097-1099), tous trois écrits par Tom Taylor et dessinés par Lee Garbett (là où tout le reste de la bande dessinée enchaîne différents artistes – voir bloc À propos). On y suit Batman et Bullock, dans une (en)quête autour de deux malfrats semblant immortels et d’anciennes légendes du GCPD corrompues. Le Pingouin s’invite à la fête – comme allié inattendu – et l’ensemble reste assez convenu dans sa démonstration.

Place ensuite à Perdus et retrouvés « suivi de trois récits complets » (sans titre pour chacun d’eux, tous tenant sur une dizaine de planches, en VO ils sont nommés – Your role in the community, The Knife and Gun Club, The Fall), correspondant à des historiettes de Detective Comics #1100, il fallait donc marquer le coup… La première remet en scène Batman avec un enfant, dans un ensemble muet (sans aucune bulle de texte donc) – la communication s’effectuant en langue des signes entre Batman et le jeune garçon à la recherche de son chien.

Le second récit montre Bruce Wayne à un dîner caritatif où il échange avec un journaliste sur les actions pour servir la ville. Le milliardaire arguant signer des chèques, agaçant son interlocuteur préférant du concret, avec en toile de fond les actions de l’alter ego justicier bien plus productives et tangibles. L’avant-dernier récit complet expose une nuit à l’hôpital où deux infirmières échangent leur point de vue quant à la croisade du Chevalier Noir et ses conséquences pour le corps médical. Enfin, l’ultime récit est une chute de Batman pour sauver (ou non) un criminel – on en retient principalement l’art de Bill Sienkiewicz.

Et voilà… Lecture rapide, sans réelle importance, rien de révolutionnaire, rien qui fait avancer le run de Tom Taylor (s’il a un plan en tête – le contraire serait surprenant), à la brève exception de l’histoire Elixir qui renoue un peu avec ce qui avait été vu dans Clémence et châtiment. Ce second opus rappelle le sixième de la série Batman de Scott Snyder (Passé, présent, futur), complètement superflu.  Aparté : on peut d’ailleurs s’étonner qu’Urban Comics publie ces segments (même si on leur reprocherait s’ils ne le faisaient pas) à l’heure où ils assument n’éditer que ce qu’ils aiment/souhaitent ou se targuent d’une forme de complétisme pour certaines œuvres (qui ne le méritent pas, cf. ces deux exemples), alors que d’autres titres n’en bénéficient pas…

À ce stade, si vous avez aimé le premier tome, vous pouvez faire l’impasse sur cette première « suite » ; il faudra attendre le troisième pour véritablement replonger dans la série et espérer une intrigue plus solide et stimulante. Comme évoqué plus haut, l’ensemble est dessiné par une myriade d’artistes différents. Aucun n’est spécialement honteux, aucun ne sort non plus du lot (sauf Sienkiewicz évidemment mais c’est bien trop court). On a donc un ensemble graphiquement hétérogène (mais pas désagréable pour autant) pour sept récits (dont cinq extrêmement courts) totalement dispensables et oubliables, comme déjà dit en ouverture de critique. Bref, on était en droit d’espérer mieux de Tom Taylor d’une part, mais aussi pour « fêter » le chapitre #1100 de Detective Comics d’autre part. On garde espoir pour le volet suivant ?

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 28 novembre 2025
Contient : Detective Comics #1097-1100 + Detective Comics 2025 Annual #1
Nombre de pages : 176

Scénario : Tom Taylor, Mariko Tamaki, Greg Rucka, Dan Watters, Al Ewing, Joshua Hale Fialkov
Dessin et encrage : Lee Garbett, Mikel Janin, Alvaro Martinez Bueno, Amancay Nahuelpan, Bill Sienkiewicz, Stefano Raffaele, John McCrea, Fico Ossio, Mike Norton
Couleur : Lee Loughridge, Mikel Janin, Bill Sienkiewicz, Triona Farrell, Ulises Arreola, Arif Prianto, Giovanna Niro, Nick Filardi

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : SCRIBGIT

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Batman – Le Dernier Halloween

Nouvelle suite du célèbre et incontournable Un Long Halloween (et son successeur Amère Victoire), Le Dernier Halloween voit le jour fin 2021 quand Jeph Loeb et Tim Sale – les deux artistes initiaux à l’origine de cet univers – publient un chapitre bonus en guise d’introduction à une histoire plus vaste. La maladie emporte Tim Sale quelques mois après (16 juin 2022) et le projet reste en stand-by avant que dix dessinateurs reprennent le flambeau, livrant chacun un épisode (à partir de fin 2024) et un ensemble conclusif hautement satisfaisant, découverte.

[Résumé de l’éditeur]
Gotham City réapprend à craindre Halloween alors qu’un terrible événement menace de détruire la vie de Jim Gordon et met plus à l’épreuve que jamais le travail d’équipe de Batman et Robin. Dans une ville peuplée de menteurs, de justiciers masqués et de criminels… peut-on encore faire confiance à qui que ce soit ?

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Qu’il est bon de revenir dans l’univers créé par Jeph Loeb et Tim Sale, inauguré en 1996 dans trois épisodes spéciaux (compilés et renommés Haunted Knight – publiés chez nous d’abord chez Semic sous le titre Halloween et repris chez Urban Comics dans le recueil Des ombres dans la nuit) puis dans l’indispensable récit fleuve Un Long Halloween (1996-1997) ! Deux autres titres gravitent autour : la suite tout aussi culte Amère Victoire – Dark Victory en VO – avec la première apparition de Robin (1999-2000) ainsi que le complément moins connu Catwoman à Rome (2004, lui aussi inclus dans Des ombres dans la nuit puis réédité à part dans le comic éponyme). Le Dernier Halloween se réfère à chacun de ces comics, apportant une sorte « d’œuvre-somme conclusive » fortement appréciable.

Jeph Loeb renoue avec son sens du rythme, d’une enquête passionnante, globalement accessible (un arbre généalogique de la famille Falcone n’aurait pas été de trop !) et qui met autant en avant sa multiple investigation (Holiday est-il de retour ? que cache Catwoman ? qui tire sur toutes les « bêtes de foire » de Gotham ?) que ses nombreux protagonistes. Au-delà de Batman, on apprécie particulièrement la place du jeune Robin qui gravite dans ce nouveau monde violent et complexe (de quoi rappeler le très chouette et tout aussi récent Batman & Robin – Année Un). Le prodige doit faire sa place mais également apprendre de son mentor et développer ses propres facultés.

Selina Kyle/Catwoman n’est pas en reste, accentuant autant sa relation ambigüe avec Batman que son propre destin – le personnage est bien loin d’être un simple faire-valoir féminin, bien au contraire, sa riche individualité permet de se connecter à d’autres antagonistes pour améliorer la structure de l’ensemble. James Gordon n’est pas oublié non plus, les conséquences de ses choix sur sa vie personnelle sont également au cœur de la première partie de la fiction (le kidnapping de son fils vient probablement ajouter rétroactivement une nouvelle « couche » de traumatisme à ce dernier). Seule figure familière un peu en retrait : Alfred. Le célèbre majordome reste efficace dans ses échanges verbaux mais on le voit peu, de même que Bruce Wayne en civil, complètement inexistant (ce n’est pas grave mais cela aurait apporté une autre palette qualitative – dans un douzième épisode par exemple).

Si le scénario est soigné et se lit d’une traite, la partie graphique n’est pas en reste avec un choix audacieux et risqué : « remplacer » Tim Sale par un autre artiste pour chaque chapitre. La liste est prestigieuse : Eduardo Risso, Klaus Janson, Mark Chiarello, Cliff Chiang, Bill Sienkiewicz, Enrico Marini, Dave Johnson, Becky Cloonan, Chris Samnee et Matteo Scalero. Quasiment tous ont déjà œuvré sur Batman (voir paragraphe suivant) et ont réussi à garder leur propre style tout en conservant le « chara-design » de Tim Sale pour une homogénéité visuelle (comme c’est expliqué dans les bonus – voir plus loin), celui de Catwoman en tête, au costume et masque reconnaissable entre tous. La colorisation est assuré par Brennan Wagner et principalement Dave Stewart.

Pour rappel, on doit à chacun (sélection non-exhaustive) Cité Brisée et autres histoires par Eduardo Risso, l’encrage de la saga The Dark Knight Returns par Klaus Janson, Catwoman – Lonely City par Cliff Chiang, The Dark Prince Charming par Enrico Marini, Batman & Robin – Année Un par Chris Samnee, One Bad Day – Mr. Freeze par Matteo Scalero. Les autres ont signé quelques épisodes par-ci par-là ou des couvertures sur Batman. Une liste impressionnante qui ajoute un cachet inédit et élégant au livre.

Le Dernier Halloween croque donc de long en large toute la vaste galerie de vilains du Chevalier Noir (avec un accent sur Harvey Dent/Double-Face bien entendu), ses lieux emblématiques (le toit du GCPD, la Batcave, l’asile d’Arkham…) et une Gotham City nocturne et poisseuse. Un voyage palpitant pour les yeux tant on navigue en terrain connu mais dans une dimension paradoxalement nouvelle (un synopsis inédit) et habituelle (l’impression de lire un long épilogue qui était une évidence – redonnant aussi quelques lettres de noblesse à des ennemis de seconde zone). Difficile de détailler davantage sans révéler des éléments narratifs imprévus mais l’accent sur le côté détective est de nouveau au centre de la fiction, pour le plus grand plaisir des lecteurs (un aspect plutôt oublié ces dernières années…).

Différentes couvertures inédites de Tim Sale de ces dernières années ont été récupérées dans ses archives et séparent les épisodes. Une soixantaine de pages bonus complètent le beau livre (qui devrait être disponible dans trois éditions différentes – à un mois de sa sortie (4 janvier – 6 février), on s’étonne de cet oubli de communication d’Urban, à suivre !). Parmi elles, un entretien avec Jeph Loeb et une interview de chaque dessinateur (les mêmes questions y sont posées systématiquement). De quoi découvrir quelques anecdotes et, surtout, une forme de complaisance commune et un hommage collectif à Sale. C’est sympathique et relativement sage… Différents croquis ou story-boards sont proposés pour les plus complétistes.

L’année 2026 commence donc bien avec Le Dernier Halloween, un titre improbable, de même que Silence 2, lui aussi écrit par Jeph Loeb – mais moins bien à ce stade – et qui situe Batman dans ses premières années, rappelant une forme de nostalgie agréable (sans pour autant faire du « fan service ») et car on atteint une certaine saturation des séries habituelles (Batman et Detective Comics). En synthèse, aucune raison de faire l’impasse sur Le Dernier Halloween mais attention, il est crucial d’avoir lu les autres segments de cet univers voire de bien les avoir en tête avant histoire de ne pas être trop perdu !

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 06 février 2026.
Contient : Batman The Long Halloween Special #1 + Batman The Last Halloween #1-10
Nombre de pages : 368

Scénario : Jeph Loeb
Dessin : collectif, voir article
Couleur : Brennan Wagner, Dave Stewart

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Nube Consulting (Yasmin Govoni et Tlalli Atl)

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