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Batman – Year Two / Année Deux

Proposé comme 6ème volume de la collection DC Confidential *, Batman – Year Two / Année Deux succède au célèbre Année Un de Frank Miller. Il contient trois histoires, toutes écrites par Mike W. Barr. La principale et la plus longue, Année Deux, est dessinée par Alan Davis puis Todd McFarlane. Elle contient quatre chapitres de Detective Comics (#575-578) publiés à partir de juin 1987 (Année Un de Miller occupait la série Batman #404 à #407, de février à juin 1987, Année Deux enchaînait donc « parfaitement » en guise de suite). Ce récit avait été publié par Semic en France en 2003 sous le titre Year Two – L’héritage du Faucheur. Cercle vicieux (dessiné à nouveau par Alan Davis), la suite directe, avait aussi été en vente chez Semic mais « avant », en février 1999 (!) sous le titre La boucle est bouclée ! — parfois appelée Année Trois. Enfin,  La vengeance du Faucheur (dessiné par Jerry Bingham) date de 2011 et est inédit dans notre pays. Critique d’une œuvre méconnue qui mérite pourtant le détour !

* La collection DC Confidential se propose de mettre en lumière les étapes décisives dans la des plus grands super-héros, tout en révélant l’autre Histoire de DC, celle qui s’est déroulée en marge des grandes sagas connues de tous. Réalisés par les auteurs les plus talentueux et représentatifs de leur époque, ces récits complets — et inédits dans leur grande majorité — représentent autant de lectures indispensables pour qui souhaite approfondir sa connaissance de l’Univers DC. Chaque album sera pas ailleurs augmenté d’épisodes complémentaires qui couvriront un peu les recoins les moins exposés de l’éditeur.
Texte apposé sur la couverture par Urban Comics (Voir en fin d’article la liste des titres proposés.)

[Résumé de l’éditeur]
À présent que le Romain et sa famille mafieuse ont vu leur règne s’achever suite à l’alliance de Batman et de James Gordon, la ville de Gotham peut à nouveau entrevoir un avenir radieux. Mais le retour d’un justicier du passé, le Faucheur, va mettre en péril l’amitié entre le jeune Chevalier Noir et le commissaire nouvellement nommé. Poussé à bout, Batman va même devoir s’allier avec l’homme qui a changé à jamais le cours de sa vie, et la deuxième année de Batman pourrait bien s’avérer être sa dernière.

[Histoire — Année Deux]
Gotham City s’habitue à la présence du nouveau justicier masqué, Batman, allié du fraîchement promu commissaire Gordon. Les médias le comparent à un ancien « vigile costumé » appelé le Faucheur, qui sévissait dans la ville il y a vingt ans avant de disparaître soudainement.

C’est précisément au même moment que le Faucheur revient combattre les criminels. Comme son surnom l’indique, il « fauche des vies » : il coupe, tue, décapite les malfrats, les racketteurs, les prostituées…

Pour le combattre, Batman décide de l’affronter avec une arme à feu : le pistolet qui a ôté la vie de ses parents !

[Critique]
Année Deux
se lit extrêmement bien, nul besoin d’avoir tous les détails d’Année Un en tête (au contraire, cela apporte une certaine « nostalgie » de (re)découvrir les premiers pas de Bruce/Batman). Les quatre chapitres (Craignez le Faucheur, Pacte avec le Diable, Mortels Alliés, Et poussière…) s’enchaînent sans temps mort, passant parfois un peu trop vite sur des éléments, comme la romance entre Bruce Wayne et une nouvelle venue Rachel (le milliardaire la rencontre, tombe amoureux, sort avec, la demande en mariage, etc.). Cette idylle est probablement le seul défaut du récit qui a par ailleurs extrêmement bien passé la postérité (à l’inverse de Le Culte par exemple, qui a plutôt mal vieilli dans sa narration (mais pas ses dessins) et dont on retrouve justement ici une certaine similarité graphique).

On (re)voit avec plaisir quelques audaces de l’époque (sous l’égide de l’éditeur Dennis O’Neil, une bénédiction). Mike W. Barr ose toucher au sacré : Batman avec un flingue ! Batman allié à Joe Chill ! De quoi être sacrément remué pour un lecteur de longue date. Même si le fameux pistolet n’est, in fine, peut-être pas aussi bien exploité que cela, c’était complètement inédit pour une publication de ce genre. On l’apprend dans la passionnante préface de l’auteur : il avait écrit son histoire bien avant celle de Miller. Année Deux, un temps appelé Batman 1980, devait même être publié en parallèle d’Année Un. Barr a conservé 75% de son jet initial et adapté le reste pour coller à l’univers instauré par Miller.

Le scénariste met aussi en avant Leslie Thompkins, figure maternelle bien présente tout au long de la fiction pour soutenir ou recadrer le playboy. L’homme d’affaires se trouve également au premier plan (il apparaît presque autant que sous son costume de justicier), amusant la galerie, jouant avec son alias civil comme jamais. C’est quelque chose qui s’est beaucoup perdu au fil du temps, c’est donc très appréciable de retrouver cela, contrastant en plus avec la noirceur du Faucheur et des séquences très violentes et sanglantes.

Il n’y a aucun mystère quant à l’identité de ce dernier, il est présenté sous sa véritable identité puis, quelques cases plus loin, en train d’admirer son costume avant de l’enfiler. On sait donc de qui il s’agit avant même qu’il apparaisse en Faucheur. Cela permet de se concentrer sur ses motivations et non sur l’identité de ce « vigilante ». Ce n’est pas plus mal car il n’y a guère d’intérêt à dévoiler des antagonistes masqués en fin de récit lorsqu’ils sont de parfaits inconnus, jamais vu auparavant dans d’autres comics.

Le Faucheur tue, décapite et coupe sans sourciller (aussi bien des agresseurs/racketteurs/criminels que des prostituées !) et utilise des armes à feu sans problème. Une approche extrêmiste à l’opposé évidemment de la croisade de l’homme chauve-souris. Et si l’armure du Faucheur peut sembler un peu désuète et connoter radicalement avec le style très urbain et plausible de l’ensemble, ce n’est pas pire que celle d’un Azrael…

La bande dessinée, hyper accessible, prolonge sans problème la veine polar initiée dans Année Un. Que ce soit dans l’ambiance plutôt noire ou du côté des dessins particulièrement soignés et réalistes (on est parfois proche d’un thriller franco-belge). Alan Davis assure le premier chapitre avant que le légendaire Todd McFarlane (Spawn) apporte sa touche flamboyante quand il croque le Chevalier Noir en action, avec le déploiement gothique et presque irréel de la cape du justicier. Sublime !

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[Histoire — Cercle Vicieux]
Tandis que Batman vient de recruter Robin (Dick Grayson), le Faucheur est de retour à Gotham ! Qui a revêtu l’armure du terrible vigilante ? Pourquoi noue-t-il une haine si féroce envers le Chevalier Noir ?

L’occasion pour Bruce de retrouver Leslie et, surtout, Rachel, la fille de l’ancien Faucheur.

[Critique]
Là aussi on connaît directement l’identité du « nouveau » Faucheur, à savoir le fils de Joe Chill ! Cette suite s’insère parfaitement et propose une intrigue ficelée assez prenante. L’expression « la boucle est bouclée » prend tout son sens à la fin.

Quelques nouveautés priment comme Batman qui maquille son visage même sous son masque de justicier (!) si jamais il lui arrivait malheur. Et ce sera évidemment le cas, lors d’une scène inoubliable où le Chevalier Noir risque de finir pendu ou tombé dans de l’acide, vacillé par son propre traumatisme d’enfant. Heureusement que Dick/Robin apporte une certaine légèreté à l’ensemble et permet de suivre ses premiers pas (en parallèle du très bon Robin – Année Un).

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[Histoire — La vengeance du Faucheur]
Quelques années après les évènements précédents, un autre Faucheur est (encore) de retour ! Batman est désormais allié à Jason Todd comme second Robin. Tous deux enquêtent.

[Critique]
Cette fois, c’est l’inverse, l’identité du Faucheur n’est révélée qu’à la fin et le lecteur est invité à suivre les indices afin de voir s’il a découvert, comme Batman, qui se cache derrière le crâne argenté du terrible ennemi (ou s’il n’y arrive pas, comme Robin).

Sans aucun doute le récit le plus faible de l’ouvrage : aussi bien scénaristiquement parlant (des choses prévisibles, d’autres pas du tout alors qu’elles sont censées l’être, peu importe elles ne sont guère intéressantes) que graphiquement (Jerry Bingham et son encrage trop épais, son manque de clarté global et ses quelques visages trop communs pour se démarquer du reste).

Néanmoins, on a ainsi l’intégralité du travail de Mike W. Barr sur cet antagoniste particulier qui a étrangement moins marqué la galerie d’ennemis de seconde (voire troisième) zone qui apparaît de temps à autre dans la mythologie Batman : Cluemaster, Killer Moth, Anarky, Zeus, KGBeast, l’Électrocuteur, Ratcatcher… Le Faucheur est revenu brièvement dans Arkham War mais n’a jamais récupéré son « aura » d’antan. Curieusement, il n’était pas présent non plus dans l’excellente saga de jeux vidéo Batman – Arkham ni dans la série d’animation de 1992. La faute, peut-être, à un design qui semble avoir servi d’inspiration aussi bien à Azraël (Jean-Paul Valley), cinq ans après l’apparition du Faucheur, ou à celui du célèbre Fantôme Masqué du parfait long-métrage animé du même titre. Tous deux s’étant davantage inscrit dans la culture populaire en complément des fans assidus de Batman.

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[Conclusion & Critique de l’ensemble]
Faut-il acheter et lire Année Deux ? Absolument. Atteint-on la certaine « maestria » d’Année Un ? Non. Est-ce un problème ? Pas du tout. Au contraire et comme déjà évoqué, Année Deux franchit plutôt bien l’épreuve du temps, restant toujours aussi efficace dans sa narration que son découpage dynamique au rythme imbattable (trop rapide parfois). Violent, sanglant, sans concession, on (re)découvre un pan mythique et quasiment indispensable pour tous les passionnés. On le (re)précise si jamais : il ne s’agit pas d’une suite directe d’Année Un mais d’une histoire qui s’y déroule peu de temps après.

La très belle édition d’Urban Comics et son prix dérisoire pour son contenu (environ 200 pages pour 17,50€) en font un incontournable pour ceux qui s’intéressent aux premières années du Chevalier Noir, rejoignant habilement trois titres cultes (Année Un, Un Long Halloween, Amère Victoire) et se greffant éventuellement à deux comics plus confidentiels (Un homme à terre et Robin : Année Un). Il rejoint ainsi les « coups de cœur » du site et s’intercale efficacement dans la liste des comics « par où commencer ? » (même s’il est moins dispensable que les autres pré-cités, bien entendu).

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Que ce soit pour Cercle Vicieux (arborant son titre anglais Full Circle, traduit par La boucle est bouclée !) en 1999 (en hors-série de leur catalogue alloué à Batman) ou Année Deux (titré L’héritage du Faucheur) en 2003 (en souscription d’abonnement pour plusieurs comics de super-héros, tous éditeurs US confondus), Semic avait choisi la même illustration de couverture. C’est aussi celle qu’arbore l’édition 2021 d’Urban Comics présentée dans cet article.

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Un mot sur cette collection DC Confidential expliquée en début d’article. Elle propose en effet de très bons récits atypiques (la chronique du premier tome est prévu prochainement) qu’on recommande amplement. Ci-dessous la liste des volumes concernés (la collection se concentre uniquement sur des titres des années 1980 aux 2000).

1. Batman – Huntress : Cry for Blood / Dette de Sang [2000]
2. Green Lantern : Emerald Twilight / Crépuscule [1994]
3. Green Arrow : The Longbow Hunters / Les Prédateurs [1987]
4. JSA : The Golden Age / L’Âge d’or [1993]
5. Legion of Super-Heroes : The Great Darkness Saga / La Saga des Ténèbres [1982]
6. Batman : Year Two / Année Deux [1987]

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 29 janvier 2021.
Précédemment publié chez Semic en février 1999 et en mars 2003.

Scénario : Mike W. Barr
Dessin : Alan Davis, Todd Mc Farlane, Jerry Gingham
Encrage : Paul Neary, Alfredo Alcala, Mark Farmer, Todd Mc Farlane, Jerry Gingham
Couleur : Steve Oliff, Gloria Vasquez, Tom Ziuko, Carlos Badilla

Traduction : Nicole Duclos et Xavier Hanart
Lettrage : Moscow ★ Eye

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Batman : Joker War – Tome 1

Se déroulant après la très longue série Batman Rebirth (12 tomes), Joker War se veut accessible (il l’est) et relançant l’univers du Chevalier Noir avec plusieurs nouvelles bases inédites (détaillées dans la critique). Pas besoin de se farcir les tomes de Rebirth pour profiter de cette nouvelle « guerre » mais un rappel d’informations est nécessaire, habilement évoquées en avant-propos par l’auteur James Tynion IV, qui succède à Tom King et Scott Snyder (tout en ayant été un de leur complice par le passé). Critique.

[Résumé de l’éditeur]
À présent que la ville de Gotham est libérée du joug de Bane, Batman et Catwoman ont décidé de s’associer pour rendre la justice dans la ville déchue. Mais une affaire ancienne qui a impliqué la féline cambrioleuse et les plus grands ennemis du Chevalier Noir menace de refaire surface quand le Designer, un super-vilain oublié, fait sa réapparition. Selina va devoir faire un choix entre ses anciennes et ses nouvelles relations.

[Histoire]
Dans un passé plus ou moins proche puis de nos jours, Batman combat quatre mercenaires redoutables : Cheshire, Merlyn, Mr Teeth et Gunsmith. Le Chevalier Noir les « retrouve » ensuite sous l’égide du terrible Deathstroke. Que prépare le fameux Slade Wilson ?

En parallèle, Catwoman, le Pingouin et le Sphinx reprennent contact pour évoquer un mystérieux souvenir incluant le Joker et un certain « Designer ».

Alternant les affrontements et les enquêtes, Batman ne comprend pas où veulent en venir ses ennemis, tous se jouent de lui et restent énigmatique quant à leur objectif.

Le Clown Prince du Crime se cache pourtant derrière ces nouvelles manipulations, aidé par Punchline, sa nouvelle compagne. Le Joker connaît en effet l’identité du justicier de Gotham et compte bien en profiter !

[Critique]
Coup de cœur ! C’est réjouissant de débuter (enfin !) une « nouvelle » aventure du Chevalier Noir avec autant d’intérêt et d’aisance. D’entrée de jeu, on sait que Joker War s’annonce différent de bon nombre de productions récentes (à la qualité variable). En effet, le comic-book propose de multiples nouveautés à tous points de vue. Ainsi, quatre personnages ont été conçus : Mr Teeth (alias Mr Dentition — sic) et Gunsmith, deux mercenaires (peu mis en avant pour l’instant) travaillant avec Deathstroke, le Designer, énigmatique homme de l’ombre tirant certaines ficelles et, surtout, Punchline, la nouvelle muse du Joker qui succède donc à Harley Quinn — celle-ci étant fraîchement émancipée de son Clown (dans à peu près tous les médiums où elle apparaît : comics, films, série animée…).

Lucius Fox remplace Alfred au rôle d’équipier à distance (avec de jolies mentions à l’ancien majordome, des moments qu’on peut qualifier de « deuil » par petites touches, particulièrement réussis). Bullock supplante Gordon (sur la touche lui aussi mais à cause du Batman Qui Rit — cf. le tome Les Infectés). Néanmoins aucune complication pour comprendre l’ensemble, qu’on soit novice ou non.

Certes le récit est assez dense avec foule de personnages mais si on est familier, même un peu, avec l’univers de Batman on s’y retrouve sans trop de problème. Une mention à Doom War est évoquée mais n’a aucune incidence sur la trame narrative globale. Un nouveau véhicule est également de la partie, le Nigthclimber, variante du Batplane et un gadget inédit de Fox permet aussi « l’appropriation » d’automobiles donnant l’illusion d’une Batmobile. L’enjeu scénaristique est lui aussi novateur : le Joker connaît l’identité de Batman et s’attaque à voler la fortune de… Bruce Wayne !

Résumons : d’un côté Batman, épaulé par Catwoman et Lucius, d’un autre les pions du Joker : sa compagne Punchline, Deathstroke et quatre autres mercenaires. Le Pingouin et Nygma gravitent également autour de ces protagonistes. Il semble que ces deux ennemis emblématiques cachent un lourd secret avec deux autres vilains habituels : le Joker, à nouveau, et… Catwoman ! Ils parlent d’un autre antagoniste : l’énigmatique Designer.

De l’aventure, de l’action, des mystères, une touche émouvante par-ci par-là, voilà un livre qui réussit le tour de force de séduire le lectorat habituel tout autant que les néophytes et qui devrait raviver la passion chez les fans du Chevalier Noir qui avaient du mal à s’y retrouver depuis quelques années (les égarements « grandiloquents » et teintés de SF/fantastiques dans la saga Metal, la romance décousue et parfois ennuyante de l’ère Rebirth, le manque de « prise de risque » mais aussi de « renouveau », etc.).

Dans Joker War, Batman se retrouve (presque) seul, quasiment à l’ancienne, face à une galerie de vilains charismatiques, un nouveau jeu de piste qui n’est pas sans rappeler la première saison en quatre volumes de Batman Eternal (qu’on conseille grandement) sur laquelle opérait déjà James Tynion IV. En somme, la bande dessinée est un nouveau départ réussi !

Tout n’est peut-être pas parfait mais on peut aisément fermer les yeux sur les défauts mineurs. Les premières pages de présentation des mercenaires par exemple ne sont pas forcément les plus palpitantes (d’autant qu’ils ne sont pas très bien exploités au long de la fiction, à l’exception d’un(e) — peut-être davantage par la suite) mais l’écriture presque soutenue sort du lot et on prend plaisir à parcourir les pages. Malgré les différents dessinateurs (voir ci-après) on trouve une homogénéité graphique notable et plaisante. Les origines de Punchline (en illustration en fin de cet article) ont été publiées dans le recueil des Joker 80 ans qui est sorti à peu près en même, ce qui est un peu dommage aussi (mais heureusement elles sont proposées dans le deuxième tome de Joker War !).

Du reste, difficile de s’épancher (on aimerait bien mais freinons nous) sans gâcher le plaisir de la découverte ! Entre la froideur et l’intelligence d’un Deathstroke, la complicité entre Harley et Catwoman (et les allusions au nouveau statu quo presque traîtresse de cette dernière), l’intensité des duels verbaux et physiques de Punchline et Harley… il y a vraiment beaucoup d’éléments appréciables, servis dans un mélange des genres très bien équilibré (drame, romance, mystère, aventure, action, légère science-fiction, soupçon de fantastique, etc.). On apprécie aussi les figures féminines parfois sexy mais sans tomber dans un sexisme primaire dont souffrait parfois Rebirth. L’écriture de tous les personnages est relativement soignée, fluide et palpitante.

Pour les passionnés, le tome est construit ainsi dans sa version française. D’abord quatre prologues issus de Batman Secret Files #3 : Cheshire dans Ne retiens pas ton souffle (scénario : Vita Ayala, dessin : Andie Tong), Merlyn dans Prédateurs (Phillip Kennedy Johnson / Victor Ibanez), Mr Teeth dans Muet (Mariko Tamaki / Riley Rossmo) et Gunsmith dans Qui a peur de l’Amérique ? (Dan Watters / John Paul Leon — vu récemment dans Créature de la nuit). Viennent ensuite les chapitres de la série Batman (toujours ère Rebirth depuis 2016) du #86 au #94 (sobrement intitulés Chapitre 1 à 10 contre Dark Design en VO), avec donc James Tynion IV au scénario et principalement aux dessins Tony S. Daniel, Guillem March et surtout Jorge Jimenez, tous trois livrant de superbes planches, des traits fins, un découpage dynamique, des plans épiques, tous servis par les colorisations sublimes de Tomeu Morey, Alejandro Sanchez, Jordie Bellaire et Fco Plascencia. Des noms qui parleront aux familiers de l’industrie et qui sont des « valeurs sûres » pour des productions mainstream de ce genre.

En synthèse, Joker War rejoint la liste des coups de cœur du site, le guide des comics Batman « par où commencer » mais aussi le haut du panier des meilleures nouveautés 2020 presque indispensables (avec Harleen notamment). Il est aussi une porte d’entrée pour les nouveaux venus, cela se faisait rare depuis plusieurs années, c’est donc une bonne chose !

[A propos]
Publié le 18 septembre 2020 chez Urban Comics.
Contenu : Batman #86-94 + Batman Secret Files #3, également publié dans Batman Bimestriel #11 et 12 durant le second semestre 2021 (un an plus tard que la version librairie donc…).

Scénario : James Tynion IV (+ collectif additionnel)
Dessin : Tony S. Daniel, Guillem March, Jorge Jimenez, Carlo Pagulayan, Ragael Albuquerque (+ collectif additionnel)
Encrage additionnel : Danny Miki
Couleur : Tomeu Morey, Alejandro Sanchez, Jordie Bellaire, Fco Plascencia

Traduction : Jérôme Wicky
Lettrage : MAKMA (Sabine Maddin et Stephan Boschat)

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Que vaut l’intégralité de la série Batman Rebirth ?

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Les aventures de Batman se suivent et se ressemblent parfois plus ou moins, au grand dam des lecteurs. Après le run décrié de Scott Snyder, c’est Tom King qui a repris en main le personnage du Chevalier Noir — en bénéficiant du Relaunch Rebirth de 2016 — durant une longévité exceptionnelle (une centaine de chapitres publiés pendant quatre ans, au rythme de deux par mois !). En France, c’est sous l’appellation Batman Rebirth que la série a été proposée par Urban Comics, en 12 tomes (le dernier est sorti en juin 2020). Résumé et critique de l’ensemble (attention, l’article contient donc quelques révélations).

Une porte d’entrée moyenne… (tome 01)

Attirer de nouveaux lecteurs, proposer quelque chose de neuf pour les habitués ; l’éternel relaunch, reboot ou autres fresh start. Ici, la nouveauté porte sur deux nouveaux personnages : Hank et Claire, alias Gotham et Gotham Girl. Un frère et une sœur avides de justice, voulant rejoindre la croisade de Batman grâce à des pouvoirs achetés sur le marché noir mais qui les détruisent à petit feu. Une idée de départ plus ou moins novatrice (dans le milieu de l’industrie), débouchant sur un énième comic-book « mainstream » simple et efficace mais non dénué de défauts et, surtout, peu mémorable niveau scénario.
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Mon nom est Gotham (le titre de ce premier tome) est un semi-échec (ou semi-réussite c’est selon), avec un premier chapitre introductif déconnecté et inutile, et de superbes planches de David Finch (on parlera des dessins de la saga plus loin). Un départ moyen, ni réellement passionnant ni franchement déplaisant. Une production correcte qui est, de facto, un point d’entrée idéal pour de nouveau lecteurs, là-dessus ça fonctionne — malgré des allusions à diverses séries DC Comics, incluant le précédent run de Scott Snyder. Rétroactivement, on peut confirmer que Claire/Gotham Girl aura une certaine importance par la suite (notamment vers la fin) mais elle est écartée peu après et disparaît sans jamais être réellement mentionnée ou (re)mise en avant. De même pour le Psycho-Pirate, ennemi de seconde zone oubliable mais revêtant un certain intérêt tout le long de la fiction.

… puis des aventures fracassantes et originales (tomes 02 et 03) !

Mon nom est Suicide (titre du deuxième volume) peut limite se lire indépendamment et se démarque de son prédécesseur par de réelles qualités d’écriture (et de dessins — tout cet autre aspect, primordial dans une bande dessinée, sera évoqué plus bas).
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Le Chevalier Noir part en mission avec son propre escadron suicide (incluant Catwoman). L’ensemble est passionnant, très joli et original. On y retrouve un peu la patte Morrison tout en s’en émancipant habilement.
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Mon nom est Bane (le troisième) dévoile un incroyable affrontement entre Batman et Bane. Inversant presque le culte Knightfall (ici c’est l’ennemi qui combat les fous d’Arkham avant le justicier) et mettant en avant une longue galerie de personnages secondaires, notamment les alliés (les ennemis l’étaient dans le volume précédent).
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La conclusion du récit ? Une demande en mariage de Bruce à Selina ! Alléchant… mais (rétroactivement une fois de plus), ce mariage n’aura lieu que cinq tomes plus tard, pénible.
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Le premier vrai loupé (tome 04)

La guerre des rires et des énigmes donne son nom à l’album et évidemment à l’événement éponyme.  Plusieurs fois évoquée juste avant, souvent mentionnée ensuite, cette fameuse guerre est pourtant un ratage complet. Bruce partage son lourd secret avec Selina : il a failli dépasser sa limite et tuer un de ses ennemis… Ce qui était censé être un point d’orgue s’avère un pétard mouillé et surtout un conflit meurtrier entre les troupes du Sphinx et celles du Joker, complètement improbable et peu plausible.
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Faussement violent et grotesque, le récrit se vautre dans un survol des personnages, perd en réalisme ce qu’il avait réussi à gagner jusqu’ici en authenticité, et ne sert absolument à rien. Le concept, bon au demeurant, est mal exploité et n’apporte pas grand-chose au passé, au présent ou au futur de Batman (surtout maintenant que la série est terminée). Clairement un volume qu’on peut ne pas lire.

Les égarements… (tomes 05, 06 et une bonne partie du 07)

Sans doute la partie la plus inégale du run. Si rien n’était à sauver dans le tome 04, on retrouve ensuite des choses très moyennes à de rares exceptions, avec donc du bon et du moins bon. Les tomes 05 et 06, En amour comme à la guerre et Tout le monde aime Ivy, proposent des bouts d’histoires en marge du fameux mariage entre Bruce et Selina. On y trouve pèle-mêle un combat entre Selina et Talia al Ghul, dans le but de déterminer qui « mérite » le milliardaire (pfiouh, on en est là…), une sortie amusante entre couples (Loïs et Clark accompagnant Selina et Bruce), Wonder Woman et Batman, piégés dans une dimension où le temps s’écoule plus lentement et devant faire face à des hordes de monstres, Poison Ivy contrôlant les plantes (original…) mais ayant éradiqué le crime, Booster Gold venant du futur, etc.
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Ces chapitres sont tour à tour palpitants et ennuyants, parfois drôles, parfois invraisemblables. Presque hors-sujet aussi, tant l’ensemble stagne et n’avance pas vraiment. Heureusement, un aspect poétique et humaniste (servi par de jolis dessins toujours) contrebalance les défauts évoqués, auxquels on ajoute volontiers un côté parfois sexiste (tant dans la narration que dans les postures féminines hyper sexuées qui plombent des morceaux du run).
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Le tome 07, Sur la route de l’autel, aurait gagné à être divisé en deux parties pour laisser la première dans le volume précédent et s’en passer aisément, la seconde dans le suivant pour le rendre culte voire indispensable même pour un lecteur qui ne lirait que celui-ci. Le titre est en effet composé de cinq chapitres montrant un affrontement entre un allié et un ennemi de Batman (Robin vs. Ra’s al Ghul, Nightwing vs. Hush, Batgirl vs. l’Homme-Mystère, Red Hood vs. Anarky, Harley Quinn vs. Joker) puis de deux épisodes classiques de la série. Les combats sont peu mémorables, ils permettent de mettre brièvement en avant la Bat-Family, peu vue jusqu’ici, et quelques adversaires emblématiques. La vraie force de ce septième volume réside dans ses deux derniers épisodes, d’une écriture magistrale, avec un Joker d’anthologie, au sommet de sa forme. Du grand art !

… avant l’apothéose (fin du tome 07, tome 08, 09 et un volume unique publié en marge)

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Comme on vient de le voir, la fin du septième tome est une pépite. Le huitième, Noces Noires, est sans aucun doute le meilleur de tout le run. Le fameux mariage a enfin lieu, avec des conséquences inattendues. Pour l’occasion (et aussi car il s’agit du 50ème chapitre de la série, augmenté de plusieurs pages), une grande galerie de dessinateurs [1] clament leur amour pour les deux héros à travers des planches incroyables et des réflexions, signés Tom King évidemment, qui font mouchent, qui émeuvent ou touchent. C’est élégant, c’est incontournable pour la (nouvelle) mythologie de Batman. On peut lire en parallèle À la vie, à la mort, one-shot sur l’idylle entre les deux personnages dans un (trop) court récit qui se termine dans un futur plus ou moins lointain. Autre bijou mélancolique.
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La suite de l’histoire n’est pas en reste puisque Bruce Wayne se retrouve juré dans un procès concernant Mister Freeze. Il doit convaincre les autres citoyens de l’innocence de l’accusé et pourquoi Batman n’est pas forcément la représentation idéale de la justice ! Une situation inédite qui se poursuit dans L’aile meurtrière. Ce neuvième tome marque aussi le retour de Nightwing et KGBeast (lui aussi pioché dans la saga Knightfall), un touchant hommage à Alfred et la « renaissance » de… Bane ! Grand absent depuis plusieurs volumes, il revient d’une façon très intéressante.

Tome 10 et 11 – Poursuite en demi-teinte

Après l’interminable partie sur la romance entre Bruce et Selina, la série tombe dans un travers classique du genre : les illusions et rêves déments qui prennent un temps fou au lieu de faire avancer l’intrigue. C’est le cas de Cauchemars, dixième tome qui, comme son titre l’indique, voit le justicier coincé dans une machine à cauchemars. On a connu King plus inspiré même s’il en profite pour mettre en avant, une fois de plus, les démons et la fragilité de l’homme (de Bruce Wayne donc).
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Malgré de jolis moments d’écriture (des échanges entre Batman et Catwoman notamment), il en résulte à nouveau un sentiment de surplace narratif (l’histoire principale n’a quasiment pas avancé et l’on reste presque intégralement dans la psyché de Bruce/Batman tout le long du titre). On retient la présence de Constantine dans ce volume qui pourrait lui aussi se lire comme un one-shot indépendant.
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Le travail de déconstruction psychologique se poursuit dans La chute et les déchus, nettement meilleur mais non exempt de défauts. Bane est (vraiment) de retour cette fois ainsi que… Thomas Wayne ! La version Batman de Flashpoint, difficile de comprendre/suivre si l’on n’est pas familier de ces événements.
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Un voyage initiatique avec le père et le fils s’avère particulièrement émouvant. Mieux : les pièces du puzzle de tout ce qu’on a lu depuis le premier tome commencent à se rassembler pour former un tout cohérent.

Tome 12 – Conclusion réussie, épique et émouvante

Tom King avait-il tout prévu depuis la mise en place de son univers ? Il faut croire que oui (au moins dans les grandes lignes) tant tout se recroise avec une étonnante fluidité. La douzaine de chapitres aurait (une fois de plus) pu être réduite, notamment dans sa première moitié qui s’attarde trop sur Selina et Bruce hors de Gotham City et pas assez sur cette dernière et son statu quo inédit.
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La Cité de Bane (titre de cet ultime tome) enchaîne les séquences marquantes : une ville sous le joug de Bane, le Batman Flashpoint accompagné de Gotham Girl (rappelez-vous le tout premier volume) en guise de justiciers de l’extrême, les emblématiques ennemis incorporés aux forces de l’ordre (le GCPD est dirigé par Strange), une mort marquante par son exécution puis son testament romanesque touchant, une idylle renouée et une fin tout à fait satisfaisante, fermant ce qu’a instauré King et ouvrant habilement une suite [2].
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En somme, une conclusion épique et émouvante, réussie en tous points, et qui permet de conserver une note positive de l’entièreté de l’arc malgré ses égarements narratifs et son côté inutilement étiré.

Des dessinateurs prestigieux et une épopée graphique soignée

On ne l’avait pas encore évoquée pour se concentrer dans un premier temps sur le scénario mais la partie visuelle est évidemment très importante. Un artiste revient régulièrement (impossible d’en avoir un seul vu le rythme de parution de toute façon — deux chapitres de 20 pages chaque mois !) : Mikel Janin. Il aura su apposer son style doux si particulier et ses visages marquants tout au long de la série. D’autres prestigieux noms l’ont accompagné, comme David Finch, Tony S. Daniel, Jorge Fornes, Joëlle Jones et Clay Mann pour les plus importants. Chacun apportant une touche graphique soignée, dans une jolie succession de planches sans réel faux pas. Bien sûr la non homogénéité des styles pourrait déplaire, mais on ne ressort pas choqué de ce mélange des genres.
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Batman Rebirth joue donc sur deux tableaux principaux. Le très long plan de Bane, organisé dans l’ombre avec la complicité inédite du Batman Flashpoint. En ce sens, on est presque dans un remake de Knightfall et de la destruction physique et psychologique de Batman/Bruce. Rien de nouveau si ce n’est une modernité et crédibilité plus poussée, palpitante ! Second intérêt : la romance entre Bruce Wayne et Selina Kyle. Leur relation, particulièrement bien écrite, donne lieu à des scènes aussi touchantes qu’agaçantes. Le jeu du chat et de la (chauve) souris est parfois pénible, chacun se drapant derrière son masque au lieu de lâcher prise et savourer enfin un peu de répit et de bonheur. On retient le huitième tome, Noces Noires, qu’on peut même lire indépendamment du reste — comme les tomes 2 et 10 par exemple, une des forces de la série.
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Tom King réussit où Scott Snyder échouait : son travail est moins clivant, il déconstruit moins le mythe du Chevalier Noir. Il (ré)écrit à sa manière des sujets et thématiques déjà abordés. Mais à l’inverse de son confrère scénariste, il réussit à produire d’authentiques pépites et, à l’opposé, des navets sans nom. Snyder séduisait ou dérangeait mais n’arrivait jamais vraiment à se hisser au sommet sans pour autant tomber non plus dans les égouts, il arrivait à proposer quelque chose au pire vaguement divertissant. Pour vulgariser grossièrement, Snyder a produit du bon et du moins bon là où King a produit de l’excellent et du médiocre. Les deux souffrent d’une qualité hétérogène évidente vu la longueur de leurs runs respectifs (9 tomes pour Snyder, 12 pour King).
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Si Scott Snyder a marqué les esprits avec des créations qui occupent désormais une place plus ou moins importante dans la mythologie de Batman (sa fameuse et surestimée Cour des Hiboux, leurs ergots, la figure singulière du Joker…) ce ne sera pas forcément le cas du travail de Tom King, pourtant meilleur, paradoxalement. Un énième plan de Bane contre un Batman brisé et déchu ? Une idylle avec Selina Kyle, certes détaillée et enrichie ? Tout cela n’est,  in fine, pas réellement nouveau, seul son traitement l’est. Même s’il y a bien sûr des passages marquants et — on le répète — de superbes tomes.
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Les conséquences pour la suite seront probablement minimes. Il y a bien sûr la mort d’un personnage principal historique à prendre en compte. Mais, on le sait, il y a de fortes chances pour que ce dernier revive d’une manière ou d’une autre… Il y a par contre un élément crucial qui sera l’héritier de Batman Rebirth mais… celui-ci n’est bizarrement pas évoqué dans les derniers tomes de la série mais dans une autre production à venir, toujours signée par Tom King. Difficile d’en dire plus sans dévoiler le fameux élément crucial pour cette œuvre à venir. Finalement, c’est le nouvel ennemi, le Batman Flashpoint, Thomas Wayne donc, qui saura peut-être revenir dans un futur proche en tant qu’allié ou vilain de qualité, qui marquera davantage les esprits.

En synthèse, pour ceux souhaitant piocher le plus intéressant dans leur lecture (l’intégralité revient tout de même à presque 230 €, un investissement important donc !), on conseillera d’acheter les tomes 01, 02, 03, 08, 09, 11 et 12 (éventuellement le 07 pour sa dernière partie remarquable et À la vie, à la mort). On se plaît à imaginer une réédition supprimant les chapitres anecdotiques et tout le surplace narratif peu palpitant. Malgré les défauts et égarements divers, la tendance globale reste sur une note plutôt positive. Bravo donc à Tom King d’avoir réussi à mettre de jolis mots sur des maux particulièrement humains. Un travail appréciable, parfois clivant, parfois passionnant, qui laisse rarement indifférent. L’avenir nous dira si tout cela n’aura pas été vain…
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[1] Jason Fabok, Frank Miller, Lee Bermejo, Neal Adams, Tony S. Daniel, Paul Pope, Tim Sale, Andy Kubert, David Finch, Jim Lee, Greg Capullo… parmi les plus connus de l’industrie !

[2] L’épilogue ouvre sur une autre histoire, qui sera écrite par James Tynion IV, habitué depuis une petite dizaine d’année à signer ou co-signer diverses bandes dessinées sur le Chevalier Noir. Tout cela sera à découvrir dès septembre dans le premier volume (très réussi et accessible) de Batman : Joker War.
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Cet article — se voulant être un bon complément des critiques détaillées, analysant avec le recul l’entièreté du run et le présentant de manière plus synthétique — a initialement été publié sur UMAC (site sur lequel je contribue de temps en temps).

Les points positifs de la série Batman Rebirth :
  • Un ensemble cohérent, dont toutes les intrigues trouvent une résolution.
  • Les dessins majoritairement assurés par Mikel Janin, David Finch, Tony S. Daniel, Jorge Fornes. De jolies planches, un régal !
  • Deux histoires importantes : le plan de Bane et la romance entre Bruce et Selina.
  • Le côté humain et meurtri de Bruce Wayne, bien mis en avant tout le long.
  • Très bon travail éditorial d’Urban Comics (rapidité des sorties au plus près des versions US, contextualisation de l’ensemble, fiches personnages, choix de couvertures pertinents et galeries de bonus systématiques).
  • Des connexions à d’autres bons récits (Flashpoint et le segment sur le Chevalier Noir de cet univers, Le Badge, Heroes in Crisis, diverses séries sur Batman, etc.)…

Les points négatifs :

  • … qui peuvent perdre (un peu) les non connaisseurs.
  • Beaucoup trop long, l’essentiel aurait largement pu tenir en 7 tomes.
  • Un rythme en demi-teinte, parfois passionnant, parfois ennuyant, avec des épisodes inutiles ou de faible qualité.
  • Des passages pouvant parfois être perçus comme sexistes.
  • Moins marquant que d’autres sagas cultes (à part la mort d’un personnage important mais qui reviendra sans doute d’une manière ou d’une autre, comme toujours, même si on espère avoir tort).
  • (Un chapitre complémentaire qui aurait dû être intégré dans la série Rebirth au lieu de bénéficier d’un tirage à part.)