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Dark Knight III – Tome 04

Dark Knight III (en quatre tome) est le troisième volet du « Dark Knight Universe de Frank Miller », débuté en 1986 avec The Dark Knight Returns et poursuivi avec The Dark Knight Strikes Again.
Page récapitulative

batman-dark-knight-iii-tome-4  Dark Knight III - Tome 4

(La couverture de gauche est bien la couverture « définitive » choisie pour l’impression.
Celle de droite, dévoilée sur les sites de vente sur Internet, est soit la version alternative pour l’enseigne Cultura
— ce qui serait étrange car les trois précédentes étaient en couleur et non en noir et blanc —,
soit une première version de maquette qui a tout simplement été annulée.
)

Afin de mieux « savourer » la conclusion de Dark Knight III, il est évidemment conseillé de relire les trois premiers tomes juste avant. Toutefois, pour ceux n’ayant pas le temps de se replonger dedans, le résumé de l’éditeur  en introduction d’ouvrage est très bien écrit et récapitule brillamment tous les éléments passés.

DK3 Sup save Bat

[Histoire]
Durant la grande bataille face aux kryptoniens à Gotham, Batman a trouvé la mort. Superman emmène la dépouille de Bruce Wayne dans un puits de Lazare pour le ramener à la vie.

De son côté, Quar et son fils Baal (défiguré par Batgirl/Carrie Kelley) veulent se venger en tuant le fils de Superman, Jonathan, qu’il a eu avec Wonder Woman.

L’autre enfant du même couple, Lara, qui s’était rangée du côté des kryptoniens, va devoir choisir « son camp ».

DK3 Quar

[Critique]
Dernière salve de Dark Knight III, composé de trois chapitres (7 à 9), ce tome conclut efficacement, épiquement et même talentueusement ces « nouvelles aventures de Batman ». Les guillemets sont de mises car, comme c’était déjà le cas pour The Dark Knight Strikes Again (la première suite clairement ratée de The Dark Knight Returns), l’histoire concerne plutôt les membres de la Justice League (la Trinité surtout) que Batman en lui-même. L’omniprésence de Superman et Lara (sa fille), ainsi que les nombreux personnages secondaires (Wonder Woman, Atom, Flash, Green Lantern…) permettent de mettre en avant davantage « l’univers » consolidé de Frank Miller que son super-héros Gothamien (ou sa relève via Carrie Kelley). Est-ce problématique ? Non, c’est assez cohérent avec ce qu’institue Miller depuis son œuvre originelle d’il y a plus de trente ans.

Qu’il y a-t-il de bon et de moins bon dans ce quatrième tome alors ? Dans les mauvais points, il y a évidemment la « mort » de Bruce Wayne. Si le format de publication (par chapitre aux États-Unis et par volume en France) a permis de laisser planer le doute quelques temps (Batman est-il vraiment décédé ?), on est peu surpris de voir sa résurrection dès l’ouverture du livre. Une renaissance qui s’accompagne par un bain de jouvence, permettant aux scénaristes de « boucler la boucle » en concluant sur un nouveau départ un peu facile (Batman et Batwoman — qui était Batgirl et avant Robin — forment un duo « jeune » et prêt à en découdre), un peu « happy end » mais clairement nécessaire dans cette saga relativement cynique, noire et violente. La curieuse impression de lecture rapide passe « mieux » en (re)lisant toute la série en une fois, même si s’attarder sur plus d’éléments (la commissaire Yindel, Carrie, Aquaman…) aurait été intéressant. Le grand méchant de DK3 était à la fois puissant et… ridicule. Ridicule par ses motivations, l’éternel mantra de vengeance et de règne dictatorial pour montrer sa puissance et sa force à un peuple (les Terriens). Toutefois, ce questionnement sur le divin revient régulièrement tout au long des neuf chapitres (et ses « appendices », voir ci-après) et cela pousse à la réflexion interne. Une bonne chose donc.

DK3 Batgirl Batman Superman

Les « appendices » (nom plus juste donné aux back-up) sont cette fois centrés sur Hawkman et Hawkgirl mais surtout Green Lantern (pour la seconde fois) et le commissaire Yindel (face à des faux Joker et à Bruno, une femme nazie — sic) ; le dernier constitue surtout un bel épilogue. À l’inverse des précédents appendices, ceux de cet ouvrage sont graphiquement plus réussis, Miller retrouvant peu à peu de sa superbe. Le reste de l’ouvrage s’émancipe (à nouveau) de son style puisque Kubert est plus proche de sa patte personnelle que celle de son illustre maître. Une évolution flagrante lorsqu’on (re)lit tout d’une traite.

Scénaristiquement parlant (Azzarello travaillant avec Miller, sans qu’on sache clairement sous quelle forme), l’accent est mis sur Lara, avec brio, et Wonder Woman apparaît « enfin » comme elle se doit. Il n’y a pas grand chose à « reprocher » à cette conclusion, elle apparaît comme évidente, bien qu’un peu facile comme on le soulignait plus haut. Pas expéditive, plutôt épique, pas forcément surprenante mais pas non plus totalement prévisible, bref l’ensemble de ce Dark Knight III est — finalement — une bonne série de comics. « Finalement » car le début était relativement moyen (faute à une publication segmentée en de trop nombreux tomes, voir « l’analyse éditoriale » dans le dernier paragraphe de cet article).

DK3 Wonder Woman

► Conclusion générale

Presque deux ans après la publication du premier tome de Dark Knight III, les lecteurs français peuvent enfin découvrir sa conclusion en cette fin d’année 2017. Un achèvement qu’on ne peut que conseiller de découvrir après relecture des trois premiers livres. Mis bout à bout, en lecture continue, l’ensemble s’avère parfaitement cohérent et gagne à la fois en une certaine maturité et sagesse (dans son épilogue) mais aussi dans ses planches (principales comme appendices), plus soignées et travaillées qu’au début.

Malgré la canonicité évidente de ce troisième volet, sa modernité et son style graphique un chouilla différent, le rendent presque « indépendant » de The Dark Knight Returns. Une qualité puisque cela permet de séduire de nouveaux lecteurs, peu connaisseur des comics sur le Chevalier Noir. La patte Millerienne est toujours présente mais à « petite dose » concernant, par exemple, les encarts médiatiques ou les avis populistes (avec parfois l’abus de langage qui va avec — ce désagréable parlé SMS).

Trump Dark Knight

The Master Race (le titre original) est-il meilleur que Returns ? Assurément non mais il est largement supérieur à Strikes Again et à pléthore de comics « mainstream » qui sont souvent divertissants et agréables à lire mais qui ne cherchent pas forcément à avoir une petite patte « intello » qu’on retrouve ici, parfois maladroitement, parfois habilement. Rien d’extra-ordinaire bien sûr, et même « déjà vu » mais l’œil de Miller sur le monde actuel et son interrogation sur divers éléments (le divin, la force de police, etc.) est toujours plaisant, moins puissant qu’en 1986 par contre… C’est d’ailleurs un point dommageable : vu l’actuel état des lieux de notre société, ses avancées technologiques et sa situation géo-politique, ce DK3 paraît presque trop détaché d’enjeux importants (les fakes news par exemple). Mais il faut saluer les citations de… Donald Trump (voir illustration ci-dessus) ! Déjà croqué avant son élection dans les précédents tomes, une de ses apparitions ici prend (encore) un nouveau sens pour établir un parrallèle glaçant avec notre propre monde.

La chute puis la renaissance, éternel cycle commun de l’industrie, est ici réussi. Fermant efficacement ce qui a été instauré il y a plus de trente ans et laissant des ouvertures possibles (mais pas nécessaires) pour une autre suite ou une exploration du DKU (Dark Knight Universe de Miller).

DK3 Batwoman

Côté éditorial — cela avait déjà été évoqué — Urban Comics a choisi de publier en quatre segments l’intégralité de DKIII. Soit un total de 57€ (chaque tome coûte 14€ sauf le dernier à 15€). L’ensemble est évidemment beaucoup trop onéreux par rapport à la quantité de chapitres (neuf et neuf back-up/appendices). Mais quel choix possible pour l’éditeur français ? Attendre la fin pour publier l’intégrale ? C’était tentant mais « risquer » (de se mettre à dos quelques lecteurs, d’autres se tournant vers la VO). Publier en kiosque avant la librairie ? Bonne idée mais DKIII est l’un des rares comics sur Batman pouvant se vendre au public non-connaisseur du Chevalier Noir ou même des comics (sur la base de suite de The Dark Knight Returns et du nom de Miller). Ne reste plus qu’une solution : la division de volumes en librairie.

Urban a toujours dit que la version intégrale n’était pas prévue. Vu le nombre conséquent de couvertures alternatives non proposées en bonus et pour le côté pratique, il est presque évident que l’éditeur changera d’avis (c’est même sans doute acté depuis le début) et proposera l’intégrale dans quelques années (à l’instar de Top 10, Geoff Johns présente Green Lantern, Scalped, 100 Bullets, DMZ…). L’idéal aurait été de publier deux tomes et non quatre. Pour ne pas prendre trop de retard sur la VO, proposer un rapport qualité-prix « équilibré » et pourquoi pas l’intégrale en même temps que le tome deux pour satisfaire tout le monde. Tout ceci n’est évidemment pas bien grave mais 57€ pour l’équivalent d’une publication intégrale à 28 voire 35€ maximum ça fait quand même un écart non négligeable pour les moins aisés. Ce quatrième tome est le plus riche des quatre en bonus, grâce à ses nombreuses planches encrées en noir et blanc en supplément et des couvertures couleur.

DKIII Batman Dead Batgirl

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 1 décembre 2017.
Titre original : The Dark Knight III – The Master Race #7-9 & Dark Knight Universe Presents : Strange Adventures #1 / Detective Comics #1 / Action Comics #1
Scénario : Frank Miller et Brian Azzarello
Dessin : Andy Kubert et Frank Miller (DKUP)
Encrage : Klaus Janson
Couleur : Brad Anderson et Alex Sinclair
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky
Première publication originale en 2016-2017.

DK3 Wonder Sup

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DK3 Cover Final

Dark Knight III – Tome 03

Dark Knight III (en quatre tomes) est le troisième volet du « Dark Knight Universe de Frank Miller », débuté en 1986 avec The Dark Knight Returns et poursuivi avec The Dark Knight Strikes Again.
Page récapitulative | Critique de Dark Knight III – Tome 01 | Tome 02

Batman Dark Knight III Tome 03

[Histoire]
Après l’invasion sur Terre de Quar, le leader sectaire radical de Kantor, qui a mis à genoux Superman, Batman somme Carrie Kelley, sous le costume de Batgril, d’aller chercher Aquaman

Le Roi des Océans et Batgirl (Carrie Kelley) vont essayer de ranimer Superman, immobilisé dans de la matière noire depuis son dernier combat contre sa fille Lara. Celle-ci a rejoint Quar et tous deux, ainsi que leurs soldats Kandoriens, assistent à la chute de Gotham.

De son côté Flash (dont les jambes ont été broyées) demande à Batman s’il peut les « réparer ». Le Chevalier Noir, avec son armée de Bat-Boys, va également tenter de protéger sa ville, en proie aux flammes et au chaos…

DKIII Aquaman

[Critique]
Un troisième tome plus plaisant que les deux précédents, sans temps mort et avec une certaine réussite graphique, malgré les chapitres dessinés par Miller (plus de détails plus loin dans l’article) et une armure de Superman qui prête à sourire de prime abord (cf. l’illustration en fin de cet article).

On retient surtout de cette suite un combat plutôt épique et habilement gagné par Batman (mais un poil « trop facile » — grâce ) une pluie de kryptonite synthétique — après la forte menace de Quar) qui sonne presque comme la fin de cette nouvelle histoire du « Dark Knight Universe » mais qui retrouve finalement un second souffle plutôt bien vu par l’intermédiaire de Lara (même si c’était prévisible depuis le premier tome) . Le Chevalier Noir et l’Homme d’Acier reforment un duo efficace et doté d’armures gigantesques, sonnant comme un « on prend les mêmes et on recommence, en beaucoup plus gros ». Scénaristiquement il y a donc un pan assez faible mais le rythme et l’action priment avant tout. En résulte un livre agréable, bien que très court et à la lecture rapide.

DK III

À nouveau, ce format de publication (seulement deux chapitres, les #5 et #6 en l’occurence) est le problème récurrent de Dark Knight III. Bien difficile d’apprécier chaque tome séparément, là où une lecture intégrale (ou de moitié) permettrait non seulement une immersion plus poussée, mais aussi un avis plus général. Il faudra donc attendre le quatrième et dernier volume, prévu pour début décembre 2017, pour dresser un réel bilan critique. Pour l’instant ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas non plus extraordinaire (la toute fin du chapitre #6 inaugure un élan inéluctable vers une conclusion tragique). Ce n’est pas solide mais ce n’est pas non plus trop léger. On est loin d’atteindre la qualité de The Dark Knight Returns mais, heureusement, on n’est pas non plus dans le médiocre The Dark Knight Strikes Again. Bref, une fois de plus c’est une impression mitigée.

Toutefois, et cela devient une habitude,  les « faux » back-up, des courts chapitres centrés sur un personnage en particulier et dessinés par Miller himself sont les points faibles du tome. Ils sont sur Lara, qui vit une courte relation d’amour-haine avec Baal, fils de Quar, et dont la majorité des cases ont un simple fond coloré, en plus des nombreux plans « fessiers » de l’héroïne. Sans réel intérêt si ce n’est pour l’ambigüité présente chez la fille de Superman et Wonder Woman (entre l’amour pour les Terriens et celui de ses ancêtres originels, donc les kryptoniens et les amazones) et l’introduction de son compagnon, plutôt discret jusqu’ici…

DKIII Lara Frank Miller

À l’instar du tome précédent, Trump apparaît brièvement, mais avec une résonance nettement plus gênante, l’homme d’affaire étant devenu le Président des États-Unis entre temps (et son bilan politique à peine une semaine après sa prise de fonction est effrayant). Une foule de planches noir et blanc et encrés concluent l’ouvrage en guise de bonus.

NB : Le chapitre #7 a été publié aux États-Unis fin décembre 2016, le #8 est prévu fin mars 2017. Un ultime chapitre (le #9) est prévu pour clore l’histoire mais n’a pas de date annoncé (probablement été 2017). Urban Comics inclura certainement les trois derniers chapitres dans le quatrième et dernier tome. MàJ : Cet ultime tome comporte bien les trois derniers chapitres et sera en vente le 1er décembre 2017 pour 15€

DK III Batgirl Carrie Kelley

[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 24 mars 2017.
Titre original : The Dark Knight III – The Master Race & Dark Knight Universe Presents : Lara / World’s Finest
Scénario : Frank Miller et Brian Azzarello
Dessin : Andy Kubert et Frank Miller (DKUP : Lara #1  et World’s Finest #1)
Encrage additionnel : Klaus Janson
Couleur : Brad Anderson et Alex Sinclair (DKUP : Lara #1 et World’s Finest #1)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Jérôme Wicky

DK III Batman Fight

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DKIII Batman Superman

 

Batman & Robin – Tome 06 : À la recherche de Robin

Un avant-propos informe que l’histoire se déroule peu après Le Règne du Mal. Les conséquences notables étaient l’ajout de Lex Luthor et Shazam à la Ligue de Justice et la divulgation de l’identité de Nightwing et son « exil » (en réalité devenu agent pour Spyral). La fin du tome précédent, avec Double-Face, est aussi rappelée.

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[Histoire]
Batman, accompagné du chien Titus, retrouve trace des corps disparus de Talia et Damian dans l’océan. Ra’s Al Ghul avait en effet récupéré la dépouille de sa fille et son petit-fils pour les ramener à la vie. Aquaman vient en aide au Chevalier Noir mais Ra’s parvient à s’échapper. Le Chevalier Noir requiert alors l’aide de Wonder Woman car sur l’Île du Paradis (des Amazones) se trouve un puits de Lazare que l’immortel ennemi peut utiliser. Particularité : il redonne vie mais efface toute la mémoire de ceux qui y sont ranimés. Une occasion en or pour Ra’s Al Ghul qui pourrait ainsi remodeler à sa façon sa double descendance.

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Dans sa croisade pour « retrouver » son fils, Batman fera à nouveau équipe avec Frankenstein (qui a quitté la Ligue des Ténèbres) sur le site de Nanda Parbat, une ville cachée au cœur des montagnes du Tibet. Il croisera également la Justice League, venue lui prêter main forte face à un ennemi arrivant d’Apokolips !

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[Critique]
Poursuivant son concept de « Batman &… », la série force un peu le Chevalier Noir à enchaîner les alliances (avec Aquaman, Wonder Woman, Frankenstein puis contre et avec Ra’s Al Ghul), créant pour l’occasion deux mini-histoires (les deux premiers chapitres), presque indépendantes même si elles se suivent, ce qui est un peu dommage. En toute logique, Batman se serait directement rendu dans l’Himalaya. Peu importe, ce tome se scinde clairement en trois parties, interrompu par un agréable interlude. La première étant donc les chapitres d’ouvertures, clairement les plus faibles de l’ouvrage (et les moins bien dessinés). La deuxième étant ceux avec Frankenstein puis Ra’s Al Ghul, les plus réussis : à la fois touchant, drôle (le monstre et l’homme chauve-souris forment un bon duo), prenant et original. Survient ensuite un chapitre un peu particulier, officiant comme récapitulatif et relançant complètement la série avec un levier narratif maladroit et pas terrible, à savoir un ennemi venu d’Apokolips et l’intervention de la Ligue de Justice. Enfin la troisième partie, concluant ce sixième tome, voit Batman « contre » la Ligue de Justice mais poursuivre son plan avec ses alliés plus proches, c’est à dire la Bat-Family. Une fin extrêmement intéressante.

Batman à Ra’s Al Ghul :
— La fièvre de Lazare, les complications physiques et émotionnelles… Vous risquez de créer des monstres !
[…]
— Sans vouloir te vexer, Frankenstein.
— Ce n’est rien.

batman-aquaman batman-wonder-woman

L’ensemble paraît donc inégal, à juste titre. Le début très moyen et la soudaine venue de Glorius Godfrey d’Apokolips (sic) gâche un peu la tension et le duel critique qui s’instauraient avec brio jusqu’ici (Batman était à deux doigts de tuer littéralement son immortel ennemi). Tout tombe un peu à plat, survenant de nul part. Cet aspect scénaristique digéré, force est de constater que la suite (et conclusion de l’ouvrage) rebondit efficacement dessus : Batman est face aux membres de la Justice League (se découvrant un allié en la personne de Lex Luthor) et les conflits internes de la Bat-Family (suite au Deuil de la Famille) refont légèrement surface, ce qui est plaisant. Les clones de Damian sont également de la partie avec, une fois de plus, une touche d’humanisme rare qui fait mouche.

Aux dessins on retrouve Patrick Gleason sur quatre chapitres avec, hélas, encore et toujours ce même style assez hideux sur les visages aux grosses mâchoires. C’est étonnant car le précédent volume, l’agréable La Brûlure, était prometteur quant à l’évolution de l’aspect graphique. La faute, très certainement, à deux chapitres dessiné par Doug Mahnke qui se rapproche plus ou moins de la patte de Gleason (en pire, c’est possible…) avec une étrange approche Millerienne, ou alors surfant sur les travaux de Chris Burnham (Grant Morrison présente Batman), déjà plus convaincant. Heureusement Andy Kubert revient le temps du cinquième chapitre plus long (en réalité le Robin Rises : Omega #1) et permet d’apprécier des traits nettement plus fins, détaillés et coloriés différemment. Le changement est radical et superbe. Les élégantes planches de Kubert sont un point fort de ce tome.

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Batman à Wonder Woman :
— De qui était-ce la statue ?
— Ce n’est pas une statue. C’est ma mère. Elle a été transformée en pierre par la déesse Héra quand cette dernière a appris que ma mère avait couché avec Zeus, son mari, et m’avait engendrée.
— Zeus de l’Olympe ? Le père spirituel des Dieux et des héros de la mythologie grecque ?
— Oui.
— Hmm.
— L’univers est grand, étrange, et empli de merveilles, Bruce.
— Pffff… Plus étrange de jour en jour, même. Mais ça ne veut pas dire que ça doive me plaire.

La bande dessinée se réfère lors d’un bref passage à DC Saga présente #4 (et même du #2 à #4 lors des résumés dans les magazines avant cette version reliée), un moment qui intervenait alors juste à la fin de Forever Evil (publié à l’époque dans plusieurs mensuels en kiosque). Rien de bien méchant pour la compréhension. Autre mention : Grant Morrisson présente Batman – Tome 02 : Batman R.I.P.. En effet, lorsque le Chevalier Noir est à Nanda Parbat (sur le « toit du monde », là où il retrouve Frankenstein dans cette aventure), il explique y avoir passé sept semaines dans une grotte, pour subir une expérience de simulation de la mort et la renaissance (en détail : le stade Yangti du rituel de méditation Thôgal). On retrouve ensuite, dans le cinquième chapitre (Robin Rises : Omega #1), un excellent rappel de la « création de Damian » jusqu’à la situation actuelle (un rapide résumé de l’intégrale de Grant Morrison présente Batman en somme, puis de la série Batman & Robin en passant par l’évènement Le Deuil de la Famille).

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La venue de Glorius Godfrey d’Apokolips se solde par un autre renvoi, aux quatre premiers numéros du magazine Superman Saga cette fois. Ceux-ci mettaient en scène des versions « jeunes » des justiciers via un une divinité démoniaque, Kaiyo, et le cristal de chaos, que recherche ledit Godfrey. À nouveau, cela n’est pas gênant à la compréhension globale, même si ça commence à faire beaucoup. Enfin, avec l’intervention de la Ligue de Justice, le rappel éditorial en ouverture prend sens : Luthor et Shazam sont de la partie (pour savoir pourquoi, il faut donc lire la série Justice League). Pas désagréable à la lecture, mais sans doute un peu bizarre pour le novice. Nulle autre mention de Double-Face et d’Erin, ce que laissait suggérer la fin de La Brûlure et le tout début du livre, en espérant qu’ils ne soient pas mis de côté définitivement (MàJ : ce sera finalement le cas). Autre étrangeté : Batman clame tout au long de son périple qu’il veut retrouver le corps de son fils pour l’enterrer et que celui-ci soit en paix ainsi que lui-même, puis il confirme ensuite vouloir le ressusciter…

À la recherche de Robin est donc un tome inégal mais globalement de qualité, on déplore son début, un changement soudain dans l’histoire, ses nombreuses connexions, même indirectes, à d’autres séries mais on apprécie grandement le scénario, les dialogues, le développement de Batman et l’humour (avec Frankenstein notamment). Attention à ce que la suite ne parte pas trop dans différentes directions trop ubuesques. Côté graphique, le style de Gleason est assez décevant mais celui de Kubert hisse le titre en qualité visuelle.

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[À propos]
Publié en France chez Urban Comics le 21 octobre 2016.
Scénario : Peter J. Tomasi
Dessin : Patrick Gleason, Doug Mahnke (Batman & Wonder Woman / & Frankenstein), Andy Kubert (Robin Rises Omega #1)
Encrage : Mick Gray et collectif, Jonathan Glapion (Robin Rises Omega #1)
Couleur : John Kalisz, Brad Anderson (Robin Rises Omega #1)
Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Alex Nikolavitch

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