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Gotham – S01E01 : Pilot

Page récapitulative de la série Gotham.

Gotham City

(Premier plan de la métropole, qui rappelle celle des films de Christopher Nolan.)

Difficile de dresser un premier petit bilan après presque cinquante minutes de Gotham, tant il faut prendre en compte plusieurs choses et avoir un léger recul.

Tout d’abord, garder en tête que la série est une adaptation qui puise ses sources dans l’univers général de Batman mais pas dans un comic en particulier (à part peut-être Gotham Central), donc il ne faut pas espérer voir une mise en scène d’un ouvrage spécifique et avoir à l’esprit que les scénaristes sont totalement libres d’adapter à leur convenance les origines d’un protagoniste par exemple (toutes proportions gardées évidemment), un peu à l’instar de Walking Dead. Il faut aussi réussir à séparer sa critique personnelle en tant que « fan de Batman » mais aussi de « série télévisée ». Pas forcément si simple, aux premiers abords, car sans l’habillage Gothamien la série pourrait ressembler à une quelconque série policière. Il faut donc lui trouver une personnalité, un style propre à elle, ce qu’elle réussit plutôt bien en mélangeant les styles, en plus de soigner ses divers protagonistes originaux.

Gotham Gordon

(Ben McKenzie interprète James Gordon, bien mais pas encore au point.)

Cet épisode pilote est pour l’instant très convaincant. Il s’ouvre sur le meurtre des parents de Bruce Wayne (David Mazouz – correct mais sans plus), une scène techniquement ratée, peu émouvante, c’est dommage. Puis l’enquête pour découvrir l’assassin débute. Une investigation menée par le jeune James Gordon (Ben McKenzie – agréablement convaincant mais doit développer une plus grosse palette d’émotions), fraîchement débarqué dans Gotham, et son partenaire Harvey Bullock (Donal Logue – bien à l’aise dans le rôle). Ce dernier est un flic ripoux, corrompu et lâche.

Après une enquête rapidement menée et plutôt convenue, tout s’emballe suite à des déclarations du Pingouin (Robin Taylor – génial dans le rôle) à Renée Montoya (Victoria Cartagena), elle aussi policière mais dans un autre service. Gordon, qui a promis au jeune Bruce d’arrêter l’assassin de ses parents, doit affronter la face cachée de Gotham, les terribles Fish Mooney (Jada Pinkett Smith) et Carmine Falcone (John Doman), et tenter de rester loyal envers ses idéaux et ses convictions, ce qui ne sera pas si simple…

Gotham Fish Bullock

(Bullock et Fish Mooney (Jada Pinkett Smith), personnage conçu pour la série.)

Premier point positif : la corruption, le côté mafieux et les trafics en tout genre sont une réussite. C’est d’ailleurs une tendance dont la ville rend bien écho. La métropole est rongée par le mal, relativement sombre (très peu de scènes ont lieu en journée), son rendu esthétique est proche des films de Nolan, c’est à dire un New-York ténébreux et intemporel.

« En plus des milliers de scènes tournées dans la ville même, j’ai demandé au département des effets spéciaux de créer tout un ensemble d’immeubles dans le style de Dickens et du Londres de l’époque victorienne, explique dans une interview David Cannon. Nous avons donc New York tel que nous la connaissons, mais stylisée, à la fois fantômatique et fantasmagorique, où tout peut arriver». Et le créateur Bruno Heller d’ajouter: « Nous devions nous démarquer des grands films de cinémas et des héros costumés dont on a déjà vu mille interprétations différentes. Sur quoi pouvions-nous alors nous reposer pour construire notre série : la ville ». [Source : Le Figaro]

Gotham Crime Alley

(Scène fondamentale dans la mythologie de Batman. Hélas plutôt ratée.)

Autres bons points : le binôme de flics, fonctionnant sur le schéma classique du jeune idéaliste et du vieux corrompu, fait mouche et l’évolution du duo risque d’être intéressante. Techniquement, au-delà d’une direction photographique bien menée pour une série du genre (et production de ce calibre), la mise en scène est relativement classique mais efficace, avec quelques plans originaux lors d’une course-poursuite. Gotham se doit de séduire un large public, l’équipe ne prend donc pas de risque à tenter des plans plus travaillés ou à tomber dans un scénario plus noir. Quelque part c’est dommage mais l’épisode est tout de même très prometteur ; la série a du potentiel, espérons qu’elle l’utilise intelligemment. La relation entre Bruce et Alfred (Sean Pertwee) est inattendue, plutôt autoritaire l’un envers l’autre. Un aspect inédit également plaisant.

Le casting est efficace dans l’ensemble, quelques doutes tout de même à propos du jeu du jeune Bruce (David Mazouz) et de Barbara (Erin Richards), la compagne de Gordon. Côté déceptions on ajoutera d’éventuelles incohérences (Gordon à priori nouveau venu dans la ville mais son père y était procureur…). L’épisode souffre aussi d’un enchaînement trop rapide de plusieurs éléments : beaucoup d’ennemis, présents ou futurs, sont dévoilés (voir ci-après), ce qui peut en agacer certains, Le Pingouin est déjà affublé de ce surnom sans savoir pourquoi, et la thématique de la peur à surmonter déjà présente chez Bruce. Il y a presque une impasse sur son deuil et la tristesse. Tout s’enchaîne donc un peu trop rapidement en un seul épisode.

Gotham Penguin Pingouin

(Le Pingouin (Robin Taylor – excellent) est l’atout incontestable de cet épisode.)

Vingt-quatre heures après la diffusion du pilote (qui a réuni presque huit millions de téléspectateurs outre-Atlantique, un démarrage correct), beaucoup de critiques saluaient l’ambiance convaincante de la ville, les jeux d’acteurs de Logue et Taylor (Bullock et Le Pingouin) mais dénonçaient un afflux de « fan-service », ces courtes scènes desservant l’intrigue générale de l’épisode uniquement pour faire plaisir aux fans de Batman. Revenons sur les trois séquences concernées.
• La jeune Selina Kyle (Camren Bicondova), déjà voleuse et féline, est témoin du meurtre des parents de Bruce. Elle apparaît en début et fin d’épisode, plutôt en retrait, observant discrètement. Premier changement dans la mythologie du Dark Knight : un témoin oculaire lors de l’assassinat de Thomas et Martha Wayne ! Et pas des moindres puisqu’il s’agit de la future Catwoman. Cela laisse présager un futur intéressant, elle pourrait être capable d’identifier le tueur, d’aider Gordon ou Bruce. Une romance entre elle et le jeune Bruce ne serait en revanche pas forcément pertinente ou alors à très bien construire, ce qui est délicat.
• Seconde scène : l’apparition furtive d’Edward Nygma (Cory Michael Smith), le futur Sphinx/homme-mystère, déjà porté sur les devinettes. L’intérêt ici n’est pas « que d’assurer le fan-service » mais de montrer que Nygma travaille pour la police de Gotham ! Là aussi c’est un aspect du personnage qui est remanié et pourra être intéressant (on pressent un début de haine contre Gordon). Par ailleurs, Nygma sera donc beaucoup plus âgé que Batman, chose aussi inédite jusqu’ici, mais cela n’est pas un problème si la suite est bien écrite.
• Enfin, dernière apparition à priori sans intérêt : Ivy Pepper, nouvelle identité pour une petite fille arrosant les plantes (Poison Ivy donc). Là aussi on pourrait trouver un côté trop facile à cette façon de faire, hors on sait grâce à cela les conditions d’enfance de la future biologiste (si elle le devient) : un père violent, des policiers qui le tuent alors qu’il était innocent, etc. Ce sont des éléments qui sont à prendre en compte et qui devront confirmer leur statut par la suite. Il est évident que si à chaque épisode il y a une apparition ou deux comme celles-ci, et qu’elle tarderaient trop à servir l’intrigue générale de la saison et de la série, il y aurait une petite frustration.

Mais globalement, ces scènes de « fan-service » occupent seulement deux à trois minutes de la durée totale de l’épisode (qui en contient une cinquantaine). Certes il est dommage de ne pas les introduire plus subtilement et lentement, mais n’oublions pas qu’un épisode pilote se doit de séduire en premier la chaîne et les producteurs, avant d’avoir le feu vert pour continuer. Gageons donc que la suite ait une approche plus délicate quant à ces vilains.

Gotham Nygma

(Edward Nygma, futur Sphinx/Homme-mystère, travaille pour la police.)

Autre élément destiné aux fans : un potentiel candidat dans le rôle du Joker (ici, un comique passant une audition chez Fish). Les scénaristes diffuseront dans chaque épisode une référence au Joker, de quoi se creuser les méninges.

Premier bilan plutôt positif donc, beaucoup de bon et un peu de moins bon, mais surtout énormément de potentiel à exploiter. Il est toujours excitant de découvrir sur un nouveau support artistique une de ses passions en bande dessinée, ici c’est bien le cas !

NB : Les prochains articles seront moins longs et rédigés davantage avec le schéma classique du site : Histoire/Résumé sans spoilers puis critique détaillée.

Retrouvez la page consacrée à la série ici : Gotham.

Avez-vous aimé cet épisode ? Plutôt déçu, convaincu ? N’hésitez pas à commenter !

Gotham City Water

Justice League – Tome 6 & 7 : Le Règne du Mal (Forever Evil)

Cet article revient sur l’évènement Forever Evil à travers les futures publications en librairie que seront les tomes 6 et 7 de la série Justice League, intitulés Le Règne du Mal. Ceux-ci comprendront les chapitres #01 à #07 de la série éponyme Forever Evil, ainsi que les chapitres #24 à #29 de la série Justice League. Ils contiendront également un chapitre sur La Société Secrète et un sur Black Adam. Tous sont actuellement publiés dans Justice League Saga et le magazine Forever Evil.

En outre, ce billet fait directement suite à La Guerre des Ligues (Trinity War) et, pour ceux qui préfèrent se restreindre uniquement à l’univers de Batman, il fait écho à Villains Month et Arkham War.

[Article en cours d’écriture]

justice league le règne du mal[Histoire]
Le Syndicat du Crime a envahit la Terre et la Ligue de Justice a disparu ! Cette équipe est une sorte de version « maléfique » de la Justice League, ses membres sont un reflet violent des héros de l’univers DC Comics (voir L’Autre Terre pour une description plus précise).

Ultraman déplace la lune devant le soleil plongeant ainsi la planète dans l’obscurité totale. Lui et ses équipiers, Owlman, SuperWoman… libèrent tous les détenus des prisons et des asiles dans la foulée (voir Arkham War). Ils demandent à tous les « méchants » de se joindre à eux, kidnappent Nightwing et révèlent son identité au monde entier !

La seule résistance pourrait bien émerger de… Lex Luthor. L’éternel rival de Superman s’est en effet caché et gardait deux atouts dans sa manche : une prodigieuse armure et un clone peu avancé de l’Homme d’Acier (Bizarro). À sa lutte se joindront Black Adam, l’ennemi juré de Shazam, Sinestro, l’ancien Green Lantern, Captain Cold, membre des Lascars, ainsi que d’autres ennemis des super-héros mais également… Batman et Catwoman. Le duo est à priori seul rescapé de La Guerre des Ligues. L’homme chauve-souris a lui aussi quelques secrets qui pourraient bien renverser la situation !

Par ailleurs, on découvre les vies respectives de certains membres du Syndicat du Crime sur leur ancienne planète : Owlman et l’Outsider, Ultraman, etc.

[Critique]
Plus réussi que La Guerre des Ligues (qui instaurait une bonne mythologie dans l’univers, grâce à Pandora, à la nouvelle Ligue de Justice d’Amérique mais qui décevait un peu par la fin), Forever Evil est sincèrement une agréable découverte. Le sujet était un peu « facile », pas forcément bien amené mais les conséquences et les différentes histoires qui en découlent sont bien menées. Si la série principale, Forever Evil, suit principalement Lex Luthor et, peu à peu, quelques autres personnages emblématiques, elle ne fait pas office de « fourre-tout » et conserve un statut indépendant.

L’association avec la série Justice League (centrée sur Le Syndicat du Crime puis Cyborg et enfin les Metal Men) est évidemment un atout, mais celle-ci s’avère moins prenante que la série Forever Evil. Évidemment, lire toutes les autres séries impactées décuple le plaisir : Arkham War, A.R.G.U.S., et Rogues Rebellion pour les principales, mais aussi les chapitres consacrés aux ennemis dans le cadre du Villains Month, comme Black Adam présent dans l’ouvrage, mais également Black Manta, L’Épouvantail… et ainsi de suite, les principaux étant présents dans les magazines Forever Evil et Justice League Saga (et Batman Saga Hors-Série #5). Voir le bonus en fin d’article pour plus de détails.

À l’inverse de La Guerre des Ligues, la lecture de ces deux tomes ne nécessitent pas un gros travail en amont (avec la Ligue des Ténèbres ou Shazam par exemple). Il est en revanche conseillé de lire L’Autre Terre, qui explore davantage cette autre ligue « maléfique » dans laquelle ont été puisée les auteurs. Même si les deux récits n’ont rien à voir en terme d’histoire ou de chronologie, cela permet de se familiariser avec la bande d’Ultraman et la vision chaotique de leur Terre d’origine.

David Finch s’occupe de la série Forever Evil, il n’est pas au meilleur de sa forme mais l’ensemble est relativement correct.

Conséquences & évolutions (spoilers)
La fin de cet immense cross-over marque plusieurs éléments : Shazam intègre La Ligue de Justice, Lex Luthor veut également en faire partie (mais personne n’a confiance en lui), Captain Cold devient un héros malgré lui. Luthor connaît l’identité de Batman, ayant fait le lien avec celle de Nightwing. Ce dernier abandonnera d’ailleurs le masque pour devenir agent de Spyral (à découvrir dans le trentième et dernier chapitre de la série Nightwing).
La Ligue de Justice d’Amérique n’existe plus (voir ci-après), Green Arrow tente vainement d’en monter une nouvelle, Stargirl et Le Limier Martien souhaitent en fonder une mais dans un espace plus riche : l’univers cosmique (à découvrir dans Justice League United, une nouvelle série).
Lex Luthor ayant sauvé le monde, il atteint le statut « d’homme bon et bien », mais le conservera-t-il ? Ses entreprises LexCorp veulent un partenariat avec Wayne Enterprises. D’autres méchants habituels vont peut-être revoir leur position suite au chaos qui régna.
À Gotham City à priori tout est redevenu « normal », ce qui est clairement… dommage. La fin d’Arkham War est décevante, et -pour l’instant- aucune conséquence directe de Forever Evil, à part pour Nightwing.

  – BONUS –

Arkham War : Bane et un ergot affrontent les fous d’Arkham dans un Gotham City anarchique.
La critique est en ligne.
A.R.G.U.S. : Steve Trevor fait équipe avec Killer Frost. Sa mission : mettre le président des États-Unis (Barack Obama lui-même !) en sécurité dans une pièce secrète puis secourir la Justice League.
Un récit plutôt confus et peu passionnant mais qui lève le voile sur les véritables origines de l’A.R.G.U.S. ainsi que son dessein.
Rogues Rebellion : Les Lascars, des ennemis de Flash, refusent de détruire leur ville et se rallier au Syndicat du Crime. La bande, menée par Captain Cold, devient donc activement recherchée !
Une très bonne surprise, drôle, avec une équipe de « méchants » qui sort des sentiers battus. Bien loin d’un manichéisme classique, les membres sont attachants et ce point de vue original mérite le détour. De plus, deux chapitres se déroulent à Gotham City : l’un avec Poison Ivy, l’autre avec le duo Mister Freeze et Gueule d’Argile. Cela permet de montrer une légère « extension » à ce qu’il se déroule dans la métropole, en plus des évènements d’Arkham War. Une armée de Man-Bat est également de la partie. Un des rares comics a abordé, discrètement, l’homosexualité.
Justice League of America : Le Limier Martien et Stargirl visitent une sorte de prison « mentale » dans laquelle se trouvent les membres de la Ligue de Justice. Apparemment immunisés, les deux anciens compères de la Ligue de Justice d’Amérique doivent aussi s’affronter psychiquement et découvrir comment aider leurs partenaires, prisonniers de l’esprit de Firestorm. Ils affrontement éphémèrement Gueule d’Argile à Gotham.
Étonnamment « spirituelle » et inattendue, cette suite de la série (qui porte peut-être injustement ce nom) ajoute une pierre à l’édifice plutôt originale. C’est aussi un des rares récits dans lequel on sait concrètement ce qu’il est advenu de la Ligue de Justice pendant le règne du mal sur la Terre. Stargirl prend de l’importance et le personnage est très attachant. À noter que la série se termine définitivement et que la suite sera à découvrir dans Justice League United.
Suicide Squad : Prochainement.
Blight / L’Ombre (Justice League Dark / Phantom Stranger / Constantine et Pandora) : Prochainement.

Tous les chapitres de ces histoires ont été publiés dans les magazines Justice League Saga, Forever Evil et DC Saga Présente. Pour l’instant sont prévus en librairie uniquement les deux tomes de Justice League reprenant les séries chroniquées dans cet article (cf. détail ci-dessous).

► Justice League – Forever Evil 1/2 : sortie prévue le 7 novembre 2014.
(Forever Evil #1-4, Justice League #24-25, Justice League #23.4 : Secret Society, Justice League of America #7.4: Black Adam)
• Précommander sur amazon.

Justice League – Forever Evil 2/2 : sortie prévue le 9 janvier 2015.
(Forever Evil #5-7, Justice League #26-29)
• Précommander sur amazon.

Arkham War

Arkham War est une série en six chapitres (ainsi qu’un autre, en guise de conclusion et d’épilogue sous le titre Arkham War : Aftermath : Batman VS Bane) se déroulant pendant Forever Evil. Elle est actuellement publiée dans le magazine Forever Evil (depuis le numéro #02). Elle se déroule après La Guerre des Ligues (Trinity War), après le premier chapitre de Forever Evil (dans lequel Le Syndicat du Crime libère tous les détenus des prisonniers et asiles, et Ultraman déplace la lune devant le soleil, plongeant le monde dans l’obscurité permanente)) et les chapitres consacrés aux ennemis de Batman (Villains Month) —notamment ceux de L’Épouvantail et de Bane—, pendant que Gotham City est plongé dans le chaos et l’anarchie.

Arkham War[Histoire]
Bane prend possession du pénitencier Black Gate, avec son armée de mercenaires de Santa Prisca. Les anciens prisonniers se rangent du côté de Bane. Dans les sous-sol de Black Gate se cachent par ailleurs les derniers ergots, ces soldats invincibles de La Cour des Hiboux, que Bane souhaite utiliser pour accroître sa puissance.

Le reste de Gotham City est divisé en plusieurs zones, chacune étant dirigée par un ancien fou de l’Asile d’Arkham. Bane entreprend donc de les terrasser un à un pour assouvir son contrôle sur la ville.

Du côté des Arkhamiens, L’Épouvantail tente d’unir les forces de ses anciens compagnons de cellule pour se dresser face à Bane. Ainsi, avec Mister Freeze, Killer Croc ou encore Man-Bat, il va tenter lui aussi de récupérer les ergots pour avoir sa propre armée.

Pendant ce temps, Gordon essaie tant bien que mal de venir en aide aux derniers habitants. Les rues sont le théâtre d’affrontements entre les hommes de Bane, Cobb, son nouveau bras droit (l’ergot ancêtre de Nightwing), ses hommes et l’équipe d’Arkham.

Quel est le but final de Bane ? Que va devenir Gotham City ? Quel camp prendra le contrôle définitif sur la ville ? Ses habitants peuvent-ils encore être sauvés ?

arkham war bagarre[Critique]
Cette idée originale est évidemment très excitante pour tous les fans de l’univers de Batman. Il a fallu le contexte de Forever Evil pour laisser Gotham City en guise de terrain de jeux pour tous les aliénés d’Arkham City et le résultat n’est pas décevant ! Les contraindre à se dresser face à l’un des ennemis les plus intelligents du Chevalier Noir, à savoir Bane (Knightfall) est une brillante entreprise. Même s’il est bien de connaître pourquoi Gotham City est aux bords du chaos, on peut lire Arkham War de façon plutôt indépendante. Hélas pour l’instant pas de sortie en librairie prévue (ce qui serait compliqué pour séduire un public plus large), mais il est disponible en anglais depuis le 22 septembre.

Le principal défaut de la série est sa longueur. C’est effectivement beaucoup trop court pour exploiter les (nombreux) personnages, lieux et combats. Il y a des affrontements très banals, pas très subtils, forcément, mais heureusement certains sont contrebalancés par les discours de Bane et Crane (L’Épouvantail), plutôt « intelligents » et pas manichéen ou trop clichés. Les dessins sont de Scott Eaton et il parvient à rendre une atmosphère poisseuse et anxiogène à souhait (la ville est plongé constamment dans le noir). L’histoire fournit de jolis rebondissements, avec tout qui s’enchaîne très vite, trop vite malheureusement. Il y avait là matière à faire une sorte de Knightcall moderne (mais plus réussi) en prenant son temps (mais pas autant).

Arkham war man batNotons quelques abonnés absents, outre Batman, ce qui est logique (il revient dans le septième chapitre de conclusion) il y a aussi Le Joker (qui a à nouveau disparu depuis la fin de Le Deuil de la Famille) mais surtout il y a le Sphinx ! À peine mentionné, on ignore tout de ce qu’il vit de son côté alors qu’on suit les péripéties d’à peu près tous les autres personnages. Étrange… À moins que cela soit expliqué dans la série Forever Evil. Pas de trace des alliés classiques du Dark Knight, comme Nightwing ou Batgirl. Et ce n’est pas plus mal, tout est vraiment concentré sur ses ennemis emblématiques et Bane.

[Spoilers] Quelques autres bonnes idées : l’association, improbable, entre Gordon et Bane, la création d’une Bat-Armure par Bane et son binôme avec l’ergot rappellant celui de Batman et Robin ! Le résultat est vraiment sympathique, encore une fois pas assez exploré, mais clairement jouissif ! Joli clin d’œil également au film The Dark Knight Rises, avec le manteau de Bane et son attitude envers Gotham City.

Forever Evil : Arkham War est un pur plaisir pour les fans de Batman, un vaste programme trop court mais à savourer le plus rapidement possible !

Arkham war bane[À propos]
Publié en France chez Urban Comics dans le magazine Forever Evil #02 à #07 (juillet 2014 à décembre 2014)

Scénario : Peter J. Tomasi
Dessin : Scot Eaton
Couleur : Andrew Dalhouse
Encrage : Jaime Mendoza, Norm Rapmund, Mick Gray
Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Stephen Boschat (Studio Makma)

Publication originale dans Forever Evil : Arkham War #1 à #7 d’octobre 2013 à avril 2014.

Arkkham war freeze