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Justice League (JLA) – Ascension

Au début des années 2000 l’éditeur Soleil a publié quelques récits de la licence DC Comics (et de Wildstorm, entre autres). De novembre 2000 à novembre 2001, trois tomes individuels de la Justice League ont ainsi vu le jour. Intitulé JLA (pour Justice League of America), chaque volume pouvait se lire indépendamment de tout le reste : Terre-2, Ascension et Seule contre tous. Le premier, Terre-2, est ressorti chez Urban Comics sous le titre L’Autre Terre. Le second est chroniqué dans cet article (couverture ci-dessous à gauche) et le dernier le sera à l’occasion, car c’est clairement un récit orienté sur Wonder Woman et un chouilla Batman.

Mise à jour (novembre 2017) : Urban Comics a publié Ascension en kiosque dans le deuxième hors-série « récit complet » du magazine Justice League, sorti le 10 novembre 2017 (couverture ci-dessous à droite). L’intégralité de l’histoire y est proposée et deux chapitres, également scénarisés par Bryan Hitch, la complète. Il s’agit de la huitième et neuvième partie (la conclusion) de La Puissance et la Gloire, correspondant aux chapitres #9 et #10 de la série Justice League of America, débutée dans le deuxième numéro du magazine Justice League Univers (avril 2016) et dont le précédent chapitre (le #8) avait été publié dans le dixième numéro en novembre 2016. Il aura donc fallu un an pour connaître la suite et fin de ce arc. La mini-critique de ces deux chapitres est à découvrir tout en bas de cet article.

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[Histoire]
La Ligue de Justice d’Amérique est composée de Superman, Batman, Wonder Woman, J’onn J’onnz (le Limier Martien), Aquaman, Flash (Wally West, neveu de Barry Allen), Green Lantern (Kyle Rayner, quatrième incarnation terrienne à porter l’anneau ), Atom (le scientifique de la taille d’un atome), Steel (un justicier, John Henry, portant une armure remplie de technologie et maniant un terrible marteau, c’est « un peu » l’équivalent du Cyborg actuel) et Plastic Man (un individu, Eel O’brian, au corps élastique pouvant prendre toute forme et doté d’un fort sens de l’humour *).

Batman est à Gotham City pour enquêter sur un meurtre dont le coupable est tout désigné comme étant le Pingouin. Les autres super-héros, dans la Tour de Guet sur la lune, assistent à une scène sans précédent : un gigantesque « vaisseau spatial » (au premier abord) vole, ou plutôt kidnappe, littéralement la Terre en perforant son axe de rotation avec une immense « pique » ! Pire encore, il semblerait que cet engin s’approprie toutes les planètes alentours.

La Ligue découvre qu’il s’agit là de l’œuvre de la toute première création universelle, celle qui existait avant les atomes. Une race extra-terrestre pour qui un humain est l’équivalent d’une bactérie. Celle-ci n’avait jamais eu conscience de « la mort » et a envoyé des agents dormants sur chaque planète existante pour appréhender l’idée de la fin. Le but était de comprendre, par exemple, la création des religions, de la foi ou la spiritualité.

Les super-héros se dispersent pour rassurer la population Terrienne, affronter ce nouvel ennemi et les autres « habitants » des planètes et sauver l’ensemble de celles-ci d’une annihilation. Le Chevalier Noir reste sur la Terre et prend la tête des Titans et de la Young Justice pour coordonner toutes les équipes.

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* Il n’est pas sans rappeler Luffy, du manga One Piece.

[Critique]
Ascension est sans aucun doute un récit à la fois très simpliste (dans son traitement) et très complexe (dans son analyse et ses détails). Beaucoup de dialogues nécessitent une seconde lecture. De nombreuses références à la physique quantique, mais également à une certaine approche de la spiritualité, parsèment l’ouvrage. Les interlocuteurs différents sont évidemment les membres de la Justice League, sans qu’aucun ne soit mis de côté ou davantage mis en avant. L’équilibre est très bien conservé.

 — Pour la première fois, ces êtres anciens ont été brutalement confrontés à leur mortalité et à leur inévitable non-existence… Leur race est pétrifiée par la peur de l’inconnu.
— Oui… Et dans une telle situation, le réconfort n’est pas facile à trouver. Ont-ils une spiritualité vers laquelle se tourner ? Certains doivent bien croire en la vie Après la mort… ?
— Voilà où se trouve leur originalité Flash. C’est le but des machines… De tout cela. S’ils veulent accéder au paradis… ils devront d’abord le bâtir.

Mark Waid, qui avait déjà signé l’excellent Kingdom Come (et d’autres récits sur la Justice League, dont leur Year One), continue de s’interroger, élégamment, sur les mythes des super-héros. Cette fable cosmique et métaphysique est passionnante, et son faible nombre de pages (soixante-douze) n’est absolument pas un défaut. Chaque lecteur peut interpréter à sa manière la volonté des aliens. Leur but est-il de se construite un paradis ? De prendre exemple sur toutes les planètes pour concevoir le meilleur chemin de « l’après-vie » possible ? Ou seulement de découvrir le plus usité pour le suivre aussi ? Cette quête existentielle, au lieu d’entraîner un affrontement manichéen prévisible, prend un tournant empathique quand la Justice League décide non plus d’affronter, mais d’aider cet étrange « ennemi ».

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L’ensemble aurait mérité des cheminements philosophiques un chouilla plus poussés. Même si Mark Waid ne survole pas son sujet, il aurait pu aller encore plus loin, quitte à dérouter davantage ses lecteurs. Ascension n’est pas non plus sans rappeler Matrix, dont le premier film était sorti à peine deux ans plus tôt. Une certaine idée de la création des machines, à l’origine de notre monde, se nourrissant d’humains, etc.

« Écoutez-moi ! Il n’y a aucune honte à être reliés à nous ! Il s’agit peut-être de votre seule chance ! Nous pensions que l’obstacle à votre transcendance était votre manque de foi… et nous avions tort ! Ce n’est pas ça du tout ! Vous niez la réalité ! Vous êtes plus proches des autres formes de vie que vous ne voulez l’admettre. Mais c’est cette fierté, cet isolationnisme… qui vous a fait perdre tout sens de la spiritualité ! La distance que vous créez entre vous et nous est la même qui vous séparer du divin ! Quand vous êtes isolés… vous êtes seuls ! […] Ne nous niez pas l’honneur de sauver les âmes les plus anciennes de l’univers. Œuvrez avec nous. »

Bryan Hitch (The Authority et plus récemment America’s Got Powers) dessine intégralement l’ouvrage. Son style, fin et précis, est magnifié lors des pleines pages de séquences spatiales. L’infiniment grand et petit sont très justement mis en scène grâce à ses planches, c’est un régal. La colorisation de Laura Depuy propose des jeux d’ombres de toute beauté et, surtout, des ambiances chaudes ou glaciales grâce au rendu parfois quasi-monochrone, ou en tout cas dans la même palette de couleur. Toute la partie graphique est un sans-faute. Seuls les (nombreux) sourires des membres de la Justice League laissent parfois pantois, un côté « boy scout » et trop « gentille équipe ». Cet aspect enlève toute proportion dramatique possible, alors qu’on est à deux doigts de la fin du monde. Heureusement, les scènes épiques ne manquent pas pour autant. D’autant plus que le format de l’éditeur de l’époque, Soleil, est plus proche du franco-belge, donc agrandi.

Une bande dessinée qui mériterait une nouvelle publication chez Urban Comics, avec pourquoi pas des commentaires de scientifiques et de philosophes en guise de compléments. Le titre pourrait d’ailleurs être plus « poétique ». Heaven’s Ladder en version originale, donnerait quelque chose comme « L’échelle du Paradis », ou « L’Ascension vers un Paradis » ? C’est en tout cas un des coups de cœur du site, conseillé pour les fins connaisseurs ou les nouveaux lecteurs. On trouve Ascension assez facilement en occasion sur Internet ou dans des enseignes à un prix plus que correct (entre cinq et quinze euros en général).

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Mise à jour (novembre 2017) : Dans la nouvelle réédition d’Urban, les chapitres #9 et #10 de la série Justice League of America, publiés aux États-Unis fin 2016/début 2017, complètent le magazine. Le chapitre #9 a été écrit et dessiné par Bryan Hitch (Alex Sinclair à la colorisation), le #10 a son intrigue créé par Bryan Hitch également, les dialogues sont signés Tony Bedard et les dessins sont de Tom Derenick (Jeremiah Skipper aux couleurs). Ces deux chapitres sont la fin de l’arc La Puissance et la Gloire (très précisément il s’agit de la huitième partie et de la conclusion). Les précédents ont été publiés dans le magazine Justice League Univers, du numéro 2 au 10 (soit d’avril à novembre 2016). Un an plus tard, la « suite et fin » est donc enfin disponible (principalement à cause du retard de Hitch dans la livraison de ses planches).

[Histoire]
Rappel (via la note éditoriale d’Urban) : les membres de la Justice League luttent contre les fidèles de Rao (un ennemi kryptonien quasi divin) après avoir compris que ce dernier se servait de l’énergie vitale des populations afin de conserver sa longévité. Tandis que certains membres sont perdus dans le temps, Superman semble ne pas avoir survécu à sa dernière confrontation avec ce dieu solaire…

Dans le passé lointain, Green Lantern, déchu de ses pouvoirs et fait prisonnier par « le Rao du futur » sur Krypton. Le Rao de l’époque constate amèrement l’héritage que laissera son « moi » futur. Sur Terre, Wonder Woman tente de ramener Superman à la vie…

[Critique]
Clairement, sans connaître les précédents chapitres (le cas de l’auteur de ces lignes) il est difficile de tout comprendre. La portée métabolique et le questionnement du divin effleurent brièvement le récit (peut-être la poursuite de ce qui était proposé en amont) sans être révolutionnaire. Graphiquement, les dessins de Hitch sont hyper soignés et classes, ceux de Derenick fades au possible. La conclusion n’est pas des masses épiques et a même un arrière-goût de déjà vu si on a lu l’intégrale de Dark Knight III. Totalement dispensable donc, en lecture indépendante en tout cas, peut-être qu’en conclusion du run ça passe mieux mais vu cette fin c’est très moyen.

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(Image issue d’Ascension)

[A propos]
Publié en France chez Soleil en mai/juin 2001. Puis en novembre 2017 chez Urban Comics.
Titre original : Heaven’s Ladder.
Publication originale en octobre 2000.

Scénario : Mark Waid
Dessin : Bryan Hitch
Encrage : Paul Neary
Couleurs : Laura Depuy
Traduction : Ange / Thierry Fraysse
Lettrage : Gris Mouse / Stephan Boschat (Studio Makma)

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Ci-dessous l’intégralité du dessin de couverture, dont le recto est la partie de droite (cf. la première illustration en haut de cet article), le verso celle de gauche.

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Justice League – Tome 5 : La Guerre des Ligues (Trinity War)

Mise à jour : le recueil librairie sort le 19 septembre.

Justice League La Guerre des LiguesCette histoire est actuellement publiée dans le mensuel Justice League Saga (numéros #6 et #7, soit avril et mai 2014) et fera l’objet d’un tome en librairie en septembre prochain.
Batman joue un rôle plutôt important tandis que Catwoman est relativement en retrait. Il n’y a de toute façon pas de personnage principal puisqu’ils sont tous mis sur le même pied d’égalité, sauf peut-être, comme toujours, le trio Superman, Batman et Wonder Woman. Si vous ne lisez QUE du Batman et uniquement cela, alors vous pouvez faire l’impasse sur La Guerre des Ligues.

Trinity War CoversAborder cette (grande) histoire en ne connaissant donc que Batman et « un peu » La Ligue de Justice n’est pas suffisant. Dans l’idéal il faut avoir lu les séries Justice League et Justice League of America (via les magazines DC Saga puis Justice League Saga ou les quatre premiers tomes de la série), mais également Justice League Dark (La Ligue de Justice des Ténèbres, dont la série a commencé dans DS Saga #13 (à partir du chapitre #9, les précédents n’étaient absolument pas obligatoires)). Enfin, connaître la série Shazam s’avère être un gros plus. Elle est à découvrir dans les back-up de la série Justice League (DC Saga #8 à #18 et Justice League Saga #1 à #5), sachant que le chapitre #0 de Justice League est la naissance de Shazam, et que le chapitre #21 en est la conclusion. Shazam s’interfère donc au delà des simples histoires de complément, mais carrément au sein dans la série !
Mis à jour : Shazam sera édité en recueil, en vente dès le 14 novembre.

Avant de faire quelques présentations et évidemment le résumé puis la critique, voici l’ordre de lecture en version originale (en bleu, les chapitres qui sont dans les magazines et le futur tome relié) :
Trinity of Sin : Pandora #01
Justice League #22
Justice League of America #6
Justice League Dark #22
Constantine #05
Trinity of Sin : Phantom Stranger #11

Justice League of America #7
Trinity of Sin : Pandora #02
Justice League Dark #23
Justice League #23

Il y a donc le cinquième chapitre de la série Constantine qui restera inédit en VF, ainsi que le second de la série Pandora. Pas d’inquiétude, ils sont totalement dispensables, peut-être moins celui sur Pandora mais rien de bien méchant.

► Cet ordre de lecture est parfaitement cohérent, uniquement SI on a déjà lu TOUS les chapitres précédents des trois séries de Ligues de Justice (ainsi que les back-up). Sinon le lecteur sera complètement perdu.
Shazam et Justice League Dark ne sont disponibles que dans les magazines, c’est dommage car le lecteur non-connaisseur ne peut plus trouver de support pour se familiariser avec ces personnages, chose plutôt essentielle afin de mieux saisir toute la cohésion du récit.
Mis à jour : Shazam sortira bien en librairie (cf. plus haut). Le tome 5 de la Justice League comprend finalement, en plus des chapitres ci-dessus, les #18-21 de Justice League, qui ne sont pas en lien avec la suite.

Trinity War La Guerre des Ligues[Introduction]
L’histoire de Pandora est distillée depuis le début du Relaunch DC. En effet, la belle est apparue dans tous les premiers chapitres des 52 séries ! Un petit jeu de cache-cache que de nombreux fans avaient bien entendu découvert. C’est ensuite par back-up qu’elle est apparue de façon plus significatif. À ce propos il est conseillé de relire l’épilogue du premier tome de Justice League (Aux Origines), présentant un court combat entre Pandora et le Phantom Stranger. C’est ensuite le Free Comics Book Day 2012, intitulé Visions du Futur et disponible en fin de second volume de Justice League toujours (L’Odyssée du Mal) qu’il faut avoir en tête : le jugement de la Trinité du Pêché sur le Rocher de l’Éternité. On y découvre la naissance du Phantom Stranger, accusé de cupidité et condamné à errer sur terre, mais étranger à l’homme, et voir les ravages de l’avidité et celle de La Question, dont l’arrogance devient vite muette lorsqu’il perd son visage et son identité, qui restera une éternelle question dont il ne trouvera jamais la réponse. Enfin Pandora, condamnée pour sa curiosité (elle a ouvert la fameuse boîte de pandore) à une éternité de solitude, de douleur. On la voit, des siècles plus tard, récupérer dans la Chambre Noire de l’A.R.G.U.S. sa propre boîte, bien destinée à prendre en main son destin. Toujours dans ce même tome, la back-up #0 de Justice League : Pandora et Le Sorcier (également republié dans Justice League Saga #1). Ce dernier s’excuse et explique qu’il reste un grand pouvoir à l’intérieur de la boîte que seul le cœur le plus fort, ou le plus noir, peut revendiquer…

Pandora est donc une jeune femme qui fait partie de La Trinité du Pêché, avec Le Phantom Stranger et La Question. Tous trois ont été punis et maudits il y a des années par des sages, présidé par Le Sorcier, le même qui, des années plus tard, donnera au petit garçon Billy les super-pouvoirs qui feront de lui l’invincible adulte Shazam (anciennement appelé Captain Marvel chez DC Comics).

Pandora a été punie car elle a ouvert la boîte de Pandore : un crâne humain avec trois lumières rouges à l’intérieur (deux au niveau des yeux et une sur le front). Celle-ci a permit aux Sept Péchés Capitaux de s’échapper, tous représentés sous forme de monstres. Pendant plusieurs siècles, Pandora assista à la corruption des êtres humains par ces ennemis redoutables et invulnérables. Telle était donc sa punition. Mais la jeune femme en décida autrement et appris par Le Sorcier que le Mal serait vaincu si la boîte était à nouveau ouverte, mais par quelqu’un au cœur pur. Il lui confie aussi que sa punition n’était pas méritée et qu’il y a eu une erreur. Pandora décide donc d’amener la boîte à… Superman.

Trinity War Constantine[Histoire]
Malheureusement, l’Homme d’Acier a du mal à se contenir et il s’avère qu’il n’a finalement pas assez de bonté en lui pour être digne d’ouvrir la boîte. Entre-temps, Shazam a décidé d’aller répandre les cendres de son défunt adversaire, Black Adam, sur les lieux de son enfance : le Kahndak. Mais ce pays est en guerre, et le sauvetage de deux otages par Superman et Wonder Woman quelques semaines plutôt a laissé planer une grande tension entre les États. Hélas, les soldats font feu sur Shazam qui riposte aussitôt avant d’être violemment stoppé par Superman. Les deux surhommes commencent à se battre avant d’être rejoint par le reste de la Ligue de Justice pour les séparer.

Au même moment, La Ligue de Justice d’Amérique se dresse face à eux afin de les presser de quitter le territoire et d’éviter tout incident diplomatique entre les nations. C’est aussi l’occasion rêvée pour Amanda Waller de montrer au monde entier que La Ligue de Justice est incontrôlable, et que La Ligue de Justice d’Amérique est bien plus efficace. Un premier combat s’engage alors. Pendant celui-ci, Superman devient fou de rage et tue un membre de la JLA : le Dr Light, récemment intégré dans l’équipe. Il avait acquis ses pouvoirs lorsque La Ligue de Justice d’Amérique enquêtait sur La Société Secrète (voir La Ligue de Justice – Tome 4 : La Ligue de Justice d’Amérique). Après un nouveau combat, Superman requiert son propre enfermement afin de ne plus causer la mort de qui que ce soit. C’est son fidèle ami Batman qui va l’interroger et commencer ses investigations pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Parallèlement, Madame Xanadu, membre de La Ligue de Justice des Ténèbres, est kidnappée par le mystérieux homme à la tête de La Société Secrète. Ses compagnons se lancent à sa recherche. Wonder Woman part enquêter sur l’origine de la boîte de Pandore et comprend qu’elle n’est ne provient ni des Dieux, ni de la Science mais… de la magie. Elle va donc demander à Constantine et son équipe, La Ligue de Justice des Ténèbres, son aide pour la retrouver. Mais les trois Ligues vont se croiser, se déchirer, se reconstruire, s’unir, se battre… avant de comprendre toutes les raisons de ces mystères dans un final explosif !

Justice League Trinity War[Critique]
La Guerre des Ligues a bien lieu et sa justification est plutôt cohérente. L’histoire peut paraître complexe mais si l’on est habitué aux trois séries elle est extraordinairement fluide. Les nombreux protagonistes changent de camp un peu trop facilement et la notion de guerres entre ligues est plus un prétexte qu’autre chose. On a du mal à croire aux premiers combats, où personne ne prend la peine de « réfléchir », où des super-héros, comme le Martien Limier ou bien Flash, et même Batman évidemment, ne poussent pas davantage à la réflexion. Cela peut agacer et décevoir certains, à mettre de côté pour apprécier plutôt un côté action et jeu vidéo sans prise de tête s’avère indispensable.

Geoff Johns et Jeff Lemire sont les deux architectes de ce cross-over. L’ensemble tient parfaitement la route et chaque super-héros suit sa voie de façon logique d’une série à une autre, même si c’est parfois pas forcément en raccord avec sa personnalité. La première partie de l’histoire est très excitante et haletante, la seconde est malheureusement moins prenante, à commencer par le chapitre où la boîte passe de mains en mains, comme un jeu. La conclusion n’est pas forcément mauvaise, bien que finalement un peu « facile » et —surtout— Trinity s’avère être, en fait, une grande introduction vers l’arc Forever Evil.

Trinity War Phantom StrangerDu côté des dessins, Ivan Reis s’occupe de La Ligue de Justice et tout est très détaillé et beau, proche du travail de Jim Lee (qui signait le début de la série). Les planches de Doug Mahnke (La Ligue de Justice d’Amérique) et Mikel Janin (La Ligue de justice des Ténèbres) sont moins bonnes mais relativement proches des traits de Reis. La cohérence graphique est donc bien respectée, même si forcément inégale, mais au moins on ne s’y perd pas et c’est le plus important.

Cette Guerre des Ligues s’intercale efficacement entre certaines séries majeures de l’éditeur DC Comics. Malheureusement, Trinity War demeure bancale, faute d’être à la fois une suite de ces séries mais également une introduction à quelque-chose de plus grand encore (Forever Evil). Impossible donc de lire cette histoire comme un one-shot ou à part, il faut une connaissance totale du sujet, des personnages et des autres récits. Elle s’adresse donc directement aux lecteurs (très) initiés, ce qui un cadeau pour eux, mais un gros point noir pour les autres. Même si l’histoire ne leur sera pas inaccessible, il y aura évidement moins de plaisir et plus d’incompréhensions pour eux.

Pour le fan, Trinity War offre un beau mix des trois grandes équipes de super-héros actuelles avec des scènes épiques et mémorables (cf. les dessins illustrant cet article). Même si les guerres entre elles ne sont finalement pas aussi puissantes que prévues (en peu de temps chacun change de camp ou bien combat contre son gré) et servent plus ou moins d’excuses à l’arrivée de Forever Evil, le plaisir est quand même présent. À noter également, l’escapade onirique de la série Phantom Stranger relativement plaisante, dommage de ne pas avoir le début et la suite de cette découverte.

Trinity War jim LeeLa bataille finale entre les trois ligues : en haut par Ivan Reis, en bas la preview de la même scène par Jim Lee (Justice League – Tome 2 : L’Odyssée du Mal / Cliquez pour agrandir).

[À propos]
Justice League [La Ligue de Justice]
Scénario : Geoff Johns
Dessin : Ivan Reis
Couleur : Rod Reis
Justice League of America [La Ligue de Justice d’Amérique]
Scénario : Geoff Johns et Jeff Lemire
Dessin : Doug Mahnke
Couleur : Gabe Eltaeb et Nathan Eyring
Justice League Dark [La Ligue de Justice des Ténèbres/des Ombres]
Scénario : Jeff Lemire
Dessin : Mikel Janin
Couleur : Jeromy Cox

Publié dans Justice League Saga #6 et #7 (mai et juin 2014) et dans Justice League – Tome 5 : La Guerre des Ligues, paru le 19 septembre 2014.

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Tome 4 : La Ligue de Justice d’Amérique[critique]
Tome 3 : Le Trône d’Atlantide
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Tome 1 : Aux Origines

Trinity War Societe Secrete[Bonus]
Voici les trois triptyques des couvertures originales réalisées pour l’occasion. Vous pouvez (comme toutes les images de cet article d’ailleurs) les ouvrir en plus grand en cliquant dessus, et évidemment les enregistrer pour faire de beaux fonds d’écran !

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Trinity War 02

Trinity War 03

Justice League – Tome 4 : La Ligue de Justice d’Amérique

Batman fait partie de La Ligue de Justice (Justice League), il est parfois mis en avant dans leurs histoires (comme dans La Tour de Babel).
Mais une autre ligue existe : La Ligue de Justice d’Amérique (Justice League of America). Dans la version New 52 (la Renaissance de DC Comics), c’est Catwoman qui intègre leur équipe dans un but bien précis. La féline a un rôle plus important que les autres membres (comme c’est souvent le cas pour le Chevalier Noir dans sa propre ligue) c’est pour cela qu’on en parle ici.
De plus il est conseillé d’avoir lu cette série avant d’entamer Trinity War.

justice league of america[Histoire]
Le gouvernement a conçu l’A.R.G.U.S. (Agence de Recherche sur les Groupes Unissant des Surhumains), dirigé par la très sévère Amanda Waller. Celle-ci remplace Steeve Trevor, ancien agent de liaison qui gérait comme il le pouvait La Ligue de Justice et ex petit-ami de Wonder Woman. Steeve est convoqué par Amanda pour s’occuper d’une nouvelle équipe : La Ligue de Justice d’Amérique.
En effet, afin de contrer La Ligue de Justice, si celle-ci devient incontrôlable, une autre Ligue doit être capable de les arrêter, de les affronter et d’être aussi puissant qu’eux. Il ne faut donc pas n’importe quels super-héros, il faut… les plus dangereux !
De plus, la popularité de La Ligue de Justice est en baisse et les citoyens n’ont plus vraiment confiance en eux (suite, notamment, aux derniers évènements survenus dans l’attaquedes Atlantes — Justice League : Tome 3 – Le Trône d’Atlantide).

La Ligue de Justice d’Amérique se compose de l’extra-terrestre invincible, invisible et capable de lire les pensées, Le Limier Martien (pour contrer Superman), de la grosse brute Hawkman (pour affronter Aquaman), de la redoutable tueuse à gages Katana, qui manie le sabre avec brio (pour faire face à Wonder Woman), le jeune Vibe, qui découvre ses pouvoirs de vibrations (capables de stopper Flash), un nouveau Green Lantern, recherché par la justice (qui pourra donc se dresser contre l’autre Green Lantern), la belle et populaire Star Girl (qui devrait facilement venir à bout de Cyborg), et enfin, pour se dresser contre Batman, c’est dans un premier temps Green Arrow qui est envisagé, mais c’est finalement Catwoman qui rejoindra les rangs, seule personne, selon Trevor, à connaître réellement le Dark Knight.

Une fois l’équipe au complet, à qui on cache évidemment toutes ces basses intentions (seul Le Limier Martien en a conscience) celle-ci est dévoilée au grand jour pour rassurer la population. Elle enquête ensuite sur la Société Secrète. Green Arrow s’était infiltré dans cette mystérieuse organisation dont l’inconnu à sa tête a engagé le Professeur Ivo pour créer de nouveaux êtres surpuissants. D’autres ennemis de seconde zone ont rejoint cette Societé Secrète dont L’Épouvantail. C’est Catwoman qui est chargée, à son tour, de s’infiltrer et jouer les agents double. Pour cela elle se fait volontairement enfermer dans l’Asile d’Arkham.

La Ligue de Justice d'Amerique[Critique]
Ce récit est totalement abordable par un novice et ravira les fans qui connaissent déjà l’univers. Beaucoup plus sombre que La Ligue de Justice, celle-ci se veut de toute façon plus dangereuse, on y découvre chaque héros grâce à une courte présentation mais très efficace. Sur les huit personnages de cette équipe atypique, une moitié est en retrait (Green Lantern, Vibe, Star Girl et Katana) et l’autre plus en avant. C’est ce qui nous intéresse ici. Le Limier Martien a beau être un extra-terrestre, il n’en demeure pas moins une figure puissante pleine d’humanité et d’abnégation. Les trois back-up qui lui sont consacrés sont une excellente idée et permettent de mieux cerner cet héros.

Le colonel Steeve Trevor, Green Arrow et Catwoman sont humains et ne sont pas dotés de super-pouvoirs (comme Batman donc). Green Arrow est le pendant plus joyeux du Dark Knight (de l’aveu même de son créateur) : un homme riche qui combat avec plein de gadgets, à commencer par son arc et ses nombreuses flèches différentes. Steeve Trevor, quant à lui, doit gérer cette nouvelle Ligue, c’est un militaire intelligent, intègre, une pièce maîtresse de l’histoire. En effet, c’est lui qui va recruter personnellement Catwoman, lui qui est ami avec Green Arrow (qui est un peu l’outsider de Ligue de Justice d’Amérique) et lui qui est dans les confidences du Limier Martien.

Justice League CatwomanCatwoman intègre donc cette nouvelle Ligue mais pas aux yeux du public, son personnage étant clairement une criminelle et ne devant pas être associée à l’image des nouveaux super-héros défendant l’Amérique. Elle va donc jouer double-jeu afin d’intégrer La Société Secrète. C’est pour toutes ces raisons qu’on va suivre davantage la féline dans une petite partie de l’histoire, ainsi que son étrange lien avec Le Limier Martien dans les back-up.

Retrouver Catwoman dans ce contexte si particulier, une voleuse de Gotham dans un univers plus vaste face à des ennemis surpuissants, est réjouissant et évidemment, des allusions à Batman parsèment le récit. L’évasion de l’asile d’Arkham est détaillé dans Catwoman #19, un chapitre pour l’instant inédit en France mais qui sera sans doute publié dans le troisième ou quatrième volume de la série Catwoman. Une fois incarcérée, c’est Black Mask (voir Dans l’abîme) et Vortex qui l’aideront à organiser sa fuite. La facilité d’évasion est plutôt décevante : l’héroïne est enfermée avec son costume, donc ses griffes aux diamants permettant de couper du verre, Black Mask lui dévoile un passage secret (sic) et Vortex la remercie de lui avoir indiqué de ne plus prendre ses médicaments afin de retrouver sa force (re-sic). Malgré cela, ce chapitre s’intercalerait bien dans ce tome.

Justice League of AmericaCette nouvelle ligue fonctionne donc très bien, dommage qu’une partie soit un peu en retrait, mais en cinq chapitres il est difficile de traiter tout le monde à égalité. En tout cas il y a de l’action, des rebondissements, de superbes planches et un scénario qui tient la route et dont on veut connaître la suite, bref un bon comic !

David Finch s’occupe des dessins des trois premiers chapitres, son style est parfait et le rendu final nickel. Cet artiste a œuvré sur la série Batman – Le Chevalier Noir et le one-shot (décevant) La Nouvelle Aube. Il est d’ailleurs meilleur dessinateur que scénariste, poste occupé ici par par Geoff Johns (Batman : Terre-Un), qui assure également l’écriture de la série Justice League depuis son relaunch. Il sait donc où il va, en ayant notamment indiqué des éléments annonçant Trinity War (La Guerre des Ligues) et Forever Evil, à la fois dans sa série La Ligue de Justice mais également dans celle-ci : La Ligue de Justice d’Amérique. Brett Booth dessine les deux derniers chapitres, c’est un peu moins beau que Finch mais reste largement agréable quand même.

Justice League Amerique Scarecrow Epouvantail

Pour l’anecdote, le premier chapitre s’est écoulé à plus de 300.000 exemplaires aux États-Unis (avec une couverture différente pour chaque état), un record qui n’avait pas été égalé depuis 1996 !
À noter également, le « prologue » de cette série était le back-up du chapitre #13 de Justice League (En Froid) dans DC Saga #15, montrant Trevor et Green Arrow discuter dans un bar.

Hawkman[À propos]
Publié en France par Urban Comics le 13 juin 2014 et dans Justice League Saga #1 à #5 (novembre 2013 à mars 2014).

Scénario : Geoff Johns
Dessin : David Finch (#1-3) Brett Booth (#4-5)
Encrage : Sonia Oback (#1-#2) avec Jeromy Cox (#1) Richard Friend et David Finch (#3) Norm Rapmund (#4-5)
Couleur : Rod Reis (#1-3) avec Nathan Eyring (#1) Andrew Dalhouse (#4-#5)

Titre original : Justice League of America : World’s most dangerous
Titres des chapitres  : Les plus dangereux du monde (chap. #1 à #5).

Lettrage : Stephan Boschat — Studio Makma
Traduction : Edmond Tourriol

Première publication originale dans Justice League of America #1 à #5 (avril à août 2013).

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