Archives de catégorie : Bat-Family

Batman – Le Dernier Halloween

Nouvelle suite du célèbre et incontournable Un Long Halloween (et son successeur Amère Victoire), Le Dernier Halloween voit le jour fin 2021 quand Jeph Loeb et Tim Sale – les deux artistes initiaux à l’origine de cet univers – publient un chapitre bonus en guise d’introduction à une histoire plus vaste. La maladie emporte Tim Sale quelques mois après (16 juin 2022) et le projet reste en stand-by avant que dix dessinateurs reprennent le flambeau, livrant chacun un épisode (à partir de fin 2024) et un ensemble conclusif hautement satisfaisant, découverte.

[Résumé de l’éditeur]
Gotham City réapprend à craindre Halloween alors qu’un terrible événement menace de détruire la vie de Jim Gordon et met plus à l’épreuve que jamais le travail d’équipe de Batman et Robin. Dans une ville peuplée de menteurs, de justiciers masqués et de criminels… peut-on encore faire confiance à qui que ce soit ?

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Qu’il est bon de revenir dans l’univers créé par Jeph Loeb et Tim Sale, inauguré en 1996 dans trois épisodes spéciaux (compilés et renommés Haunted Knight – publiés chez nous d’abord chez Semic sous le titre Halloween et repris chez Urban Comics dans le recueil Des ombres dans la nuit) puis dans l’indispensable récit fleuve Un Long Halloween (1996-1997) ! Deux autres titres gravitent autour : la suite tout aussi culte Amère Victoire – Dark Victory en VO – avec la première apparition de Robin (1999-2000) ainsi que le complément moins connu Catwoman à Rome (2004, lui aussi inclus dans Des ombres dans la nuit puis réédité à part dans le comic éponyme). Le Dernier Halloween se réfère à chacun de ces comics, apportant une sorte « d’œuvre-somme conclusive » fortement appréciable.

Jeph Loeb renoue avec son sens du rythme, d’une enquête passionnante, globalement accessible (un arbre généalogique de la famille Falcone n’aurait pas été de trop !) et qui met autant en avant sa multiple investigation (Holiday est-il de retour ? que cache Catwoman ? qui tire sur toutes les « bêtes de foire » de Gotham ?) que ses nombreux protagonistes. Au-delà de Batman, on apprécie particulièrement la place du jeune Robin qui gravite dans ce nouveau monde violent et complexe (de quoi rappeler le très chouette et tout aussi récent Batman & Robin – Année Un). Le prodige doit faire sa place mais également apprendre de son mentor et développer ses propres facultés.

Selina Kyle/Catwoman n’est pas en reste, accentuant autant sa relation ambigüe avec Batman que son propre destin – le personnage est bien loin d’être un simple faire-valoir féminin, bien au contraire, sa riche individualité permet de se connecter à d’autres antagonistes pour améliorer la structure de l’ensemble. James Gordon n’est pas oublié non plus, les conséquences de ses choix sur sa vie personnelle sont également au cœur de la première partie de la fiction (le kidnapping de son fils vient probablement ajouter rétroactivement une nouvelle « couche » de traumatisme à ce dernier). Seule figure familière un peu en retrait : Alfred. Le célèbre majordome reste efficace dans ses échanges verbaux mais on le voit peu, de même que Bruce Wayne en civil, complètement inexistant (ce n’est pas grave mais cela aurait apporté une autre palette qualitative – dans un douzième épisode par exemple).

Si le scénario est soigné et se lit d’une traite, la partie graphique n’est pas en reste avec un choix audacieux et risqué : « remplacer » Tim Sale par un autre artiste pour chaque chapitre. La liste est prestigieuse : Eduardo Risso, Klaus Janson, Mark Chiarello, Cliff Chiang, Bill Sienkiewicz, Enrico Marini, Dave Johnson, Becky Cloonan, Chris Samnee et Matteo Scalero. Quasiment tous ont déjà œuvré sur Batman (voir paragraphe suivant) et ont réussi à garder leur propre style tout en conservant le « chara-design » de Tim Sale pour une homogénéité visuelle (comme c’est expliqué dans les bonus – voir plus loin), celui de Catwoman en tête, au costume et masque reconnaissable entre tous. La colorisation est assuré par Brennan Wagner et principalement Dave Stewart.

Pour rappel, on doit à chacun (sélection non-exhaustive) Cité Brisée et autres histoires par Eduardo Risso, l’encrage de la saga The Dark Knight Returns par Klaus Janson, Catwoman – Lonely City par Cliff Chiang, The Dark Prince Charming par Enrico Marini, Batman & Robin – Année Un par Chris Samnee, One Bad Day – Mr. Freeze par Matteo Scalero. Les autres ont signé quelques épisodes par-ci par-là ou des couvertures sur Batman. Une liste impressionnante qui ajoute un cachet inédit et élégant au livre.

Le Dernier Halloween croque donc de long en large toute la vaste galerie de vilains du Chevalier Noir (avec un accent sur Harvey Dent/Double-Face bien entendu), ses lieux emblématiques (le toit du GCPD, la Batcave, l’asile d’Arkham…) et une Gotham City nocturne et poisseuse. Un voyage palpitant pour les yeux tant on navigue en terrain connu mais dans une dimension paradoxalement nouvelle (un synopsis inédit) et habituelle (l’impression de lire un long épilogue qui était une évidence – redonnant aussi quelques lettres de noblesse à des ennemis de seconde zone). Difficile de détailler davantage sans révéler des éléments narratifs imprévus mais l’accent sur le côté détective est de nouveau au centre de la fiction, pour le plus grand plaisir des lecteurs (un aspect plutôt oublié ces dernières années…).

Différentes couvertures inédites de Tim Sale de ces dernières années ont été récupérées dans ses archives et séparent les épisodes. Une soixantaine de pages bonus complètent le beau livre (qui devrait être disponible dans trois éditions différentes – à un mois de sa sortie (4 janvier – 6 février), on s’étonne de cet oubli de communication d’Urban, à suivre !). Parmi elles, un entretien avec Jeph Loeb et une interview de chaque dessinateur (les mêmes questions y sont posées systématiquement). De quoi découvrir quelques anecdotes et, surtout, une forme de complaisance commune et un hommage collectif à Sale. C’est sympathique et relativement sage… Différents croquis ou story-boards sont proposés pour les plus complétistes.

L’année 2026 commence donc bien avec Le Dernier Halloween, un titre improbable, de même que Silence 2, lui aussi écrit par Jeph Loeb – mais moins bien à ce stade – et qui situe Batman dans ses premières années, rappelant une forme de nostalgie agréable (sans pour autant faire du « fan service ») et car on atteint une certaine saturation des séries habituelles (Batman et Detective Comics). En synthèse, aucune raison de faire l’impasse sur Le Dernier Halloween mais attention, il est crucial d’avoir lu les autres segments de cet univers voire de bien les avoir en tête avant histoire de ne pas être trop perdu !

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 06 février 2026.
Contient : Batman The Long Halloween Special #1 + Batman The Last Halloween #1-10
Nombre de pages : 368

Scénario : Jeph Loeb
Dessin : collectif, voir article
Couleur : Brennan Wagner, Dave Stewart

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Nube Consulting (Yasmin Govoni et Tlalli Atl)

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Batman / Santa Claus – Silent Knight

Après l’improbable crossover entre les univers de Sonic et DC, Urban Comics remet le couvert dans le même format (souple et dans la collection Urban Blast, à destination d’un jeune lectorat) qui met en scène une alliance entre les justiciers et… le père Noël !

[Résumé de l’éditeur]
Le père Noël débarque à Gotham City, et son tempérament joyeux a laissé place à une sombre détermination : il est là pour enquêter sur un crime brutal qui a secoué la ville dans les jours précédant Noël. Pour tenter de tirer l’affaire au clair, le Père Noël devra s’unir à Batman et aux héros de l’Univers DC pour espérer stopper l’effroyable Krampus et son armée de monstres de fondre sur la ville… sans quoi les fêtes de Noël prendront une tournure dramatique !

Pas besoin de détailler davantage le début de l’histoire, le résumé de l’éditeur suffit amplement.

[Critique]
Une couverture alléchante, violente et soignée pour une œuvre centrée sur le père Noël et Batman ?! Alléchant sur le papier mais dans la collection Urban Blast ? N’y a-t-il pas un paradoxe ? En effet, le filtre « fête de Noël » et l’ensemble plus ou moins « léger » se veut pour un public jeune (donc éloigné de la promesse de couverture). Néanmoins… la bande dessinée en quatre épisodes est assez mal écrite, l’intrigue plutôt indigeste et le titre (et à nouveau la couverture) est quasiment mensonger. En effet, Silent Knight met principalement en avant le « méchant » Krampus avec le père Noël en toile de fond. Batman est présent mais c’est quasiment tout le bestiaire de DC qui se succède dans le récit !

La fiction part dans tous les sens, plein de super-héros apparaissent le temps de quelques cases ou planches, ça manque cruellement de fluidité narrative – un comble vu la cible – et même d’une certaine originalité (c’est pas tous les jours qu’on a Santa Claus en guest pourtant, dommage !). Silent Knight se lit donc plutôt péniblement, on a du mal à comprendre l’intrigue et les actes de certains protagonistes. Même si ça se termine vite, on l’oublie aussitôt, sans avoir réellement pris de plaisir, dommage… Le scénariste Jeff Parker, davantage habitué de l’écurie Marvel, peine à apporter un côté intelligible et agréable à sa fiction.

Côté dessin, heureusement l’ensemble est de bonne facture, parfois appréciable – quand la fiction convoque la magie par exemple (Zatanna est présente par exemple) ou montre même quelques scènes sanglantes. C’était risqué car chaque chapitre est assuré par un artiste différent ! Ainsi on retrouve Michele Bandini, Trevor Hairsine, Danny Kim et Stephen Segovia. C’est peut-être le coloriste Alex Sinclair (prolifique chez DC) qui permet au titre d’avoir sa jolie palette chromatique appréciable.

Pas grand chose d’autre à sauver. Sans vouloir être trop sévère, à feuilleter en librairie voir si ça peut vous convenir tout de même… Dans la même collection, on préfère conseiller, de loin, DC x Sonic, évoqué en début de chronique. À noter qu’une suite a été publiée aux États-Unis (Batman / Santa Claus: Silent Knight Returns).

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 21 novembre 2024.
Contient : Batman / Santa Claus: Silent Knight #1-4
Nombre de pages : 112

Scénario : Jeff Parker
Dessin : Collectif (voir article)
Couleur : Alex Sinclair

Traduction : Benjamin Viette
Lettrage : Eric Montesinos

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Batman – L’envol des Batmen

Attention, L’envol des Batman n’est pas un « nouveau titre ». Il regroupe les deux premiers tomes (sur sept) de la série française Batman Detective Comics (La colonie et Le syndicat des victimes), dans le format souple de la collection Paperback d’Urban Comics. Explications.

[Résumé de l’éditeur]
Batwoman, Red Robin, Spoiler, l’Orpheline et Gueule d’Argile… Voici les nouveaux justiciers que Batman a recrutés afin de protéger Gotham d’une menace totalement inédite. Pourront-ils s’accorder à temps avant que la cité maudite ne tombe entre les griffes d’une armée souterraine baptisée la Colonie ? D’autant plus que cette nouvelle affaire prend une tournure toute personnelle pour Batwoman.

[Critique]
Comme dit en ouverture, L’envol des Batmen rassemble les deux premiers opus de la série Batman Detective Comics publiés en 2017 et début 2018, à savoir La colonie et Le syndicat des victimes. On vous renvoie vers ces deux critiques de l’époque pour se faire une idée – en synthèse une histoire efficace, plutôt palpitante, qui mettant en avant Batwoman principalement. Un ensemble divertissant comme souvent sur ce genre de productions (comprendre que ce n’est pas révolutionnaire non plus mais plaisant, donc à voir en fonction de vos exigences et votre budget) avec un coup de cœur sur le second opus, donc sur la seconde moitié de cette réédition. Toutefois, il ne s’agit pas d’un récit complet, le run de l’auteur (James Tynion IV) se poursuit dans cinq autres opus ! Théoriquement, Urban Comics devrait les publier à long terme comme ils l’ont stipulé dans leur FàQ de fin d’été 2025.

  

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 3 octobre 2025.
Contient : Detective Comics #934 à 940 et #943 à 949.
Nombre de pages : 328

Scénario : James Tynion IV, Marguerite Bennett
Dessin : Collectif
Encrage : Collectif
Couleur : Collectif

Traduction : Thomas Davier
Lettrage : Stephan Boschat (Studio MAKMA) et Cromatik

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