Arkham Asylum (L’Asile d’Arkham)

Œuvre culte publiée fin 1989, offrant une approche inédite (surtout à l’époque) du Chevalier Noir, Arkham Asylum – éditée sous les titres Les Fous d’Arkham et L’Asile d’Arkham chez d’autres éditeurs – fait partie des comics Batman incontournables. Un voyage aux confins de la folie écrit par Grant Morrison avec une plongée singulière dans le célèbre établissement psychiatrique, guidée par le Joker et « rehaussé par la mise en images glaçante » de Dave McKean et son « assemblage de peintures, dessins, crayonnés et collages ». Un véritable « roman graphique » époustouflant.

[Résumé de l’éditeur]
Les patients de l’Asile d’Arkham se sont échappés de leurs cellules et tiennent le personnel de l’institut en otages. Leur unique requête en échange de la libération des prisonniers: que Batman pénètre dans l’asile et endure leur enfer quotidien. Persuadés que la place d’un homme habillé en chauve-souris est obligatoirement avec eux, les patients réservent à leur hôte une expérience qui le marquera longtemps.

[Résumé de la quatrième de couverture]
1920. Suite au décès de sa mère démente, Amadeus Arkham, brillant psychiatre, aménagea la demeure familiale en un établissement médical dédié à soigner la folie de ses patients. Il ne se doutait pas de l’enchainement d’événements alors mis en branle. Quelques décennies plus tard, l’Asile d’Arkham est devenu un lieu maudit de tous, un labyrinthe hanté par la folie des criminels qui y sont enfermés. Seul espoir en ces murs : celui que le chaos prenne un jour sa revanche. Ce jour est arrivé. Emmenés par le Joker, les patients de l’asile contraignent le Chevalier Noir à les rejoindre au cœur même d’Arkham.

[Début de l’histoire]
1901. Amadeus Arkham, jeune enfant, trouve sa mère malade, alitée et ayant avalée des cafards…
1920. L’homme retourne à sa demeure familiale qu’il souhaite modifier en asile psychiatrique.

De nos jours. Batman est convoqué par Gordon devant l’Asile d’Arkham. Les patients ont pris en otage le personnel de l’établissement ; ils réclament le Chevalier Noir en échange de la libération des prisonniers.

Le justicier s’engouffre dans l’asile, il suit le Joker et arpente les couloirs, croisant ses ennemis…

[Critique]
Livre atypique, bien loin des productions comics habituelles – on nomme d’ailleurs Dave McKean à l’illustration et non « au dessin » –, Arkham Asylum est un récit complet à la fois accessible et paradoxalement rebutant tant il ne correspond à aucune autre œuvre dans le genre. Le titre est porté par deux très enthousiastes jeunes artistes de l’époque, déniché par le responsable éditorial Karen Berger (qui signe la postface du titre – on y reviendra) : le scénariste écossais Grant Morrison, qui n’avait pas encore trente ans (!), et le plasticien, peintre, graphiste, dessinateur… Dave McKean, qui avait vingt-cinq ou vingt-six ans seulement !

Ensemble, le duo imagine une incursion inédite dans le célèbre asile avec un regard singulier. Nous sommes à la fin des années 1980 et l’industrie des comics vient d’être chamboulée avec The Dark Knight Returns (1986) et Watchmen (1987). Tout est désormais possible. Le Chevalier Noir traverse une période compliquée, très noire et violente avec, coup sur coup, Année Un sorti dans la foulée, en 1988 puis Un Deuil dans la Famille étalé entre 1988 et 1989 et, enfin, Killing Joke en 1989. Arkham Asylum vient enfoncer le clou, fin 1989, avec des critiques dithyrambiques et plus d’un demi million d’exemplaires écoulés (dont cent mille le jour de sa sortie !).

(Re)découvrir aujourd’hui ce « roman graphique » montre à quel point il passe brillamment l’épreuve du temps. Il est devenu un objet d’étude et de multiples analyses, une inspiration maîtresse pour le jeu vidéo éponyme, et a permis à son auteur d’évoluer dans le milieu des comics avant de revenir au Chevalier Noir des années plus tard dans un très long run complexe et révolutionnaire (la saga Grant Morrison présente Batman). L’Asile d’Arkham (un de ses autres titres) est relativement court (moins de cent pages – sans compter les fiches médicales des patients, incluant celle… de Batman !) et s’inscrit instantanément dans les indispensables productions sur le Chevalier Noir.

S’il ne raconte, in fine, pas grand chose de « traumatisant » dans la carrière du justicier – dans le sens où il n’en sera pas fait mention a posteriori, ou très peu –, la bande dessinée, très glauque, marque considérablement les esprits par son originalité graphique et scénaristique. Comme évoqué, elle assène aussi un enchaînement de titres remarquables qui ont mis à mal Bruce Wayne aussi bien physiquement que psychologiquement. D’une certaine manière, Arkham Asylum condense un peu tout cela pour en livrer une somme hybride, visuellement passionnante. Un songe d’effroi pour Batman, une sorte de cauchemar dont on ne ressort pas indemne.

Sous-titrée Une maison sérieuse pour des troubles sérieux (A Serious House on Serious Earth en VO), la fiction s’attarde sur l’origine de l’établissement ainsi que la folie de son propriétaire (brillamment utilisée tout au long de l’ouvrage) et de ses habitants. Ces éléments secondaires, majoritairement issus de flash-backs, croisent le « présent » dans lequel l’ombre de Batman arpente les murs et couloirs de l’asile. Du justicier, on ne distinguera jamais son visage ; seuls son masque, sa silhouette et sa cape perdurent tout le long, avec quelques échanges ciselés entre l’homme chauve-souris et son bestiaire de vilains – le Joker en premier lieu, inoubliable némésis effrayante durant cette histoire.

Le Clown occupe donc une place de choix, terriblement marquant, dangereux psychopathe, exubérant et drôle – l’un des meilleurs Joker mis en scène – mais la prestigieuse galerie d’antagonistes n’a pas à rougir des ses apparitions. Des séquences parfois courtes voire frustrantes (L’Épouvantail), fulgurantes (Double-Face), violentes (Killer Croc), glaçantes (Gueule d’Argile) ou un peu plus convenues (Le Chapelier Fou). Quelques têtes secondaires sont de la partie comme nous l’informe l’un des bonus de fin : Black Mask, Docteur Destin et Professeur Milo. Surtout, Maxie Zeus a carrément droit à un segment alors qu’il est loin d’être récurrent dans la chronologie de l’homme chauve-souris (Freeze ou Poison Ivy auraient magnifié encore plus cette sélection) mais peu importe, c’est une séduction narrative et graphique supplémentaire.

En dérivant dans le labyrinthique asile, Batman – à l’esprit torturé, évidemment – croise donc ses habituels figures du mal mais… il a peur de s’y sentir « chez lui » (un fou parmi les fous ?). C’est là tout le propos, plus ou moins subtil, qui relance le débat sur la folie éventuelle de Wayne et sa responsabilité dans la création des fous d’Arkham. Guidé par un Joker en roue libre (forcément), on suit avec tension et passion cette visite forcée. Les propos, souvent déstabilisants, sont accompagnés comme il se doit des illustrations de Dave McKean. Une plongée qui met mal à l’aise, un voyage nocturne où l’on se perd dans un dédale architecturale, comme son héros, et dans un flot de dialogues parfois obscurs, comme l’entièreté du lieu.

Bien sûr, Arkham Asylum n’est pas le point d’entrée idéal dans les comics de Batman, bien sûr le propos très sombre ne plaira pas à un jeune lectorat ou un autre venu chercher une aventure plus conventionnelle, bien sûr la proposition graphique freinera probablement certains acheteurs, bien sûr plus de trente ans après, il y a une impression de « déjà lu »… mais si tout cela vous est égal, alors il ne faut pas faire l’impasse sur ce chef-d’œuvre du neuvième art. À l’inverse de Batman – Ego qui a, lui, « mal vieilli » (sur son texte sous-jacent notamment), L’Asile d’Arkham traverse les âges sans prendre une ride. Il propose une écriture décousue, dans les débuts de la carrière de Grant Morrison (et son premier travail sur Batman) et un propos qui fait désormais partie de l’ADN de l’homme chauve-souris. Batman est-il fou ? Sa place est-elle aux côtés des patients d’Arkham ? Parfois entamée dans quelques précédentes itérations du mythe, l’idée trouve ici une place de choix, bien qu’un brin confuse mais sans que cela ne soit trop grave, il faut accepter d’être perdu dans la structure – narrative et graphique – à l’instar du justicier.

Le véritable tour de force du livre est sans conteste ses sublimes planches. Déboussolant le lecteur, Dave McKean insuffle son style unique et inimitable à travers une multitude de procédés : peinture, collages, photographies, crayonnés, dessins… « Une mise en images glaçante » comme le souligne l’éditeur. Pas d’effets numériques à l’époque, ni à l’encrage, ni à la colorisation. Chaque case est conçue comme un tableau, comme une œuvre d’art où déambule aussi bien le spectre soyeux de l’homme chauve-souris qu’une palette chromatique riche en nuances et en teintes. Les illustrations de cette critique donnent un bon aperçu de ce qui vous attend. C’est donc une lecture quasiment « expérimentale » qui est offerte et met mal à l’aise ; c’est sous ce prisme qu’il faut aborder la BD, au risque d’en être dérouté. À voir selon votre sensibilité donc… car si la forme avait été nettement plus classique, si les planches avaient bénéficés d’une production dite « mainstream », alors Arkham Asylum aurait nettement moins marqué les esprits.

Son atmosphère lugubre, ses cases morcelées, ses figures floutées, son équilibre mi-réaliste mi-onirique et tant d’autres instruments graphiques au service d’un ensemble abouti et maîtrisé forment une imagerie unique et intemporelle. Une esthétique soignée qui vaut à elle seule le détour, offrant une histoire contemplative où l’action est mise de côté, un éventail artistique à visiter autant qu’à décortiquer. Le style de McKean [1] se prête à merveille pour ce dédale mental et architectural. Mention spéciale au portrait effrayant et magistral du Joker.

Le lettrage est parfois dérangeant, notamment les majuscules en rouge sur fond sombre, gênant la lisibilité mais ce n’est pas très grave (chaque personnage a son propre lettrage personnalisé). Un travail qui semble assuré par Gaspar Saladino bien qu’il ne soit pas nommé dans les crédits mais uniquement mentionné dans la postface du responsable éditorial Karen Berger. Ce dernier revient sur les origines du projet : « le script de Grant peu traditionnel, ressemblant davantage à un scénario de film, l’ambiance étrange, horrifiante et hantée inventée par McKean », etc. Ce préambule ouvre une centaine de pages de bonus dont le commentaire du scénario initial par Morrison, ponctué des travaux de recherches et multiples dessins. Un complément passionnant ajouté pour les quinze ans d’une œuvre inspirée et inspirante [2].

En été 2017, Morrison annonçait une suite dessinée par Chris Burnham (les deux ont travaillé, entre autres, sur le segment Batman Incorporated du célèbre run de l’auteur). L’idée était de reprendre le Batman « du futur » imaginé par le scénariste dans Batman #666, c’est-à-dire Damian Wayne hyper violent. L’histoire se veut radicalement différente de celle de l’œuvre mère, lorgnant vers la science-fiction à la Philip K. Dick. Malheureusement trois ans plus tard, début octobre 2020, Morrison confiait que le comic book n’avançait pas très vite tant il était pris par ses obligations contractuelles d’écriture pour différents projets de séries TV. Néanmoins, il restait confiant et assurait qu’une petite trentaine de pages de scénario avaient été rédigées et qu’il les trouvait plutôt bonnes. Aujourd’hui, à bientôt mi-chemin de l’année 2022, soit cinq après l’annonce de cette fameuse suite, force est de constater qu’elle risque de ne plus voir le jour…

Difficile d’ajouter d’autres compliments à Arkham Asylum, même si l’on pourrait divulgâcher sa conclusion, en extraire quelques théories. Ce comic book est un voyage subjectif avant tout, une plongée viscérale qu’on apprécie d’entrée de jeu ou qui (nous) laisse sur le bord de route. Il est nécessaire, indispensable même, de le feuilleter avant d’envisager l’achat (20€, un prix raisonnable vu la richesse du contenu). Pas forcément accessible, ce n’est pas non plus l’idéal pour débuter les comics sur Batman (comme The Dark Knight Returns – tous deux étant de grands monuments incontournables mais à lire de préférence après s’être fait la main sur des titres plus abordables).

Malgré une réception générale d’Arkham Asylym parfois clivante, on considère sur ce site – vous l’aurez compris – ce « roman graphique » comme faisant partie des indispensables, dans le haut du panier des productions sur Batman (à l’inverse d’Ego, déjà cité, moins marquant à notre sens). Une expérience inédite, un chef-d’œuvre.

[1] À noter que l’art de McKean orne chaque couverture des tomes de Sandman, excellente série écrite par Neil Gaiman et disponible chez Urban Comics ou encore celles de Jamie Delano présente Hellblazer. McKean a aussi illustré de nombreux titres signés Gaiman : Orchidée Noire, Cages, Violent Cases, Des loups dans les murs

[2] Outre le jeu vidéo Arkham Asylum qui puisait une certaine partie de sa trame narrative dans ce « roman graphique », l’épisode 68 de la célèbre série d’animation de 1992, intitulé Procès (Trial en VO), reprend également des éléments du livre. Les ennemis emblématiques de Batman lui font un procès, l’accusant d’être responsable de leur folie. Il s’agit du troisième épisode de la seconde saison de Batman, la série animée.

Ci-dessous les quatre couvertures françaises précédemment publiées : Les Fous d’Arkham (Comics USA, 1990) et L’asile d’Arkham (Reporter, 1999 et 2004, Panini Comics, 2010).

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 13 juin 2014.
Précédemment publié sous le titre Les Fous d’Arkham (Comics USA, 1990) et L’asile d’Arkham (Reporter, 1999 et 2004, Panini Comics, 2010).
Contient : Arkham Asylum : A Serious House on Serious Earth 15th Anniversary Edition.

Scénario : Grand Morrison
Dessin : Dave McKean

Traduction : Alex Nikolavitch
Lettrage : Moscow Eye

Acheter sur amazon.fr : Batman – Arkham Asylum (20€)

  

 

Batman Infinite – Tome 3 : État de terreur (2ème partie)

La séduisante proposition graphique du tome précédent compensait quelques faiblesses narratives. En est-il de même pour cette suite et fin d’État de terreur ? Oui et non. Explications et critique.

[Résumé de l’éditeur]
Tandis que Poison Ivy développe un réseau de plantes dans les souterrains, Gotham City est rongée par la terreur. Dernier rempart contre ce système de peur permanente promu par Simon Saint, Batman et Miracle Molly poursuivent leur combat. De son côté, l’Épouvantail couve de sombres projets pour traumatiser encore davantage les Gothamiens…

[Début de l’histoire]
Pas besoin de détailler davantage, le résumé de l’éditeur et la critique ci-dessous suffisent.

[Critique]
À l’instar du volume précédent, une critique par ordre chronologique semble plus pertinent du fait de son éclatement entre les épisodes (sept au total), provenant de différentes séries (deux régulières et deux récits complets). Le premier chapitre, Batman #115 nous ramène dans la série mère initiale, toujours écrite pas James Tynion IV, dessinée et encrée par Bengal et Jorge Jimenez avec une fois de plus Tomeu Morey à la colorisation exceptionnelle, entre autres sur ses jeux de lumière.

On avance un peu plus dans un récit qui « stagnait » jusqu’à présent. Ici, on a Batman et Miracle Molly d’un côté, l’Épouvantail et Sean/Peacekeeper-01 d’un autre, le tout avec Saint qui veut la tête d’Ivy ! Simple mais efficace, sans trop d’éclat (l’action est rapide) et graphiquement Jimenez intervient peu, laissant à Bengal la majorité des planches, pour un résultat graphique un peu plus convenu, malheureusement… L’époque du No Man’s Land est mentionnée, inscrivant – s’il le fallait – cette ère Infinite dans la chronologie « officielle » du Chevalier Noir.

Place ensuite à Nightwing #85, qui remet en avant Dick et Barbara, alias Batgirl. Tom Taylor est toujours à l’écriture (très bon auteur prolifique : DCEASED, Injustice, Suicide Squad Rénégat et, bien sûr, Nightwing Infinite), sublimée par Robbi Rodriguez à l’encrage et au dessin, avec Adriano Lucas – pour un résultat incroyable, graphiquement élégant et au style singulier, une vraie merveille !

Augure est le nom de la femme qui a pris possession du réseau de l’Oracle pour diffuser de fausses informations. Pour en venir à bout, il faudra davantage qu’une destruction physique de matériel informatique. De quoi ouvrir une parenthèse sur le passé du binôme (avec une autre patte artistique – tout aussi réussie) et montrer quelques séquences d’action plus originales que celles de Batman. Si le récit tente une fausse surprise « choquante » (désamorcée en quatre planches mais de toute façon on n’y croyait pas), il ne commet pas d’impairs et conjugue tout ce qu’il faut pour être passionnant, autant dans les aventures de Batgirl que celles de Nighwting, de l’évolution des deux héros et dans l’entièreté de la fresque narrative de l’œuvre globale.

On enchaîne avec le Batman #116 où Jimenez opère cette fois seul aux dessins (tant mieux). L’action bat son plein avec plusieurs confrontations dont le retour de Ghost-Maker (qui reste toujours un deux ex machina…) en allié de Poison Ivy, une situation inattendue à propos de l’Épouvantail, un affrontement très brutal entre Batman et Peacekeeper-01, etc. Des séquences plutôt explosives donc, qui font avancer aussi bien l’histoire (vers une conclusion abrupte ?) que sceller le sort des protagonistes.

Heureusement, le style si atypique de Jimenez couplé à la colorisation sans faille de Morey continuent d’émerveiller tout l’univers de Tynion mis en place depuis le premier tome de Joker War (dont Batman Infinite est la suite directe). Entre les planches de la série Batman avec ce trio artistique et celles de Nightwing, c’est un régal pour les rétines ! On avait justement quitté Nightwing avant cet épisode, on le retrouve juste après – gommant déjà le problème de rythme du premier volet d’État de peur qui jonglait entre trop de récits plus ou moins indépendants, cassant l’immersion narrative – ce n’est donc pas le cas ici, arrivé à la moitié du livre.

Nightwing (#86) reprend pile où il s’était arrêté, avec Dick, Barbara et Tim. D’emblée une mention au back-up de Batman #116 est prononcée mais ce segment n’est pas inclut dans la BD, dommage… Nighwing, Batgirl, Red Robin, Orphan et Spoiler vont affronter Augure, ses robots et Simon Saint. Une conclusion assez convenue et expéditive mais qui reste correcte. En revanche, la série se vautre encore dans une fausse tragédie (on nous fait croire aux morts de certaines personnes – on n’y croit absolument pas – et c’est vite rétabli), pénible…

Reste la proposition graphique, toujours séduisante et le capital sympathie de Dick couplé à Barbara, le duo fonctionne très bien et est super attachant. La fin de l’épisode ouvre également sur une nouvelle antagoniste à suivre.

Dernier chapitre de Batman (#117), permettant de maintenir le rythme impeccable instauré dès le début dans le comic. Le fameux « État de terreur » prend fin, entre exécutions un brin rapides et quelques évènements inattendus, avec une certaine pointe de poésie… Une première conclusion mi-figue mi-raisin (la seconde, la « véritable », est à découvrir en toute fin d’ouvrage, dans Fear State Omega #1.), pour une histoire qui s’était trop attardée dans le premier volet puis s’est soudainement accélérée dans le second, avec parfois une impression de survol.

Si l’arc avec Ivy semble précipité, il trouvera une explication plus poussée juste après dans le chapitre Batman Secret Files – The Gardener #1 ; à ce stade, pour expliquer la métamorphose d’Ivy, il faut se tourner vers Tout le monde aime Ivy, le sixième tome de Batman Rebirth (!), et vers la série Catwoman dans… Batman Bimestriel #14 – tous deux cités par l’éditeur au détour d’un dialogue avec Harley Quinn. Un peu rapide pour tout saisir. Du côté de Batman et ses alliés, on retient un Chevalier Noir fougueux, moins désespéré qu’à une époque, interagissant astucieusement avec Molly, entre autres. La conclusion de l’ensemble est donc à découvrir après la critique des deux derniers épisodes qui complètent évidemment cette petite fresque chapeautée par James Tynion IV.

Le chapitre Batman Secret Files – The Gardener #1 est sobrement nommé Interlude dans l’édition française – avant l’ultime épisode. Nouveau style graphique, intégralement signé Christian Ward (dessin, encrage, couleur) qui dénote avec ce qui était montré jusqu’à présent tout en restant très soigné. Le découpage y est hors-norme, jouant entre les cases et les mises en scène des planches afin de constituer une lecture parfois labyrinthique ou décloisonnée (rappelant modestement Batman Imposter par exemple, avec la patte unique d’Andrea Sorrentino). Les palettes chromatiques, forcément majoritairement émeraudes, épousent à merveille les traits de l’artiste; mêlant végétation luxuriante et instants intimes feutrés.

On y découvre plus en détail le Dr Bella Garten, aperçue brièvement dans les volets précédents – introduite comme l’ex petite amie d’Ivy alors que cela n’avait jamais été évoqué auparavant. Un procédé scénaristique un peu facile donc, à la manière de Ghost-Maker, considéré comme un élément implanté dans l’univers de Batman depuis longtemps alors qu’on le découvre seulement aujourd’hui. Ce système d’écriture est appelé retcon pour retroactive continuity, soit la continuité rétroactive. Cela consiste à placer un nouvel élément narratif en l’implémentant a posteriori dans un texte/une œuvre, tout en faisant croire (à grands renforts de flash-backs montrant des scènes d’un autre point de vue) qu’il y est disséminé depuis longtemps, c’est-à-dire « défaire la continuité rétroactivement » pour constituer une nouvelle chronologie – Star Wars en est adepte.

L’occasion de mentionner Jason Woodrue, responsable de la transformation de Pamela Isley en Poison Ivy, un personnage (important dans l’histoire d’Ivy) déjà abordé dans Batman Arkham – Poison Ivy. Étonnamment, cet interlude vient complémenter efficacement cet autre comic centré sur l’Empoisonneuse puisque sa relation avec Woodrue était à peine montrée dedans. Le chapitre débouche sur la création d’une « germe contenant le meilleur de Pamela » (sic – utilisée dans l’épisode d’avant). C’est surtout l’évolution de Pam/Ivy qui est intéressante ici, sublimée par les jolies planches de Ward. Du reste, on s’étonne que ce segment n’ait pas été proposé plus tôt (en ouverture de ce troisième tome de Batman Infinite ou dans le deuxième, qui faisait la part belle à plein de récits annexes).

Enfin, Fear State Omega #1 vient fermer le titre – simplement renommé Conclusion dans l’album. Après Fear State Alpha #1 (dans l’opus précédent), cet Omega apporte une conclusion plus développée de toute cette ère étatique de peur. Écrit par James Tynion IV à nouveau mais dessiné par cinq artistes différents (!), l’ultime épisode permet d’achever aussi bien les deux volumes État de terreur que les trois de Batman Infinite puisque le premier (Lâches par essence) y était aussi connecté. On peut même inclure les trois tomes de Joker War, formant ainsi un run en six volets, en attendant la suite…

Il manque à cet état de peur, une dimension plus civile, à hauteur d’homme, comme l’on pouvait la suivre dans Joker War. Néanmoins cette conclusion permet à Batman de « respirer » et, surtout, de s’exprimer, lucide sur son utilité (de plus en plus restreinte) à Gotham et l’avenir de la ville avec ou sans lui. Une approche bienvenue après des épisodes plus ou moins bavards mais qui allaient à l’essentiel. Fear State Omega s’attarde aussi sur quelques têtes connues (Bao/Clown Hunter, Ghost-Maker, Peacekeeper-01…) ou en évoque d’autres le temps d’une ou deux cases (le Batman de Futur State, le collectif Unsanity, Amanda Waller, Catwoman…).

Ce balayage des protagonistes (hors Batman et Crane, les deux mis en avant ici), permet de terminer un long récit qui a offert de belles perspectives graphiques (son point fort), des situations excitantes (les manipulations multiples), de nouveaux personnages plutôt travaillés (Molly, Sean…) et de jolies parenthèses (le duo Nightwing/Batgirl). Malheureusement, le rythme un brin décousu entre les multiples séries et titres complets perd parfois un peu le lecteur, sans s’attarder suffisamment sur ce qui aurait été plus judicieux voire mérité (le parcours d’Ivy, Quinn quasiment absente, Saint expédié aussi, etc.). Une histoire qui, in fine, repart un peu à zéro et ouvre, une fois de plus, un nouveau segment narratif qui pourrait être audacieux et inédit (à suivre dans les cinq chapitres qui seront dans le tome 4 de Batman Infinite, prévu le 23 septembre, écrit et dessiné par une nouvelle équipe – Joshua Williamson et Jorge Molina au scénario, Mikel Janin (Batman Rebirth) au dessin).

Mais, comme toujours, c’est après quelques années qu’on se rendra compte si le récit est resté intemporel et fortement ancré dans la mythologie du Chevalier Noir. Dans l’immédiat, sans être un gros coup de cœur ni une déception ou un loupé, ces tomes 2 et 3 de Batman Infinite sont à savourer visuellement. À ce stade, on retrouve les mêmes critiques que les runs d’auteur précédents, Grant Morrison, Scott Snyder, Tom King et désormais James Tynion IV : chacun y livre un sentier parfois original, parfois convenu, souvent inégal mais proposant de belles choses, graphiquement et scénaristiquement. Chaque artiste a déjà marqué la mythologie de Batman, certains de façon clivante (Snyder), d’autres plus acclamés par un lectorat spécialiste (Morrison) ou néophyte (King). Une chose est sûre : les titres courts ou les récits complets marquent davantage l’Histoire, grâce à un accès plus aisé et un investissement économique (et de temps) moins élevé.

En synthèse, si vous avez aimé la fiction depuis Joker War, aucune raison de ne pas aller jusqu’à État de terreur. Si vous avez trouvé ça « sympa sans plus », inutile de poursuivre. Si vous accordez autant d’intérêt aux graphismes qu’au scénario alors vous serez séduits, sans aucun doute !

[À propos]
Publié chez Urban Comics le 17 juin 2022.

Contient : Batman #115-117, Nightwing #85-86, Batman Secret Files – The Gardener #1 et Fear State Omega #1.

Scénario : James Tynion IV + Tom Taylor
Dessin & Encrage : Jorge Jimenez + Robbi Rodriguez  + Christian Ward (+ collectif)
Couleurs : Tomeu Morey + Adriano Lucas + Christian Ward (+ collectif)

Traduction & Introduction : Jérôme Wicky & Thomas Davier
Lettrage : Makma (Sabine Maddin, Michaël Boschat et Gaël Legeard)

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Batman Infinite – Tome 2 : État de terreur (1ère partie) (20€)

 

  

 

Ci-dessous les six couvertures variantes de la série Batman qui constituaient un grande fresque une fois rassemblée.

Opération estivale 2022 – Le meilleur de Batman (à 4,90€)

C’est désormais une tradition : chaque été l’éditeur Urban Comics propose une opération commerciale (*) très alléchante pour un nouveau lectorat avec dix titres à 4,90€. Entamée en 2020, poursuivi l’an dernier, cette troisième vague est entièrement dédiée à Batman ! Les titres proposés sont d’excellentes factures et c’est (presque) un sans faute pour débuter les bandes dessinées sur l’homme chauve-souris avec cette sélection, en vente à partir du 8 juin 2022. Six volumes – voire huit – sont particulièrement accessibles et idéaux si on ne connaît pas Batman en comics. Une page sur les collections à petits prix est désormais en ligne sur ce site.

Au programme :

  • Tome 1 : Batman – The Dark Knight Returns : F. Miller (contient The Dark Knight Returns # 1-4 + The absolute Dark Knight)
  • Tome 2 : Batman – Année Un (+ Batman et les Monstres) : F. Miller et D. Mazzuchelli (contient Batman #404-407 + Batman and the monster men #1-6)
  • Tome 3 : Batman – Arkham Asylum : G. Morrison et D. MC Kean (contient Batman Arkham Asylum TPB)
  • Tome 4 : Batman – Aventures : T.Templeton, D. Slott et R. Burchett (contient Batman Adventures #1-7)
  • Tome 5 : Batman – Le fils de Batman : G. Morrison et A. Kubert (contient Batman #655-658, 664-666)
  • Tome 6 : Batman – Le Cœur de Silence : P. Dini et D. Nguyen (contient Detective Comics #846-852 + Batman #685)
  • Tome 7 : Batman – Terre-Un : G. Johns et G. Frank (contient Batman Earth One Vol.1)
  • Tome 8 : Batman – Sombre Reflet : S. Snyder et Jock (contient Detective comics #871-881)
  • Tome 9 : Batman – Année Zéro : S. Snyder, J. Tynion IV, Capullo, Albuquerque et Clarke (contient Batman #21-27 + Batman #29-33)
  • Tome 10 : Batman – Curse of The White Knight : S. Murphy (contient Batman Curse of the White Knight #1-8 + White Knight : Von Freeze)

The Dark Knight Returns n’est probablement pas le meilleur titre pour commencer Batman mais il reste culte et incontournable. À posséder donc mais à lire plutôt après avoir découvert d’autres récits (de cette sélection) sur le justicier. Œuvre phare de Frank Miller (qu’il écrit et dessine) publiée en 1986, TDKR a révolutionné aussi bien un pan des comics (dans la foulée de Watchmen) que la mythologie de Batman (voir critique sur le site), ouvrant également un univers façonné par Miller aux suites inégales, cf. notre index récapitulatif.

Année Un est sans aucun doute LE récit fondateur de l’ère moderne de Batman. On y retrouve Frank Miller (à l’écriture seulement), un an après son TDKR (1987 donc) pour une histoire courte (quatre chapitres) narrant le parcours croisé de Bruce Wayne et James Gordon, tous deux débarquant à Gotham City et, bien sûr, les premiers pas de Batman dans un univers « réaliste », poisseux et austère. Idéal pour débuter. Indispensable (critique) ! À noter que le recueil contient aussi Batman et les Monstres (pas encore chroniqué sur le site).

Arkham Asylum est un récit atypique, torturé, proche du « roman graphique ». Là aussi il fait partie de la courte liste des comics Batman incontournables. Une plongée malsaine à lire et à relire (critique) !

Batman – Aventures est tout simplement une série de comics inspirée par la série d’animation de Bruce Timm et Paul Dini, aussi bien graphiquement que scénaristiquement. C’est donc à destination « des enfants » en priorité mais passe aisément pour un ado/adulte bien entendu. À noter que cette série a été publiée dans la collection Urban Kids, donc un format plus petit que les standards de comics, assez épais et souple. Elle compte quatre tomes puis diverses extensions : Batman – Les nouvelles aventures (2 tomes), Batman & Robin – Aventures (3 tomes), Gotham Girls (1 tome), Les adaptations animées (1 tome qui reprend les deux films d’animation, l’excellent Batman contre le Fantôme Masqué et Batman & Mr Freeze : Sub-Zero) et enfin Batman Gotham Aventures (5 volumes pour l’instant, série toujours en cours de parution). Aventures est donc un titre qu’on conseille pour un lectorat plus jeune ou par nostalgie pour les amoureux de la série animée (mais, attention, il y a une suite, voire plusieurs, à découvrir dans un autre format).

Le fils de Batman est un récit peut-être moins accessible car il s’intègre dans une immense saga, regroupée chez Urban Comics dans la série Grant Morrison présente Batman (chroniquée partiellement sur ce site en attendant une relecture complète). Néanmoins, l’auteur ouvrait son run justement avec ce segment sur Damian Wayne (le fils de Batman donc). Le titre reste donc abordable mais se déroule lors d’une chronologie assez avancée (trois Robin se sont déjà succédé à ce moment-là) et appelle à une suite dense et importante dans la mythologie de l’homme chauve-souris. Il s’agit tout de même des premiers pas de Damian Wayne, si vous les avez loupés ou ne voulez pas vous engager sur une longue série/collection, c’est le moment.

Le cœur de Silence est, lui aussi, un titre peut-être moins abordable car il remet en avant le personnage de Silence (Hush en VO) issu du célèbre et incontournable comic éponyme. En France, après une édition par Panini Comics en 2009, Urban Comics avait publié ce récit dans le second tome (sur trois) de la série Paul Dini présente Batman en 2015. Le titre n’a pas encore été chroniqué sur ce site mais est globalement apprécié. Silence faisait partie de la sélection 2020 de l’opération similaire, le remettre deux ans à peine plus tard aurait été délicat.

Terre-Un est le premier titre d’une série se déroulant hors de la chronologie dite « classique » du Chevalier Noir. C’est une réinterprétation des origines sous un prisme autant voire davantage « réaliste » qu’Année Un. Le récit est très accessible et de grande qualité (cf. la critique) mais, encore une fois, il y a deux suites à découvrir : sobrement intitulées tome 2 et tome 3. Normalement, la série est terminée en trois tomes mais vu la conclusion du dernier, on peut imaginer un éventuel tome 4 un jour même si cela n’a jamais été évoqué pour l’instant. D’une manière générale, la gamme Terre-Un (Earth One en VO) revisite les premiers pas de plusieurs super-héros et sont recommandés ; en France, on peut lire les deux tomes sur Superman, les deux sur Wonder Woman, les deux sur Green Lantern et les trois sur Batman bien sûr. Deux sur les Teen Titans existent en anglais.

Sombre Reflet est un récit complet, très conseillé également (cf. critique). Dick Grayson endosse la cape du Chevalier Noir et poursuit le fils de James Gordon. C’est l’un des premiers titres qu’Urban Comics a publié à son arrivée sur le marché en 2012, ouvrant ensuite sur le fameux relaunch New 52 et la série Batman de Scott Snyder. On retrouve une certaine extension à cette histoire dans Le Batman Qui Rit, qui embarque les mêmes protagonistes et est produit par la même équipe artistique (Snyder et Jock).

Année Zéro, déjà publié sous le titre L’An Zéro, correspond aux tomes 4 et 5 de la série Batman de Snyder et Capullo. Une fois de plus, il s’agit d’origines revisitées et parfaitement accessibles (qui se déroulent de toute façon avant les autres aventures du Chevalier Noir de la même ère). Moins acclamé et plus clivant, ce titre fonctionne tout de même par son alléchante proposition graphique et une intéressante structure narrative en trois actes, corrélés à trois ennemis : Red Hood (futur Joker), le Sphinx et le Dr. La Mort. Clairement inégal, Année Zéro fait le travail tout de même si on n’est pas trop exigeant. Et puis, douze chapitres (normalement étalés sur deux volumes) pour 4,90€, il serait dommage de s’en priver.

Curse of the White Knight est un très bon comic mais il s’agit de la suite directe de White Knight (qui était dans l’opération 2020 – à l’instar de Silence, difficile de le remettre aussi tôt dans cette sélection – même s’il sera en août prochain dans la collection Nomad donc à petit prix également, cf. bas de cette page). Il est donc impératif de connaître le titre initial avant de se plonger dans celui-ci… Si Curse of the White Knight est un poil moins réussi que son prédécesseur (cf. critique), il complète et enrichit brillamment le « MurphyVerse », du nom de son auteur/dessinateur Sean Murphy et s’avère donc indispensable si on a apprécié la première salve (complétée depuis par un brillant récit sur Harley Quinn et en attendant le troisième volet de cette saga, Beyond of the White Knight – fin 2022 ou début 2023 en France, ainsi que sa série dérivée sur Red Hood).

 

En synthèse, si vous n’avez rien sur Batman, vous pouvez prendre les yeux fermés les tomes 1, 2, 3, 7, 8 et 9 et éventuellement les 4 et 5 en fonction de vos affinités (voir leur descriptions). Les 6 et 10 sont clairement des suites (surtout le 10) et seront moins intéressants si vous n’avez pas lu Silence et White Knight (tous deux disponibles dans le même format de l’opération 2020 et le second est également prévu dans la collection Nomad qui sortira fin août, cf. bas de cette page). Pour l’ordre de lecture, vous pouvez commencer par Année Un et ensuite il n’y a pas forcément de chemin parfait. Arkham Asylum semble le plus pertinent puis Année Zéro et Sombre Reflet. Terre-Un est une autre relecture des origines mais n’est complète qu’avec ses deux suites (tomes 2 et 3 de Terre-Un donc). Aventures peut se lire aisément n’importe quand, surtout pour les nostalgiques de la série d’animation de 1992. The Dark Knight Returns peut fermer le bal puisqu’il se déroule dans un futur hypothétique avec un Bruce Wayne âgé.

Bien évidemment, si vous n’êtes pas à deux ou trois tomes près et complétiste pour avoir la fresque aux dos des ouvrages, autant prendre les dix… Un pack à 49€ semble en vente en précommande mais mieux vaut passer par une librairie pour être sûr de les avoir. Les lecteurs habituels feront peut-être l’impasse sur l’ensemble de la collection tant elle propose des titres assez cultes et connus. Ou bien, comme toujours, l’occasion de s’en procurer un ou deux manquants à sa bibliothèque même s’ils feront dépareillés.

(*) À noter que cette sélection était connue depuis plusieurs mois grâce/à cause des listings d’éditeurs indexés automatiquement sur les sites de vente comme amazon ou decitre. Une mise en ligne qui ne peut pas être contrôlée par l’éditeur et qui ne correspond pas forcément au bon timing pour sa communication. Difficile d’en vouloir aux personnes qui relaient ces informations ni à l’éditeur contraint de s’adapter bon gré mal gré. Urban Comics a dévoilé officiellement cette opération fin avril 2022.

L’éditeur Panini Comics est concerné également et propose, lui aussi deux types d’opérations similaires. L’an dernier une sur une dizaine de récits phares Marvel en format comics couvertures dures à 5,99€ puis une en 2022 dédiée à Spider-Man, toujours dans le même format mais à 6,99€. En parallèle, dans les enseignes Carrefour, Panini propose depuis quatre ans des récits Marvel thématiques (les alliances, les antagonistes, etc.) et Star Wars dans une (autre) collection, plus petite et format souple (proche de celle d’Urban) pour 2,99€ (puis 9,90€).