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Batman : Le Chevalier Noir – Tome 2 (réédition intégrale)

Urban Comics réédite depuis 2018 certaines de leurs séries en compilant en moyenne deux à trois « tomes simples » en un seul, proposant ainsi un nombre réduit de livres (deux à quatre) pour avoir une série complète. C’est le cas de Batman : Le Chevalier Noir, une série initialement divisée en quatre « tomes simples » (Terreurs Nocturnes, Cycle de Violence, Folie Furieuse et De l’Argile) et republiée en 2019 sous forme d’intégrale en deux volumes (comprenant évidemment les deux premiers « tomes simples » pour l’un, les deux derniers pour l’autre). Le premier a fait l’objet d’une critique ici et le second, chroniqué ici, sortira le 11 octobre 2019. La série s’inscrit plus ou moins en suite du one-shot La Nouvelle Aube (plutôt moyen) mais nul besoin de connaître cette histoire pour découvrir Batman : Le Chevalier Noir. À noter que la couverture à gauche (celle du troisième tome simple) est censée être celle reprise pour ce deuxième et dernier volet de la version intégrale.

En toute logique, le sommaire proposera les récits reprenant les anciennes éditions, centrés respectivement sur Le Chapelier Fou, Gueule d’Argile, Le Pingouin et Manbat :
Folie Furieuse [Batman : The Dark Knight #16-21 + Annual #1]
De l’Argile [Batman : The Dark Knight #22-25]
Sans voix [Batman : The Dark Knight #26-27]
Bestial [Batman : The Dark Knight #28-29]
L’absence des 4 chapitres bonus centrés sur les ennemis de Batman est tout à fait normal car ils sont totalement déconnectés de l’ensemble et faisaient partie du « Vilains Month ». Il s’agissait des épisodes #23.1 (Le Ventriloque), #23.2 (M. Freeze), #23.3 (Gueule d’Argile) et #23.4 (La fille du Joker) et avaient été chroniqués et ont été chroniqués dans cet article. Voir tout en bas de cette page pour plus d’explications.

 
(Les couvertures des deux « tomes simples », Folie Furieuse et De l’Argile — publiés en France en juin 2014 et août 2016 — aujourd’hui plus en stock et donc réédités sous forme d’intégrale.)

[Histoire – Folie Furieuse]
Plusieurs kidnappings sans connexions apparentes ont lieu dans Gotham. Le Chevalier Noir enquête et poursuit des malfaiteurs… Il comprend assez tôt que le Chapelier Fou est derrière tout ceci, mais dans quel but ? Il peut contrôler à distance toutes les personnes qui portent ses chapeaux, de quoi lui créer une armée docile et complice facilement…

Dans le civil, Bruce Wayne enchaîne les erreurs dans sa relation avec Natalya, ayant du mal à jongler avec sa double-vie. La femme risque de le quitter pour de bon.

[Critique]
Après avoir dévoilé une partie de l’enfance et des traumatismes de l’Épouvantail dans la seconde moitié du tome précédent (la meilleure) place à la même chose pour le Chapelier Fou. Où l’on apprend qu’enfant il avait une déficience en testostérone et qu’un médicament censé le guérir a développé « une agressivité accrue, un aspect obsessionnel et de la paranoïa ». Sans surprise, une romance avortée avec une certaine Alice a également pesé dans la balance de son destin.

Placer Jervis Tetch au centre du récit est une bonne idée, clairement, car cet antagoniste se fait plutôt rare dans les aventures de Batman, ou bien il est souvent relégué dans un rôle très secondaire voire dans des apparitions éclairs. Cela se comprend car le personnage est prisonnier de sa matrice identitaire : une version maléfique du célèbre chapelier d’Alice au pays des merveilles, qui contrôle mentalement les gens et… qui veut souvent (et « simplement ») recréer des scènes issus du classique littéraire de Lewis Caroll. Aussi bien dans les comics que les dessins animés, ou encore les jeux vidéo, il est rare que le Chapelier Fou s’éloigne de ces trois aspects. Ce qui en fait à la fois sa force (les premières fois ça fonctionne, ou bien quand il y a une certaine originalité dans ce développement — on pense par exemple à Arkham Knight, dernier opus de la saga Arkham, et notamment le niveau bonus La Saison de l’Infamie) et sa faiblesse (on a quand même vite fait le tour, on apprend rien de nouveau à chaque fois même si le voyage reste plaisant s’il y est bien mis en scène, comprendre écrit et croqué).

La narration fonctionne, entre autres, grâce à un humour particulier (jeux de mots ridicules et situations absurdes) mélangé à des séquences particulièrement macabres (on retrouve, en fin de la bande dessinée, ce qui faisait le sel de l’histoire sur l’Épouvantail). Hélas, on se perd un peu dans les versions imaginaires et réelles des protagonistes — c’est le but certes, mais ce n’est pas très fascinant, au contraire — et, surtout, on devine rapidement ce qu’il va se passer. D’un côté l’avancement du Chapelier et son armée de citoyens manipulés à distance (un élément de fiction toujours aussi « faible » en terme de crédibilité et « facile » pour s’octroyer aisément une forte main d’œuvre — donc un point toujours dommageable, que ce soit dans le cas du Chapelier (qui a systématiquement recours à cela) ou d’autres ennemis de Batman), de l’autre l’évolution de la relation de Bruce et Natalya.

A l’instar du tome précédent, on n’y croit absolument pas. Ce personnage féminin a été introduit bien tardivement et on peine à s’y attacher ; de même on a du mal à trouver crédible cette arrivée soudaine dans la vie du milliardaire et cet amour excessif qu’il lui porte (en étant prêt à raccrocher la cape pour elle !). Ce souci d’écriture n’est pas lié à ce tome en particulier mais au travail général sur toute la série, il aurait été plus judicieux de l’introduire dès le début (à la place de la mystérieuse fille lapin qui a disparu et ne reviendra plus) et de développer au fil des épisodes une véritable liaison. L’issue tragique de la jeune femme n’émeut pas plus que ça, était assez prévisible et sert juste à relancer (faiblement) le scénario.

Celui-ci est désormais signé Gregg Hurwitz et les dessins sont de Ethan Van Sciver (#16 à #18) et Szymon Kudranski (#19 à #21 + Annual #1, aka l’interlude — qui propose une jonction cohérente avec le tome précédent un soir d’Halloween mais reste assez oubliable, in fine) ; les couleurs de Hi-Fi. Le premier propose un style graphique assez classique mais efficace : traits fins, découpage dynamique, colorisation cohérente avec des compositions et travail de la lumière agréable… Un côté « mainstream » pas du tout déplaisant mais peut-être trop commun pour vraiment sortir du lot. Le second, en revanche, a clairement une « patte » artistique, proche d’un Jock (Sombre Reflet), avec ses traits anguleux et ses jeux d’ombre. L’ensemble apporte clairement une touche singulière fort appréciable !

Un sans-faute donc côté graphisme et des soucis sur l’écriture, relatif à un personnage « conceptuel » qui peine à se renouveler mais qui n’avait jamais été, paradoxalement, aussi bien modernisé, fouillé et enrichi. Il faut bien sûr ajouter l’élément (secondaire) loupé du scénario pour justifier le problème majeur de l’histoire : la relation entre Bruce et Natalya, dans laquelle le lecteur se sent aussi peu investi que Bruce.

[Histoire – De l’Argile]
Lors d’une prise d’otage, le commissaire Gordon intervient pour s’échanger contre un prisonnier. Le policier tue ensuite les ravisseurs avant de s’en prendre à Batman ! Gueule d’argile se cache bien entendu derrière Gordon et l’ennemi du Chevalier Noir prend aussi l’apparence de Natalya pour déstabiliser le justicier. Comment a-t-il su qu’il y avait un rapport entre les deux ?

[Critique]
Gregg Hurwitz écrit à nouveau cette suite (ainsi que les deux histoires suivantes, cela conserve une certaine cohérence). Alex Maleev s’occupe des dessins, avec une ambiance polar et glauque efficace.

C’est évidemment au tour de Gueule d’Argile d’avoir droit à ses flash-backs contant les origines du monstre. Rarement mis en avant (même si le personnage jouit d’une nouvelle popularité depuis la série Detective Comics Rebirth — et qu’on ne peut que conseiller le double épisode qui lui est consacrée dans la série animée de 1992), il est plutôt bien croqué (narrativement et graphiquement). On y apprend que l’acteur raté a hérité d’une substance argileuse, source du pouvoir de transformation, par… le Pingouin. Qui devient donc son créancier.

Quelques connexions discrètes avec la série Batman (et son tome 6 notamment), la présence du chien Titus (surtout vu dans la série Batman & Robin), et des apparitions de deux membres des Birds of Prey de l’époque : Condor et Black Canary. De quoi élargir un peu l’univers du Caped Crusader dans cette série, très centrée sur Batman et ses ennemis. Du reste, ce segment sur Gueule d’Argile est dans la continuité des deux précédents : simple, efficace, divertissante, bien dessinée. Si on est peu exigeant, pas de raisons de ne pas accrocher.

[Histoire – Sans voix]
Dans un pays inconnu et visiblement du tiers-monde, une femme perd son travail. Elle vit démunie avec sa mère et ses deux enfants mais ne peut subvenir à leurs besoins. Sont dernier né meurt. Son autre fille se fait enlever. La famille converge vers Gotham dans les entrepôts du Pingouin

[Critique]
Comme son titre l’indique plus ou moins, Sans voix ne contient aucun dialogue ! C’est le tour de force de ces deux chapitres, qui se « lisent » (ou plutôt se regardent) sans avoir besoin de texte. Cela rappelle un excellent épisode de Requiem, lorsque Batman est en deuil et où le scénariste avait usé du même effet. Ici, l’ensemble est efficace, même s’il reste anecdotique mais met en avant la cruauté du Pingouin et, comme toujours dans la série, une certaine violence excessive. Hurwitz poursuit donc son traitement anglé sur un ennemi emblématique du Chevalier Noir mais dessiné, cette fois, par Alberto Ponticelli qui instaure un style réaliste qui se marie bien avec cette idée de dialogue absent.

[Histoire – Bestial]
Man-Bat
est de retour, plus violent que jamais. Les soupçons de Batman se portent évidemment sur Kirk Langstorm mais il s’avère que c’est son père, Abraham, qui utilise désormais le sérum le transformant en chauve-souris géante.

[Critique]
À l’instar de l’épisode précédent, deux chapitres sont bien trop courts pour vraiment marquer les mémoires. Dommage car l’aura de ce nouvel antagoniste est plutôt puissante et effrayante. Pourquoi pas l’utiliser plus tard pleinement qu’ici en légère introduction… Hurwitz achève ainsi son petit run, cette fois dessiné par Ethan Van Sciver (qui s’occupait de l’histoire sur le Chapelier Fou) qui réussit à dévoiler un monstre bourré de détails.

> Conclusion (à propos de l’entièreté de la série qui fut annulé au bout de 29 chapitres).

Quatre tomes simples inégaux (le meilleur est le deuxième, puis le troisième, le quatrième et enfin le premier) et donc deux intégrales inégales aussi, chacune comptant un bon segment et un autre plus moyen. Difficile de conseiller l’achat du coup. Rien de révolutionnaire dans Le Chevalier Noir si ce n’est l’accent mis sur des ennemis normalement secondaires. D’un point de vue éditorial, on peut s’étonner que cette série ne fut pas incruster dans les magazines kiosque de Batman à l’époque, elle y aurait davantage eut sa place plutôt que de bénéficier du prestige de librairie directement. Mais il en faut pour tous les goûts, et il est vrai que le côté « divertissement violent simpliste » séduit forcément une cible, habituée ou non aux aventures du Caped Crusader. Même si Greg Hurwitz n’est pas un nom très connu ou qui fait vendre, on aurait plutôt imaginé une saga type « Greg Hurwitz présente… » et un enchaînement de 6 petits volumes (L’Épouvantail en deux parties, idem pour Le Chapelier Fou, puis un pour Gueule d’Argile et un dernier pour le Pingouin — dont il avait déjà signé le one-shot La Splendeur du Pingouin — et Man-Bat). Ou bien carrément un intégrale sur cela (un peu comme ici certes, mais sans la première histoire, déconnectée des autres et indéniablement la plus faible).

> Complément : à propos des 4 chapitres « 23 » bonus.

Comme évoqué en haut de l’article, 4 chapitres bonus centrés sur les ennemis de Batman (déconnectés de la série) faisaient partie du « Vilains Month ». Il s’agissait des épisodes #23.1 (Le Ventriloque), #23.2 (M. Freeze), #23.3 (Gueule d’Argile) et #23.4 (La fille du Joker) et ont été chroniqués dans cet article.

23.1 Le Ventriloque n’a pas été publié en France. Le récit est centrée sur Shauna la ventriloque et Ferdie son étrange pantin, qui proposent un spectacle à Gotham, dans un des rares lieux avec de l’électricité. Confus et très étrange, ce chapitre se poursuit dans la série Batgirl…

23.2 Mr Freeze a été publié dans le magazine Forever Evil #06. L’ennemi de glace profite du chaos régnant à Gotham pour régler de vieux comptes avec un ancien docteur d’Arkham. Son passé et ses motivations sont également évoqués, faisant écho au récit Batman : Annual #1 – Premières Neiges, publié dans Batman Saga #10.

23.3 Gueule d’Argile a été publié dans Batman Saga Hors-Série #05 et est complètement anecdotique, le récit De l’argile présent dans le second intégrale rend mieux hommage au personnage.

23.4 La fille du Joker a été publié en France dans le quatrième tome de la série Catwoman. Cette « fille » du Joker ne l’est pas vraiment, elle a juste récupéré son fameux masque de visage (voir Le Deuil de la Famille) et l’a endossé. Ancienne adolescente aux goûts morbides, elle sombre davantage dans la folie avec ce visage. Elle trouve refuge dans une grotte et va essayer de se l’approprier car de nombreux habitants sont descendus y vivre vu le chaos dans Gotham. Malheureusement il y a une hiérarchie machiste qui y règne. Cette « Fille du Joker » reviendra dans le chapitre #24 de la série Catwoman.

[À propos]

Publié en France chez Urban Comics le 11 octobre 2019

Scénario : Gregg Hurwitch
Dessins : Ethan Van Sciver, Szymon Kudranski, Alex Maleev et Alberto Ponticelli.
Encrage : Divers
Couleur : Hi-Fi

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Batman Saga Hors-Série #05 / Villains Month

Batman Vilains MonthComme expliqué dans cet article récapitulatif, seize ennemis de Batman ont eu droit à un chapitre spécial, la plupart se situant entre la fin de La Guerre des Ligues (Trinity War) et juste après le premier chapitre de Forever Evil (dans lequel Le Syndicat du Crime libère tous les détenus des prisonniers et asiles, et Ultraman déplace la lune devant le soleil, plongeant le monde dans l’obscurité permanente). À ce moment là Batman a disparu et ses ennemis sont en liberté et déambulent dans Gotham, où règnent l’anarchie, le chaos et la peur.

Rapide retour sur le cinquième hors-série de Batman Saga qui proposait six histoires, ainsi que plusieurs autres, publiées dans d’autres magazines ou uniquement disponibles en version originale (voir plus bas).

Batman Saga HS5 Double FaceBatman & Robin #23.1 : Double-Face dans : un conte à deux visages
L’Épouvantail propose à Double-Face d’intégrer La Société Secrète des Super-Vilains. Ce dernier accepte seulement s’il règle à sa façon, donc avec sa pièce, les sentences et meurtres prochains. Il retourne au tribunal et tue la plupart de ceux qui se dressent sur son passage.
► Au top niveau dessin mais histoire un peu étrange, il n’y a pas de réel but ou de motivations compréhensibles. Néanmoins cela permet de montrer toute la folie de Double-Face.
■ Scénario : Peter J. Tomasi / Dessin : Guillem March / Couleur : Tomey Morey

Batman Saga HS5 Killer CrocBatman & Robin #23.4 : Killer Croc dans : du sang dans l’eau
Une équipe de police parcourt les égouts de Gotham City. Killer Croc leur a demandé de venir, on découvre par ailleurs plusieurs pans de son passé. L’homme-reptile est également à la tête d’un vaste réseau sous-terrain.
► Un des rares récits à pointer l’aspect humain de Killer Croc, à travers sa jeunesse, son évolution et son rôle actuel. Au top graphiquement et très agréable à lire. Belle découverte !
■ Scénario : Tim Seeley / Dessin : Francis Portela / Couleur : Tomey Morey

Batman Saga HS5 Poison Ivy

Detective Comics #23.1 : Poison Ivy dans : le royaume vert
La femme fatale arpente les rues de Gotham City, emplie de chaos, tout en défendant des victimes d’hommes violents, ce qui lui rappelle son enfance avec son père. On découvre également son premier entretien avec Bruce Wayne.
► Les flash-backs sont magnifiques, à la limite du conte pour enfant au niveau des dessins ! Le reste est plutôt convenu et déjà-vu mais se lit bien.
■ Scénario : Derek Fridolfs / Dessin : Javier Pina / Couleur : John Kalisz

Batman Saga HS5 Man BatDetective Comics #23.4 : Man-Bat dans : descente
Kirk Langstrom découvre que sa femme Francine utilise son sérum qui le transforme en chauve-souris géante. Il va tenter de la stopper, quitte à lui-même sombrer à nouveau dans la folie…
► Une histoire qui s’inscrit dans la suite de Batman Incorporated (Talia al Ghul avait conçu son armée de Man-Bat) et de Detective Comics (Batman Saga #23 et #24 avec Le Pingouin et Francine). La descente aux enfers d’un homme. Peut-être moins accrocheur si on ne connaît pas les autres récits.
■ Scénario : Frank Tieri / Dessin : Scot Eaton / Couleur : Jeromy Cox

Batman Saga HS5 Gueule d'ArgileBatman : Dark Knight #23.1 : Gueule d’Argile dans : qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
Gueule d’Argile sait que son caractère impulsif est un gros défaut. Mais il ne peut s’empêcher de tuer ceux qui le vexent. Il va alors tenter de faire des efforts pour intégrer Le Syndicat du Crime en prenant une initiative.
► Montré comme une grosse brute, Gueule d’Argile ne brille pas particulièrement par son charisme ou son intelligence. Le récit n’a ici d’intérêt que pour sa brève connexion avec Le Syndicat du Crime, et donc les prémices de Forever Evil.
■ Scénario : John Layman / Dessin : Cliff Richards / Couleur : Matt Yackey

Batman Saga HS5 SphinxBatman #23.2 : Le Sphinx dans : solitaire
Edward Nygma infiltre les Entreprises Wayne, profitant du chaos régnant dans la ville, afin d’assouvir une vieille vengeance de l’époque où il était enfermé à l’Asile d’Arkham.
Joli écho à L’An Zéro, cette courte histoire a des planches très soignées. Comme d’habitude, les devinettes sont présentes et Le Sphinx est bel et bien un ennemi à ne pas prendre à la légère, même s’il ne faut pas chercher une complexité ici.
■ Scénario : Ray Fawkes (Histoire avec Scott Snyder) / Dessin : Jeremy Haun / Couleur : John Raush

Un magazine plutôt inégal donc, côtoyant du très bon (Killer Croc) et du moins bon (Gueule d’Argile). On ne sait pas pourquoi Batman a disparu et on sent bien que ces courtes histoires sont intercalées entre d’autres pans narratifs beaucoup plus importants. Il est donc conseillé de tout lire (La Guerre des Ligues puis Forever Evil) pour mieux apprécier ce hors-saga. Par ailleurs, selon les coups de cœur pour les ennemis du Dark Knight les avis peuvent varier.

– BONUS 1 –

• À lire dans Justice League Saga #08

Batman DeadshotJustice League of America #7.1 : Deadshot dans : Tu pointes et tu tires
Deadshot est contacté pour une mission : tuer quelqu’un à Gotham City. Parallèlement il se rappelle son enfance dans la même ville. La mort de sa famille et ses débuts en tant que tueur à gages.
Cet antagoniste du Dark Knight (à découvrir aussi dans La Cible de Deadshot) n’a de rapport avec lui que la ville (Gotham)/ Ce chapitre est à suivre directement avec celui d’Harley Quinn. Les dessins de la période passé sont largement mieux que ceux du présent et l’histoire retrace de nouvelles origines pour cet ennemi emblématique.
■ Scénario : Matt Kindt / Dessin : Sami Basri & Carmen Carnero / Couleur : Matt Milla & Jeromy Cox

Batman Harley QuinnDetective Comics #23.2 : Harley Quinn dans : Harley Couine
Au-dessus de Gotham, Harley prépare une opération secrète. Elle se rémémore son enfance puis ses premiers pas dans l’étude de la psychiatrie. Son arrivée à Arkham et sa lente descente vers la folie, tout en ayant conscience de garder une part de rationalité en elle.
Brèves origines de l’assistante démoniaque du Joker. Extrêmement plaisant à lire ! L’oscillement entre raison et folie est bien mis en avant, ainsi que la « conception » de son look. Le titre original était Harley lives (vit), moins drôle peut-être mais plus élégant que celui retenu, surtout avec le texte de la planche finale jouant l’ambigüité entre une arme et le sexe (Tire-moi !).
■ Scénario : Matt Kindt / Dessin : Neil Googe / Couleur : Will Quintana

Ces deux histoires servent d’introduction à la série Suicide Squad, dont le chapitre #24 commence dans Justice League Saga #09. Une équipe dirigée par Amanda Waller (qui dirige également La Ligue de Justice d’Amérique) et composée notamment de Deadshot et Harley Quinn, deux ennemis du Chevalier Noir. La suite de la série montrera leur point de vue pendant Forever Evil.

• À lire dans Forever Evil #01

Batman epouvantailDetective Comics #23.3 : L’Épouvantail dans : La Cité de la Peur
L’Épouvantail arpente les quartiers de Gotham City, ceux-ci sont plongés dans le noir et le chaos, Batman ayant déserté à priori la ville. La ville a été divisée en plusieurs territoires géré par un ancien interné d’Arkham, une idée du nouveau maire : Le Pingouin. Ainsi, le professeur Crane va croiser tour à tout mister Freeze, Le Sphinx (ayant pris résidence dans la bibliothèque, comme vu dans son propre récit), Poison Ivy (idem avec son nouveau territoire), Killer Croc, etc. Il propose à chacun d’eux de rejoindre La Société Secrète des Super-Vilains et prévient que le pénitencier de Blackgate a désormais ses portes ouvertes aussi et que Bane pourrait être un problème…
Sans aucun doute le meilleur chapitre de toute cette thématique. Répondant pertinemment aux autres par des échos subtiles (à Double-Face ou Le Pingouin) ou directement par les rencontres. L’atmosphère est glauque et le rendu graphique extrêmement bien soignée.
■ Scénario : Peter J. Tomasi / Dessin : Szymon Kudranski / Couleur : John Kalish
Batman BaneBatman #23.4 : Bane dans : Sombre Destin
À Santa Prisca, Bane tue plusieurs personnes avant d’entreprendre un voyage pour Gotham City. Ses contacts alliés ont libéré deux mille prisonniers de Blackgate et il déverse son venin à ses propres soldats. Il sait que les habitants n’ont plus de protecteurs et que la ville est désormais aux mains des fous d’Arkham. Ceux qu’il devra donc… combattre !
Les références à Knightfall sont nombreuses, le dessinateur de l’époque, Graham Nolan, rempile d’ailleurs pour l’occasion, ce qui est dommage, rien d’extra-ordinaire dans les dessins. Le récit est en revanche très alléchant sur ce qui se prépare.
■ Scénario : Peter J. Tomasi / Dessin : Graham Nolan / Couleur : John Kalish

Ces deux histoires servent d’introduction à la série Arkham War, ils ne sont pas du tout indépendants, à l’inverse des autres qui l’étaient plus ou moins. On comprend donc qu’il va y avoir d’un côté les prisonniers de Blackgate, avec Bane à leur tête, face aux anciens fous de l’Asile d’Arkham, qui règnent désormais sur Gotham City et dont l’Épouvantail est un peu l’apôtre de ses ex-compagnons de cellule. Un projet et une idée très… excitants !

• À lire dans Joker Anthologie

Batman JokerBatman #23.1 : Le Joker dans : l’Heure des Singeries
Le Joker capture un bébé gorille dans un zoo et va l’élever avec l’éducation qu’il aurait aimé avoir reçu. Lui qui n’a connu que la torture de sa tante…
Aucun rapport avec La Guerre des Ligues ou Forever Evil pour cette histoire consacré au Joker. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est publiée dans son recueil anthologique. Les planches du passé du Joker (qui peuvent tout à fait être crédibles en tant que « biographie ») sont sublimes. Celles du présent un peu moins. Mais surtout, cette étrange histoire de relation avec le singe est trop étrange pour qu’on y croit… Il y avait matière à renouer avec une facette d’humanité du Joker à travers un animal par contre, dommage.
■ Scénario : Andy Kubert / Dessin : Andy Clarke

– BONUS 2 –

Les publications de six chapitres (consacrés au Pingouin, à la Cour des Hiboux, à Ra’s al Ghul & La Ligue des Assassins, au Ventriloque, à Mister Freeze et à La Fille du Joker) ne seront à priori pas disponibles en France. Voici un bref résumé pour chacun d’entre eux.

Mise à jour 03.10.14 : le chapitre sur Mister Freeze sera publié dans le magazine Forever Evil #6, qui sortira le 14 novembre !

• Le Pingouin tue trois escrocs dans son Iceberg Casino et renoue ainsi avec ses anciennes habitudes. Il décide de reprendre le pouvoir sur Gotham City.
• La Cour des Hiboux jongle entre des récits passés dans Gotham avec l’emprise des Hiboux sur la ville et au présent, pendant Forever Evil, avec un père et sa fille, tous deux membres de la Cour qui se cachent. Cette histoire trouvera son dénouement dans la série Talon, inédite en France.
• Ra’s Al Ghul reçoit la visite d’un jeune homme lui proposant d’intégrer La Société Secrète des Super-Vilains. L’immortel refuse et commence un duel sur fond de sa vie, ses origines et bien sûr les quelques évènements survenus dans Batman Incorporated. Cette histoire continue dans la série Red Hood & the Outlaws, inédite en France sauf quelques épisodes publiés dans Batman Saga parfois.
• Le Ventriloque, ou plutôt Shauna la ventriloque et Ferdie son étrange pantin propose un spectacle à Gotham, dans un des rares lieux avec de l’électricité. Confus et très étrange, ce chapitre se poursuit dans la série Batgirl, disponible dans Batman Saga tous les mois.
• Mister Freeze profite du chaos régnant à Gotham pour régler de vieux comptes avec un ancien docteur d’Arkham. Son passé et ses motivations sont également évoqués, faisant écho au récit Batman : Annual #1 – Premières Neiges, publié dans Batman Saga #10.
• La Fille de Joker ne l’est pas vraiment, elle a juste récupéré son fameux masque de visage (voir Le Deuil de la Famille) et l’a endossé. Ancienne adolescente aux goûts morbides, elle sombre davantage dans la folie avec ce visage. Elle trouve refuge dans une grotte et va essayer de se l’approprier car de nombreux habitants sont descendus y vivre vu le chaos dans Gotham. Malheureusement il y a une hiérarchie machiste qui y règne. Cette « Fille du Joker » reviendra dans le chapitre #24 de la série Catwoman.

– CONCLUSION –

Seize histoires inégales, se déroulant plus ou moins à Gotham City pendant que Batman n’y est pas et que l’anarchie est le maître mot. Il aurait été bien d’avoir un chapitre d’introduction (#0) pour expliquer cet état des lieux et faire croiser plus intelligemment certains personnages. On comprend en filigrane que Le Pingouin est devenu le maire et a divisé la ville en zones attribuées à chaque ancien aliéné d’Arkham. À moins que ce soit plus explicite dans la série Forever Evil, il est dommage de ne pas avoir montré cela (dans un hypothétique chapitre d’introduction justement). Chaque chapitre permet toutefois de retracer un peu les origines de son personnage, notamment pour les moins connus.

Ces pièces d’un grand puzzle issu de Gotham City, et d’une manière plus étendue de l’univers DC Comics, s’emboîtent plus ou moins efficacement. Le côté trop indépendant de chacune des histoires est à la fois leur force et leur atout mais vu l’ampleur de l’opération il aurait peut-être été plus intéressant de concevoir un fil narratif axé davantage sur la ville et son contrôle par zone. Ce qui a été admirablement bien fait dans L’Épouvantail et un peu dans d’autres histoires mais l’ensemble est toutefois un peu bancal. Saluons l’initiative, plutôt inédite et risquée, et continuons surtout la lecture vers Forever Evil et, pour les fans de Batman surtout : Arkham War !

Detective Comics #01 à #07 (publiés dans Batman Saga)

À l’époque de la publication de Batman Saga (dès 2012) une brève critique avait été publiée sur les six premiers chapitres de la série Detective Comics. Cette dernière est désormais terminée (après 52 épisodes) et a fait l’objet d’un référencement plus clair.

Cet article s’actualise donc sur ce site (à l’époque les critiques n’étaient pas aussi détaillées que ces dernières années) pour être en phase avec la composition du premier tome (pas disponible en France en librairie), correspondant aux sept premiers chapitres de la série et tous publiés dans les sept premiers numéros de Batman Saga (en kiosque donc). Aux États-Unis, le titre de ce volume est Faces of Death, c’est à dire « les visages de la mort ».

[Histoire]
Batman
poursuit le Joker et arrive enfin à l’arrêter. Placé à l’asile d’Arkham, ce dernier ne tarde pas à s’évader en laissant… son propre visage en peau sur le mur (cf. image en fin d’article) ! Le TaxidermisteThe Dollmaker » en VO) a en effet découpé le contour du visage du Clown du Crime pour le lui ôter (à la demande de celui-ci). Ce nouvel ennemi est un spécialiste de la défiguration.

Le Joker est donc méconnaissable (même si, paradoxalement, on devrait davantage le reconnaître vu les « restes » de son visage…). Quant au taxidermiste, il a kidnappé une petite fille puis il a capturé Gordon pour le mutiler. Il vend ensuite aux enchères ses « œuvres » et il semble que Le Pingouin s’y intéresse de près…

Dans le civil, Bruce Wayne gère son empire tant bien que mal, entre investissements notables et re ndez-vous professionnels. Il entretient une relation ambigüe avec Charlotte Rivers, une journaliste qui enquête sur un trafic d’armes. Celle-ci a une sœur, Jill, alliée à un nouvel ennemi, Peau-de-Serpent, capable de changer de visage. Tous convergent vers le nouveau QG du Pingouin : le Casino de l’Iceberg. Dans ce lieu de jeux d’argent, le bandit manchot s’est entouré de plusieurs méta-humains pour qui il garde leur argent : l’homme-gaz, Hypnotiste, M. Combustible…

[Critique]
Les quatre premiers chapitres sont tournés vers le Joker dans un premier temps (très rapidement absent) et, surtout, le Taxidermiste dans un second temps. Un ennemi novateur et plutôt intéressant, même s’il semble peu exploité pour l’instant. Son côté « fou » tranche avec le côté « diplomate/vendeur » sur lequel il s’engage et son entourage (sa fameuse famille) est un peu trop cliché mais ça passe quand même. Si ces nouveaux antagonistes ne reviennent pas par la suite alors il n’y aura eu aucun intérêt à les introduire ici. En revanche, on reste dubitatif sur le plan du Joker. Se faire enlever le visage, pourquoi pas, mais il faut se le faire remplacer par un autre, ce qui n’est pas mentionné ici. Là aussi, on reste un peu sur notre faim sans savoir si tout ceci sera exploité à l’avenir (à priori « non » selon les autres séries sur Batman mais l’article sera réactualisé une fois Detective Comics terminé).

Néanmoins il y a de bonnes choses dans le récit : le rythme est parfait, aucun temps mort, la face plutôt sombre et brutale de Batman est relativement plaisante à lire. Son alter-ego n’est, pour une fois, pas trop mis de côté (au contraire). L’ambiance de l’ensemble, assez sale et poisseuse, rappelle quelques aventures orientées polar (Année Un, Un Homme à Terre…). Le tout est servi par Tony S. Daniel (aussi bien au scénario qu’aux dessins). Un vrai régal, son style est précis, détaillé, élégant, il signe de belles compositions malgré quelques faiblesses de colorisations (de visages notamment) de temps en temps mais assez rare pour vraiment le souligner. Entre les courses-poursuite et les scènes d’action, pas grand chose à redire du point de vue graphique.

Les trois derniers chapitres mettent en avant le Pingouin et son nouveau casino avec plusieurs protagonistes, plus ou moins importants, qui exécutent diverses missions dans ce lieu. De bonnes surprises et quelques étrangetés, notamment dans une petite galerie de méta-humains peu connus. Une étrange parenthèse consacrée à Catwoman et Hugo Strange est incluse, croquée par Szymon Kudranski, dont le style très épuré et glauque tranche radicalement avec celui de Tony S. Daniel. On suppose qu’elle aura son importance pour la suite.

Enfin, une brève connexion avec la série I, Vampire, totalement inédite en France (3 tomes la composent) est évoquée sans que cela gêne la compréhension. En synthèse, ce premier tome est particulièrement efficace, il lance plein de pistes diverses, de tous côtés (ennemis et alliés), présente de nouveaux personnages (antagonistes ou entourage proche de Bruce Wayne), de nouveaux lieux, de nouveaux enjeux (le Joker sans visage), bref il n’y a pas grand chose à redire si ce n’est espérer que la suite tienne la route. On notera également un petit aspect « politique » bienvenu et quelques cases un peu trop sexistes (deux figures féminines, toutes les deux jolies, en tenue hyper sexy avec lingerie, etc.).

La suite est à découvrir dans les chapitres publiés dans Batman Saga à l’époque mais non réédités en librairie ensuite. cf ce sommaire. Critique bien sur le site.

[À propos]
Publié en France dans Batman Saga #01 à #07 chez Urban Comics de mai 2012 à novembre 2012.
Scénario : Tony Daniel
Dessin : Tony Daniel / Szymon Kudranski (ch. 5-b)
Couleur : Tomeu Morey / Szymon Kudranski (ch. 5-b)
Encrage : Ryan Winn (ch.1 à 3) / Sandu Florea (ch. 2 à 5-a) / Rob Hunter (ch. 5-a)
Lettrage : Laurence Hingray & Christophe Semal
Traduction : Thomas Davier

Titres des chapitres :
01 – Le Taxidermiste (Detective Comics)
02 – La Fête est finie (Playtime’s Over)
03 – Sang Froid (Cold Blood)
04 – Le Phénomène (The Main Event)
05 – La Roue de l’Infortune + Roulette Russe (Wheel of Misfortune + Russian Roulette)
06 – Un Jeu Mortel (Kill Game)
07 – Le Serpent et le Faucon (The Snake and the Hawk)

Première publication originale dans Detective Comics #01 à #07 (septembre 2011 à mars 2012) et compilé dans Detective Comics #1 : Faces of Death en juin 2012.

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